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Fers Seven MCB

Pas nécessairement aussi connues en Europe que les marques américaines, certaines marques japonaises sont extrêmement appréciées au Japon pour la qualité et le design supérieur de leurs produits. A l’occasion de la sortie récente des nouveaux fers Seven MCB, nous avons eu l’idée de vous présenter cette marque japonaise, et l’un de ses plus beaux produits, la série MCB.

Le marché japonais et ses spécificités

Il y a seulement quelques jours, la marque japonaise SEVEN, une marque globale qui présente des produits du driver au putter, présentait le tout nouveau MCB, un club à cavité qui pourrait largement remporter le premier prix de beauté, si jamais ce titre existait dans l’univers du matériel de golf.

Quand on s’intéresse au marché japonais des fers dominé par le groupe Dunlop (Srixon – XXIO) avec une part de marché que l’on peut estimer approximativement à près d'un quart au Japon, on s’aperçoit que les équilibres sont logiquement assez différents par rapport à l’Europe, marché très « américanisé » par définition.

Pour les fers, les marques japonaises sont dominantes, et ce, même si les américains sont présents avec des produits d’ailleurs spécialement conçus pour ce marché.

Titleist, TaylorMade et Callaway occupent à elle-trois tout de même approximativement un tiers des ventes de fers au pays du soleil levant. Titleist est d’ailleurs la marque américaine qui s’en sort le mieux selon les estimations de 2016.

Mizuno, Bridgestone et Yamaha, trois marques japonaises avec des moyens conséquents sont en bien meilleure position sur leur marché local par rapport au reste du monde.

N’oublions pas que le marché japonais est le deuxième plus gros marché mondial avec plus ou moins 10 millions de golfeurs contre 25 millions aux Etats-Unis ou 4 millions au Canada, très loin devant la population golfique en Europe.

Le Japon compte à lui seul 2283 parcours, soit six fois plus qu’en Chine ou en Corée du Sud, les autres puissances régionales dans le domaine du golf.

Le marché des équipements golfiques japonais est ainsi estimé à 3 milliards de dollars par an.

Comme partout dans le reste du monde, le golf au Japon souffre du développement de nouvelles pratiques sportives auprès des jeunes.

Néanmoins, si le nombre de golfeurs diminue ou se maintient, cela reste une performance assez étonnante compte tenu du coût de la pratique, et la difficulté d’accès aux golfs.

Le prix de certains green-fee peut en effet monter à près de 600 dollars, et certains clubs peuvent demander jusqu’à 1 million de dollars pour un « membership » à l’année.

La principale explication du coût du golf, peut être plus élevé au Japon que partout ailleurs, tient assez logiquement dans le fait que l’espace est rare et très cher.

Construire un complexe de 18 trous dans un pays d’une superficie de 377 962 km2 et qui compte 127 millions d’habitants selon les chiffres de 2015 reste une prouesse.

Dans ce contexte d’un marché très conséquent, il y a une véritable place pour des marques challengers dont la plus connue est assurément Miura, mais aussi Seven et bien d’autres, qui toutes ensembles pèsent au moins un autre tiers des ventes de fers.

Ce qui paraîtrait inimaginable en Europe.

La tradition de fabrication des forges japonaises beaucoup plus connues pour la réalisation des nihonto et autres katanas est certainement l’explication de cette passion pour l’acte de forger de beaux produits.

On peut imaginer sans peine que Srixon, XXIO et Mizuno, marques plus connues en France sont poussées par le dynamisme de ce marché local.

D’ailleurs, la difficulté pour Srixon comme pour Mizuno est certainement de devoir répondre aux marchés américains et japonais, alors que les attentes et la concurrence sont radicalement différentes.

Et c’est sans doute pour cela que les deux marques japonaises les plus connues en France essaient de produire des beaux clubs de golf, tout en abaissant le niveau de prix à celui qui peut être accepté en Europe ou aux USA alors que l’équivalent au Japon peut coûter 30% plus cher.

Pour en revenir à Seven, impossible de vous donner l’estimation de ses ventes au Japon, mais c’est certainement avec Miura, Kyoei, GIII, Yonex, Maruman, Itobori, et Haraken Docus, une des marques les plus actives dans le domaine des fers.

Pour donner un ordre d’idée, la plupart des séries de fers proposées par ces fabricants sont très souvent des lames forgées, et plus rarement des fers à cavité super improvment que l’on trouve aux USA.

Selon notre estimation, le prix de vente moyen d’une série de 6 fers est compris entre 900 et 3500 dollars.

A ce titre, la série Seven MCB qui va du fer 5 au pitch va être proposé à 2100 dollars, soit au moins le double du prix de vente constaté en France pour ce type de clubs.

Les fers SEVEN MCB dans le détail

Entièrement moulé en une seule pièce d’acier japonais selon le fabricant, cela paraît plausible du fait que malgré la cavité, cette dernière ne semble pas être un assemblage.

En effet, c’est toujours quelque chose qui peut être mis en doute avec des lames à cavité.

Dessiner une cavité avec une action de forge et non pas d’assemblage reste de nos jours quelque chose de très compliqué à réaliser.

Tradition japonaise ne veut pas dire artisanat ! Les Seven MCB ont été dessinés en usine avec l’assistance d’ordinateur pour justement assuré la perfection des lignes.

Des prototypes en résines ont été réalisés à la main pour définir la forme finale.

De l’avis de confrères japonais, la nouvelle génération de fers Seven MCB est d’un niveau supérieur à celui des précédentes générations.

La marque SEVEN cherche à positionner toute sa gamme sur un standard de haute qualité, et prêt pour cela à redessiner chaque produit de sa gamme.

Peut-être que la marque se trouve fortement challengé par la nouvelle dimension prise par son concurrent direct Miura, qui depuis son rachat veut étendre la notoriété de son savoir-faire hors des frontières japonaises ?

La nouvelle face des MCB a été justement redessinée dans le but d’améliorer la performance, et de paraître plus que parfaite.

Bien qu’il s’agisse d’une tête très compacte, ce qui ne favorise pas la tolérance, les japonais ont travaillé sur l’épaisseur de la tête. Aucune des parties ne devaient être ou trop fine ou trop épaisse. Au contraire, ils ont cherché à donner une dimension constante sur toute la surface.

Le Seven MCB présenté en photo dans cet article (photos du fabricant) n’est encore qu’un prototype. Ce club sera en fait proposé en deux versions : un corps totalement moulé ou un corps poli à la main.

En réalité, c’est le même processus de fabrication. Seulement, l’option polie à la main est en plus et pourtant sans frais supplémentaires. La version polie à la main n’est étonnamment pas celle qui se vend le plus.

Pour parvenir à ce club, Seven a testé de nombreux prototypes admettant qu’une version « undercut cavity » n’apportait pas d’amélioration au niveau de la tolérance. Ce qui les a fait renoncer.

La cavité arrière assez prononcée, une fois le club posé au sol, ne paraît pas si importante.

La Seven MCB se distingue en fait par son offset minimal. Concernant un club de golf, c’est toujours un débat délicat. En théorie, l’offset est plutôt une bonne chose pour la tolérance, mais les bons joueurs en veulent le moins possible pour pouvoir au contraire travailler la balle.

Le tableau ci-dessous vous permettra de constater que cette série présente très peu d’offset avec des lofts relativement « classiques » et non pas trafiqués.

Au Japon, cette série va pouvoir être comparée à la gamme ONOFF KURO ou la Titleist VG3 Forged. Toujours selon des journalistes japonais, cette série atteint un niveau de qualité égal ou supérieur.

A propos de cette série, vous l’aurez compris, c’est surtout le processus de fabrication qui donne la qualité et la précision.

La marque nous parle plus de procédé Full CNC ou de design Autocad que de matière ajoutée ou révolution technique avec des inserts ajoutés.

La semelle du MCB est très aplatie et relativement large pour essayer de répondre à la demande des meilleurs joueurs mais aussi des amateurs qui veulent simplement jouer des beaux clubs sans être pour autant des grands « travailleurs » de balles.

Sur ce point, nous vous inviterons à la prudence. Une CB est difficilement une série tolérante en comparaison d’une gamme de super-improvment, et quoi qu’en disent les marques.

Concernant les sensations de frappes, toujours en se basant sur les commentaires de confrères japonais, le touché est nettement impacté par le processus de fabrication.

Le fait que les rainures ont été entièrement tracées selon un principe de CNC Milling adoucit l’impact et réduit les vibrations.

En conclusion, nous voulions vous présenter ce produit peu connu en France pour la beauté de son design, et la qualité de son processus de fabrication. Cela permet de mieux comprendre à quelle concurrence sont exposées les marques japonaises connues en France, comme Srixon et Mizuno. Une concurrence qu’il ne faut pas relativiser. Si ces marques n’ont pas l’ambition de développer une stratégie mondiale, se suffisant de leur marché intérieur, cela illustre que le niveau de compétition est sur des standards très élevés.

Pour un français, il est possible d’acheter de tels clubs via des sites Internet spécialisés. Ne faites confiance qu’à des références du secteur, car la contrefaçon reste un énorme problème en Asie.

Pas de miracle ou de mirage, le prix d’une telle série pour 6 pièces peut difficilement être inférieur à 2100 dollars.

Crédit photo : Seven Golf

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