Fers Mizuno MP-20 HMB : Un nouveau pari sur une lame plus musclée ?

Deux ans après la sortie des lames MP-18, Mizuno profite des MP-20 pour ajouter une toute nouvelle tête dite HMB qui complète la traditionnelle lame muscle back, et la version MMC plus tolérante. HMB, c’est finalement une lame MB inspirée des longs-fers de plus en plus en vue sur le circuit professionnel. D’un point de vue du dessin de la tête, la HMB ne s’intercale pas entre les deux autres têtes MP-20 Mizuno. La semelle est même radicalement plus large. Est-ce pour autant un club plus tolérant, et véritablement complémentaire ?

Pourquoi une version « High MB » ?

Quand on compare la lame traditionnelle MP-20 et la MP-20 HMB, on peut trouver beaucoup de différences.

Pas en se concentrant sur le dos du club, car pour le coup, les deux clubs sont très semblables avec le même placement du logo, et la même composition de chrome, qui dans les deux cas, en font des clubs parmi les plus beaux mis sur le marché en 2019.

Le HMB se veut pourtant une version plus musclée pour ceux qui voudraient visuellement jouer de belles lames tout en retrouvant des sensations et un peu plus de puissance, sans avoir le swing de Luke Donald.

Entre les deux versions, les différences apparaissent déjà au niveau de la largeur de la semelle qui est nettement plus prononcée dans le cas de la HMB, une tête MB finalement sur vitaminée.

Moins visible, mais presque plus important, les lofts sont plus fermés de 2 degrés sur la HMB, ce qui pourrait être contradictoire avec l’idée de lancer plus haut.

Chris Voshall, la voix de Mizuno depuis plusieurs années pour l’Occident aurait beau jeu de nous expliquer que ces lofts plus fermés seront compensés par le déplacement du centre de gravité bas dans la tête de club, justement par l’accroissement de la semelle.

En résumé, si les lofts sont plus fermés, l’angle de décollage n’est pas forcément plus tendu par la forme du club, et sa dimension…. A vérifier…

Autre changement qui n’est pas si anecdotique, le niveau d’offset est légèrement différent entre chaque fer. Il est plus prononcé de quelques millimètres sur la HMB, alors que par numéro, le lie et la longueur des manches sont en revanche identiques.

Il faut comprendre que Mizuno nous propose ici des variantes, surtout dans l’idée de vous faire opter pour des combinaisons de clubs, au sein d’une seule et même série.

Pourquoi ne pas alterner MP-20 et MP-20 HMB ou même MP-20 MMC ?

C’est là où un test peut s’avérer décisif, mais à condition d’y passer un certain temps ou alors de connaître pour soi, le shaft et le grip idéal.

Le hic, c’est que la plupart du temps, pour un amateur, ce n’est pas si facile d’éliminer les variables, et se fixer sur des composants. A l’inverse, le professionnel ne change quasiment jamais de shaft et de grip, et ne tolère que des changements de têtes… Et encore, quand vous discutez avec eux, et par exemple, Raphael Jacquelin, ils admettent qu’ils n’aiment pas changer…

On comprend pourquoi quand on rentre dans le détail de compositions des clubs, et l’importance de chaque partie.

Avec le HMB, Mizuno veut tenter le pari d’une série entièrement conçue en partant du long fer, et non pas des fers d’approches ou même les wedges.

Cette fois, le dessin est décliné du fer 3 au wedge avec une tête surdimensionnée pour une MB, et sans être toutefois une oversized que l’on peut voir parfois sur des clubs Super-Improvment, destinés aux joueurs en progression.

Le corps de la tête est construit en acier inoxydable et équilibré avec du tungstène, une matière que toutes les marques utilisent pour nous vanter des gains de distances, de Titleist à TaylorMade, en passant donc par Mizuno.

Comme la MP-20 traditionnelle, la version HMB est réalisée à partir d’une bille d’acier Grain Flow Forged HD, recouverte d’un cuivre souple et finalement une finition en nickel chrome. Ce processus offrirait justement le toucher revendiqué comme incomparable par Mizuno.

Juste avant d’écrire ces lignes, je suis allé retaper les trois versions MP-20, et franchement, j’ai beaucoup de mal à les distinguer sur celle seule question du toucher.

Pour un golfeur amateur, il faut finalement retenir 3 choses : Une tête plus volumineuse, un loft plus fermé, et une topline légèrement plus généreuse pour inspirer plus de confiance.

Premier test et comparaison

Deux ans en arrière, Mizuno proposait déjà trois versions de ses lames pour bons joueurs. La MP-18 était une Muscle Back. La MP-18 SC était une lame Cavity Back, et enfin, la MP-18 MMC était l’équivalent d’un forgé tolérant, une segmentation relativement récente, apparue par exemple avec la Srixon Z545.

Qui dit MP-20 HMB, ne dit pas MP-20 SC, cette lame a disparu du catalogue Mizuno.

Ci-dessus, ce tableau résume tous mes tests de clubs Mizuno MP entre 2017 et 2019. Je remercie chaleureusement Mizuno de me fournir chaque année quelques clubs de tests, afin justement d’aller plus loin dans le détail.

En 2017, Mizuno avait envoyé 3 fers 4, 7 et pitch. Cette année, ils ont fait une légère variante 4,6,8 et pitch.

Paradoxalement, si la HMB devait s’intercaler entre MP-20 et MP-20 MMC, si visuellement, elle ressemble plus à MP-20, d’un point de vue des caractéristiques, elle ressemblerait plus à une MMC, et s’éloigne donc de l’ancienne version SC. Il suffit de regarder les lofts pour s’en convaincre.

En deux ans, la longueur des manches a subi une discrète mais légère augmentation de 0.25 inches, ce qui devrait favoriser la distance, mais pourrait au contraire, abîmer la précision…

Cette augmentation de la longueur des manches se retrouve d’ailleurs dans l’écart moyen de vitesse de swing positif que je trouve en version MP-20 versus MP-18, soit +2 mp/h en moyenne.

Toujours au chapitre des comparaisons, en deux ans, j’ai amélioré la qualité de mon swing, ce qui est une conséquence indirecte du fait de taper chaque année beaucoup de balles.

Résultat, la comparaison entre MP-18 et MP-20 est légèrement faussée, et en faveur de la dernière série. A paramètres constants, je ne pense pas créer un écart de 10 mètres entre un fer 4 MP-18 et un fer 4 MP-20, surtout qu’avec la nouvelle version, j’ai été vraiment en difficulté pour optimiser mes distances.

Ce qui me fait rentrer dans le cœur du sujet : La tolérance des HMB sur les longs fers…

Tout est une affaire de détails !

MP-20 ou MP-20 HMB, si vous devez choisir, vous verrez que cela se joue sur très peu de choses. Au cours du test, j’ai donc été franchement en difficulté avec le fer 4 MP-20.  Les chiffres obtenus au Trackman illustre un léger mieux avec le HMB.

Cela se traduit par 4 mètres d’écart en moyenne au carry, ce qui apporte une facilité pour exprimer une différence. Dans les mains, les sensations expriment surtout la difficulté de taper correctement ce fer 4 allongé.

On en revient à la question de la combinaison de fers MP-20 et MP-20 HMB.

Un golfeur classé moins de 10 d’index qui voudrait jouer des lames de cette exigence pourrait très bien basculer à partir du fer 5 sur la version HMB pour tenter de maximiser sa distance. A contrario, sur les petits fers, il préfèrera sans doute les clubs plus classiques.

C’est là où le choix de Mizuno peut être curieux, notamment en déclinant son long fer HMB jusqu’aux wedges…

D’autant, que du côté de mon test, je suis moins performant avec un fer 8 ou un pitch HMB versus la version traditionnelle ! Clairement, cela milite pour un combo entre les deux séries.

Conclusion

Plus haut, j’ai parlé des différences de caractéristiques entre les deux clubs MP-20 et MP-20 HMB.

Dans les faits, la série avec les lofts plus fermés (HMB) donne bien moins de spin, et moins d’angle d’atterrissage.

Par conséquent, le niveau de précision est moins bon ou moins exceptionnel par rapport à une lame classique Mizuno.

A l’inverse, quand on s’intéresse aux questions de tolérances, et de distances, la HMB fait finalement moins bien que la version MMC.

J’en arriverai à conclure que la HMB se trouve en mauvaise posture, les fesses entre deux chaises…

Pour un amateur du touché Mizuno, qui aurait néanmoins besoin d’un soupçon de tolérance, la MMC représente la seule bonne solution.

La HMB n’a en réalité pas réussi à me démontrer qu’elle pouvait avoir une existence propre, et un crantage utile entre les trois versions.

Elle ne sert finalement que de complément ou d’alternative sur les longs fers, et par rapport à une MP-20 traditionnelle. Je n’avais pas émis ce jugement concernant la précédente MP-18 SC, qui elle avait sa légitimité propre dans l’offre Mizuno.

La version HMB aurait pu suffire du fer 2 au fer 6.  Du 7 au pitch, je n’en suis pas convaincu.

Pour conclure et répondre aux questions soulevées en introduction, non, globalement la HMB n’est pas plus tolérante que la MP-20 traditionnelle, et sur la base des clubs que j’ai eu à tester.

Non, elle ne lance pas plus haut (high MB). La seule différence se mesure sur les angles d’atterrissage (moins élevé) et au détriment du contrôle.

De mon point de vue, Mizuno réussi seulement en partie son pari. Sur les longs fers, la marque propose une alternative à sa difficile MP-20 (fer 4), mais sur les fers d’approches, le dessin d’une tête plus massive n’atteint pas l’objectif espéré.

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.