Chaussures de golf : Usure ou défaut de fabrication, telle est la question ?

Il y a un sujet qui attise souvent les passions des golfeurs et des golfeuses, c’est la question de la qualité ou de la durabilité des chaussures de golf. Finalement, c’est vous, les consommateurs, qui nous remontez le plus d’informations à ce sujet. Deux exemples récents m’ont poussé à contacter une des marques concernées, pour tenter d’éclaircir un immuable débat : Défaut d’utilisation ou défaut de fabrication ?

C’est certainement désagréable d’être déçu par la qualité ou la faible durabilité d’une paire de chaussures, et pas seulement de golf.

Pour une paire achetée 50 euros, et portée régulièrement, malheureusement ou fatalement, on finit par accepter qu’elle fasse moins de 6 mois.

La semelle intérieure qui se décolle… le talon qui se détériore…Un crampon qui s’en va.

Cela nous rappelle, que la qualité a un prix et qu’il faut savoir accepter de payer le juste prix.

La problématique à définir, c’est : Qu’est-ce que la qualité ? Qu’est-ce que le bon prix ? Et finalement, pour soi, c’est quoi la bonne durée de vie d’une chaussure ?

A ces trois questions, je ne suis pas certain que nous apportions tous la même réponse.

C’est pour beaucoup le résultat d’une expérience personnelle.

Si je me mouille personnellement, à chaque fois que j’ai acheté des baskets Adidas ou des chaussures de golf Adidas, pour moins de 100 euros, j’ai eu des problèmes d’usures marquées assez rapidement…

Néanmoins, je ne pouvais pas affirmer que c’était un défaut de fabrication.

Est-ce que ce jugement a valeur de référence pour tous les acheteurs de chaussures Adidas de moins de 100 euros ?

Ce n’est pas certain, et c’est d’ailleurs tout le problème des sites qui permettent de donner son avis sur un produit.

Quelle est la part d’objectivité ? Quelle est la valeur de dix avis négatifs ou positifs quand ils ne sont pas chacun absolument objectifs ?

Le cas présent, je vais donc prendre l’exemple de Philippe B. lecteur régulier de JeudeGolf, et avec qui j’ai déjà échangé sur différents sujets, et dont la photo est utilisée pour illustrer cet article, et le cas de Jean-Pierre P. qui m’a montré de près l’état de sa chaussure de golf neuve, et après un mois d’utilisation, certes régulière.

Tous deux essaient d’exprimer sincèrement l’expérience qu’ils ont eu avec des chaussures de golf de la marque FootJoy, une marque réputée, et avec une belle part de marché dans le monde, et en France.

Exemple de Philippe B. en Belgique : « C’est très bien de faire le test des produit de cette marque, mais il faut aussi savoir que les produits sont de qualités inégales. J’ai des M-project blanche chaussure style “Camper” acheter 55 € chez Sportdirect, sans souci génial intérieur, comme extérieur. Ensuite, j’ai acheté des Contour avec fermeture BOA a 179€. Super chaussure, un confort génial, mais voilà ce qui m’est arrivé pour la première, et la seconde paire : Elles pèlent sur le devant, comme si on avait passé dessus avec une éponge à récurer. FJ m’a changé ma première paire avec difficulté, car le pelage était si fort que la chaussure n’était plus étanche. Je ne reprendrais pas cette marque. »

Plus récemment, Jean-Pierre P. à Lyon s’est vu offrir une paire de chaussures FootJoy pour environ 200 euros.

Au bout d’un mois, sous la semelle, un des crampons s’est littéralement fendu en deux, au point de rendre quasiment impossible le dévissage.

Comme le souligne le premier abonné dans son commentaire, effectivement, sur JeudeGolf, je teste le plus souvent des chaussures neuves, et surtout je publie au sujet de chaussures neuves, de sorte que je vois rarement, pour ainsi dire jamais, de problèmes de qualité.

Pour être objectif, vis-à-vis de ce fabricant, à la longue, je finis tout de même par les user, et ne pas noter particulièrement d’usures anormales.

Je préciserai qu’ayant plusieurs paires, je ne les porte pas forcément tous les jours, et mon utilisation n’est pas forcément intensive.

C’est pourquoi pour cet article, je n’ai pas d’exemples personnels à donner, mis à part l’usure prononcée et rapide que j’ai constaté sur des chaussures de golf premier prix, ce qui en soit n’est pas un scoop.

Le zéro défaut n’existe probablement pas, et visiblement FootJoy n’est plus « protégée » par son statut de marque de golfeurs.

Au contraire, je sens que cela lui confère une plus grande responsabilité par rapport à la qualité de ses produits.

Plus qu’un nouveau modèle chaque année, les golfeurs et les golfeuses attendent surtout de la part de FootJoy, un niveau de qualité irréprochable, ou alors des solutions de service après-vente d’un numéro un.

Dans son commentaire, Philippe parle d’une paire de chaussures de golf FootJoy Contour vendu au prix de 190 euros.

Ce n’est plus de l’entrée de gamme, et au moment de son achat, il imagine sans doute une plus grande qualité, et une meilleure durabilité.

Dans son message qui m’est adressé, je sens bien que l’émotion est liée à une attente supérieure.

C’est là où le sujet de la qualité est indissociable du prix.

Sur le site Onlinegolf.fr, la fourchette de prix donnée par le distributeur, pour des chaussures de golf et toutes marques va de 35 à 240 euros.

Nous pouvons considérer qu’en-dessous de 100 euros, c’est plutôt de l’entrée de gamme, et inversement, au-dessus de 200 euros, c’est vraiment du haut de gamme.

Une marque comme FootJoy ne peut plus se contenter du seul segment haut de gamme, et se doit de faire des propositions pour tous les niveaux de prix, et ce pour justement s’adresser à toutes les clientèles.

Ne pas prendre le risque d’être seulement enfermé dans un segment jugé onéreux par une majorité des golfeurs.

La FootJoy Contour citée par Philippe est aujourd’hui une chaussure dont le prix tourne entre 120 et 180 euros, un bon milieu de gamme, selon les finitions, selon le système de laçage, et selon les promotions.

Pour Jean-Pierre, il s’agit aussi d’une FootJoy dont le prix d’achat avoisinait les 200 euros.

Dans les deux cas, c’est bien le prix et la qualité supposée et en rapport du produit qui les a interpellés.

A ce titre, J’ai interrogé le fabricant sur ces deux sujets : La qualité de la tige, et la facilité de changer les crampons, ce qui pourrait d’ailleurs légitimer une innovation que les golfeurs trouveraient génial, et dans leur immense majorité.

Pour Marion Tschanhenz, Responsable Marketing FootJoy en France, il n’existe pas un problème particulier concernant la chaussure de golf Contour, et notamment sa tige.

Elle rappelle que toutes les chaussures FootJoy sont garanties 1 an.

Dans le cas d’une chaussure défectueuse, elle invite le consommateur à se rendre en magasin, afin de faire constater le problème par un vendeur, pour que ce dernier procède à un échange, et remonte le problème chez FootJoy.

De son point de vue, si une chaussure présente un défaut, il est immédiat !

Il ne faut pas tarder à le signaler.

Il n’apparaît pas au bout de plusieurs utilisations ou alors c’est de l’usure liée à un mauvais entretien.

Concernant la tige qui pèle, elle précise qu’après usage en milieu humide, la meilleure façon de sécher une chaussure reste la méthode « naturelle ».

Ne pas utiliser de sèche-cheveu ou de radiateur !

Le débat reste donc entre identifier ce qui est de l’usure ou ce qui est du défaut produit.

A ce titre, la responsable Marketing FootJoy a bien voulu nous distinguer les deux cas de figures, entre réclamation justifiée et réclamation injustifiée, tout du moins, du point de vue d’une marque.

Dans le camp des réclamations justifiées, à savoir des défauts de fabrications identifiés par le consommateur, on peut potentiellement retrouver les infiltrations, l’empeigne écaillée, la semelle qui se désolidarise, ou un problème de couture.

Dans le cas des réclamations injustifiées, on retrouve la pointe râpée (abrasion du cuir), la transpiration dans la chaussure, les crampons usés, la détérioration du talon, les chaussures sales, le séchage forcé, et l’inconfort lié à un mauvais ajustement.

Si on prend le cas de l’infiltration ou une perte d’imperméabilité, et si le problème intervient dans l’année qui suit l’achat, c’est couvert par la garantie imperméabilité du fabricant.

Le fabricant précise que si l’eau s’infiltre par le dessus de la chaussure, ce ne peut pas être un défaut de fabrication.

De mon expérience, par temps très humide, et sur des terrains gras, cela ne milite pas pour des chaussures dites Spikeless, finalement trop « basses » par rapport au gazon ou surtout le rough.

Dans ce cas, j’ai déjà constaté, et quelle que soit la marque, des infiltrations par le dessus. 

Le défaut de fabrication, c’est quand l’eau pénètre entre la semelle et l’empeigne.

Dans le cas d’une empeigne écaillée, FootJoy précise aussi ce qui peut être un défaut de fabrication.

Au niveau de la pliure naturelle du pied lors de la marche, sur la partie extérieure, si vous trouvez une fissure précoce, il est possible que ce soit un défaut d’assemblage.

La difficulté pour le vendeur conseil en magasin, c’est alors d’identifier, si c’est bien un défaut de la chaussure ou la résultante d’un séchage forcé, et notamment avec un sèche-cheveu.

Dans le cas où la semelle se désolidarise de la chaussure, FootJoy explique qu’il est très rare que cela se produise, mais n’écarte pas non plus systématiquement un défaut d’assemblage.

Un défaut apparaît alors au point de flexion, et plutôt sur la partie avant de la chaussure.

La difficulté, c’est à nouveau d’identifier le problème dans les premières semaines ou au contraire après plus de 6 mois d’utilisations intensives.

On comprend que la différence entre réclamation justifiée ou injustifiée se fera surtout sur l’évaluation des conditions d’utilisations…

C’est justement tout le nœud du problème ou du risque d’incompréhension entre consommateur d’un côté, et marque de l’autre.

Pour les problèmes de coutures, ce cas est peut-être le plus simple à trancher, car il doit apparaître immédiatement.

Un fil de mauvaise qualité ou un œillet manquant sur une chaussure neuve ne semblent pas poser de débat.

Le défaut qui saute aux yeux immédiatement est naturellement le plus simple à trancher.

En revanche, avec l’abrasion du cuir ou une pointe râpée, on rentre de plein pied dans ce que FootJoy appelle une réclamation injustifiée. C’est pourtant le cas remonté par Philippe.

La marque considère que le mouvement du golfeur peut impliquer, au bout d’un certain temps, une usure au niveau de la pointe, et à cause du contact avec le sol.

Ce sont surtout les tapis de practices plutôt que le gazon qui peuvent expliquer cette abrasion.

Dans le cas de notre lecteur, si l’abrasion est peut-être liée à son geste (Je ne sais pas), ce qu’il remet en cause, c’est finalement la perte d’étanchéité totale depuis cette zone.

Dans son argumentaire, il semble mettre en avant le fait que pour un modèle de chaussure, il ne constate pas d’usure précoce, et pour l’autre, oui…

Dans son argumentaire, on voit aussi que le fabricant lui a répondu favorablement, en acceptant le remplacement du premier modèle…

Sans s’attarder sur la question de la transpiration, deux cas sont encore intéressants à traiter ici : La détérioration du talon et le séchage forcé.

Pour le talon, FootJoy précise que la construction de son chausson est basée sur le confort, mais avec un ajustement serré pour un maintien maximal.

Si un golfeur enlève les chaussures sans défaire les lacets, le contrefort a des chances de se déformer.

De même que si la taille de la chaussure n’est pas appropriée, le frottement au niveau du contrefort peut l’abîmer.

La marque aime à vanter le fitting de chaussures comme le bon moyen de choisir la bonne taille, mais aussi la bonne largeur, et donc un moyen d’allonger la durée de vie de son achat.

Pour le séchage forcé, la marque rappelle que le cuir contient des huiles, notamment pour garder sa souplesse.

L’application d’un cirage peut justement maintenir ou remplacer cette huile pour accentuer la durée de vie.

Un séchage forcé avec un sèche cheveu va au contraire fragiliser la chaussure et permettre des fissures, à mesure que l’huile s’amenuise sous l’effet d’une forte chaleur.

Usure ou défaut, le débat n’est pas prêt de se régler si facilement.

Une position n’est pas si enviable, celle du vendeur en magasin, chargé le plus souvent d’arbitrer le débat entre usure ou défaut perçu.

La durée d’utilisation paraît être le juge de paix le plus facile à utiliser.

Dans le cas de Jean-Pierre, un crampon qui se fend en deux en un mois d’utilisation paraît un délai un peu court, pour parler d’usure ou d’utilisation intensive.

Ce débat doit-il être un élément de discrimination pour déterminer si une marque peut être jugée meilleure qu’une autre ?

J’en doute !

Pour ma part, ma mauvaise expérience avec des chaussures Adidas ne m’incite pas à réitérer des achats dans cette marque. Je comprends donc le raisonnement de Philippe.

De mon côté, je n’ai jamais eu le moindre souci avec une paire de chaussures FootJoy. Est-ce qu’il faut conclure que FootJoy, c’est mieux qu’Adidas ? Ce n’est pas certain à produit comparable.

Il y a peut-être une part de malchance.

En revanche, la véritable question dans un environnement où le zéro défaut n’existe pas, c’est comment la marque va gérer ces incidents, et l’expérience utilisateur.

D’un mauvais moment, elle peut aussi s’en saisir pour illustrer la qualité de son service !

Un client qui exprime un mécontentement et reçoit une réponse a plus de chance d’être converti demain en prescripteur de la marque.

Le pire pour une marque, c’est quand il ne s’exprime pas…

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Commentaires   

mhezkia@gmail.com
+1 #3 Ah les chaussures (2)mhezkia@gmail.com 13-02-2020 17:21
En effet, on nous serine sans arrêt, qu'on peut aussi les porter à la ville, quand on sort du terrain... Ok, soit ! Mais quid de l'usure ? Est-ce à dire qu'en réalité, les semelles ont quelques mois de durée de vie ? C'est d'ailleurs ce que m'a dit le vendeur d'une marque connue : Maintenant, on les change tous les 6 mois... Quand on a trouvé un type de chaussures qui va bien et qui plait, il est illusoire de pouvoir le racheter l'année suivante, sauf à aller faire un tour chez les déstockeurs. C'est ce que j'ai fait pour des paires de Callaway dont le modèle est sorti, il y a plus de deux ans. Annonçé à 190€ à l'époque, on arrive à le trouver entre 40 et 50 euros. J'en ai acheté trois paires, comme ça je suis tranquille pour un moment. De plus, ne pas mettre la même paire tous les jours, pour lui laisser le temps de sécher lentement. Mettre des embauchoirs afin de conserver la forme. Changer les crampons avant qu'ils ne soient complètement usés. Et surtout, les nettoyer et les cirer à chaque utilisation, font qu'elles dureront sacrément plus longtemps. Exactement, comme pour des chaussures classiques. Je reste persuadé qu'un manque de soin abrège rapidement la vie d'une chaussure de golf car elle subit plus de contraintes qu'une chaussure normale, surtout à cause de l'humidité. Il y a un gap entre l'utilisation qu'en font les pros et la vraie vie... Un golfeur moyen, ne peut pas les changer tous les deux ou trois parcours, voire moins...
mhezkia@gmail.com
+1 #2 Ah les chaussures...mhezkia@gmail.com 13-02-2020 17:19
Que ce soit pour des chaussures de golf ou des chaussures de ville, le problème est le même...
J'ai toujours aimé les chaussures et je regrette un peu les vraies chaussures en cuir, comme des chaussures classiques anglaises, que l'on portait au golf, il y a bien longtemps. Même chez Footjoy, la qualité semble moins bonne... Maintenant, l'impression que j'ai, c'est que le règne du jetable est arrivé aussi dans le golf depuis un petit moment. Je passerai sur les chaussures présentant un look bariolé ou fluo, ce n'est pas mon goût. L'arrivées des sneakers ou autres avec picots a, à mon avis signé l'arrêt de mort de la qualité.
jmvitiello@gmail.com
+1 #1 Affaire de goûtjmvitiello@gmail.com 13-02-2020 16:27
Bonjour,
La chaussure idéale reste une affaire de goût...
Cependant adidas, pour ne pas citer la marque qui vous à déçu, avait produit des adigrips, version sans crampons à visser mais avec une zone rouge portant des crampons moulés plus importants.
Stable confortable étanche pas de manque d'accroche pour moins de 100€.
Ce devait être trop beau car ils ont arrêté le modèle directement et aucune explication n'a été apportée par adidas lorsque j'ai demandé pq...
Pas assez cher, trop fiable

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