Nouveaux fers Srixon ZX5 et ZX7 : Beaux et bons ?

Lancées en France au mois de septembre 2020, les nouvelles séries Srixon ZX5 et ZX7 veulent incarner une nouvelle page d’histoire pour la marque japonaise. Une page qui assumerait son passé, et se projetterait en même temps dans l’avenir. Est-ce une invention marketing ou réellement le témoignage d’un changement technique majeur ? Il semble au moins que cela marque la fin des appellations Z545, Z565 et Z585 alors que la marque revisite ses séries de fers tous les deux ans. Une chose est déjà non pas acquise, mais très visible, le look de ces nouveaux clubs est très réussi, confirmant au passage le réel talent des équipes de Jeff Brunski (ingénieur en chef) pour dessiner de très beaux fers. Cependant, est-ce que faire des beaux clubs est suffisant pour convaincre les golfeurs de les acheter ?

En France, année après année, un trio de tête se maintient pour la vente de clubs de golf, et notamment des séries de fers : Callaway, Ping, et TaylorMade.

Si depuis quelques saisons, Cobra, et Srixon justement commencent à se rapprocher du sommet du leaderboard, cet ordre établi n’a pas encore été renversé.

Si d’une année à l’autre, entre les trois « gros », le classement peut changer selon les collections, ils se partagent un peu plus de 60% des ventes de fers, ce qui laisse assez peu d’espaces à tous les autres réunis… à savoir Cobra, Cleveland, Honma, Mizuno, Srixon, Titleist, et Wilson… sans même parler de PXG ou d’autres marques japonaises encore plus exotiques comme Miura, Onoff ou Seven.

Le cœur du marché ne varie pas, et reste incarné par des fers types Mavrik, Mavrik Max, G410 ou SIM Max, des clubs qui présentent des lofts fortement abaissés, et de semelles très larges.

Depuis plusieurs années, on fait croire aux golfeurs, et aux aficionados des forums ou réseaux sociaux, que la clé du succès au golf réside dans le fait de choisir des fers pour son index, ou mieux en gagnant de la distance, en jouant un fer 7 déguisé en fer 5.

Et preuve avec les chiffres des ventes, ça marche !

A l’autre bout de la chaîne, les ventes de lames sont en chute libre.

Entre la lame jugée majoritairement trop difficile à jouer, et les clubs pour golfeur en progression, un certain nombre de marques, et pas seulement Srixon, essaient de faire vivre des familles de clubs moins grossières que des pelles à tarte, et pas aussi technique que des MuscleBack.

Sur ce créneau, en moins de dix ans, la marque japonaise a réussi une percée sur le marché français, mais force est de constater que depuis le Z545, la marque n’a pas encore réellement transformé l’essai, et dépassé le succès d’estime.

Les séries Z ont rencontré un public de golfeurs avertis, soucieux de l’esthétique en même temps que de la performance, sans être absolument attaché à la notion de « jouer sur le tour », bien que le japonais Matsuyama qui a encore livré une belle performance au Masters 2020, soit un fier ambassadeur.

Depuis plusieurs années, Srixon décline son offre de fers sur trois modèles que l’on pourrait qualifier de forgé tolérant (ce que j’ai rebaptisé Large Back en 2020), de forgé cavity back, et forgé muscle back.

Mizuno lui a très rapidement emboité le pas dans cette logique de déclinaison, et même les marques américaines comme PING ou TaylorMade se sont intéressées, à la fois à ce segment de marché, et cette manière de décomposer les offres.

Quelque part, TaylorMade avec le P790 puis PING avec le i500 ont surfé sur la vague d’un type de produits, qu’elles n’avaient pas initialement au catalogue, pour rattraper puis dépasser Srixon, tout du moins dans les ventes de ces clubs, qui comme le Canada Dry, devaient présenter un look de bons clubs, avec des caractéristiques beaucoup plus abordables pour Monsieur Tout le Monde.

C’est donc la question qui se pose aujourd’hui avec les nouveaux ZX5 et ZX7 que l’on pourrait classer comme le nouveau Large Back, et le nouveau Cavity Back de Srixon pour la période 2020/2021.

Le ZX5 notamment peut-il dépasser le succès d’estime, et sérieusement challenger dans les ventes le i500, et le P790 ?

La distribution joue sans doute un rôle non-négligeable dans le fait d’orienter les clients sur les marques américaines les plus vues à la télévision…

La pression mise sur les réseaux sociaux en termes de communication doit sans doute aussi jouer un autre rôle.

Mais intrinsèquement quelle est la place de la valeur du produit dans tout ce mécanisme ? Sa valeur réelle ?

C’est sans doute cette nouvelle histoire que la marque japonaise va vouloir nous raconter en opérant un virage dans l’appellation de ses gammes.

Pour avoir en mains, ces nouveaux clubs, et au moment d’écrire ces lignes, si la première chose qui saute aux yeux, c’est la pureté et la beauté du dessin, que je souhaite souligner dans une époque où les marques américaines se mettent à dessiner des cavités de plus en plus grossières, je constate qu’en 2020, Srixon n’amorce toujours pas la guerre des lofts !

Je dois forcément m’interroger sur la part du loft dans le succès des P790 et I500, tous deux présentés par exemple pour le fer 7 avec un loft d’origine de 30,5 degrés, quand historiquement le Z545, et désormais le ZX5 resterait raisonnablement à 31 degrés pour le même fer.

On explique rarement à des golfeurs que le fait de baisser le loft d’un fer joue favorablement sur la distance, mais que la contrepartie, c’est le contrôle de la trajectoire, et en fin de compte, la précision.

Quel impact pour 0,5 degrés de loft ?

C’est très relatif, mais imaginez un vendeur en magasin vous faire essayer deux produits, et immanquablement, si vous ne regardez que le smash factor, à shaft sensiblement identique… il sera plus élevé avec le loft à 30,5 degrés.

Il sera alors facile de dire que le i500 ou le P790 marchent mieux.

Pour autant, est-ce vraiment la bonne façon de choisir ? La seule ?

Quand je lis des forums, et que je constate en 2020 que des amateurs se posent encore la question de savoir si telle ou telle série est plus adaptée parce qu’ils jouent 24 ou 32 d’index, la vente de clubs de golf au petit bonheur la chance a encore de beaux jours devant elle.

D’un point de vue technologique, qu’est-ce qui change en dehors d’un look qui tend vers toujours plus d’élégance, ce qui est déjà une prouesse en soi ?

En 2020, il semble que la marque soit tombée dans la marmite du mot « frame » !

Rebound frame pour le driver, et maintenant MainFrame pour les séries de fers… mais qu’est-ce que cela veut dire, Frame ?

Une définition pourrait être « une structure rigide qui entoure »

Dans le cas des fers ZX5 et ZX7, ce terme s’appliquerait à la face, principale nouvelle innovation.

Je regrette que Srixon utilise à son tour la notion d’intelligence artificielle, déjà employée par Callaway, pour expliquer la création d’une face avec une épaisseur variable, ce qui in fine,  a pour but d’augmenter la vitesse de balle.

D’un côté, je comprends qu’il ne veuille pas laisser le champ libre à la seule marque Callaway pour exploiter ce nouveau filon… marketing, et d’autre part, justement parce que cela ressemble plus à du marketing qu’à une nouvelle révolution, Srixon aurait pu être inspirée de laisser cela de côté, pour simplement parler de face à épaisseur variable.

Finalement, pour le consommateur, le mélange qui conduit à la soupe est moins son affaire que le résultat, et si la soupe a du goût.

Pour autant, Nicolas Marchand de Srixon Europe a tenu à réagir, et compléter, à ce propos : "L’IA est pour une optimisation de rendement de face (la vitesse de balle + sa consistance sur une surface de face beaucoup plus large). La structure a bien été dessiné par l’Homme…et optimisée par l’IA. Cette face est usinée de grooves uniquement sur la face interne (pas usiné intérieur et extérieur)."

Quoi qu’il en soit, Srixon annonce quatre innovations clés pour les nouveaux fers ZX, dont cette nouvelle face usinée des deux côtés, intérieur et extérieur pour vous procurer plus de vitesse de balle (et donc plus de distance).

A cela, il faut encore ajouter une « Tour Cavity » qui concerne principalement le modèle ZX7 (la Forged Cavity Back de la bande).

En synthèse, il faut surtout comprendre que le centre de gravité a été déplacé pour un touché plus doux, et plus de facilité pour travailler les effets donnés à la balle.

A nouveau, suite à cet article, Srixon a voulu réagir et apporter une précision : "La face est principalement la différence entre la ZX5 et ZX7 et pas uniquement le loft. La ZX5 est construite à partir de 4 pièces, et seulement 2 pièces (dont insert tungstène en pointe) pour la ZX7."

Troisième argument, les rainures sont progressives en profondeur, notamment du fer 8 jusqu’au pitch, sur les deux séries ZX5 et ZX7. Elles sont plus étroites, et plus profondes, pour donner plus de spin, dans le cadre d’attaque vers le green.

Nous, les amateurs, par manque de vitesse de swing, nous avons justement du mal à générer des niveaux très élevés de spin. Cependant, le spin sans la hauteur de balle, cela ne présente pas nécessairement un intérêt absolu.

Le pouvoir stoppant donné à une balle provient bien de plusieurs facteurs combinés : Hauteur de balle / angle de descente, et le spin.

Enfin, dernier argument, et de mon point de vue, l’élément le plus caractéristique de l’offre Srixon, la Tour VT Sole, cette forme de semelle si particulière à Srixon (en forme de V) censée à priori favoriser le contact du club avec le sol, et donner un effet de glissement sur le gazon.

Entre les deux séries, ZX5 et ZX7, comme précisé plus haut, le choix est une affaire de détails qui n’en sont pas : Principalement, le loft, l’offset et le swing weight !

Avec un loft plus bas, et plus d’offset, la série ZX5 s’adresse donc à des golfeurs qui cherchent encore un coup de pouce d’un point de vue de la création de vitesse de balle (smash factor), et craignent encore un peu de slice (un chemin de club déplacé de manière extérieur/intérieur).

Le swing weight théorique est annoncé en D2 pour des golfeurs qui ont encore besoin d’aide pour créer du release.

A l’inverse, avec le ZX7, la marque s’adresse à des golfeurs qui commencent à privilégier la précision à la recherche de distance supplémentaire… par le club !

Des golfeurs qui craignent moins de slicer, et veulent élever les trajectoires.

A ce stade, et avant le test, de mon point de vue, le tour de force réussi par Srixon, et réel avantage par rapport à ses concurrents (sauf Mizuno), c’est le fait de pouvoir proposer un combo, qui en plus visuellement reste cohérent, tant entre ZX5 et ZX7, les différences esthétiques sont minimes.

Point tout à fait notable, et d’importance, la largeur de la topline n’excède pas 0,6 cm que ce soit pour la ZX5 et la ZX7, ce qui favorise la création d’une combo (combinaison entre les deux séries) efficiente.

En préambule, je soulevais deux questions : Le nom exprime-t-il plus qu’un changement marketing, un changement technique notable ?

De beaux clubs peuvent-ils suffire à dépasser le succès d’estime ?

Pour la première question, des arguments présentés par Srixon, je doute, et malgré l’intelligence artificielle, que la révolution soit si spectaculaire.

En revanche, pour le look, j’aurai envie d’y croire, car par les temps qui courent, les beaux clubs se font rares.

Or, justement, très obsédés par la performance, plus de distance, plus de smash factor, on oublie parfois que le véritable argument objectif pour choisir une nouvelle série de fers, c’est la beauté perçue.

Un critère qui est personnel pour chaque golfeur et donc par définition, assez subjectif.

La question de fond posée dans cet article, c’est finalement comment les golfeurs choisissent leurs nouveaux clubs ?

Et jusqu’ à quel point, ils intellectualisent leur choix entre coût, esthétisme, loft, offset et swing weight ?

Pour le moment, PING et TaylorMade ont démontré qu’elles pouvaient arriver bien plus tard sur ce segment, avec une offre similaire, enlever 0.5 degrés de loft, et dépasser Srixon dans les ventes.

Cela étant dit, il faut aussi reconnaître que le tour de force réussi par PING et TaylorMade, avec respectivement le i500 et le P790, c’est d’avoir aussi réalisé de beaux clubs.

Si on devait s’arrêter à l’esthétique, ce serait difficile de départager les trois marques.

C’est pourquoi, cette question du loft a son importance, mais peut-être moins encore que la notoriété, et la présence plus forte de TaylorMade, et PING dans les réseaux de distribution.

Il me reste à vous livrer le résultat du test, et peut-être découvrir une performance supérieure, comme annoncée par le fabricant ou au contraire, rien de nouveau sous le soleil…

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 3 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.