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Pourquoi la vitesse de swing n'est pas un argument suffisant pour les seniors?

Certains acteurs du marché du matériel de golf ont tendance à jurer leurs grands dieux que plus un shaft va être léger, et plus il sera adapté à un senior, en particulier, ceux qui ont du mal à développer de la vitesse de swing, passé 60 ans. Nous allons vous démontrer que cette notion est absolument fausse, et qu’il faut se méfier des règles toutes faites en matière de clubs de golf !

Pour les besoins de notre enquête, et suite à vos demandes pour varier les profils de testeurs, nous avons fait appel à un joueur très représentatif de la classe d’âge senior, à savoir un golfeur masculin de 65 ans qui joue régulièrement, classé 24 d’index.

A la différence de nos autres testeurs sur jeudegolf.org, il ne tape pas des centaines de balles par semaine dans l’optique d’être affuté pour la réalisation de nos essais.

Ce testeur a commencé le golf passé 40 ans, et son swing a le mérite d’être très régulier, et plutôt peu dispersant.

Sur la séance d’essai que nous lui avons proposé ce jeudi 26 novembre, et qui a duré près de deux heures, en tout et pour tout, il n’a pas raté plus de trois ou quatre coups.

A défaut d’avoir une grande vitesse de swing, il s’est évertué à taper à 100% de ses capacités, une bonne centaine de balles pour que nous puissions analyser six clubs parmi les derniers bois 3 du marché dans les principales marques.

Précisons que nous allons poursuivre nos essais dès la semaine prochaine pour lui faire tester un panel de clubs encore plus large, et afin de compléter notre panel qui jusqu’à présent comportait des tests réalisés par des golfeurs plus jeunes.

Au cours de cette première séance, nous avons noté de nombreux éléments exploitables pour vous en faire part.

Certains éléments confirment ce que nous avons déjà trouvé dans les précédents tests.

Au risque d’en décevoir certains, un mauvais club reste un mauvais club quel que soit le testeur. Un club tolérant pour un golf d’index compris entre 12 et 20 est tolérant pour un golfeur d’index supérieur à 24….

En revanche, certains clubs aux caractéristiques atypiques peuvent donner des écarts variables en fonction des profils de testeurs.

Et c’est le cas notamment des clubs construits pour maximiser la vitesse de swing, et par conséquence la distance.

Vous n’êtes pas sans l’ignorer, en France, en Belgique ou en Suisse, et un peu partout, la majorité des golfeurs ont plus de 50 ans.

Cette population a le double avantage d’être nombreuse, et d’être aussi celle qui a le meilleur portefeuille.

Pour les marques de matériel, c’est une cible prioritaire.

Ne tombons pas dans le cliché négatif ! C’est normal qu’une entreprise à but commercial réfléchisse son marché, et adapte son offre à sa clientèle.

En revanche, et c’est souvent caractéristique de la filière, parfois, des raccourcis sont pris, et sont véhiculés des idées simplistes qui finissent par être complètements fausses, comme par exemple, le fait de laisser croire systématiquement qu’un shaft plus léger va être nécessairement plus performant.

Sur jeudegolf.org, nos consultants, dont Alexandre d’Incau avaient déjà pointé cela dans de précédents sujets.

Aujourd’hui, avec ce nouvel article, nous avons un bel exemple à vous soumettre pour démontrer que le poids du shaft n’est pas un argument suffisant pour générer plus de distance.

Ces dernières années, l’argument « Lighter is faster » a été repris par pratiquement toutes les marques.

Attention, il ne s’agit pas de dire que c’est de la publicité mensongère. C’est juste que ce n’est que partiellement vrai ou tout du moins mal expliqué.

En théorie, un shaft plus léger favorise une plus grande vitesse de swing.

Plus de vitesse de swing doit logiquement engendrer une plus grande vitesse transmise à la balle, et donc derrière, une plus grande distance, à condition de ne pas oublier les paramètres de hauteur de trajectoire, de spin, et de centrage de la balle dans la face.

Pour engendrer plus de vitesse de swing sans intervenir sur la biomécanique du joueur, les fabricants ont deux grandes possibilités : rallonger la longueur du shaft ou jouer sur le poids du shaft.

Cependant, êtes-vous certain que plus ou moins 5 grammes sur un shaft va avoir un impact considérable sur votre vitesse de swing ?

Plus ou moins 500 grammes, c’est certain…mais plus ou moins 5 grammes, pensez-vous être capable de mesurer la différence ?

A contrario, un élément est beaucoup plus déterminant s’agissant de la distance que peut parcourir une balle de golf : le taux de rotation donné à une balle de golf (le taux de spin).

Sur un coup de bois 3 tapé avec un taux de spin à 3500 tours par minute par un senior, plus ou moins 200 tours peuvent avoir un impact direct sur la distance, et quantifiable en mètres.

Et bien plus qu’entre 73 mph de vitesse de swing contre 73,5 mph !

Remarque : Un shaft plus lourd a souvent tendance à réduire le taux de spin, et donc favoriser la distance…

Autrement dit bien que ce soit un élément de base, la vitesse de swing ne doit jamais être le seul élément pris en compte pour comprendre la création de distance avec un club de golf.

C’est bien pour cela que dans nos essais réalisés au Trackman ou au flightscope, nous vous présentons une batterie de données (vitesse de swing, vitesse de balle, smash factor, angle de décollage, taux de spin, temps de vol, angle d’atterrissage,…)

A l’inverse, dans l’argumentaire de vente de pratiquement 100% des marques, on ne vous parle que de vitesse de club, et un peu de vitesse de balle.

L’objectif étant de vous faire swinguer plus vite, sachant que pour un golfeur de plus de 60 ans, les opportunités de travailler sur le physique se font plus rares…

Plus rares, mais pas impensables…car il ne s’agit pas de lever de la fonte ou courir un marathon, mais plutôt de travailler en souplesse, en stretching et en rotation.

Surtout, si vous avez passé 60 ans, ne croyez pas que vous ne pourrez jamais gagner en vitesse de swing ! Il n’y a pas de fatalité. Ce n’est qu’une question d’objectifs, et de moyens à mettre en place.

Pour en revenir à notre test, notre cobaye a donc essayé six bois 3, strictement dans les mêmes conditions comme toujours pour nos tests (même environnement, même balle – Srixon Z Star, pas d’intervention sur les clubs, pas de réglages, même matière de shaft, même rigidité - regular…)

Six clubs ont pour l’instant été testés.

Tous des bois 3 (Callaway XR, Ping G30, Srixon Z355, Titleist 915 F, TaylorMade Aeroburner et Cleveland CG Black), des modèles de l’année 2015 qui peuvent tous être achetés par des seniors comme par d’autres profils de golfeurs.

Comme vous pouvez le constater avec les résultats ci-dessus, les six clubs testés présentent tous de légères variantes. C’est le reflet de l’offre actuelle du marché !

Ne vous leurrez pas un bois 3 TaylorMade n’est pas exactement un bois 3 Callaway.

Forme de la tête, longueur du shaft, poids du shaft, angle réel de loft…de nombreux paramètres expliquent en fait les différences de performances.

Pourtant ce que nous voulons vous illustrer ici, c’est l’énorme différence de résultats entre deux configurations très proches : le Callaway XR, et le TaylorMade Aeroburner.

Notez que ces deux clubs sont montés sur des shafts d’un poids respectif de 52 et 50 grammes. Le plus léger, le TaylorMade est finalement celui qui donne la moins bonne distance !

Et ce de manière frappante avec une portée au carry de seulement 118,50 mètres contre 132,40 mètres pour le Callaway XR !

En quoi la légèreté du shaft peut justifier la performance ?

En rien, car ce n’est pas le bon argument.

Pendant le test, le joueur a bien senti qu’il ne performait pas autant avec ce bois qu’avec les autres. Ce n’est pas qu’une question de datas.

Deuxième élément à noter en plus de la distance, la vitesse de swing très nettement supérieure avec l’Aeroburner par rapport à tous les autres bois 3.

Avec ce club, le testeur a effectivement swingué à 76.8 mph, soit 3 mph de plus que sa moyenne de 73.5 mph !

Par opposition, avec le XR, il a swingué à 72.5 mph, soit 1 mph de moins que sa moyenne !

Toujours pas convaincu ? Notez la vitesse de swing du Cleveland CG Black, le club le plus léger du panel testé avec un shaft de seulement 44 grammes swingué dans la moyenne du joueur à 73.4 mph.

Que faut-il comprendre ?

Le TaylorMade Aeroburner est clairement un club à ranger dans la catégorie des produits dédiés à la vitesse de swing.

Nous l’avions déjà détecté lors de notre précédent test.

Cependant, pour un Senior, cet argument peut se révéler contreproductif.

Le cas présent, notre testeur a bien obtenu un gain de vitesse de swing très notable (3 mph, c’est en fait considérable), sauf que dans cette situation, il n’avait pas les ressources nécessaires pour contrôler cet afflux de vitesse, notamment au niveau de sa stabilité.

Résultat des courses, au lieu de transférer l’énergie additionnelle à la face, il a eu tendance à se lever sous l’effet de la vitesse additionnelle qu’il générait lui-même, et on retrouve ce paramètre dans le loft dynamique donné à l’impact.

Soit 22.9 degrés pour un bois 3 de loft théorique de 15°, et avec pour conséquence, un angle de lancement réel de la balle de 17.9 degrés, soit plus que sa moyenne et le club swingué le plus haut du panel.

Autre conséquence, dans cette configuration, le golfeur a donné un montant de spin additionnel excessif à la balle, soit 4276 rpm au lieu de 3600 en moyenne. Et pour cause, il n’a pas pris la balle pleine face !

Trajectoire plus bombée, plus de spin, une énergie mal restituée dans la face car pas forcément centrée à l’impact…résultat, une très grosse perte de distance à l’arrivée.

Alors, ce n’est pas totalement le club qui est en cause ! Il fait très bien ce pour quoi il est prévu ! Certain que Dustin Johnson, pro sur le PGA Tour qui cogne comme un sourd en est très content !

Mais pour un senior, un club fait pour la vitesse n’est pas une assurance de performance.

Autre argument pour le justifier, le Callaway XR est très semblable en caractéristiques, et d’ailleurs lors de notre test réalisé avec un golfeur plus jeune et plus rapide, nous avions trouvé peu d’écarts entre les deux clubs : Smash factor identique, spin identique…par contre angles de lancements très différents et portées différentes pour un avantage final en termes de distance au carry et totale, en faveur du Callaway.

Dans le cas de notre testeur senior, le XR s’en sort mieux alors que pourtant le poids du shaft est de 52 grammes contre 50 grammes pour l’Aeroburner !

Enfin, le CG Black qui est le plus léger (44 grammes pour le poids du shaft) se classe 3ème.

Conclusion, un shaft plus léger n’est pas un argument suffisant pour expliquer un gain de distance. Oui, cela peut contribuer en théorie à un gain de vitesse de swing, mais en fait, c’est le gain en vitesse de balle qui est déterminant, à condition qu’il ne soit pas annihilé par un taux de spin trop élevé, et un angle de lancement inaproprié.

Un club de golf est toujours une affaire de compromis ! Il n’y a pas de raccourci simpliste du type « Lighter is faster ».

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