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Fers TaylorMade P730

Quatre ans que l’on n’avait pas vu une lame Muscle back au sens exact du terme dans l’offre de TaylorMade, et pourtant, la marque possède l’une des écuries de staff player parmi la plus étoffée au monde avec Dustin Johnson, Rory McIlroy, Justin Rose, Jon Rahm et Jason Day. Ces joueurs ont plutôt l’habitude de mettre des lames MB ou CB dans leur sac. Depuis la dernière TP MB de 2014 qui succédait à celle de 2011, le monde de TaylorMade a beaucoup changé. La famille M pour les bois et la famille P pour les fers ont fait leur apparition. Sean Toulon et Benoit Vincent, les principales têtes pensantes des clubs TaylorMade sont partis explorer d’autres horizons, Brian Bazzel et Tomo Bystedt ont pour mission de prendre la relève. Comment ont-ils regénéré l’offre des lames TaylorMade ? Pouvaient-ils vraiment le faire ?

Une affaire de fines lames ?

Quand je catégorise les fers selon une nouvelle segmentation à six niveaux, TaylorMade va encore plus loin avec sept catégories de clubs qui vont du fer P730 dans la catégorie player Muscle back au fer M CGB pour les golfeurs à faible vitesse de swing, et en conséquence, besoin de lever la balle fortement.

Pour ma part, le M CGB ne m’a pas convaincu, et TaylorMade aurait largement pu se contenter du M1 et du M2. Le M CGB perturbe la lecture de l’offre globale plus qu’autre chose.

En revanche, sur le haut de la pyramide, une fois que l’on a déchiffré la logique de la marque avec M pour les clubs improvments, et donc P pour les players, le P730 trône au sommet de l’élite devant le P750, sorte de cavity back, et l’excellent P790, un forgé tolérant qui vient astucieusement concurrencer le Srixon Z565 ou le MP-18 MMC.

Si le P790 est une franche réussite d’un point de vue design, le P750 est un peu laid. Entre les deux, le P730 a choisi le bon côté de la « force ».

Ce qui n’était pas très évident à saisir dans la communication TaylorMade, c’est que les clubs P sont arrivés les uns après les autres sans que l’on voit rapidement le tableau d’ensemble. C’était un peu difficile de comprendre où la marque voulait aller, puisque P750 et P770 sont arrivés avant les P730 et P790.

Entre juillet 2016 et janvier 2017, la marque n’arrête pas de renouveler sa gamme, et procède même à plusieurs itérations.

De temps en temps, une petite pause n’est pas du temps perdu pour laisser du temps au consommateur pour comprendre de quoi il s’agit.

Pour en avoir discuté avec Brian Bazzel, désormais patron de la conception des clubs TaylorMade, un ingénieur qui va bientôt attaquer sa dix-huitième année dans le giron de la marque, la série P tire son nom de la longueur de la lame.

Si le P790 est en fait un concentré de technologie dans une lame plutôt longue, la P730 est très classique et très courte, comme toute bonne lame MB.

De ce point de vue, c’est en fait très difficile de réinventer un classique.

Parmi les motivations de TaylorMade pour relancer une lame MB qui va finalement peser très peu dans les ventes, s’adressant pratiquement exclusivement à des Tour Players, et bien justement, l’arrivée de Rory McIlroy dans le staff n’y est pas complètement étrangère.

Pour Tomo Bystedt, responsable en particulier des fers, la signature de Rory représentait une opportunité de développer une lame pour lui, et construite avec lui.

Il aurait reçu une série juste avant le Masters 2017 pour qu’elle serve de série référence. Dès lors, il y a eu plusieurs itérations. Ensuite, TaylorMade a proposé le même principe à Justin Rose juste avant l’Open d’Irlande.

Très rapidement à son aise, il ne les a plus quitté depuis l’Irlande.

Enfin, c’est Dustin Johnson qui a reçu sa série en dernier avant le championnat du Monde à Akron. Cette dernière est celle qui correspond selon Tomo Bystedt le plus à la série dite de production.

Entre les trois versions, il y a très peu de différences importantes. Elles se ressemblent beaucoup, et finalement, McIlroy utilise la dernière mouture.

Toute cette phase de validation met en lumière la relation client-fournisseur. Dans ce cas, le client est vraiment le joueur du tour plus que l'amateur.

Si pour beaucoup d’entre nous, ce type de club est très peu tolérant.

L’avantage d’une série de fers avec des têtes très compactes réside dans le fait qu’une lame courte propose un niveau d’inertie assez bas, et même le plus bas de tous les clubs.

Pour un amateur, c’est plutôt un gros désavantage.

Pour Bystedt, au contraire, il ne veut pas concevoir que moins d’inertie signifie moins de tolérance pour un joueur du tour.

Les joueurs du tour sont à la recherche d’autre chose !

Ils cherchent principalement à travailler la balle, à lui donner des effets plus facilement, et dans ce cas, une inertie plus faible est plus facile à manœuvrer. Il est plus facile de donner une petite courbure en draw ou en fade à la balle.

La plupart des amateurs préfèrent taper un coup droit que de commencer à chercher à donner de l’effet à la balle, alors que le pro passe son temps à taper des coups à effets.

Pour être plus précis, Rory, DJ ou Justin Rose cherchent à taper droit mais avec une légère courbure de la balle en vol pour être certain de contrôler et prédire sa réaction.

Enfin, c’est surtout vrai sur les fers moyens et courts, et un peu moins sur les longs fers. C’est d’ailleurs pourquoi ils mixent de plus en plus leurs clubs dans le sac avec des MB, des CB ou même des utility.

L’autre raison qui fait qu’un pro privilégie une lame comme la P730 est la plus grande manœuvrabilité dans le rough, toujours à cause de la tête plus compacte. Dans l’herbe un peu haute, le club « traîne » moins.

Pour un pro, quand on prend en considération tous ces points, finalement, la lame est plus intéressante bien que le smash factor soit moindre par rapport à une P750 ou une P790 !

La principale innovation

Au premier regard, j’ai d’abord cru que Bazzel et Bystedt avaient renoncé à transformer un club classique en autre chose qu’un club classique.

Seule fantaisie esthétique, une sorte de chemin tracé dans le dos de la lame qui me semblait être plus un trait caractéristique que d’une réelle utilité.

A priori, j’avais tort de penser cela.

Les américains appellent cela un « channel » qui sert à mettre un peu plus de masse sur la partie supérieure de la tête, pour justement aider sur les coups tapés un peu bas ou un peu haut dans la face.

Sur ce point, les ingénieurs reconnaissent que c’est une toute petite amélioration.

Cependant, visiblement suffisante pour des joueurs du calibre de Jon Rahm et consorts, qui, eux sont capables de faire la différence selon la position de la balle dans la face à l’impact.

Les ingénieurs l’ont particulièrement apprécié au moment du test avec McIlroy.

Les données ont montré une plus grande consistance. Il pouvait commenter les frappes dans la partie basse ou haute de la face comme plus solide, et avec une distance plus prévisible par rapport à des coups parfaitement centrés.

Toujours concernant le dessin du club, comparativement à l’ancienne génération de MB TaylorMade, le P730 est encore plus compact.

On parle d’un millimètre en moins sur la longueur de la face. A nouveau, pour répondre à une demande des joueurs du tour.

S’agissant de la fabrication, TaylorMade se distingue des autres marques en utilisant une presse de 2000 tonnes pour créer une géométrie très précise pour le dos du club.

Sur le P730, ils utilisent cinq étapes de forges avec un acier carbone 1025 pour obtenir un niveau très élevé de consistance, puis ensuite, ils usinent le « channel » au centre pour contrôler le poids du club de manière très précise.

Si le P730 est sur le marché depuis le 15 novembre à un prix qui dépasse les 1000 euros la série, finalement, quand on sait que c’est un produit construit pour Rory, DJ ou Justin Rose, quel intérêt pour des amateurs tels que nous d’acheter un tel club ? Probablement aucun, sauf à être un jeune pro ou un jeune golfeur voulant devenir un pro.

L’argument du rough et du contrôle de balle font du sens, mais même si j’ai envie de conduire une voiture de course comme une formule 1, est-ce que pour autant j’ai envie de l’acheter pour l’utiliser tous les jours sur mon trajet habituel ?

Comme toujours une lame MB reste une vitrine de savoir-faire ! Une vitrine de miniaturisation ! Les possibilités d’innovations sont très minces sur ces produits.

Un premier avis

Pour avoir tapé un fer 7 de la série P730 monté sur un shaft acier stiff de la marque KBS (la version TOUR 105 S), j’ai pu noter quelques faits intéressants.

Tout d’abord, TaylorMade n’a pas fait de loftjacking sur le P730, bien au contraire… Le fer 7 est de loft 35 degrés quand beaucoup de lames classiques sont à 34 degrés.

Comparativement à des fers fermés comme le P790, ne cherchez pas là un ajout de distance.

A cela, le shaft que j’ai pu utiliser mesurant seulement 37 inches, je n’avais vraiment pas la configuration la plus favorable à la vitesse de swing. J’ai swingé un miles per hour moins vite qu’en moyenne avec un tel club.

Malgré cela, j’ai été agréablement surpris par le smash factor et le degré d’efficacité du club. Sans doute un bénéfice de cette fameuse tranchée derrière le dos du club qui a peut-être limité l’écart de tolérance entre des coups décentrés.

Pour le coup, mon smash factor a été de 1.26 contre 1.25 en moyenne pour ce type de clubs, et alors qu’en défaveur du P730, le loft du club est un degré plus ouvert, ce qui aurait dû jouer en sa défaveur.

Résultat, l’angle de lancement est effectivement assez haut (autour de 22 degrés) pour un angle d’atterrissage de 46 degrés. Un meilleur joueur aurait sans doute fait mieux et obtenu au moins 47 degrés pour arrêter encore plus vite la balle.

Autre bonne surprise du test : le taux de spin très élevé !

Avec une balle Srixon Z-Star, j’ai largement dépassé les 6600 tours. J’imagine aisément qu’un pro peut monter à plus de 7000 tours sur un plein coup.

S’agissant de la distance, et de la roule en moyenne, les deux juges de paix pour une lame en dehors du touché, la P730 est tout ce qu’il y a de conventionnelle.

C’est toute la difficulté ! Révolutionner une lame n’est pas réellement possible. Les plus positifs vous diront que justement, les bons joueurs attendent d’une lame qu’elle ne change pas, et donne toujours le même standard de performance.

Alors qu’en moyenne, je porte ce type de fer 7 à 139 mètres pour 6 mètres de roule, avec la P730, je suis proche de cette même valeur, sachant pour rappel que cette lame est un degré plus ouverte au niveau du loft.

Ce premier essai ne conclut pas à un résultat positif ou négatif. C’est une lame ! Pas de bonne ou mauvaise surprise…

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