Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Fers PING BluePrint : Une affaire de teasing

Le teasing est une technique marketing assez ancienne qui consiste à faire monter le désir du consommateur, à travers l’attente d’une nouveauté annoncée en amont, mais pas encore tout à fait prête à être commercialisée. PING n’est décidément plus vraiment une entreprise conservatrice, et presque un peu naïve contre les géants comme TaylorMade ou Callaway. La marque basée en Arizona a su se mettre à la page, et le dernier exemple en date concerne les nouveaux fers PING BluePrint dont la date de sortie n’a pas été encore annoncée, et dont pourtant les photos ont déjà comme par hasard largement fuité sur la toile…

Tout a commencé avec la dernière victoire du sud-africain Louis Oosthuizen, à l’occasion de son Open National, le South African Open, début décembre.

Deux ans que l’ancien vainqueur du British Open ne s’était pas imposé sur le circuit. Forcément, au moment de recevoir le trophée, il y avait un peu d’émotions.

L’histoire aurait pu prendre un tout autre chemin dans la mesure où au départ du dernier tour, sans doute un peu fébrile, Louis a commencé par perdre du terrain avant de se reprendre, et finalement dépasser Romain Langasque de deux coups.

Au-delà de la victoire du joueur, saluée un peu partout dans le monde tant il est sympathique, et son émotion sincère, ce fut un coup de projecteur formidable pour la nouvelle série de fer emmenée par le joueur pro.

Les plus observateurs ont en effet noté la présence d’une série de lames PING BluePrint dans son sac, tout comme pour Tony Finau, et Bubba Watson, quelques jours plus tard, à l’occasion du Hero World Challenge aux Bahamas.

Sans annonce de la part de PING, il s’agirait en effet des clubs destinés à remplacer les iBlade, mis sur le marché en 2016, soient les lames mucle back destinées aux meilleurs joueurs de golf, les professionnels, et les index inférieur à 5.

A cette heure, PING n’a surtout pas annoncé de date de sortie, et vraisemblablement, cela ne devrait pas intervenir à l’occasion du prochain PGA Merchandise Show à Orlando, qui devrait faire la part belle à un autre produit de la société : Un nouveau driver.

Avec la prise de pouvoir de plus en plus importante du jeune Marty Jertson au marketing chez PING, la marque a pris un excellent virage depuis quelques saisons, et surfe sur un certain nombre de succès.

Sans se détourner de sa clientèle traditionnelle, plutôt senior, PING a réussi son challenge de renouvellement et de ré-enchantement de ses lignes de produits.

Avec le concours bienveillant (trop) de sites et médias américains (à la limite du surnaturel), PING a bénéficié outre-Atlantique d’une belle campagne de promotion de ses nouveautés comme les fers i210, i500 et les wedges Glide Forged.

Malgré un contexte très difficile en France, avec un net recul des ventes de clubs en 2018, PING fait partie de compagnies qui ont le mieux résisté.

Le discours de marque jusqu’à présent sérieuse, et pas trop marketing mêlé à des produits savamment relooké, en même temps qu’une forte présence des commerciaux sur le terrain a été la recette d’un certain succès.

PING a aussi profité du piège dans lequel Callaway et TaylorMade sont tombés avec le sur-marketing des produits EPIC ou M, alors que dans le même temps, PING jouait la carte de la continuité, au moins d’un point de vue de l’image.

En fait, le marketing de PING est similaire aux deux autres marques.

Elle est simplement plus fine dans son approche, tout en bénéficiant d’un soutien étonnant, celui du site américain MyGolfSpy, particulièrement prompt à soutenir cette marque, sur pratiquement l’ensemble de ses produits, allant à en faire la marque numéro 1 de 2018, ce qui pourtant, n’est pas tout à fait exact dans les ventes aux Etats-Unis.

S’agissant des nouveaux fers BluePrint, impossible que la marque n’ait pas collaboré avec les médias américains pour leur fournir les premiers clichés des clubs ou même les laisser en approcher pour faire des photos.

Quand on sait que les marques font signer des tonnes de documents d’embargo avec la presse pour justement faire semblant de maintenir un état de surprise au lancement des produits, le fait que les photos des BluePrint ait déjà filtré sur Internet, est en fait une grosse hypocrisie partagée par la marque, et nos confrères.

Pour la marque, cette opération de teasing parfaitement servie par la victoire d’Oosthuizen, permet d’alimenter les forums, comme par exemple sur GolfWrx, où tous les commentaires au sujet de ce nouveau club sont dithyrambiques, et pour cause, ils émanent à 99% de clients PING déjà utilisateurs de clubs PING.

Le 1% restant est un golfeur TaylorMade qui compare les BluePrint à des spatules, non sans un trait d’humour.

Le référencement sur Internet du BluePrint est donc déjà un succès avec des commentaires positifs pour bien vous influencer.

Pour les médias américains très complaisants, c’est l’opportunité de faire du scoop avant du scoop.

Les médias, de plus en plus dépendants des marques de matériel, et de moins en moins critiques, s’assurent ainsi les premières places dans les moteurs de recherches, bien avant que le produit ne soit commercialisé.

En réalité, à ce stade, on parle de tout, sauf de produit. Est-ce parce qu’il n’y a plus grand-chose à dire de concret sur une nouvelle série de fers ?

Toujours sur la base des commentaires publiés sur les forums, personne n’évoque les questions de performances.

Et pour cause, s’agissant d’une lame MB, il ne peut y avoir réellement de performances supplémentaires, mis à part 100 tours de spin à la marge… ce qui sera totalement invisible et sans odeur pour un amateur.

En réalité, c’est le son et le touché qui sont au cœur des discussions pour ce type de clubs.

Si le bruit à l’impact, et les vibrations ressenties dans les mains sont significatives, le PING BluePrint aura réussi son coup.

Sur un autre élément capital, les photos nous permettent déjà d’admettre qu’il a réussi son coup : Le look !

Dans la lignée des iBlade, des i210 ou des i500, les BluePrint, un nom aux antipodes des habitudes de la marque, PING confirme la réussite actuelle de son studio de design.

Encore cinq ans en arrière, PING dessinait des clubs à très grosses cavités avec des lignes pas nécessairement très fines. Après le départ de Mike Nicolette pour PXG et l’avènement de Marty Jertson, incontestablement, la marque a pris un nouveau virage, et laissé de côté sa tendance traditionnaliste à la limite de l’ultra-conservatisme.

Avec les BluePrint, au contraire, PING réussit à faire du marketing sans que cela se voit, pour continuer à paraître la marque « good boy » du marché.

Les nouvelles lames devraient afficher des lofts similaires aux actuels iBlade, soit 34 degrés pour un fer 7, et 30,5 degrés pour un fer 6.

Mis à part le look et donc les lofts, pas évident de réellement trouver des changements, à ceci près, si vous prêtez attention à la pointe, PING a placé une vis qui semble être en tungstène, une entorse au principe de lame pure et parfaite.

Une technique qui est aussi de plus en plus partagée par toutes les marques, de Titleist à TaylorMade en passant par Callaway. PING ne se démarque pas sur cet argument.

En modifiant légèrement l’équilibrage de la tête, PING peut nous expliquer avoir modifié les conditions de lancements.

Toujours au sujet de nos confrères de la presse américaine, ils auront beau jeu de vous annoncer que les BluePrint présentent une nouvelle ligne jamais vue auparavant chez PING, avec notamment des semelles plus fines et des top-lines encore plus fines, idéales pour couper du beurre… des commentaires qu’ils faisaient déjà trois ans plus tôt au sujet des iBlade.

Pour avoir côtoyé pendant 15 jours aux Etats-Unis nos confrères anglo-saxons, dans le cadre de visites aux sièges des grandes marques, ce qui n’est pas si fréquent, j’ai surtout été frappé par l’absence totale de sens critique, et au contraire, une réelle bienveillance vis-à-vis des marques.

Sans mettre les pieds sur la table, et les doigts dans le nez, on peut faire du journalisme en restant poli avec les marques, curieux, mais pas influençable.

S’agissant des BluePrint, PING est dans son rôle d’alimenter un teasing, en faisant semblant de ne pas le faire, par contre, la presse est vraiment hors-jeu, tout en sciant de plus en plus rapidement, la branche sur laquelle elle est assise, en continuant à servir la soupe, sans le moindre réflexe critique et objectif.

Crédit photo : Icon Sportswire et forums américains

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 0 sur votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.