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Fers TaylorMade P770

Si Jon Rahm, Justin Rose, Jason Day et Rory McIlroy jouent des P750 Proto, TaylorMade a néanmoins pensé aux bons joueurs amateurs avec une série P770 qui pourrait s’apparenter à une série cavity back. Une série de fers avec un zest de tolérance en plus par rapport à une lame MB jouée sur le tour. Si la plupart des pros sur le tour jouent le modèle le plus exigeant, la P770 a quelques arguments à faire valoir. En prélude du test complet, nous avons déjà quelques éléments concrets à vous présenter sur ce club, notamment s’agissant du spin.

P770 : Un club qui donne du spin ?

Présenté en même temps par TaylorMade, le P770 et le P750 sont régulièrement comparés.

Visuellement, les différences ne sont pas très spectaculaires.

Un fer P770 présente simplement plus de pièces avec une face en acier carbone 1025 forgé, qui au passage permet d’écrire forgé sur le club, alors que techniquement vu la structure visible du club, il est impossible que toute la tête soit forgée…

Néanmoins, la face est très certainement usinée avec précision tandis que le constructeur a ajouté une barre de tungstène à l’arrière de la tête sur les longs fers du 3 au 7.

C’est une des grosses tendances du marché. Titleist, TaylorMade et même Ping placent de plus en plus de tungstène dans les têtes.

Il faut savoir que la dureté et la densité de ce métal le rendent très adapté au fait de réaliser des alliages de métaux, des poids et contre-poids… Exactement, le besoin de l’industrie pour les clubs de golf !

Le tungstène pur est un métal ultra résistant. On peut le couper à l'aide d'une scie à métaux lorsqu'il est très pur, mais il est cassant et difficile à travailler lorsqu'il est impur.

Il peut se travailler par forgeage au cours de la construction d’une tête de club.

Le tungstène a le plus haut point de fusion (plus de 3400 °C) de tous les métaux, la plus faible pression de vapeur et la plus grande résistance à la traction de tous les métaux à une température supérieure à 1650 °C.

Sa résistance à la corrosion est excellente et il ne peut être que légèrement attaqué par les acides minéraux.

Lorsqu'on l'ajoute en faible quantité aux alliages d'acier, il en augmente la dureté. Pour un club de golf, cela peut signifier plus de distance…

Pour les fers courts (du 8 au pitch), TaylorMade n’a pas éprouvé le même besoin d’ajouter du Tungstène.

La construction est en une seule pièce pour plus de touché et de contrôle. Le besoin de distance supplémentaire est moindre.

Par rapport au P750 Tour Proto cité plus haut et comparé, le P770 présente un moment d’inertie supérieur pour plus de vitesse de balle sur toute la surface de frappe, un centre de gravité abaissé pour un angle de lancement plus élevé… Quelque chose qu’il faudra vérifier au moment du test !

Nous en reparlerons plus loin…

En attendant, pour Tomo Bystedt « Nous n’avons pas compté notre temps de travail avec les joueurs du tour pour développer ce produit qui est certainement le plus complet que nous n’ayons jamais développé. »

Le directeur de la création en charge des fers ajoute « Le P770 représente le challenge que nous voulions atteindre, soit ce qu’un club de golf doit être. »

Sans vouloir jouer les empêcheurs de tourner en rond, il semble pourtant que le P770 présente un énorme trait de ressemblance avec le fer TaylorMade SLDR… ! Déjà un club annoncé pour être le meilleur fer jamais produit !

C’est la première chose qui m’est venu à l’esprit quand j’ai pu voir le P770.

Notez sur la photographie ci-dessus à quel point le SLDR que nous avions testé en avril 2015 a quelques points de ressemblances avec le nouveau P770.

Souhaitons à ce nouveau club, un meilleur cycle de vie produits que son prédécesseur qui n’avait finalement pas marqué les esprits…

Ceci étant, en deux ans, TaylorMade a fait du chemin.

Le centre de gravité encore abaissé va permettre d’approfondir le profil de la face alors que le hosel plus court et le poids de 70 grammes en tungstène à l’arrière et sous la semelle vont permettre de déplacer plus de masse dans la partie basse de la tête.

Sur la face, il est intéressant de noter que les ingénieurs dont Josh Dipert, interviewé en février dernier, ont travaillé sur l’idée de proposer une face à épaisseur variable.

La face est plus épaisse au centre, soit au point de contact le plus évident, et plus fine sur les bords.

Objectif : Promouvoir un son et un touché plus solide.

Plutôt que de forger entièrement le club, le gros intérêt de la construction en 2 pièces est de libérer de la masse au niveau du talon et de la pointe.

Autre élément, le déplacement des masses a aussi été permis par la création d’un « undercut » dans la cavité arrière (justement un point commun avec le SLDR), et le dessin de la petite barre située derrière la face.

L’autre raison est certainement le fait de donner une apparence plus musclée à ce fer.

Premier essai du fer TaylorMade P770

Avant de produire un test plus complet avec plusieurs testeurs, ci-dessous, les premières balles que j’ai pu taper et quantifier au trackman avec un fer 7 TaylorMade P770 monté sur 3 shafts distincts : Un Mitsubishi Rayon Kuro Kage graphite en 80 grammes et regular, un True Temper XP95 S300 acier stiff de 95 grammes, et la même version en acier regular.

Ci-dessous, un tableau qui compare les données obtenues avec d’autres fers 7 sans distinctions de catégories de têtes et réparties par manches.

Dans les trois cas de figures, le P770 présente un trait caractéristique commun : Donner beaucoup de spin !

A l’inverse du fer M1 récemment testé, le P770 est clairement et nettement un club pour golfeur désireux d’arrêter la balle rapidement, et contrôler la trajectoire.

En version graphite, en acier stiff ou regular, le taux de spin constaté ne varie pas trop au-delà de 7000 tours de spin, soit la norme pour un fer 7 !

S’agissant de comparer ce club avec un réel équivalent, je vous propose un deuxième tableau qui permet de jauger le P770 par rapport à un équivalent réel, soit une tête CB telle que la Ping i200 (seulement sur manche acier).

Les lofts sont identiques. En version regular, les poids des manches sont très semblables.

En revanche, sur le P770, les manches sont un petit peu plus courts (36,8 inches contre 37,3).

Pour le manche acier regular, j’ai swingué pratiquement à la même vitesse. Résultat : La vitesse de balle est identique.

On peut noter que la trajectoire de la balle diffère pourtant. Plus haut, Bystedt indiquait que le centre de gravité avait été abaissé justement pour augmenter l’angle de lancement.

Dans ce cas, effectivement, j’obtiens un degré d’angle de lancement en plus à 23 degrés contre 22 pour le Ping. L’angle d’atterrissage est par conséquence un peu plus prononcé (49 degrés contre 47).

Comprenez simplement que la trajectoire est en fait plus bombée, et combiné à un taux de spin plus fort (7000 tours contre 5800), le P770 propose un pouvoir stoppant plus important. Soit 5 mètres de roule contre 7 mètres pour le Ping i200.

Cela peut paraître moins naturel pour 90% des amateurs de golf, mais un certain profil de joueurs va préférer perdre cette distance…

Le P770 est moins long à vitesse de swing équivalente, essentiellement à cause du spin donné à la balle.

En version stiff, le manche nettement plus léger modifie la vitesse de swing bien plus élevé.

Les 25 grammes de moins se traduisent par 3 mph de plus, ce qui a naturellement un effet sur une vitesse de balle accrue en sortie de face, soit 111 mph contre 105 mph avec le i200.

La trajectoire de balle est un peu moins bombée bien que l’angle d’atterrissage soit encore plus marqué, et le taux de spin toujours très élevé.

Résultat : En distance totale, c’est très similaire entre le i200 et le P770, mais pas pour les mêmes raisons. Un ajustement du manche permet de modifier assez radicalement les performances d’un club pour compenser ou optimiser les caractéristiques de la tête.

A ce titre, une autre expérience m’a permis de constater qu’un simple changement de lie entre upright et standard pouvait complètement modifier la performance et la dispersion d’un même club avec le même shaft.

Ci-dessus, le graphique illustre qu’avec un club trop upright, j’ai poussé les balles nettement à gauche avec le manche True Temper XP95 en acier stiff (fuchsia), alors qu’en version standard (bleu ciel), les trajectoires ont été plus rectilignes et par conséquent plus longues.

En conclusion, le P770 se distingue par le niveau de spin très élevé qu’il semble proposer. Pour autant, aucun top player TaylorMade connu ne l’a mis dans son sac, au profit plutôt du P750.

En termes de sensations, je n’ai pas remarqué de difficultés particulières. Au contraire, quel que soit le shaft, le club donne de la confiance à l’adresse, et reste très maniable.

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