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Fers Mizuno MP-18

Pureté, tradition, classicisme… les adjectifs pleuvent souvent au sujet des lames, ces clubs de golf qui finissent par être très marginaux dans les ventes, mais qui restent pourtant les clubs vitrines des plus grandes marques à travers le monde. S’agissant des MP-18, on a voulu dépasser les métaphores et autres paraphrases pour aller au fond du sujet. Quelles sensations ? Quelles performances ? Quels golfeurs ?

Une véritable lame d’exception

Quand vous prenez un fer MP-18 en mains, vous pouvez être frappé par la simplicité du dessin.

Ces clubs ont été réalisés en acier carbone 1025 E Pure Select, un acier que l’on peut retrouver assez fréquemment sur une lame de qualité.

C’est un must pour le plaisir des yeux… Mais est-ce pour autant jouable par un simple amateur ?

En réalité, la réponse n’est pas réellement manichéenne au sens oui ou non.

Il n’existe pas un club injouable et un club jouable. Tout est question de transmission d’énergie du corps à la balle avec un intermédiaire qui joue plus ou moins le jeu, le club de golf.

Si votre ratio de transmission d’énergie standard avec un club « improvment » est par exemple de 1.35 pour un fer 7 (soit pour une vitesse de swing de 100 kmh, le club vous restitue une vitesse de 135 kmh), avec une lame, vous pourriez expérimenter une récession de ce ratio à 1.25, soit une perte de 10 kmh de vitesse de balle pour la même vitesse de swing !

Centrer la balle dans la face est alors une exigence absolue pour tirer la quintessence du club.

Comme une lame MP-18 présente un loft que l’on pourrait qualifier de classique, et par exemple 34 degrés pour un fer 7, le taux de spin donné à la balle peut facilement monter au-delà de 7000 tours.

C’est le grand bénéfice de ce type de clubs : Permettre au joueur de donner des effets ! Du Backspin, mais aussi du SideSpin.

En définitive, c’est le club « contrôle » dans toute sa splendeur, surtout pour un golfeur familier avec ces questions de spin donné à la balle.

Le grand retour des MP sous l’œil bienveillant de Nick Faldo

Après avoir délaissé quelque peu la dénomination MP, Mizuno revient à ses premiers amours, les « Mizuno Players ».

On se souvient que lors des deux dernières saisons, la marque japonaise avait joué la carte JPX-900 déclinée en trois versions, Tour, Forged et Hot Metal.

Avec un peu de recul, et les deux versions sous les yeux, esthétiquement la gamme MP surclasse la gamme JPX-900.

Les MP sont plus fines. Le dessin plus classique et plus recherché…quand les JPX étaient une tentative de s’américaniser.

Avec la MP-18 en version lame, effectivement, les ingénieurs de Yoro sont revenus à l’essence des clubs Mizuno, et d’ailleurs Nick Faldo se montre dithyrambique à ce sujet.

Comme dans la mode, il s’agit parfois de faire du neuf avec du plus ancien.

Le design de la lame MP-18 est sans doute très proche de celle que jouait le champion anglais dans les années 80.

Sur le site de Mizuno, la grande star du golf britannique raconte d’ailleurs le début de son histoire d’amour avec la marque japonaise.

Il relate le fait que c’est Barry Willett, un célèbre clubmaker anglais, qui lui a présenté ces clubs pour la première fois, et bien avant que les japonais arrivent en Europe, et notamment avec le célèbre camion du tour.

A l’époque, les contrats avec les marques n’étaient pas aussi élaborés, et les joueurs quasiment libres de jouer les clubs de leurs choix.

Faldo raconte d’ailleurs qu’initialement, il jouait avec 12 clubs Mizuno dans son sac, et pas nécessairement les mêmes séries.

Par la suite, il s’est rendu au Japon pour participer au développement de certaines séries, notamment du fait que les clubs étaient à l’origine pensés pour des joueurs moins athlétiques et plus petits.

Faldo pointe du doigt les semelles qui étaient notamment plus courtes que ce qui était usuellement utilisé en Europe.

Pour une nouvelle série, le champion anglais aimait choisir ses clubs en fonction de sa préférence visuelle, puis en tapant des balles, ce qui était bien entendu primordial.

Le plus important concernant un fer était le fait de voir que le shaft et la tête ne pouvaient faire pratiquement qu’un.

Il attache énormément d’importance à la liaison pure et parfaite entre les deux éléments, comme si le shaft pouvait « couler dans la tête ».

C’est certainement ce qu’il retrouve avec les nouveaux MP-18.

Des clubs dont Mizuno déclare qu’ils peuvent toucher votre âme ! Celle de Faldo, à priori, assurément…

Tout change… rien ne change ?

A l’adresse, sous vos yeux, vous avez clairement une tête compacte avec une top-line des plus fines.

Plus vous avancez dans la série, et plus les têtes vous paraissent de plus en plus compactes. De nos jours, ce serait presque du masochisme…

MP-18, une dénomination MP souvent seulement comprise en Asie, pour MP 2018 aujourd’hui, des clubs conçus avec une assistance par ordinateur quand 20 ou 30 ans plus tôt, c’était seulement la main de l’homme qui devait dessiner les lignes et courbures de ce type de lame.

La marque Nippone veut réussir aujourd’hui à marier tradition et modernité. Faldo étant l’ambassadeur et le garant de cette transition…

Par rapport à un passé récent, on pourra surtout saluer le fait que Mizuno a considérablement simplifié son offre.

Sur le site, on trouve trois types de lames MP-18, et encore trois types de JPX-900.

Le choix est plus limité, cependant, on peut facilement tordre le hosel des clubs pour justement ajuster à sa mesure le lie.

Sur ce point, Mizuno veut investir à fond le terrain du clubfitting, et démontrer que la marque propose le club qu’il faut à chacun.

Petit bémol, et comme évoqué au début de cet article, la série MP-18 semble essentiellement dédiée aux joueurs classés entre pro et 5 d’index, que ce soit en version lame, SC (cavity back) ou même MMC, les deux autres versions de MP-18 que nous allons aussi vous présenter.

Pour dépasser l’aspect purement descriptif et historique, qu’est-ce que cette lame peut vous proposer comme rendement ?

J’ai bien entendu comparé les MP-18 entre elles (lames, SC et MMC), mais aussi mis la main sur une vieille lame vieille de 10 ans, une Nike Forged Blade, et une JPX-900 tour pour essayer de trouver un angle rédactionnel à cet article, et à apporter un meilleur éclairage contextuel.

A propos de la lame Nike Forged Blade, je vous laisse constater à quel point les deux clubs sont similaires en tout point !

Au petit jeu des 7 erreurs, je vous mets au défi de trouver visuellement des différences entre les deux têtes.

Cela va encore mettre de l’eau au moulin de ceux qui pensent que c’est en fait Mizuno qui dessinait et réalisait les fers Nike de Tiger Woods.

En vérité, les fers Mizuno TP-19 qu’utilisaient Faldo en 1992 étaient déjà très similaires des premiers clubs que Woods a mis en jeu au début de sa carrière professionnelle (un mélange de MP-29 et MP-14), finalement des clubs très peu différents de ce qu’allaient devenir les Nike Forged Blade…

Pour être précis, Tiger préférait les MP-29 sur les longs fers, et les MP-14 sur les petits fers.

Bref, aujourd’hui, entre le Nike Forged Blade des années 2000 et le MP-18 de …2017, difficile de trouver un nouveau dessin, ou une nouvelle évolution.

Faire du vieux avec du neuf ou du neuf avec du vieux ?

D’ailleurs, les résultats du test suivant mené avec un Trackman 4, et une balle identique (Srixon Z-Star) m’a montré à quel point les deux clubs donnaient sensiblement les mêmes résultats !

Ci-dessus, 5 frappes avec un fer 7 Nike Forged Blade sur un shaft acier stiff, vieux d’une dizaine d’années sur un rythme de swing modéré (76 mph) qui donne un smash factor de 1.26 pour un angle de lancement de 23,5 degrés, et bénéfice de ce type de club avec un loft ouvert, un angle d’atterrissage très fort à 47 degrés.

Couplé avec un taux de spin estimé à 7600 tours, la roule n’excède pas 5 mètres en moyenne.

Ci-dessus, le Mizuno MP-18 monté sur un shaft acier stiff True Temper Dynamic Gold S300 tapé sur le même rythme, et ne donne pas forcément un meilleur ratio de vitesse de balle (1.23).

Bien que tapé sur un angle d’attaque comparable (-2 degrés), et des données de trajectoires du club très similaires (chemin de club et angle de la face), le même fer 7 donne un loft dynamique plus réduit, et une hauteur de trajectoire moindre (20 mètres au lieu de 23 mètres au point le plus haut).

En réalité, les données sont très proches.

On peut seulement estimer que sur ce set de 5 frappes, les balles sont légèrement plus tendues avec le MP-18 pour au final, une distance comparable.

En fait, un détail explique ces écarts… Le loft de la Forged Blade est de 37 degrés quand la Mizuno MP-18 est à 34 degrés pour coller à la réalité du marché actuel. Plus personne ne propose une lame avec une telle ouverture aujourd’hui…

N’ayant pas un JPX-900 Tour en fer 7 sous la main, mais seulement un fer 6, j’ai seulement pu noter une grande constance dans le niveau de spin des lames Mizuno, soit bien 6000 tours avec le JPX-900 en fer 6 contre 7000 tours avec le MP-18 en fer 7. J’aurai du mal à pousser plus loin la comparaison…

S’agissant de la comparaison avec MP-18 SC et MP-18 MMC, je vous propose trois autres séries de frappes tapées autour de 79 mph avec un fer 7 pour tenter de distinguer des écarts.

Précision : Tous les fers ont été testés avec un manche acier stiff.

Vous allez voir des différences de vitesses de balles, de smash factor, de spin, de loft dynamique, et enfin de trajectoires de balles (y compris hauteur).

Avec le MP-18 en version MMC donné pour un loft plus fermé (32 degrés) dans une construction multi-matériau plus tolérante, le smash factor est tout à fait satisfaisant.

Dans notre nouvelle classification, cela pourrait être un excellent club forgé tolérant abordable pour des golfeurs d’index 9 à 15.

L’angle de lancement est de seulement 20 degrés.

Toutefois, l’angle d’atterrissage à 46 degrés permet encore de bien contrôler l’arrêt de la balle sur le green cumulé à un spin encore assez haut à 6500 tours en moyenne.

Des trois clubs MP-18, tout en conservant les points forts esthétiques de la lame, c’est le club qui obtient ma préférence pour sa très bonne polyvalence.

Avec le MP-18 en version SC (en fait, un cavity back) donné pour un loft plus ouvert (34 degrés), on commence à perdre en vitesse de balle (-3 mph) à vitesse de swing quasi similaire.

Le smash factor reste assez bon.

La trajectoire monte de près de 2 degrés au lancement.

On le retrouve dans l’angle de descente très prononcé qui favorise l’arrêt de la balle plus rapide sur le green. Le taux de spin est très élevé à plus de 7000 tours de moyenne.

Si le MP-18 est à réserver aux excellents joueurs professionnels, le MP-18 SC est en fait le meilleur compromis pour les golfeurs à un chiffre.

Avec le MP-18, en comparaison aux deux autres versions, on perd encore en vitesse de balle. L’écart est tout de même de 4mph entre MP-18 MMC et MP-18.

Avec un fer 7 et trois têtes différentes, on obtient trois distances différentes de 139 à 127 mètres, soit 12 mètres d’écarts pour quelques degrés d’écarts au niveau du loft.

Alors que le MMC arrête la balle en 7 mètres, le MP-18 permet de l’arrêter en 4 mètres !

Bilan de cette première prise de contact, le MP-18 en version lame est un club qui ne révolutionne pas le genre.

Au contraire, on retrouve les valeurs classiques pour un tel club.

Les puristes apprécieront en fait principalement le dessin de la tête, et ne s’attendront justement pas à trouver des valeurs de spin moins fortes ou des trajectoires trop différentes.

On est dans le plus pur conservatisme… Cependant, la MP-18 a aussi une autre fonction : Valoriser la MMC aux yeux des golfeurs moins pratiquants de la religion Mizuno…

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