Fers Honma Beres 3 étoiles : Le concurrent du XXIO Eleven?

 

A l’occasion de la venue au studio JeudeGolf à Caluire de Morgan Provot, représentant de la marque Honma en France, j’ai pu tester pour la première fois des clubs de la gamme BERES, et en particulier 3 étoiles. Dans le cadre de cette journée, j’ai aussi pu tester des fers XP-1 et la nouvelle collection TR20, de plus, nous avons réalisé une émission « Paroles de Marques » à retrouver bientôt sur JeudeGolf.tv pour en savoir plus sur le driver Beres, et notamment la fabrication des manches dans l’usine Japonaise de Sakata. Le cas présent, je vous propose de vous relater ce que j’ai pu découvrir de ces clubs nouveaux pour moi, et donc à commencer par le Beres, un concurrent de la marque XXIO.

Honma pénètre fortement le marché français avec la série BERES

En 2020, dans une année bizarre pour la vente de clubs de golf, avec un confinement qui a d’abord étouffé toute l’industrie, et puis un déconfinement qui a littéralement libéré les ventes, la marque japonaise Honma sort objectivement comme l’une des grandes gagnantes.

La part de marché a véritablement bondi cet été !

Si Callaway, TaylorMade, Cobra et Ping continuent à se partager le gros du marché avec deux tiers des séries vendues en France.

Srixon qui cumule trois marques, Srixon, XXIO et Cleveland s’est imposé en quelques années comme un acteur majeur des ventes de séries de fers, en s’appuyant notamment sur le succès incontestable des séries premiums XXIO.

2020 nous apprend qu’Honma vient désormais sérieusement concurrencer ces acteurs, et donc plutôt sur le positionnement de XXIO sur des clubs à très forte valeur ajoutée tarifaire.

Cela traduit de plus en plus un marché qui se coupe en trois, avec Inesis et dans une moindre mesure Wilson qui occupent le segment « entrée de gamme », les marques américaines plus Mizuno sur le segment le plus connu et le plus important, et enfin, XXIO, Honma, et aussi PXG sur les clubs premiums, et certainement le segment qui connait la plus forte croissance en France, depuis 5 ans.

Avec la série BERES, Honma a réalisé une véritable percée dans les ventes, alors que le prix moyen unitaire d’un fer de cette série se situe autour de 430 euros en magasin, soit près de trois fois le prix moyen d’un fer TaylorMade ou Callaway, que j’aurai du mal à qualifier de bon marché (130 euros à l’unité en moyenne).

A l’été 2020, compte tenu de la valeur de ces clubs, les séries XXIO et Honma Beres trustaient tout simplement les premières places si on voulait classer les séries par valeurs de ventes !

Quelques années seulement en arrière, cela m’aurait paru hautement improbable, tant le marché était dominé par Callaway, TaylorMade ou PING.

Est-ce un effet du déconfinement ? Je ne saurai le dire.

Un sacré écart de prix !

Avant de parler de mon propre test d’un fer 8 Beres 3 étoiles monté sur un manche de seulement 47 grammes en graphite regular, intéressons-nous aux caractéristiques de ce club.

Peuvent-elles justifier à elles-seules un tel différentiel de prix ?

C’est certainement improbable dans l’état du marché des clubs de golf. Ne nous trompons pas de débat, ce prix est largement lié à des facteurs extérieurs à la performance intrinsèque.

Dans les ingrédients du prix, on va retrouver un élément de différenciation, de positionnement « social » du futur utilisateur, mais aussi une histoire de la marque qui veut mettre en avant un savoir-faire à la main.

Les équipiers de la marque sont appelés des « Craftsman » ou des « Master Craftsman » quand ils ont plus de 10 ans d’expérience au sein de la marque.

Surtout, Honma revendique une fabrication 100% japonaise et un assemblage de la tête et du manche, ce dernier étant fabriqué à Sakata au Japon, spécifiquement par et pour Honma.

Dans les mains, effectivement, avec un manche de seulement 47 grammes dont la matière mélange fibres de carbones, et d’aluminiums, l’impression est d’une grande légèreté, et forcément une grande maniabilité du club dans l’espace.

Morgan Provot m’explique que sur le cône cylindrique qui permet de tresser le shaft, cette fois le nouveau ARMRQ (nom imprononçable du manche Honma) ne comporte plus que 7 tresses dont 2 en aluminiums qui servent à renforcer la structure du manche.

Comparativement à XXIO, marque qui elle-aussi fait appel à Toray Industrie pour ses fibres de carbone, ce manche Honma est encore plus léger… d’un gramme par rapport à celui que j’avais déjà pu tester sur la série XXIO 11.

Imaginez l’énergie dépensée dans ce secteur ultra concurrentiel pour aller chercher un gramme d’écart sur le poids du seul manche !

Puisqu’on parle de poids, au studio, je mesure le poids global des clubs. Le poids d’un fer 8 XXIO 11 comparativement à un BERES 3 étoiles est de 370 contre 372 grammes !

Si le BERES présente un manche 1 gramme moins lourd, la tête ou le grip en ajoute 3 de plus. Cependant, je vous mets au défi d’être capable de sentir dans vos mains un si faible écart.

Pourtant, en admettant que ce poids supplémentaire de 3 grammes ne provienne pas du grip, mais de la tête, alors peut-être est-ce que cela peut avoir une petite influence sur la performance ?

Toujours au jeu des comparaisons, le fer 8 BERES présente un loft de 31 degrés quand le fer 8 XXIO 11 propose un loft de 32 degrés.

Ce petit écart de loft va certainement avoir une influence…

Vous l’aurez compris, BERES ou XXIO 11, nous sommes en train d’évoquer des clubs très légers avec un objectif de proposer beaucoup de maniabilité et en même temps beaucoup de restitution de puissance.

Du fait du vieillissement de la population golfique, ces clubs ont le vent en poupe.

Les arguments techniques de la marque HONMA

Techniquement parlant, Honma met en avant des arguments, qui ne sont pas seulement le poids du manche ou le loft de la tête.

La marque va parler de « wave slots » sous la semelle. Une est visible à l’extérieur, tandis qu’une autre est cachée à l’intérieur, et doivent créer un effet trampoline à l’impact pour favoriser un angle de lancement plus élevée, en même temps que plus de vitesse de balle, en particulier sur les coups décentrés ou ratés.

Que ce soit HONMA ou une autre marque, je suis toujours très dubitatif sur ce type d’argument difficilement vérifiable, et souvent nettement moins déterminant que le loft ou la longueur du manche.

S’agissant de la face, HONMA met un autre argument en avant : La L-CUP face !

Cette terminologie de face propre à la marque japonaise démontre surtout une augmentation de la dimension de près de 20%, là-encore un argument supposé expliqué une augmentation de la vitesse.

Toujours à propos d’augmentation, la marque explique que la structure du club a elle-aussi été augmentée.

Enfin, du poids a été ajouté en pointe et en talon près de la semelle pour augmenter le moment d’inertie (ce qui agit en faveur de la stabilité de la tête de club dans la zone d’impact, et donc favorise le smash factor).

Le centre de gravité pourrait être ainsi reculé, et abaissé.

Pour le manche, on retrouve des éléments de langage très similaires à XXIO, et pour cause, Honma utilise les mêmes fibres de carbones produites par Toray Industrie.

Le manche est réalisé dans son usine à Sakata, et porte le nom d’ARMRQ. Le manche serait réalisé dans le but d’augmenter la résistance tout en étant allégé pour produire plus de vitesse de swing.

Morgan Provot a beaucoup insisté sur le fait que les manches sont parfaitement placés par rapport à la tête, et notamment avec un usage systématique d’une machine à fréquence, pour s’assurer que le manche va toujours bien fonctionner à l’impact.

On en arrive à la question clé des étoiles chez Honma.

A l’aide du schéma ci-dessus, il me semble comprendre que les étoiles ont beaucoup à faire avec la notion de release si dramatiquement importante au golf.

Le release, c’est que les professionnels de golf savent parfaitement réaliser, et ce que nous les amateurs, avons beaucoup de mal à produire naturellement.

Schématiquement, deux étoiles, et le manche va favoriser ce release pour un golfeur qui a bien du mal à en générer par son mouvement, et cinq étoiles, inversement, un golfeur qui peut en générer facilement par lui-même.

En somme, plus il y a d’étoiles, et plus le point d’équilibre du manche s’abaisse. Ce n’est pas une caractéristique anecdotique, car cela à voir avec la puissance comme avec la régularité et la précision.

J’ai d’ailleurs envie de raccrocher cette notion avec le swing weight global du club, et pour le fer 8 que j’ai testé, un C9.

Là-encore, il s’agit beaucoup de release.

Plus l’équilibre du club est proche des mains pour un golfeur amateur qui a du mal à générer du release, de la vitesse de club, et du contrôle de la tête de club, et plus c’est intéressant que cet équilibre du club soit proche des mains, et moins de la tête de club.

Quelles performances avec un fer HONMA BERES ?

Ci-dessus, j’ai synthétisé plusieurs tests de fers 8 (improvment) réalisés par mes soins entre 2018 et 2020, et dans plusieurs marques, dont XXIO et Honma.

J’ai surligné le Honma BERES et le XXIO 11 pour favoriser une comparaison.

Dans les grands constats, je swingue ce type de club en moyenne à 76 mph, ce qui n’est pas excessif et ne me place pas parmi les plus longs frappeurs amateurs.

Cette vitesse est impactée par le poids du club, et le fait qu’il s’agisse de graphite plutôt léger pour le manche.

Globalement, en vitesse de balle, je réussis à produire autour de 100 mph avec un smash factor (ratio) de 1.30 pour le côté très positif.

Revers de la médaille, l’angle d’atterrissage et le spin trahissent des clubs avec un loft plus fermé que la normale, et une moindre capacité à contrôler les balles, et notamment dans le cas d’une approche vers un green.

La roule est trop importante (en moyenne plus de 10 mètres pour un fer 8 sur un sol normal).

Par définition, un green est plus souple que le fairway. Cette notion de roule est donc un peu moins forte sur un green, mais c’est révélateur du niveau de précision de ces clubs par rapport à des lames où le résultat pourrait pratiquement être divisé par deux.

Un golfeur senior ne verra pas cela comme une contrepartie, mais plutôt comme un avantage, car cette roule ne sera pas assimilée à un manque de précision, mais plutôt à de la distance supplémentaire.

Toutefois, je préfère rappeler que plus les lofts sont fermés, et plus on peut être imprécis d’un coup à un autre. C’est ce que j’appelle l’écart de profondeur entre la moins bonne, et la meilleure balle tapée.

Dans mon cas, avec ce type de clubs, je balade autour de 17 mètres d’écarts, ce qui est énorme, et peut représenter jusqu’à 3 clubs d’écarts !

Contrairement au discours des marques, oui, pour plus de distance, vous aurez un prix à payer en irrégularité.

Maintenant, concernant le BERES, le loft encore abaissé d’un degré joue indéniablement sur la puissance. J’ai dégagé un smash factor super élevé de 1.36 ma vitesse de swing pour une distance moyenne de 143 mètres, soit l’équivalent d’un fer 7 normal !

Par rapport au XXIO 11, le résultat est nettement amélioré, même si les chiffres trahissent un écart plus important que ce qu’il devrait être. Je suppose que lors du test du Honma, j’étais plus en forme, et avec un swing amélioré.

Toutefois, le loft plus fermé est une réalité qui va agir en faveur de la distance.

Bilan de cette première prise en mains

En conclusion, si vous êtes intéressé par ce type de clubs, votre choix devra tenir compte de cet arbitrage entre chercher encore plus de distance ou garder un peu de contrôle, par une hauteur de balle plus élevée.

Bon club, mauvais club, cela n’existe pas, pas plus qu’un fer convient à un niveau d’index. Il n’y a pas de raccourci marketing ou idiotie inventée par un bloggeur pour résumer facilement le choix d’un club de golf. Il faut surtout prendre en compte les caractéristiques intrinsèques du club, et s’assurer que cela corresponde à un projet de jeu.

Pour ma part, le BERES en version 3 étoiles correspond à un club maniable, léger et adapté à un profil plutôt senior qui cherche des sensations d’impacts plus élevées, et du release, sans passer par la case musculation, et heures de cours hebdomadaires.

Le niveau d’offset s’adresse aussi à un profil plutôt confronté au slice, et donc pas à un profil de golfeur qui hook naturellement la balle.

C’est un club de distance, pas nécessairement de précision.

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