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Série de fers Callaway Epic STAR : Un set-up inédit...

Avec la série de fers Rogue, positionnée en face du PING G410, ou des TaylorMade M5 et M6, Callaway est en mesure de répondre à l’attente d’une grande partie du marché, notamment sur le segment des clubs pour golfeur en progression, le cœur du marché. Pour la saison 2019, les Rogue réalisent même des ventes tout à fait convenables en France. Alors pourquoi sortir à l’été, une nouvelle série Epic Star? Quelle est la nouvelle cible ? Et surtout, pourquoi fermer autant les lofts ?

Deux ans après la sortie de la première série de fers EPIC, Callaway revisite la série dont à l’époque, Alan Hocknell déclarait qu’elle correspondait vraiment à sa vision d’une construction sans restriction.

Les fers EPIC devaient être le must du matériel de golf Made In Callaway.

En France, sur la période 2017-2018, les fers EPIC n’ont pourtant pas enregistré les plus gros scores de la marque, sachant que Callaway est régulièrement dans le top-2 des marques qui vendent le plus de fers dans l’hexagone.

Entre une série sur quatre ou une série sur cinq vendue en France est une Callaway.

Pour le fabricant Californien, les XR Steelhead ou les Apex étaient bien plus dominants dans les ventes.

Il faut dire qu’à près de 200 euros le fer à l’unité, Epic était près de 20% plus cher que les XR Steelhead ou Apex, des gammes déjà bien éprouvées et mieux connues par les golfeurs.

Sans vraiment être présentée de cette façon, EPIC était déjà au moment de son premier lancement, un test pour aller concurrencer la marque montante en Europe sur le haut de gamme, XXIO.

Avec ses fers Forged ou Prime, la marque japonaise pouvait allègrement vendre des fers à l’unité à plus de 225 euros, soit près de 100 euros de plus par rapport au cœur du marché.

La mutation actuelle du marché des équipements de golf veut qu’il y ait finalement un espace grandissant pour une marque ultra-premium avec un produit plus léger, ou perçu plus maniable par les golfeurs seniors.

Fort de son expérience au Japon, XXIO a réussi une percée significative en Europe sur ce concept, et profitant au passage du vieillissement constaté des golfeurs.

Depuis quelques années, après avoir justement traversé une mauvaise passe, Callaway a compris que son salut passerait par une montée en gamme.

Face à ses concurrents naturels que sont PING ou TaylorMade, Callaway était la moins enclin à rester figée dans la même logique, consistant à proposer tous les ans un club « standard improvment » autour de 130/140 euros l’unité.

Aussi présente au Japon, Callaway a pu y observer que la montée en gamme ne s’accompagnait pas forcément d’un dépositionnement, et de pertes de marché.

Il fallait simplement réussir cette transition en Europe, sans avoir l’image d’un fabricant japonais, dont on pourrait « arbitrairement » penser qu’il est moins marketing, et plus authentique.

C’est un peu le revers de la médaille pour un constructeur américain, après 30 ans de success-story basée sur le marketing, difficile d’en prendre le contre-pied complet.

Avec la première série EPIC, Alan Hocknell a en fait commencé à instiller l’idée que Callaway pouvait tout aussi bien construire une série sans se soucier des coûts.

A l’époque, ce discours faisait plutôt penser à PXG.

En réalité, c’était bien XXIO et sa croissance extravagante qui était la cible, mais il fallait un chemin, une logique pour raconter une nouvelle histoire, et préparer une transition.

A 2500 euros la série de 6 fers, la nouvelle EPIC Star assume désormais plus clairement ce positionnement de série très haut de gamme par Callaway pour contrer XXIO.

En 2019, le marché a achevé cette mutation.

Il y a désormais un segment ultra-premium très développé, et la densité de l’offre a clairement augmenté avec PXG, HONMA, XXIO mais aussi Titleist, et donc Callaway.

La nouvelle série EPIC Flash ne trustera pas les 3 premières places des séries les plus vendues en France, face aux G410, Rogue et M5/M6.

Cependant, en valeur de vente, c’est bien plus envisageable, de même que XXIO a déjà complété de très beaux résultats commerciaux.

Pour réussir sur le segment ultra-premium, il ne suffit pas simplement d’être plus cher, bien que ce soit déjà un premier élément distinctif.

Il faut une finition plus soignée, et une histoire avec la performance en faveur d’un golfeur senior.

Si les japonais ont misé sur la légèreté pour stimuler la maniabilité, il semble que Callaway ait imaginé une combinaison qui prenne en compte cette aspiration profonde pour des clubs plus légers, et en même temps, y ajoute une notion très « américaine » de puissance.

C’est la première chose à retenir des nouveaux EPIC Star, les lofts sont encore plus fermés qu’à l’accoutumé !

Le loft du fer 7 est annoncé à seulement 26 degrés quand l’équivalent XXIO Prime est à 28 degrés !

En moyenne, le loft d’un fer 7 lame muscle back est compris entre 34 et 35 degrés.

Vous avez donc pratiquement dix degrés d’écarts entre ce que les golfeurs considèrent comme le plus difficile à jouer, et ce que propose désormais Callaway.

Le fer 7 n’est plus un fer 5, il se rapproche d’un fer 4 !

Pour que cela reste crédible techniquement, et pas seulement perçu pour du loft-jacking, Callaway va devoir nous convaincre du fait que les Epic Star ont une répartition de la masse de la tête, très en arrière, pour néanmoins lever la balle…

Mais avant d’évoquer cette question de la trajectoire idéale d’un fer 7, sachant que vous comprenez déjà qu’il s’agit d’une série pour tendre les trajectoires, et gagner en distance, il convient de faire le distinguo entre loft statique inscrit sur le club, et loft dynamique, soit ce que vous produisez quand vous tapez ce type de clubs.

Si je tape ce type de clubs, avec mon swing descendant vers la balle, et qui compresse la balle, je vais enlever 3 à 4 degrés de loft statique avec un tel club, ce qui théoriquement va me faire lancer la balle autour de 22 degrés de loft dynamique. Je me rapproche de la trajectoire de lancement d’un fer 4 ou même d’un fer 3.

Pour un fer 7, cela aura donc pour conséquence de tendre la trajectoire, et notamment l’angle d’atterrissage de la balle, et in fine, la roule va être très/trop importante, et donc au détriment du contrôle de la profondeur ou du point d’arrêt de la balle sur le green.

Au practice, je vais battre des records de distances, mais ce sera bien futile sur le parcours, si mes balles sortent du green…

Au lieu d’avoir besoin de 7/8 mètres pour arrêter la balle sur un coup à 135 mètres, la roule va excéder 10 mètres.

En revanche, si on prend le cas d’un golfeur senior, et par exemple, Jean, habituel testeur sur JeudeGolf, qui à 70 ans, développe une vitesse de swing inférieur à 60 mph avec un fer 7.

Dans son cas, paradoxalement, alors que son swing est aussi descendant vers la balle, le fait que le loft statique du club se ferme va l’aider à mieux compresser la balle, et compenser son manque de vitesse.

Pour lui avoir fait tester des clubs de loft 34, 32 et 30 degrés (toujours un fer 7), c’est finalement avec le club le plus fermé qu’il monte le loft dynamique à son niveau le plus élevé, soit le phénomène inverse à celui que l’on pourrait attendre logiquement, et qui s’observe chez moi.

Avec une lame, et un loft de 34 degrés, son loft dynamique descend à 29 degrés. Le club est plus lourd et moins maniable pour lui.

En revanche, avec un club de loft 30 degrés en statique, donc plus fermé, il monte le loft dynamique à 33 degrés !

Dans ce cas, on ne peut pas parler de loft-jacking…

A savoir, en jouant sur le loft statique d’un club, on peut proposer à un amateur le club qui va mieux lui convenir pour créer des trajectoires cohérentes.

En distance totale, entre la lame Muscle Back et le club plus fermé, en moyenne, Jean gagne bien 7 mètres.

Mais ce n’est pas le plus important !

Finalement, au-delà des numéros sur les semelles des clubs ou les lofts statiques ou dynamiques, l’important, c’est que vous ayez des écarts réguliers entre tous les clubs.

Avec des séries dont les lofts se ferment à ce point, il faut aussi repenser son sac en termes de wedges.

Avec un pitching wedge à seulement 38 degrés, dans cette nouvelle série Epic Flash, le choix du premier sandwedge devient stratégique, de même que le choix d’écartement avec les wedges suivants.

Considérant qu’un 60 ou 58 degrés est indispensable pour les bunkers, il faudra combler l’écart entre 38 et 58/60 degrés. Cela me paraît un réel problème pour composer le sac.

Au golf, le score se fait à moins de 100 mètres.

Bien entendu, pour Jean, la difficulté, c’est déjà de faire 80/90 mètres avec son fer 7. Il ne va pas faire cette distance avec un wedge. C’est sans doute l’observation faite par les marques s’agissant des golfeurs seniors.

Si vous en venez à acheter ce type de séries, ne testez pas seulement le fer 7 ! Interrogez-vous globalement sur la composition de votre sac. Quels hybrides ? Mais aussi quels wedges ?

Ce qui est crucial, au-delà des trajectoires plus tendues, c’est de créer des écarts par clubs qui vous soient utiles, une fois sur le parcours.

Si le fer 7 vous permet de faire 80/90 mètres, le fer 8 doit permettre 70/80, le fer 9 (60/70 m), et ainsi de suite… sauf que pour avoir observé Jean et d’autres golfeurs seniors, ce n’est pas toujours aussi simple.

Parfois, il y a des distances très similaires avec deux clubs…

Quoi qu’il en soit, du pitch à 38 degrés jusqu’au lobwedge à 60 degrés, il y a un très gros écart à combler, alors que les clubs de la série EPIC Flash concentrent tous les lofts de … à 38.

C’est à la fois son point fort et son point faible.

S’agissant du design de la tête, il y a plusieurs points intéressants à relever. Pour un club typé senior ou joueur en progression, la semelle n’est pas très large, alors que le « dos » du club est bombé. La mention « Tungsten » ne nous trompe pas sur le fait, que comme une majorité de fers aujourd’hui, le tungstène a justement été ajouté pour déplacer le centre de gravité du club vers l’arrière, et ainsi favoriser l’angle de lancement.

La tête est finalement assez élégante. Par rapport à XXIO, Callaway semble vouloir argumenter sur la valeur de son club, plus par la sobriété du dessin et la matière de la tête, mis en relief par un nouveau shaft UST Mamiya ATTAS Speed Series 50 R, d’une couleur tout à fait adaptée à l’ensemble.

La tête noire avec un filet doré sur le dos s’accommode de ce shaft doré, sans doute expression de cette valeur supplémentaire.

Même le grip fourni par Golf Pride prend le soin de reprendre la thématique de couleur doré !

L’ensemble tranche forcément avec un club sur manche acier classique, mais sans pour autant verser dans l’extravagance.

Toujours s’agissant du manche, l’UST Mamiya ATTAS imaginé spécialement pour cet EPIC Star ne pèse que 43 grammes. Sur cet argument, Callaway vient clairement chasser sur le terrain de XXIO.

Du fait de la finition Black, j’ai failli passer à côté d’un élément technique pourtant déterminant, et absolument à prendre en considération au moment du choix d’une série de clubs.

L’offset, soit l’écart entre la position du shaft et la base de la lame est très réduit, beaucoup plus en comparaison avec une série Srixon Z585 ou Mizuno MP-18 MMC.

En conséquence, au radar Trackman, l’écart entre le chemin du club, et la position de la face à l’impact est plus réduit, ce qui tend aussi à diminuer l’effet de draw.

En synthèse, attention, la série EPIC Star n’est pas nécessairement une série anti-slice.

Au contraire, un bon joueur pourra apprécier le fait d’avoir plus de possibilité pour donner les effets qu’ils souhaitent, et non pas les effets que le club lui force à faire… Pour le coup, ce paramètre de l’offset est plutôt un argument séduisant pour l’EPIC Star.

Ci-dessus, avec le fer 7, j’ai pu constater que sans changer mon swing, le chemin de club par rapport à la position de la face à l’impact est plutôt réduite, et par conséquent, je ne fais pas tourner la balle à gauche, en draw. Pour moi, c’est appréciable, par contre, pour un golfeur qui pourrait slicer avec une face plus ouverte, ne comptez pas sur un effet de draw pour ramener la balle dans l’axe !

En conclusion, pour avoir pu taper des balles avec cette nouvelle série, je confirme sa puissance. J'ai envoyé un fer 7 à 180 mètres, mais comme évoqué plus haut... est-ce un fer 7 ou un fer 4 ?

En moyenne au trackman, comme illustré avec le graphique ci-dessus, ma moyenne était plutôt de 163 mètres dont 13 mètres de roule, ce qui est beaucoup.

L'angle de lancement chute à moins de 18 degrés. Les trajectoires sont drastiquement abaissées par rapport à un fer 7 de type lame. Le spin est aussi fortement réduit et compris entre un fer 4 et un fer 5.

Ci-dessous, ce graphique compare l'Epic Star fer 7 contre une lame MP-18... Notez la différence flagrante de hauteur, et de portée de balle. En revanche, c'est plus facile de disperser plus les balles avec cette puissance supplémentaire...

Cependant, le gros point positif et c'est une bonne surprise vient de l'offset très réduit, qui favorise un écart limité entre le chemin du club, et la position de la face à l'impact. En d'autres termes, cela signifie moins d'effet à la balle, et des trajectoires plus rectilignes.

Pas vraiment un club pour éviter le slice...

Au final, cette série EPIC Star arrive sur un positionnement assez unique avec un manche très léger mais relativement rigide pour du regular. Le faible offset ne correspond pas tout à fait au besoin du golfeur occasionnel, alors que le loft abaissé pourrait laisser supposer le contraire.

Epic Star pourrait être une série pour bons joueurs senior, et pas forcément senior débutant ou senior avec une vitesse de swing trop lente.

Au final, c'est bien un set-up relativement rare que nous propose Callaway, avec peu de loft et en même temps peu d'offset. Reste à savoir, si des golfeurs vont se reconnaître dans cette proposition étoilée...

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