Fers Callaway Mavrik Pro: Attention au décollage!

En 2020, Callaway propose trois nouvelles séries de fers sous l’appellation MAVRIK, dont la nouvelle MAVRIK Pro. Série de fers pour les professionnels ? Callaway espère surtout conquérir le cœur des golfeurs amateurs qui recherchent un maximum de distance, tout en appréciant le look d’une tête plus compacte. Pour y parvenir, il semble que la marque californienne mise plus que jamais sur ses Super-ordinateurs, et l’intelligence artificielle… mais pas seulement… 

Des performances qui défient les règles avec les fers MAVRIK PRO ? Vraiment ?

Callaway devrait se méfier… A cause du COVID-19, l’USGA et le R&A ont annoncé conjointement reporter leurs décisions concernant les problématiques de distances trop longues, et les mesures qu’ils pourraient prendre, notamment au sujet de la balle de golf.

Le législateur a tendance à beaucoup se focaliser sur les distances au drive, en passant à côté d’un autre sujet, la distance avec les fers ! Les gains sont d’ailleurs parfois plus spectaculaires.

Avec un loft de fer 7 à 30,5 degrés, Callaway n’a pas outre-mesuré défié les conventions, et poussé le bouchon trop loin.

De nos jours, ce type d’ouverture pour un fer dit Forgé tolérant ou Improvment Standard est tout à fait acceptable.

Ce n’est donc pas du côté du loft qu’il faut chercher une éventuelle explication pour plus de distance.

Pourtant, en mains, quand vous swinguez ce club, vous pouvez rapidement constater à la fois une forme de facilité et de puissance mêlée.

Callaway revendique être la marque numéro un pour les ventes de séries de fers dans le monde, et depuis 5 ans.

Ce n’est pas exactement le cas en France, petit village gaulois réfractaire…mais toutefois, Callaway est régulièrement dans le top-3 des ventes avec TaylorMade et PING.

Ces clubs Steelhead, XR, Rogue, ou EPIC et désormais Mavrik sont régulièrement dans les meilleures ventes.

Cela tient au fait que Callaway concentre l’essentiel de ses efforts là où se trouve la demande.

A savoir, des fers qui combinent le plus possible de la tolérance, et de la puissance, pour des golfeurs qui jouent en moyenne un peu au-dessus ou un peu en-dessous de 24 d’index.

Critiquable ou pas, depuis plus de 10 ans, Callaway a su trouver le ton, et l’offre produits pour répondre à la majeure partie du public.

Si la marque clame chaque année une nouvelle révolution technologique, la recette ne varie pas trop, de sorte que l’offre déçoit rarement.

Bien entendu, la marque va arguer « Nous repoussons les limites des possibilités et ne nous arrêtons pas avant d'avoir défini de toutes nouvelles normes de distances et de performances. »

Ce à quoi, on pourrait demander « C’est quoi les nouvelles normes de distances et de performances ? Quel est l’objectif mesurable ? »

L’an passé, il s’agissait d’intelligence artificielle.

Cette année, Callaway enfonce le clou bien que cet argument passe un peu pour surréaliste.

« Toutes ces avancées et applications significatives nous ont permis d'utiliser pour la toute première fois l'IA dans un fer. »

Les fers MAVRIK possèdent une nouvelle Flash Face Cup conçue avec l'IA, qui créent une architecture de face sophistiquée pour chaque loft, ce qui toujours selon la marque, représenterait une prouesse d'ingénierie inédite dans le secteur du golf.

« En introduisant une architecture Flash Face différente dans chaque fer, nous avons considérablement augmenté la vitesse de balle et la constance du spin pour chaque club de la série. »

Cette nouvelle face Cup accroîtrait la vitesse de balle, en fléchissant et en se relâchant à l’impact sur les coups centrés, et décentrés.

On imagine simplement que sur les coups décentrés, le phénomène puisse être moins marqué.

Comme si cela ne suffisait pas, Callaway développe encore un autre argument, histoire d’achever de vous convaincre « Notre noyau réactif en tungstène nous a permis de positionner précisément des poids personnalisés en tungstène dans chaque fer, afin d'optimiser le lancement et la trajectoire. »

L’objectif est énoncé « Nous avons ainsi pu renforcer les lofts tout en conservant les trajectoires, les taux de spin et les angles d'atterrissage préférés des joueurs. »

Comme plusieurs autres marques américaines, ce qui est un peu suspicieux, Callaway a utilisé le procédé qui intègre des micro-sphères en uréthane (bien que dites exclusives par la marque) pour favoriser un meilleur toucher, et donc plus de vitesse de balle à l’impact.

« Plus d'un million de micro-sphères sont stratégiquement placées dans chaque tête de club et absorbent les vibrations indésirables tout en optimisant le COR. »

Point que je n’ai pas encore pu vérifier « Pour les fers longs, les faces sont conçues pour promouvoir le lancement et la vitesse, et la face des fers moyens favorise quant à elle, la vitesse et la constance du spin. Enfin, dans les fers courts, les faces sont optimisées en matière de spin et de précision, afin d'ajuster les coups au maximum. »

Dans le cadre d’un test, ce sera véritablement l'élément majeur à contrôler.

Comparativement aux autres fers MAVRIK, standard ou MAX, La version PRO se distingue avec une forme de tête plus compacte, un angle de lie moins prononcé (plus flat selon le fabricant), soit 62 degrés pour le fer 7 versus 62.5 degrés pour le MAVRIK Standard.

Enfin, la topline sera plus fine…

Est-ce pour autant un club de Pro ?

En réalité, à bien y regarder, ce club se rapproche des caractéristiques d’un club pour bon joueur…

Mais ce serait ignorer d’autres caractéristiques réellement inhérentes avec un club de golf pour joueur professionnel.

En fait, un peu comme le « Canada Dry », le fer Mavrik Pro se veut être un club pro, sans en être tout à fait un.

Déjà, même si le loft est raisonnable, il est 4 à 5 degrés trop fermé par rapport aux attentes d’un Danny Willett ou Nicolas Colsaerts.

Ensuite, l’offset (2.8mm pour un fer 7 Mavrik Pro) est trop important surtout en comparaison d’une série Callaway Apex MB, dont on espère la mise à jour cette année, deux ans après le dernier modèle.

L’offset, c’est cette « petite » caractéristique qui corrige légèrement les effets d’un swing trop extérieur-intérieur.

Les pros n’en veulent pas, pour pouvoir librement choisir les trajectoires qu’ils veulent dessiner pour leurs balles.

Dans le cas du Mavrik Pro, l’offset est assez prononcé. De mon point de vue, et à mon modeste niveau, ce sera son seul défaut.

Callaway a imaginé cette série pour les meilleurs joueurs à la recherche de maniabilité et de contrôle amélioré.

Si vous venez d’une série plutôt « improvment » ou pour golfeur en progression, dont les lofts étaient plus fermés, et l’offset plus prononcé, alors oui, cette série MAVRIK Pro favorisera mieux la précision, et le contrôle de la profondeur.

A l’inverse, en comparaison d’une série Muscle Back ou Cavity Back, les grandes sous-familles de clubs « Player », dans ce cas, ce sera l’inverse.

En fait, la série Mavrik Pro vient se placer dans la catégorie des clubs « forgés tolérants » sans être un club forgé (c’est un moulé), une catégorie un peu hybride, pour ne pas dire intermédiaire.

Retenez surtout qu’il s’agit d’une série pour un golfeur qui ne se sent pas encore prêt à jouer une lame CB, et voudrait se faire un peu plus plaisir par rapport à une série « Improvment ».

Le véritable critère de choix, ce sera plutôt l’arbitrage que vous voudrez faire entre d’une part, la distance qui pourra être exprimée en smash factor, en distance totale ou en vitesse de balle, et d’autre part, le spin, la dispersion et le contrôle de la roule.

De la distance, oui mais...

Tout le monde veut de la distance, mais tout le monde oublie qu’une partie de l’année, nous jouons l’été et sur des sols fermes.

Quand on ne pense qu’à la distance totale avec la roule, en occultant la distance au carry, on peut avoir la surprise de sortir des greens, justement parce que les clubs puissants font complètement l’impasse sur 2 paramètres importants : Le spin, et l’angle d’atterrissage.

Deux ingrédients qui fabriquent la précision d’un club de golf.

Pour avoir essayé un premier fer 7 monté sur un manche True Temper Elevate 105 stiff avec un grip Golf Pride basique, je l’ai pesé pour 430 grammes, et D3 sur la balance à swing weight.

Dans les mains, et très rapidement après quelques frappes, j’ai bien constaté un club très puissant, en me demandant si justement Callaway n’avait pas « triché » sur les lofts.

Avec un loft de 30.5 degrés, ce n’est objectivement pas le cas.

Pour synthétiser, j’ai retrouvé deux grandes tendances : Un smash factor ultra élevé et des balles en courbe à gauche sans spin.

Contrairement à ce qu’annoncent le plus souvent les marques, il y a bien un compromis à faire.

Franchement bluffé par la vitesse de balle, j’ai atteint régulièrement 1.40 de smash factor avec un fer 7 ! C’est pratiquement des chiffres d’un hybride ou d’un fer 3 !

Je suis arrivé à la réflexion suivante…

Oui, c’est un club « pro » pour au moins un paramètre.

En ma qualité de simple amateur, et malgré le fait que je tape beaucoup de balles dans une année, j’ai rarement obtenu une vitesse de balle optimum avec un fer 7.

Comparativement à un pro, j’en suis même très loin.

Avec le Mavrik Pro, pour une vitesse de swing moyenne de 80 mph, j’arrive à une moyenne de balle de 109 mph, ce qui est justement très optimisé.

En réalité, quand je regarde les données optimisée du Trackman, elles sont pratiquement toutes dans la plage optimum, signe que le club serait parfait pour moi… à deux remarques près !

Le fer 7 Mavrik Pro « tue » le spin avec moins de 4000 tours. C’est clairement la valeur d’un fer 5 et même d’un fer 4, sans tout à fait en donner la distance.

Et deuxième problème, l’offset du club me pénalise du fait de mon swing facilement intérieur-extérieur. Les trajectoires ont tendance à trop hooker à mon goût.

C’est un problème, car plus le joueur va taper fort, et plus la balle va hooker, et plus elle va s’éloigner de la cible visée.

Une solution consistera à s’aligner à droite de sa cible pour espérer faire revenir la balle au centre, pour les golfeurs avec un swing intérieur-extérieur, alors que pour les autres golfeurs, avec un swing extérieur-intérieur, cela pourrait agir en limitation d'un éventuel push slice, ou slice.

Je n’aime pas trop cette hypothèse, qui fait rentrer plus d’incertitudes dans la réalisation d’un coup de golf, qui est déjà complexe.

Donc pour beaucoup de puissance, il faut accepter moins de contrôle sur la trajectoire.

Et le contrôle ?

La première chose qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est l’écart entre la distance au carry et après la roule, soit 13 mètres en moyenne.

Déjà que je trouve ne pas donner assez de spin à mes balles en temps normal, et créer même avec une lame MB trop d’écart entre les deux distances, point de pose de la balle, et point d’arrêt, là, c’est vraiment beaucoup… trop.

Pour cause, en moyenne l’angle d’atterrissage est trop bas (seulement 41 degrés là où il faudrait 47 degrés).

En jetant un œil au loft dynamique, je comprends pourquoi… Je compresse tellement la balle ((smash factor jusqu’à 1.40 avec un loft dynamique qui peut descendre sous les 21 degrés, les balles partent comme des fusées sur des trajectoires super tendues.

La hauteur moyenne de mes balles est seulement de 23 mètres au pic maximum.

Si je reçois de la part de Callaway d’autres clubs, et notamment un fer 5 et un fer 9, j’aimerai assez regarder les écarts de profondeurs, et valider une théorie.

Ce fer 7 n’est pas tout à fait un fer 5 !

Oui, le spin m’y fait penser en même temps que la trajectoire.

Cependant, avec mon fer 5 lame traditionnelle, je vais plus loin, notamment au carry.

Il serait intéressant de voir ce que le MAVRIK Pro fer 5 donne, alors que la marque explique que selon les types de fers, nous allons trouver des différences significatives entre rendement et précision.

Pour être positif, et aller dans le sens de la marque, le fer 7 pourrait bien être un fer 7 survitaminé, avec un vrai gain de distance totale.

Simplement, le revers de la médaille viendrait seulement de cette trajectoire hyper tendue, et de la roule non-conventionnelle pour un fer 7.

Revers qui pourrait être un avantage pour un golfeur senior… cherchant à gagner des mètres, y compris avec la roule.

Si ce Mavrik Pro avait moins d’offset, et je trouvais un manche qui pourrait lever la balle au maximum pour contrer en partie le problème du spin, cela pourrait être un club assez incroyable.

Le gain de vitesse de balle, la puissance étant indéniable.

Côté shaft, Callaway proposerait du True Temper, Project X, et KBS. A voir si ce shaft idéal pourrait se combiner avec la tête.

D’autant que côté look, c’est plus sobre que le reste de la gamme MAVRIK, et donc plus élégant pour un club vraiment bien réussi, ce que Callaway sait assez bien faire pour cette catégorie reine chez cette marque.

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