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Qu’est-ce que le torque ? Est-ce important pour le choix d’un shaft ?

Suite de notre série d’articles consacrés aux shafts, dans le but de mieux comprendre les critères pour choisir, au moment de se rendre en magasin, ou auprès d’un clubfitter et de commencer à parler un langage technique sur un produit qui est finalement le fruit de beaucoup de travaux technologiques, notamment pour les manches en graphite. Le torque est une valeur souvent évoquée, mais pas toujours simple à appréhender. Ci-après des éléments de réponses collectés auprès de professionnels du clubfitting… Est-ce finalement une notion essentielle à la performance ?

Le torque est en réalité une propriété d’un shaft

Littéralement, le terme anglais « torque » pourrait se traduire en français par « couple » comme pour un moteur de voiture ou aussi une « torsion ».

Toujours au chapitre des définitions basiques, appliquer du « torque » sur un objet pourrait consister à essayer de le tordre ou même de le vriller.

Pour un manche dédié à un club de golf, le torque définit à quel point le manche est sujet à torsion pendant le swing.

Tous les manches, en aciers ou en graphites, présentent une valeur de torque, qui est d’ailleurs mesurée en degrés.

Par définition, un shaft avec un torque élevé va potentiellement plus vriller sur la longueur par rapport à un torque dit bas.

En d’autres mots, certains shafts résistent mieux à la torsion que d’autres.

Un manche est schématiquement composé d’un tip (bout en bas et près de la tête), une section au milieu, et un butt (bout en haut et recouvert par le grip).

La partie du shaft qui présente le diamètre le plus faible se situe en bas, près du tip.

C’est en fait à ce niveau que la torsion la plus importante s’exerce, selon Alexandre d’Incau, Clubfitter à Seignosse, interrogé sur le sujet.

A contrario, ce n’est pas au niveau du « butt » que l’on mesure le torque.

Un shaft qui présente une valeur de torque basse signifie qu’il va en fait mieux résister au phénomène de torsion, alors qu’inversement, un shaft avec une valeur élevée est enclin à beaucoup vriller sous l’effet d’une torsion, et donc le plus souvent au moment de l’impact.

A chaque fois qu’un golfeur swingue, et contacte la balle, étant donné qu’au bout du manche, il y a une tête de club, l’impact se traduit par l’exercice d’une force qui implique forcément une torsion et des vibrations sur le manche.

Pour Alexandre d’Incau, si la valeur de torque est trop basse, le ressenti du coup dans les mains par le joueur sera trop sec. Le clubfitter emploie le mot « onctuosité » pour qualifier le bon ressenti du golfeur au sujet d’un torque adapté à son swing.

Le torque ne doit pas être ni trop bas, ni trop haut.

La notion de torque est en fait assez relative dans le choix d’un manche.

Par contre, le torque est l’expression quasi « numérique » de votre ressenti, et bien plus que le niveau de rigidité.

A l’extrême, vous pourriez trouver qu’un shaft double X (extra-stiff) avec un torque élevé sera justement « onctueux » au moment de l’impact avec un effet de « whipp » ou coup de fouet.

A l’inverse, un shaft senior avec un torque vraiment très bas pourrait vous sembler sec à l’impact.

Si le torque est trop élevé, le joueur sera plus souvent puni pour ses fautes de rythmes pendant son swing. Le shaft sera tout bonnement moins tolérant, et ne permettra pas d’obtenir le maximum de restitution de vitesse de balle au moment de l’impact.

En théorie, un golfeur très athlétique qui utiliserait des manches avec un torque trop haut pourrait voir ses coups sortir un peu trop à droite de la trajectoire idéale, comme un fade non-contrôlé.

A l’inverse, un golfeur frêle qui utiliserait des manches avec un torque trop bas pourrait être déçu par les sensations à l’impact, et des trajectoires de balles globalement trop basses.

Nous y reviendrons plus loin.

Relativiser l'importance du torque ?

Pour Tom Wishon, gourou du clubfitting aux Etats-Unis, le torque n’est en fait pas vraiment une donnée à trop prendre en considération pour un amateur, et en tout cas, pas concernant un shaft en acier, mais à la rigueur seulement pour un shaft en graphite.

Il argumente sur le fait que pour l’acier, sur toute la longueur du manche, la variation du torque est très réduite, surtout en comparaison à un manche en graphite.

Ces manches sont réalisés à partir de différentes fibres de carbones, et peuvent varier selon la rigidité ou la position sur le manche.

Pour le graphite, la valeur la plus haute peut monter à 8 degrés contre 1 degré seulement pour la valeur la plus basse.

A titre de comparaison, pour de l’acier, le niveau de torque peut seulement varier entre un peu plus de 2 degrés et un peu moins de 4 degrés.

Alors si pour Wishon, le torque n’est une préoccupation que pour les manches graphites, il veut relativiser son importance, et la rapporte au rythme du joueur.

« Si un golfeur est très athlétique, très corpulent, avec un rythme de swing très rapide, et un release tardif, il n’est pas conseillé de choisir un torque supérieur à 4 ou 4,5 degrés au risque d’ouvrir trop la face pendant le downswing, sous l’effet de la torsion appliquée au manche. »

Il ajoute « Pour un profil inverse, il faut éviter des manches dont le torque serait inférieur à 3,5 degrés au risque de percevoir le manche comme trop rigide à l’impact, ce qui causerait des trajectoires trop basses. »

En réalité, pour 80% des golfeurs, un torque compris entre 3,5 et 5,5 degrés est une assurance de ne pas sortir trop des standards. Dans ce cas, le torque n’est pas vraiment un souci au moment d’un fitting, ou en tout cas, pas selon Wishon, le premier élément à considérer.

Des mythes invérifiables

Aux Etats-Unis, une petite étude a été menée avec le concours de plusieurs testeurs pour essayer de vérifier quelques mythes s’agissant du torque, comme par exemple, si un joueur hook la balle, il aurait besoin un torque bas, et inversement s’il slice la balle, il aurait besoin d’un torque élevé.

L’étude n’a pas réussi à véritablement confirmer cette théorie. Il paraîtrait plus vraisemblable de considérer que le torque n’a pas un effet sur la relation entre chemin de club et face, mais bien sur le ressenti du contact, qui sont deux choses bien différentes.

L’étude datant de 2013 n’a pas non plus réussi à démontrer qu’un profil de swing très rapide pourrait bénéficier d’un torque plus bas.

Comme semblent s’accorder Tom Wishon et Alexandre d’Incau, le torque a surtout un effet sur le ressenti, sauf à sortir des valeurs standards, et là, dans ce cas, il peut y avoir des effets extrêmes sur les trajectoires de balles.

Le choix d’un bon manche pour le golf peut déjà être quelque chose d’assez compliqué, sans chercher à rajouter de la complexité.

On peut statuer sur le fait que le torque influe essentiellement sur le rythme du swing, comme relevé plus haut par Alexandre d’Incau, et donc la tolérance et le confort.

Si on se réfère au catalogue produits de TaylorMade pour le driver M3 qui est proposé le plus souvent avec des manches Mitsubishi, le niveau de torque proposé va de 4 degrés pour un manche extra-stiff à 6 degrés pour le modèle senior.

A 4 degrés, c’est le shaft qui est le plus lourd de l’offre avec 79 grammes, alors que le manche à 6 degrés de torque ne pèse que 54 grammes.

S’agissant de Callaway pour le ROGUE, la marque américaine n’affiche pas les valeurs en degrés sur son site Internet, mais seulement si c’est high, mid ou low, alors que PING n’affiche pas la notion de torque pour le G400, et ce, pour simplement résumer le choix de ses manches à la hauteur de trajectoire.

Preuve en est qu’en la matière les fabricants ne s’accordent pas sur la façon de communiquer sur le torque.

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