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Fers Cleveland Launcher CBX

Cleveland Golf fait son retour sur le marché des fers en 2017 avec le Launcher CBX. J’ai eu l’opportunité de pouvoir taper quelques balles en avant-première près de Paris à l’occasion d’une présentation organisée par la marque. Beaucoup de choses intéressantes sont à relever concernant le Launcher CBX…

Qu’est-ce qu’un nouveau club de golf ? C’est finalement une question assez délicate pour une marque de matériel.

Un nouveau club de golf, en particulier un fer, doit-il avoir une fonction ou une forme nouvelle ?

Nous savons que ce n’est pourtant pas possible.

Depuis des décennies, les fers présentent des formes immuables et régulées. Un fer, selon son numéro, sert toujours à taper des balles à une distance définie.

Si ce n’est pas une nouvelle fonction, une nouvelle forme ou un nouvel usage, quel intérêt d’apporter au marché un nouveau produit ? Qu’est-ce qui va t’être vraiment nouveau ?

On peut considérer qu’avec plus de 60 millions de golfeurs dans le monde, sachant qu’en moyenne un golfeur change de série tous les 5 ans, un nouveau club sert à minima à servir la nouvelle demande.

On parle de 12 millions de séries à sortir des lignes de production chaque année.

Imaginez-vous aller chez BMW aujourd’hui et repartir avec la dernière BM… de 1980 ? Entre 1980 et 2017, c’est pourtant toujours une voiture avec la même fonction et le même usage.

Pour les marques de matériel de golf, c’est au moins le premier argument pour justifier la sortie d’un nouveau club de golf.

Est-ce suffisant comme argument ? Bien sûr que non…

Sur une voiture, en plus de 20 ans, on a pu améliorer la finition, la sécurité, les accessoires, les aides à la conduite électronique, la vitesse… ah non, la vitesse sur autoroute est sévèrement régulée.

Pour un club, la finition est effectivement un argument qui peut militer pour un nouveau club. Mais est-ce que l’on va acheter un club pour cette seule raison ?

Non, le principal déclencheur d’achat est la vitesse !

Sur les parcours, il n’y a pas encore de police du golf pour flasher la vitesse de la balle en sortie de face, et vous verbaliser !

Au contraire, par rapport à la principale fonction d’un club de golf, générer une plus grande vitesse de balle doit permettre de repousser les limites des distances définies pour chaque club, du fer 3 au pitch.

Avec le Launcher CBX, Cleveland ne doit pas seulement revenir comme marque de fers, et proposer un nouveau club, mais dès à présent, proposer une valeur ajoutée, un bénéfice, une justification pour choisir son offre !

Je n’aimerai pas être ingénieur dans cet environnement ultra concurrentiel où tous les produits donnent l’impression de se ressembler, et où le fitting devient le meilleur moyen de se différencier ou d’apporter une performance sur-mesure.

Au premier regard, le Launcher CBX n’est pas le plus sexy des clubs de golf.

Mais en se rapprochant, en y regardant de plus près, il cumule des arguments, qui au moins sur le papier, présentent beaucoup d’intérêts.

Le Launcher CBX n’est pas un nouveau club intéressant parce que le loft du fer 7 est de seulement 30 degrés ! C’est de plus en plus la norme pour un fer 7 dans la catégorie improvment standard.

C’est une série de clubs intéressante pour au moins deux autres raisons : la série a été construite dans la foulée des wedges CBX, en reprenant des arguments techniques qui font des wedges, des clubs pour scorer. La série a été positionnée en prix sur un segment de plus en plus abandonné par les autres marques : l’entrée de gamme à moins de 600/700 euros

En synthèse, on vous propose des fers conçus sur une base de wedges, ce qui n’est jamais le cas habituellement, et à un prix bon marché pour du neuf.

600 euros la série du fer 5 au pitch en acier ou 700 euros en graphite, par les temps qui courent, c’est plutôt bien placé en prix dans une marque américaine reconnue.

Sans tourner autour du pot, Cleveland revient sur ce marché pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que c’était une bêtise d’en être parti pour faire plus de place à Srixon. Ensuite, Nike est parti, et le marché a eu tendance à partir dans une logique inflationniste.

Oui, mais alors comment Cleveland arrive à proposer une série 20 ou 30% moins chère qu’une série d’un concurrent américain. Est-elle moins qualitative ?

Elle ne sera surtout pas jouée sur le tour. A priori, il n’y aura pas de lourd contrat marketing à payer pour qu’une star mette le launcher CBX dans son sac. Srixon va rester la marque TOUR du groupe alors que Cleveland restera la marque « Monsieur Tout le Monde ».

Et en fait, cela va avec la logique d’origine et de conception de cette nouvelle série ! Elle n’est pas destinée à un joueur professionnel.

Sans rougir, chez Cleveland, on assume que cette série a été conçue pour le golfeur « Monsieur Tout le Monde » qui ne drive pas à 270 mètres, et n’envoie pas ses fers 7 à 170 mètres !

Quand les représentants de la marque imaginent l’utilisateur idéal, ils pensent à un « average golfer », un terme difficile à traduire en français.

Notre traduction pourrait laisser penser à un golfeur moyen ou bas de gamme.

Non, « l’average golfer », c’est un golfeur qui va de 24 d’index à débutant, un golfeur qui a envie de se faire plaisir, et pas que ses clubs lui compliquent la vie.

Le golf étant déjà assez difficile sans qu’en plus les clubs soient injouables.

Avec ce positionnement prix « agressif », on tient déjà une bonne raison de proposer un nouveau produit.

Ce prix bas est sans doute aussi la résultante d’une analyse logique.

Cleveland a tout à prouver pour revenir sur le marché.

D’ailleurs, Bastien Brepson, directeur commercial pour la marque en Europe du Sud n’hésite pas à parler de modestie.

Le retour de Cleveland est déjà un événement en soi. Pas besoin de roulements de tambours intempestifs…

L’autre argument très intéressant concernant ce club, c’est donc l’origine de conception.

De manière usuelle, nous achetons la plupart du temps nos fers d’un côté, et puis d’un autre, nous complétons avec des wedges. Dans 50% des cas en France, il s’agit de wedges Cleveland.

Il faut reconnaître que si la marque n’a pas réussi à dépasser les 5% de ventes dans le domaine des fers avant son retrait, en matière de wedges, elle vous a largement convaincu. Et plus le temps passe, et moins cela se dément.

Les RTX-3 avec cette fameuse face ROTEX qui « grippe » la balle, la feel-balancing technology pour amener le centre de frappe réel justement plus au centre de la face, les semelles V sole pour une meilleure interaction avec le sol alimentent l’image innovatrice de la marque.

Alors que Cleveland propose un nouveau Wedge CBX, le premier wedge conçu spécifiquement comme un wedge à cavité, la marque a poussé la logique jusqu’au bout.

Pourquoi ne pas proposer un fer construit dans la lignée du wedge ? Surtout si on considère que les wedges sont les clubs pour scorer !

Ainsi, le launcher CBX en version fer présente les tour zip wedges grooves, à savoir les mêmes rainures qu’un wedge de la marque, pour maximiser le spin depuis le rough, afin de générer des distances plus régulières.

(Pour la première fois, on vous proposera courant octobre 2017, un test concret de cet argument avec un trackman en outdoor, et en situation de sortie de rough).

La semelle du Launcher CBX en V-Shaped déjà vu sur les Srixon Z55, le gros plus de cette série sera aussi de la partie. Objectif : Rendre plus doux et plus rapide le contact avec le gazon.

S’agissant de la face, Cleveland a eu recours à la Cup-Face pour augmenter le COR sur une plus grande partie de la face, et donc par conséquence, la vitesse de balle.

Et enfin, comme pour les wedges Cleveland RTX, la « Feel balancing technology » déplace légèrement le sweet spot plus près de la position d’impact réelle de la balle par un amateur de golf, pour moins de phénomène de rotation de la face à l’impact, une meilleure sensation, et encore plus de vitesse de balle.

Objectivement, des éléments que l’on pourra et devra vérifier dans un test à venir (courant Octobre).

En attendant, Cleveland affirme que sa nouvelle série surpasse Callaway, TaylorMade, et Ping sur la question du spin !

Du fait du principe de « double laser milling » qui accroît la rugosité de la face, cela engendre plus de spin, et en particulier depuis le rough.

Cleveland parle de taux de rétention du backspin ! Le Launcher CBX aurait été mesuré à 48% contre 40% pour le Callaway Steelhead XR, 38% pour le TaylorMade M2, et 42% pour le PING G.

Autrement dit, cela voudrait dire que d’un coup à l’autre, vous auriez plus de chance d’arrêter rapidement la balle sur un green.

C’est intéressant sachant qu’à contrario, toutes les marques dont Cleveland ferment les lofts !

Avec seulement 30 degrés de loft pour un fer 7, cela devrait être l’inverse. Les balles devraient plus rouler et offrir moins de spin. Est-ce que Cleveland a trouvé la formule magique ? Il faudra le tester avec un trackman pour en avoir le cœur net.

Autre élément où Cleveland annonce un gain notable par rapport à la concurrence : Les rainures.

En repartant des rainures du wedge RTX-3, les ingénieurs de la marque affirment que cela va fournir plus de spin quel que soit le lie (rough ou fairway), pour justement améliorer le contrôle de la distance.

De fait, le Launcher CBX est le club qui flirterait le plus avec la limite imposée par l’USGA en matière de rainures, devant le TaylorMade M2, le Callaway XR Steelhead ou le PING G.

Enfin, avec le principe « Feel balancing technology » hérité des wedges RTX-3, Cleveland aurait fait mesurer par une vingtaine de testeurs, sous le contrôle d’un trackman, une plus grande précision des coups tapés avec un fer 6 Launcher CBX dans un périmètre de 9 mètres autour d’une cible par rapport au TaylorMade M2, Callaway Steelhead XR et PING G.

En résumé, beaucoup d'arguments pour justifier non seulement un retour, et surtout un nouveau produit à mettre sur le marché.

En matière de shaft, le CBX sera proposé avec le nouveau Dynamic Gold DST 98 de 99 grammes en acier. Pour complètement tirer profit des synergies entre marques japonaises et américaines, les shafts graphites seront proposés par Miyazaki qui appartient au groupe SRI (Srixon, Cleveland, XXIO, et Miyazaki).

Le shaft C. KUA sera proposé du light (47 grammes au stiff 63,5 grammes).

Pour ma part, le premier contact avec le Launcher CBX m’a effectivement rappelé des sensations déjà vues chez Srixon, notamment avec la semelle en V. Le maniement du club m’a paru léger et facile (normal en shaft acier regular, l’équilibre est annoncé en D2). Cependant, je réserve mon avis après un test plus complet et au trackman.

Sur le papier, les arguments avancés par Cleveland ont le mérite de présenter une logique, celle de la continuité des wedges au travers de toute la série. Cleveland est légitime pour agir ainsi.

Pour revenir au positionnement prix, le marché a besoin de ce type d’offre alors que la vente des fers ne se porte pas au mieux en France, avec un déclin très prononcé des lames.

Jusqu’à présent, Cleveland a souvent échoué à expliquer et démontrer la qualité de ses fers au plus grand nombre, souvent dépassé dans cet exercice par TaylorMade et Callaway. L’innovation était pourtant déjà là. Il manquait un petit quelque chose pour convaincre.

Par le passé, le poids du « Joué sur le Tour » était terrible. Il semblerait que sur ce point, les mentalités aient depuis évolué.

Qu’en sera-t-il cette fois-ci ? La série Launcher CBX sera-t-elle la surprise de la fin d’année 2017 ?

Affaire à suivre…

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