Fers Callaway MAVRIK MAX: Le pari de la dissidence

Dans la foulée du lancement du nouveau driver Callaway MAVRIK, la marque californienne dévoile une nouvelle série de fers du même nom, avec une première mondiale, le dessin des faces a été entièrement réalisé avec le concours de l’intelligence artificielle. Chaque face de chaque numéro a été dessinée sur-mesure, et le fabricant annonce un bénéfice de vitesse de balle, soit plus de distance. Avec les club Super-Improvment, c’est l’assurance d’une super distance, mais qu’en est-il de la dispersion ?

Des performances qui défient les conventions ?

Au niveau mondial, il semble que Callaway s’installe durablement au rang de numéro un pour la production et la vente de séries de fers, misant principalement sur le gros du marché, les golfeurs amateurs ayant besoin d’un coup de pouce pour lancer plus haut, et plus loin.

Au-delà du célèbre film Top Gun réalisé en 1986, et porté avec brio par Tom Cruise, le mot « Maverick » a un sens intéressant à utiliser pour une marque, qui cherche toujours à se démarquer.

En Français, cela peut se traduire par « dissident », et aussi « franc-tireur ».

Pour Callaway, probablement dans l’esprit de beaucoup de golfeurs et golfeuses, une marque justement très conventionnelle, lancer un produit « dissident », c’est l’occasion de rafraîchir son image, en même temps que sa communication.

Il s’agit surtout de continuer à parler au marché à travers des nouveautés, tout en évitant de lasser, un peu comme un professeur qui élèverait le ton de sa voix, pour réveiller des étudiants, au fond de la classe.

Avec MAVRIK, Callaway espère nous réveiller, et même nous surprendre. C’est pourquoi, elle mise depuis 2019 sur un nouvel argument aussi bien industriel que marketing : L’usage de l’intelligence artificielle.

Pour la première fois utilisé pour concevoir la face du précédent driver Callaway Epic Flash, cette fois, l’innovation consiste à concevoir des faces pour des fers, et avec le concours de cette intelligence artificielle.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle, et surtout quel intérêt dans le domaine du golf ?

L’intelligence artificielle ou I.A. est un ensemble de théories et techniques pour réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine.

Plus concrètement dans le domaine du matériel de golf, les marques compilent depuis des années des milliers de données sur les clubs, leurs performances, et les golfeurs.

A un certain stade de données, le cerveau humain n’est plus tout à fait capable de traiter toutes ces données pour en déduire une synthèse ou une direction à suivre.

Plus que les mots savants, Callaway a en fait investi plusieurs millions de dollars dans des supercalculateurs pour traiter ces données, et tenter d’en retirer un enseignement ou surtout une voie à suivre.

Callaway est une entreprise qui dépasse le milliard de dollars de chiffres d’affaires dans le monde.

A une époque, où les entreprises professionnalisent à l’extrême leurs outils de prévisions, et notamment des risques, il n’est pas étonnant qu’elle cherche à se rassurer par des formules mathématiques plutôt que par l’intuition humaine, sur le type de clubs à produire, pour répondre à un type de besoin exprimé par les consommateurs.

Essayer de prévenir, et même de devancer la demande.

Si je me fie aux clubs que j’ai sous les yeux, les MAVRIK MAX, schématiquement, je pourrai en déduire que le super calculateur anticipe toujours une attente plus forte, pour des clubs qui lancent la balle plus vite, et plus loin, et à n’importe quel prix.

L’histoire des MAVRIK MAX tourne clairement autour de la distance supplémentaire.

Du jamais vu auparavant

Alors que dans le domaine des drivers, on touche depuis quelques années aux limites du possible, pour les fers, il y a une énorme différence, on peut jouer sur les lofts.

Le premier constat majeur à vous relayer sur cette nouvelle série, avant de détailler le travail réalisé derrière la face, c’est que jamais, je n’ai joué des clubs avec des lofts aussi fermés que cette nouvelle série MAVRIK MAX.

Le fer 7 descend à seulement 27 degrés de loft. Le fer 8 est à 31.5 degrés, et comme le pitch doit raisonnablement rester à un plafond déjà très bas de 41 degrés… le niveau d’espacement des lofts entre chaque fer a considérablement augmenté, pour être dans certains cas de 5 degrés (écart entre le fer 9 et le pitch).

La recherche de distance est tellement une obsession pour cette série, que le compromis avec le contrôle est complètement occulté.

Je développerai plus bas.

Callaway va bien plus axer sa communication sur la technologie Flash Face Cup héritée du travail avec l’intelligence artificielle que la question des lofts encore abaissés.

Je n’ai pas encore testé les nouveaux fers TaylorMade SIM, mais j’imagine sans peine que le rival a certainement agit de la même façon, dans cette course permanente aux armements.

Le fer 7 TaylorMade SIM MAX est lui aussi descendu dans le même temps à seulement 27 degrés !

La fermeture des lofts n’a donc pas de limites…

Callaway argumentera pourtant « Nous avons créé une architecture de face sophistiquée, différente pour chaque loft, afin d'augmenter considérablement la vitesse de balle et la constance du spin avec chaque fer. »

La marque par la voix de ses ingénieurs Alan Hocknell et Dave Neville poursuit « Notre 360 Face Cup accroît encore plus la vitesse de balle, en fléchissant et en se relâchant à l'impact. »

Comment l’évaluer alors que les lofts ont conjointement baissé ? Comment faire la part des choses entre cette nouvelle Face Cup, et le loft ?

Autre élément technologique mis en avant, le noyau réactif en tungstène pour un lancement optimisé.

« Les poids personnalisés injectés de tungstène situés dans chaque fer permettent de positionner le centre de gravité de chaque fer avec une précision extraordinaire, tout en conservant la vitesse de balle dans la Flash Face Cup. »

Cela favoriserait un lancement et un vol de balle optimums sur tous les fers de la série, dès les lofts élevés, ainsi que la trajectoire, les taux de spin et les angles d'atterrissage préférés des joueurs.

En plus de vouloir maximiser les performances, le super calculateur a sans doute deviné une demande des joueurs pour plus de sensations, surtout et y compris avec des clubs Super Improvments, d’autant que les golfeurs ne jouent plus les lames.

Ils les délaissent complètement, intoxiqués par les clubs avec des top-lines et des semelles plus épaisses.

Pour améliorer les sensations, Callaway mise donc sur des microsphères en uréthane.

Elles doivent absorber complètement les vibrations indésirables pour garantir un meilleur toucher.

De la théorie à la pratique avec les fers MAVRIK MAX

J’ai le privilège de recevoir ces clubs au studio, et de la part de la marque que je remercie vivement pour sa collaboration.

Cela me permet de les mesurer, de vérifier le swing weight, et même de les peser, avant de les taper sous le contrôle d’une autre intelligence, celle du Trackman 4.

Callaway m’a gentiment adressé des fers MAVRIK MAX 4,6,8 et pitch montés sur des manches Project X Catalyst 65 5.5, soit du graphite regular.

C’est un second constat pratique très important ! Le graphite proposé par Callaway me paraît vraiment premium.

Cela ne veut pas dire que ce manche sera adapté à tous les golfeurs, mais par rapport à des manches bas de gamme, Callaway ne se moque pas de nous.

Ce Catalyst me paraît d’une excellente facture, même si je ne peux pas prétendre être un expert du niveau d’un Maître clubfitter.

J’ajouterai que pour un regular, il me paraît plutôt ferme, alors que le grammage annoncé pour du regular n’est que de 65 grammes.

J’aime à croire que c’est un excellent shaft. J’ai parfois tendance à occulter la question du prix dans mes articles pour me focaliser essentiellement sur la performance, et la technique.

Là, je dois relever qu’avec un shaft de qualité, le rapport avec le prix peut s’avérer d’être moins cher, mieux équilibré.

En effet, des informations à ma disposition, la série MAVRIK MAX ne me semble pas souffrir d’une nouvelle inflation, et devrait être affichée à 1099 euros en graphite, les 6 fers, et disponible à partir du 6 février 2020.

S’agissant du look et du nom, j’imagine que Callaway peut réussir son coup.

MAVRIK sera certainement un nom impactant, et facile à mémoriser. Je ne serais pas étonné que cela joue un petit rôle dans les ventes de clubs cette année.

Pour le look, c’est très subjectif.

Pour un club moulé, et même assemblé, on retrouve à la fois la patte classique et appréciable de Callaway pour le dessin de la semelle, du leading edge (bord d’attaque), et même la top-line, bien que très épaisse.

En revanche, le badge aurait peut-être pu se passer des traits orange.

De ce point de vue, la version Pro est plus sobre.

Des clubs Super-Improvment pour quel profil de golfeur ?

Avant de développer le résultat de mon premier test, et les premiers enseignements à retenir, je voudrais vous retranscrire un commentaire qui apparaît sur la page du site Callaway Golf concernant la série MAVRIK.

Car l’autre point que je dois soulever dans ce type d’article, c’est « Pour qui ? » Se mettre à la place du consommateur qui n’est pas toujours au fait de l’ingénierie, des mics-macs marketings, et qui se demande juste si ce club peut l’intéresser.

La réponse est en partie dans un commentaire posté aujourd’hui sur le site Callaway. Attention, c’est un discours très américain, et assez loin, de que nous exprimons nous, en tant que français par rapport à un produit.

« GMAN » a posté le 15 janvier, le commentaire suivant « Aujourd’hui, à une démo organisée par le magasin Golf Galaxy, j’ai essayé plusieurs marques de fers et de drivers. Normalement, je tape mon fer 7 à 135 mètres. Avec le TaylorMade SIM, j’ai été impressionné de taper le fer 7 de manière régulière à 160 mètres, puis j’ai essayé le MAVRIK fitté par le responsable du magasin, et j’ai été choqué de le taper à 180 mètres. Ai-je besoin de le dire, j’ai été extrêmement impressionné. J’ai pré-commandé une série complète de fers MAVRIK… Vivement qu’UPS me les livrent. »

Un dernier mot « Amazing distance, oui je recommande ce produit. »

Profil de notre témoin, joueur classé entre 21 et 28 d’index, âgé entre 55 et 64 ans.

La cible clientèle du MAVRIK est exactement exprimée ici : Un golfeur classé au-dessus de 20 d’index, senior ou sur le point de le devenir, et qui ne regarde pas le loft d’un fer 7 quand il achète une série de clubs.

Un avis critique mais constructif

Un fer 7 avec un loft de 27 degrés, ce n’est pas un fer 7 mais pratiquement un fer 5. Que « GMAN » tape le MAVRIK à 180 mètres n’a rien d’impossible, mais il faut regarder tout ce qui se passe, et pas seulement la distance.

C’est ce que j’ai pu faire en tapant les MAVRIK MAX, même si le shaft graphite regular n’est peut-être pas le plus adapté pour moi, bien que je l’aie trouvé relativement ferme, et pas senti une quelconque pénalisation.

Ci-dessus, les résultats d’un premier test des 4 fers Callaway MAVRIK.

Les premiers constats sont les suivants : Quand je compare à des clubs de la même catégorie Improvment distance et sur manche graphite regular, le loft n’est pas le seulement élément qui a été profondément changé.

Les manches sont aussi légèrement plus longs, et plus légers que la moyenne.

En conséquence, j’ai bien un gain de vitesse de swing assez facilement, et sans chercher à forcer. Je l’estime à 3 mp/h, notamment avec le fer 6 pour lequel j’ai une base de comparaison solide.

En conséquence, loft, manche plus long et plus léger, si la vitesse de swing est plus élevée, la vitesse de balle l’est aussi.

Il n’y a pas de duperie, le MAVRIK offre bien plus de distance.

Le smash factor tout comme le degré d’efficacité augmente, alors qu’en parallèle le taux de spin baisse.

Pour ma part, sur le fer 6, je trouve un gap positif de 12 mètres supplémentaire, et je précise par rapport à des clubs comparables, et sans avoir encore testé le TaylorMade SIM, pour lequel j’attends les mêmes genres de résultats.

Toujours pour le fer 6, le spin descend encore dangereusement au niveau d’un fer 4, alors que la trajectoire se tend encore sous l’effet du loft, la roule augmente de 3 mètres.

Au lieu de rouler 11 mètres, la balle parcoure 14 mètres.

Donc, si vous manquez beaucoup de greens en régulation parce que vous êtes trop court, et que vous hésitez à prendre un fer 6 au lieu d’un fer 7, oui, la solution MAVRIK peut avoir du sens.

Vous allez tendre vos trajectoires, surtout si vous avez du mal à compresser la balle, et à créer un loft dynamique bas.

Cette trajectoire plus tendue avec plus de vitesse de balle va vous servir pour faire plus rouler les balles, mais il y a toujours une contrepartie.

14 mètres de roule avec un fer 6, soit deux longueurs de clubs en moyenne, n’espérez pas faire de la précision pour arrêter vos balles près des trous, sauf à calculer de pitcher à 14 mètres du trou…

Bien entendu, ce chiffre doit être établi pour chaque golfeur. Dans mon cas, la roule est de 14 mètres, pour un autre golfeur avec moins de vitesse, ce sera un peu moins…

Clairement, un club MAVRIK MAX est à l’opposé d’un club de précision, comme peut l’être une APEX MB Callaway.

Alors que le gain de distance est évident, je note encore deux contreparties que personnellement je n’aime pas beaucoup.

D’une part, j’ai vu ma dispersion en profondeur exploser, de même que ma dispersion latérale.

Toujours avec le fer 6, entre ma moins bonne et ma meilleure balle, l’écart peut monter à 50 mètres contre 23 mètres en moyenne, soit le double.

Le fer MAVRIK MAX ne fait pas seulement grimper la distance, les facteurs de dispersions s’aggravent.

Les très bonnes balles sont vraiment très bonnes, ce qui devrait être une bonne chose, mais il y a toujours des mauvaises balles, car pas plus que vous, je ne suis pas un robot.

50 mètres d’écarts entre des mêmes coups avec un même club, bien sûr, certains pourront penser que je suis un mauvais golfeur…

Certainement, mais comme le club est destiné à des golfeurs de plus de 20 d’index, je ne fais que répliquer une situation que d’autres pourraient connaître.

Comment avoir confiance une fois sur le parcours quand on peut se tromper d’autant à l’attaque d’un green ?

Idem en dispersion latérale…

J’ai déjà eu l’occasion d’insister le plus que je le pouvais sur la question de l’offset et son influence sur le chemin du club à la balle.

Quand je teste des clubs de golf, je ne change pas de swing !

Pourtant quand je joue des fers avec peu d’offsets, comme par hasard, mon chemin de club est très neutre, et limite ma dispersion, et à l’inverse, avec des clubs super-improvments, avec beaucoup d’offsets, ce chemin s’accentue de manière intérieur-extérieur, pour faire tourner mes balles à gauche (droitier) alors que la face de club est square à l’impact.

A l’extrême, avec le fer 6 MAVRIK MAX, j’ai mis la balle 31 mètres à gauche du fairway (illustré ci-dessus).

La moindre faute de placement de la face, et notamment trop fermée, et la balle partira fortement en hook.

Cela nous apprend que la série MAVRIK MAX a aussi et surtout été pensée pour des golfeurs qui sont à l’inverse de moi, des golfeurs avec un chemin extérieur-intérieur, et pour qui, justement pour transformer un slice en fade, il faut que la face se ferme au chemin.

Cet élément est déterminant dans votre choix.

Avec autant d’offset, et cela n’a rien à voir avec votre handicap, il faut avoir un chemin de club extérieur-intérieur assez prononcé.

Je connais des très bons golfeurs classés 10 d’index qui présentent ce type de chemin, et pour qui, ces clubs agiraient positivement.

Enfin, j’ai encore une remarque qui n’est pas très enthousiaste pour cette série, sauf à savoir exactement pourquoi on l’achète, et comme je l’ai énuméré plus haut. Je suis stupéfait par l’écart de loft entre le fer 8 et le pitch, les clubs d’approches.

Pour ma part, j’ai un écart de distance de 30 mètres entre les deux clubs.

Le seul fer 9 devra s’intercaler entre les deux.

Au mieux, au milieu, cela veut 15 mètres d’écarts entre les clubs.

On n’est pas vraiment dans de la précision.

Bilan de ce premier test

En conclusion, cette fois, je trouve que Callaway va trop loin sur la question des lofts trop fermés.

Si sur le fer 8 et le pitch, j’arrive encore à relativement contrôler les trajectoires, et parce que je suis au fait des questions d’offsets et de longueurs des manches, à partir du fer 6, j’ai une expérience négative en termes de contrôle de la profondeur, comme de la dispersion latérale, confirmée avec le fer 4.

Sur le fer 4, je ne trouve pas d’ailleurs un véritable avantage de distance par rapport à mes lames. Le gain de distance se matérialise surtout sur les fers 6, 7, 8 et 9.

J’imagine, sans encore avoir testé les TaylorMade SIM, que ce sera exactement le même constat.

Le conseil achat pour cette série s’adresse donc à un golfeur senior au-dessus de 20 d’index à la recherche de roule supplémentaire, avec un chemin de club naturellement extérieur-intérieur et prononcé.

Dans son cas, en s’arrêtant au fer 6 pour compléter par des hybrides, car à partir du fer 5, les lofts seront trop fermés, surtout si ce joueur manque naturellement de vitesse de swing, il pourra tirer parti de ce pari très osé de Callaway.

Il n’existe pas de mauvais clubs. Il faut juste savoir ce que l’on achète.

Pour ma part, je considère que le meilleur fer improvment distance réalisé par Callaway, ces dernières années, reste le XR Steelhead, et peut-être même le meilleur du marché.

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
+1 #1 Aïe aïe aïe...golfnswing@gmail.com 16-01-2020 20:07
En conclusion une très mauvaise série, comme l'évolution en cours depuis plusieurs années ne pouvait que faire prévoir qu'on y arriverait...

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