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Fers TaylorMade M CGB

Alors que l'on était habitué à des lancements en grandes pompes, et avec beaucoup d’effets, c’est presque par surprise que TaylorMade a lancé une nouvelle série de fers M CGB. Quelle position dans la famille des fers M ? Quelle fonction spécifique entre contrôle et distance ? Et surtout quelle logique par rapport au marché et à la concurrence ? Soit l’échantillon des questions que nous nous sommes posées sur cette première série sous l’impulsion du nouvel actionnaire, KPS Partners en remplacement d’Adidas.

On pensait l’offre TaylorMade « posée » entre M1 et M2 dans la catégorie des clubs Improvment pour golfeurs en progression, le mot élégant pour dire golfeur à la recherche d’aide dans son jeu.

Quand Titleist a particulièrement bien réussi son crantage de gamme du 718 AP1 au 718 MB, soit un total de 6 séries pour couvrir tous les grands besoins, entre plus de 50 d’index (débutant) et 0 ou moins (professionnel), on peut commencer à exiger des marques de choisir des noms et des crantages explicites.

Sur une dizaine de marques actives en France, le marché dans son ensemble gagnerait à ce que les marques adoptent des règles de nommages cohérentes, et faciles à comprendre rapidement.

Chiffres, lettres, codes couleurs, les marques s’en donnent à cœur joie. C’est tellement bien cherché d’un point de vue marketing, que pour le golfeur, c’est une usine à gaz pour comprendre et comparer les offres.

Si, une fois que l’on est averti, les mentions CB et MB sont explicites pour les gammes à destination des très bons joueurs, dans le domaine des clubs « improvments », inversement, c’est rapidement le bazar.

Chez TaylorMade, selon la règle de nommage en cours, qui d’ailleurs a beaucoup changé ces dernières années, à quoi correspond le M CGB par rapport à un équivalent chez Titleist, Mizuno ou Srixon ?

C’est la première remarque sur ce nom M CGB.

A quoi est-ce que cela correspond quand une marque présente déjà 5 ou 6 séries à son catalogue ?

La réponse vient de deux éléments quand on creuse : le loft et la signification des lettres CGB.

Avec un loft de 29,5 degrés pour le fer 7, le M CGB vient tout juste s’intercaler entre le M2 2017 à 28,5 et le M1 2017 à 30,5 degrés.

28,5 degrés étant tout de même un loft très fermé pour un fer 7 !

Comme si un club de golf ne se résumait qu’à une question de loft, et bien plus qu’une réelle avancée technologique.

Rappelons que certaines gammes de clubs avec des hosels dans les matériaux les plus nobles, permettent de « plier » les manches pour modifier les lofts dans le cadre d’un fitting, si on veut pousser aussi loin ce degré de réglage.

Concernant les initiales CGB, on en apprend un peu plus sur le véritable objectif de TaylorMade avec ce nouveau produit.

CGB équivaut à « Center of gravity back » ou en français le centre de gravité repoussé en arrière, un concept cher à TaylorMade, et qui n’a rien de nouveau. C’est même une obsession depuis plus de dix ans.

L’appellation CGB est apparue pour la première fois avec la série R7, soit dix ans auparavant…

Dans ce laps de temps, TaylorMade a beaucoup travaillé cette notion, en faisant sa marque de fabrique sur les drivers, les bois, et sur les fers.

Toujours sur la question du nom qui nécessite un véritable déchiffrage pour comprendre l’intérêt, CGB est associé à la famille M.

Est-ce à dire que M1 et M2 n’étaient pas suffisants ? Fallait-t-il vraiment combler l’écart entre 28,5 et 30,5 de lofts (pour le fer 7) ?

N’est-ce pas plutôt une réponse à l’arrivée de la série AP3 dans le giron du concurrent Titleist ?

Les dates de sorties étant très proches, on est en droit de se poser la question.

Trois gammes Improvment et Super-Improvment chez Titleist…Trois gammes comparables chez TaylorMade, avec toutefois, des lofts encore plus fermés pour être certain de gagner le match de la distance !

Alors que d’un point de vue esthétique, M1 et M2 version 2017 sont très abouties, le M CGB donne l’impression d’avoir été préparé en toute hâte.

Le look global du club est d’ailleurs beaucoup moins séduisant. Admettons toutefois que c’est une question de goûts et de couleurs, et donc parfaitement subjectif.

De nos jours, les marques produisent en plus petite série, et renouvellent leurs offres plus fréquemment.

Autrement dit, les marques testent plus souvent et moins longtemps votre réponse consommateur.

Un produit ne marche pas ? Pas de risque et de stock inutile, on change plus vite.

D’un point de vue objectif, AP1, AP3, AP2 ou M2, M CGB et M1, dans le bon ordre à chaque fois, et notez que comme par hasard les chiffres ne sont pas exactement en correspondances, trois séries peut être néanmoins pertinent entre golfeurs d’index 18/24, 12/18, et 9/12, car c’est de cela dont il s’agit : Sur-segmenter les offres par types de golfeurs de plus en plus définis.

Encore faut-il que les golfeurs comprennent ce degré de précision dans le crantage des offres…, et vue les règles de nommages, ce n’est pas gagné d’avance.

On peut toujours considérer que c’est le travail de la presse de faire ce travail d’explication…

Au cœur du sujet M CGB, ces nouveaux clubs ont pour fonction de maximiser la vitesse de balle.

TaylorMade justifie cette série par le fait que finalement, augmenter la vitesse de balle sur les drivers, et les bois n’est qu’une partie de la réponse, si vous ne vous en occupez pas sur les fers.

On reconnaît là, la volonté d’une marque d’équiper tout le sac d’un golfeur, et pas seulement les bois !

Avec 25% de parts de marchés sur les drivers et bois de parcours, dans une année 2017 plutôt bonne d’ailleurs pour TaylorMade, on sent bien que la préoccupation commerciale de la marque, c’est d’étendre cette part de marché jusqu’aux fers, comme du temps de la famille R1, où TM dominait largement le marché.

Le risque identifié chez TaylorMade, c’est que les amateurs associent à nouveau TaylorMade comme la marque pour les bois, mais pas pour les fers !

De leur point de vue, c’est donc cohérent de vous parler de vitesse de balle du driver au pitch !

Avec la série M CGB, la tête plus large promet d’augmenter cette vitesse de balle sur toute la série. Ce n’est plus seulement le driver qui va plus loin, mais bien tout le contenu du sac ou presque (quid du putter CGB ?).

Encore récemment, TaylorMade s’est livré à de multiples expériences, notamment au niveau des slots ou fentes sous les semelles et sur les faces. Cela a eu des conséquences sur le touché et le son.

Ces « slots » étaient présentes surtout jusqu’au fer 7, et pas nécessairement sur les fers 8, 9 et pitch, où même chez TaylorMade, le contrôle prédominait sur la distance.

Avec la série M CGB, même les wedges auront des « slots » !

Tout est question d’augmenter la vitesse de balle en sortie de face, sur tous les clubs, notamment sur les coups tapés bas dans la face, ou trop près de la pointe ou du talon.

Tout faire pour lutter contre les pertes de vitesses de balles sur les coups décentrés !

Pour atteindre cet objectif, la speed pocket est plus longue, et plus fine que sur les précédentes versions. C’est le résultat d’un important travail sur le design.

La nouvelle speed pocket est une sorte d’accordéon avec des espaces entre les niveaux pour vraiment favoriser un fléchissement de la face plutôt que d’être une simple tranchée dans la face.

La partie supérieure de la cavité présente un « undercut » à 360 degrés derrière la face. Partie qui n’est pas plus épaisse de 2 mm !

La technologie du cône inversé à épaisseur variable sur la face a été placée plus près de la pointe pour favoriser un effet de draw plus significatif, et réduire la dispersion…

L’arrière de la tête moulée en acier 450 SS représente justement la notion de centre de gravité repoussé vers l’arrière, notamment par l’usage de poids en tungstènes en pointe, et en talon. Opération qui a pour but de lancer haut et d’augmenter le smash factor.

Au centre du badge 3D et de la « hybrar », cette zone derrière la face qui sert à réduire les vibrations à l’impact pour un bien meilleur feeling, le principe Geocoustic déjà vu sur la famille M.

Sur le hosel, TaylorMade a laissé une petite entaille pour justement ajuster le lie facilement.

Le hosel cannelé, une autre spécificité TaylorMade aide à économiser du poids au plus près du talon… pour déplacer le centre de gravité en arrière et bas.

Tout ceci est en cohérence avec le but recherché.

Côté shaft, TaylorMade mise principalement sur un modèle ultra-léger de chez Nippon Shaft, le NS Pro 840 en acier, un manche très léger qui devrait aider les swings les plus lents à lancer haut et vite.

D’un point de vue design à l’adresse, le M CGB propose une topline généreuse et un offset progressivement élargi.

Comparativement au M2, la tête M CGB est un petit peu plus longue, et la topline plus épaisse.

Au passage, TaylorMade en profite pour remonter très sensiblement son prix de vente par rapport au M2… Tiens, tiens, si c’était la véritable raison de cette nouvelle offre.

Au final, de toute cette description, il faut retenir que le M CGB s’adresse aux golfeurs à la recherche de solutions en matière de vitesse de balle, et de maniabilité.

Finalement, M2, M CGB et M1 ne sont pas exactement sur le même positionnement que l’offre 718 AP1, AP3 et AP2.

Le niveau d’index paraît un peu plus haut à 28/24, 18/24 et 12/18. Ce n’est qu’une supposition…

Pour aller plus loin, qu’en est-il dans les faits ?

Avant de lancer notre processus de test avec plusieurs golfeurs dont un pro, un premier test a été mené avec un fer 7 sur un manche Fujikura REAX 88R, soit un shaft acier regular de seulement 88 grammes.

Cela n’a pas été le Nippon Shaft initialement imaginé par TaylorMade, car il faut bien admettre que la vente de TaylorMade pose concrètement de sérieux dilemmes d’organisations au sein de la marque, et en tout cas en France.

A tel point que nous n’avons toujours pas reçu les échantillons, et que chez TaylorMade France, la tendance est beaucoup à « C’est pas moi, c’est l’autre ».

Sans être vindicatif, c’est actuellement un peu le bazar chez Taylor…C’est un peu étonnant dans un marché en léger repli où aujourd’hui, aucune des autres marques ne laissent de place au hasard.

Pour ce faire un premier avis objectif, nous avons donc produit le test avec un manche souvent utilisé dans le cart fitting TaylorMade, le Fujikura Reax.

Le tableau ci-dessus résume des tests pour un même golfeur sur plusieurs années, et plusieurs fers 7 de la marque TaylorMade, classés par catégories, et pour des manches aciers en regular.

Le crantage des offres a été fait par nos soins, en tenant principalement compte des lofts.

Notez que les fers Aeroburner, M2 2016 ou 2017 et encore M CGB ont été classés dans la catégorie OS ou oversized. C’est plus le loft que la taille de la semelle qui a dirigé ce choix.

Pour être simple, si vous regardez la distance totale moyenne pour une vitesse de swing autour de 85 mph entre M2 2017, M CGB et M1 2017, vous trouvez un crantage de 147, 144 et 139 mètres au fer 7 (avec la roule).

La véritable surprise concernant le M CGB se trouve au niveau du spin. A savoir, plus de 7000 tours avec un fer 7, plutôt des chiffres que l’on trouve sur une lame, et certainement pas sur un club avec un loft aussi fermé.

Autre constatation au niveau des angles de lancements, dans l’ordre M2 2017, M CGB et M1 2017, l’angle passe de 20,3 à 20,5 puis 20,8 degrés.

A l’œil nu, ce sera un défi de voir la différence, mais cela explique la différence entre chaque tête, et confirme que le M CGB s’intercale entre M2 et M1.

Finalement, pour un club distance, les angles (lancement et atterrissage) et le spin ne sont pas du tout défavorables au contrôle, alors que les gains de distances ne sont pas extravagants.

En conclusion, s’agissant de la performance, on est tout de même dans le domaine du détail pour ceux qui dans le cadre d’un fitting pourrait regarder tous ces éléments.

Les marques, TaylorMade inclus, construisent de plus en plus des têtes dans l’optique d’un fitting, pour que chaque golfeur puisse trouver le niveau de détail désiré, et le plus intuitivement possible.

En revanche, est-ce que le M CGB, avec toute sa technologie, créé vraiment une différence avec des clubs TaylorMade des années précédentes, ce n’est franchement pas flagrant.

Maintenant, est-ce qu’une BMW de 2018 va plus vite qu’une BMW de 2015 ?

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