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Fers Titleist 718 AP3 : Une alternative ?

Depuis quelques saisons, on observe une tendance très marquée de la part des marques de clubs pour proposer des clubs avec des lofts plus fermés et des semelles plus larges. Tant et si bien que Titleist, une marque longtemps considérée comme traditionnaliste, malgré son duo AP1/AP2 a doucement glissé hors de cette offre. 2017 et le lancement de la série de fers AP3 marque un important virage dans l’approche produit de la marque californienne. Avec la nouvelle gamme 718, Titleist a habilement revu son positionnement, même si l’AP3 nous a un peu pris à contrepied.

Le contexte du lancement de la gamme 718

Callaway XR Steelhead, TaylorMade M2, Ping G400, Cobra F-Max… l’heure est à la course aux armements !

Dans un contexte où les marques abaissent les lofts comme d’autres montrent les muscles, Titleist aurait été bien à la peine de ne pas répondre à cette tendance.

Si on s’intéresse de près aux principales raisons qui expliquent les scores élevés des amateurs sur le parcours, on trouve assez régulièrement en numéro un, la distance !

Dans 50 à 75% des cas, quand un green en régulation est manqué, c’est généralement parce que le golfeur a été trop court.

Et peu importe si c’est de la faute du premier, deuxième ou troisième coup dans le cas d’un par-5, c’est bien le coup d’approche qui a pour fonction d’accrocher le green.

Résoudre la distance avec un fer est bien l’enjeu numéro un au golf.

Alors qu’un fer 7 traditionnel est habituellement ouvert à 34 degrés de loft, progressivement, les marques ont fait tomber cette norme à 30 degrés et moins.

Enlever 4 degrés pourrait se borner à transformer un fer 7 en fer 6, soit du maquillage ou du loft-jacking !

Pour contourner cette critique, l’industrie a dans son ensemble travaillé sur l’augmentation de l’angle de lancement malgré la fermeture du loft, pour maintenir la cohérence de trajectoire d’un fer 7 !

En balistique, il y a toujours un compromis.

Si vous enlevez du loft tout en essayant de maintenir l’angle de lancement par un déplacement du centre de gravité de la tête du club (rendu possible par l’ajout de masse reculée en semelle), vous ne pouvez tout de même pas influer sur le taux de spin donné à la balle.

Comprenez que si votre fer 7 est une sorte de fer 6 déguisé avec la hauteur de balle d’un fer 7, il aura bien souvent le spin d’un fer 6 et même parfois d’un fer 5… du fait du loft de toute façon plus fermé, ce qui en revanche, compresse plus la balle, d’où plus de vitesse de balle à l’impact.

Soit effectivement plus de longueur, mais beaucoup moins de contrôle de trajectoire.

Quand vous vous appelez Gregory Bourdy ou Romain Langasque, vous n’avez pas vraiment envie de perdre en contrôle.

Par contre, quand vous êtes amateur, sur un parcours long de 6500 mètres des blanches, et que vous n’arrivez pas à toucher les par-4 en deux, malgré deux bons coups, le contrôle vous paraît accessoire par rapport aux 10 mètres qui vous manquent.

Titleist est donc la dernière marque à mettre les doigts dans le pot de confiture, et cela tient au fait que le Titleist AP2 est en fait le club le plus joué sur le tour.

Jusqu’à présent, la marque américaine était quelque peu prise au piège de la stratégie qui a pourtant fait son succès : le Tour Player.

Depuis la fin des années 2000, le modèle AP1 était censé répondre aux attentes de la majeure partie des golfeurs amateurs, alors que le reste du catalogue, AP2, CB et MB, les trois autres clubs dit « Tour » ne concernaient finalement qu’une infime partie des golfeurs : les index inférieurs à 9 et pros.

D’une part, et j’accepte le débat, jusqu’à cette année, j’ai toujours considéré que l’AP1 n’était pas le club le plus tolérant du marché, ce à quoi Titleist par la voix de Marni Ines, responsable du développement des fers, rencontré l’hiver dernier arguait « Fitting », et d’autre part, l’offre complète de Titleist me paraissait déséquilibré avec des trous dans la « raquette ».

A savoir, il manquait des offres pour répondre à toute la diversité du marché client.

Avec sa nouvelle gamme 718, Titleist a non seulement dépassé toutes mes espérances, mais astucieusement remis toute son offre au centre du marché, de sorte que l’ensemble me paraît être actuellement une des meilleures réponses possibles pour une majorité des golfeurs.

C’est un virage important. Reste à savoir comment le marché va l'accueillir...

AP3 : Bien plus qu'un club de plus dans la gamme

Et au centre de toute la stratégie 718, on retrouve l’AP3 comme point de gravité.

J’irai plus loin en émettant l’avis suivant :

L’AP3 est en fait l’ancien AP1…ce qui a permis aux ingénieurs dans l’équipe de Marni Ines, de redessiner un AP1 vraiment plus tolérant et plus large, pour coller à l’évolution du marché actuel.

Depuis 2008, l’AP1 n’avait jusqu’à présent pas subi de profondes modifications.

En 2017, avec l’arrivée de l’AP3, Titleist s’est affranchi d’un certain nombre de contraintes, sans perdre son âme.

La marque a beau jeu d’affirmer que l’AP3 est en fait un AP1+AP2 qui fait AP3.

D’un autre point de vue, ce n’est pas très clair !

L’AP3 serait cranté techniquement entre AP1 et AP2. Pourquoi ne pas l’avoir appelé AP1,5 ?

Cela aurait été plus évident. Bien entendu, cela n’aurait pas été très vendeur d’un point de vue marketing.

L’autre solution aurait été de débaptiser l’AP2 en AP3, pour le repousser plus loin dans la hiérarchie de difficultés, mais cela aurait été prendre un énorme risque sur le produit phare de l’offre.

Si l’AP3 présente un nom pas tout à fait cohérent avec son crantage entre AP1 et AP2, d’un point de vue technique, le premier test que j’ai pu réaliser au golf des Chanalets est quant à lui sans équivoque.

Alors que l’AP1 est clairement devenu un club super-improvment, ce qu’il n’était pas encore tout à fait, l’AP3 est une alternative intelligente.

Pour simplifier, Titleist a séparé son catalogue produits en deux avec les clubs tour (AP2, CB et MB) et les clubs pour progresser (T-MB, AP1 et AP3).

Ces 6 offres sont une réponse intelligente par rapport à une autre gamme bien clairement segmentée, celle du japonais Srixon !

En effet, la marque nipponne proposait encore récemment 5 offres : Z155, Z355, Z565, Z765, et Z965.

Plus vous montiez dans les numéros, et plus les semelles rétrécissaient, considérant qu’à partir de Z765 à Z965, vous étiez sur des clubs tours.

La numérotation des japonais avait le mérite d’être logique et donc compréhensible. Mais surtout, elle répondait assez bien aux 5/6 grands types de consommateurs potentiels, du joueur débutant au tour player, en passant par les joueurs entre deux index.

Pour Titleist, AP1, AP3 et AP2 permettent de servir cette même logique.

De mon point de vue, il s’agit de résoudre la question des golfeurs entre deux eaux. Et nous sommes nombreux dans ce cas. A savoir, être en phase de transition entre deux index.

Si l’AP1 va parfaitement répondre aux golfeurs classés de débutant à 18, l’AP2 correspond aux golfeurs pros jusqu’à 18 d’index.

Vous me direz, il y a un dénominateur commun : 18 d’index !

Tout dépend de quel 18 on parle ! Celui qui est sur le point de devenir 18 ou celui qui est sur le point de quitter cet index pour jouer plus bas.

C’est là que l’AP3 peut avoir du sens dans une sorte de solution intermédiaire ou temporaire, comme si elle faisait la jointure entre ces deux périodes.

Pour avoir testé toutes les lames 718, l’AP3 donne moins de vitesse de balle que l’AP1, mais reste plus tolérante que l’AP2.

L’AP1 a beau avoir beaucoup changé tout en conservant le même nom.

Il a aussi conservé son identité visuelle, et c’est logique de la part d’une marque qui est très soucieuse de ne pas déplaire à sa clientèle historique.

L’AP3 présente un look vraiment nouveau, et même plus moderne. Cela se matérialise plus particulièrement sur la cavité arrière.

Plus moderne, tout en restant toutefois très identifié à Titleist…

C’est un club très bien réussi, et qui marie donc très bien identité et modernité.

A l’adresse, et c’est une des forces de la nouvelle ligne 718, l’AP3 est très semblable à ses petits camarades.

Difficile de le distinguer par une vue de dessus.

Un premier test du fer 7 AP3 sur manche acier regular

Au cours de mon essai réalisé en compagnie de Benoit Delcambre, ce dernier m’a demandé si je sentais la différence de toucher.

J’avoue ne pas me sentir capable de formuler distinctement avec des mots, des sensations de touchés, justement si on cherche à les distinguer, surtout avec des produits d’une même marque.

En revanche, les chiffres sont plus facilement parlants.

Avec la précédente gamme 716, l’AP1 était un loft de 31 degrés en version fer 7. Vous pourrez constater que désormais, le nouveau 718 AP1 est en loft 30 degrés.

Le nouveau club 31 degrés est en fait l’AP3.

Testé sur proposition de Benoit Delcambre, clubfitter Titleist avec un shaft acier standard, soit le True Temper Dynamic Gold R300 de 103 grammes (regular), le smash factor est quant à lui bien distinct de l’AP1.

Sur cette séance d’essai, j’ai pu être relativement régulier en matière de vitesse de swing, soit autour de 85 mph.

Dans ce cas, notez l’écart de 5 mph en vitesse de balle entre l’AP1 et l’AP3 !

Concrètement, cela se traduit par 5 mètres de moins en distance au carry ou avec la roule.

En revanche, j’ai été surpris de ne pas voir le taux de spin monter particulièrement (5600 tours).

L’AP3 reste un club fermé à 31 degrés… Ce qui le distingue en fait du AP1, c’est l’angle de lancement, logiquement plus élevé (2 degrés d’écart entre les deux clubs).

Maintenant, si on compare à l’AP2, swingué légèrement moins vite à 83 mph du fait d’un shaft plus lourd (115 grammes) bien que toujours acier regular, on constate que le club star chez Titleist donne beaucoup plus de spin, et un angle de lancement plus élevé, en conformité avec son loft de 34 degrés.

L’AP2 m’a d’ailleurs très agréablement surpris. Je ne l’attendais pas aussi haut en termes de smash factor (1.32).

Je serai amené à refaire les tests dans des conditions plus proches de celles que nous utilisons sur jeudegolf.org (lieu, balles…), cependant, les données traduisent des différences entre les clubs Titleist.

L’AP1 est le plus puissant. L’AP2 est toujours celui qui donne le plus de contrôle pour un golfeur pas tout à fait à l’aise avec une CB ou une MB, des lames toujours très exigeantes.

L’AP3 n’est pas le plus tolérant, ni le plus puissant, c’est une sorte de compromis avec peu de spin et un angle de lancement raisonnable.

Si on prend la distance comme seul indicateur : AP1 = 146 m au carry ; AP3 = 141 m au carry ; AP2 = 136 m au carry.

Dans ce cas, on retrouve le crantage imaginé et affiché par Titleist.

Techniquement, l'AP3, c'est...

Dans le langage des ingénieurs, l’AP3 présente une construction dite hollow blade, à savoir que la cavité est remplie pour supporter le badge, et plus important, apporter de la masse derrière la face, comme tout bon club improvment.

Le dessin de l’undercut change à mesure que l’on avance dans la série.

Sur ce point, j’aurai plus de précision quand je pourrai organiser le test d’une demi-série.

Le corps de l’AP3 est moulé en acier inoxydable 17-4 avec une importante densité de tungstène ajouté et caché en pointe et en talon, pour justement améliorer la stabilité du club à l’impact, et donc directement empêcher que le club ne tourne ou twiste à l’impact.

Cet élément est aujourd’hui décisif pour faire la différence par rapport à une lame, notamment sur la dispersion, et la capacité à être consistant au centre du sweet spot.

On parle de 78 grammes de tungstène placés dans la tête à cet effet, soit un tiers du poids total de la tête.

C’est sans doute ce que Benoit Delcambre voulait que je ressente par rapport à une lame MB dépourvue de tungstène. J’ai surtout senti la différence de tolérance à travers le smash factor.

L’insert au niveau de la face a été réalisé en acier haute résistance dans une forme en L pour que le bord d’attaque du club (leading edge) encercle la semelle de sorte de faire la jointure avec… la face pour améliorer la vitesse de balle… par rapport à un AP2 pour les coups tapés bas.

Justement à propos de leading edge, ce dernier a été retravaillé pour faciliter le contact et l’interaction avec le gazon.

Les fers 8 et 9 partagent le même châssis alors que pour la face, il s’agit d’un acier inoxydable 17-4.

Pour ceux qui sont adeptes de l’ajustement poussé de leurs fers Titleist, il sera toujours possible de modifier les lofts.

Toutefois, il faut être vigilant au fait qu’entre une série AP1 et une série AP3, il y a en théorie un degré d’écart, et plutôt deux degrés du fer 3 au 6.

Côté touché, entre une AP2 et une AP3, j’ai été bien incapable de trouver une grande différence.

Et comme écrit plus haut, je n’ai pas trouvé un tel écart de tolérance en défaveur de l’AP2.

C’est plus une question de préférence au niveau des trajectoires de balles, alors que l’AP2 donne des trajectoires légèrement plus bombées et plus classiques pour un fer 7.

N’étant pas nécessairement un client AP2 jusqu’à présent, je peux néanmoins comprendre que l’AP3 est une jolie alternative pour ceux qui sur l’effet de l’âge ou d’une pratique moins fréquente, verraient d’un bon œil, un club un peu plus long, tout en restant dans l’esprit « bon joueur ».

Le goût, le touché, le look d’un club tour mais pas la difficulté !

Cela rappelle une pub des années 80 pour de la bière sans alcool. Si en plus, la star Titleist, Adam Scott a mis des AP3 dans son sac...

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