Swing Weight d'un club de golf: Ce qu’il faut savoir, et ce qu’il ne faut pas croire

Parmi les notions qui ne sont pas toujours simples à comprendre pour un golfeur amateur, mais néanmoins intéressé à l’idée d’acheter du matériel de golf, le swing weight que l’on ne pourrait pas complètement traduire littéralement « le poids du swing », mais plutôt l’équilibre du club, se trouve malheureusement en bonne place. C’est pourtant une notion très importante, et pas suffisamment expliquée. Au-delà de la définition, intéressons-nous aux fausses croyances qui accompagnent parfois le matériel de golf, et peuvent conduire à de mauvais achats, mais aussi aux observations utiles que l’on peut faire, pour justement ne plus se tromper.

Préambule sur le swing weight d'un club de golf

Il arrive très souvent qu’un golfeur ou une golfeuse apprécie un club de golf plus qu’un autre. Il s’agit le plus souvent du club avec lequel on développe une mémoire consciente ou parfois inconsciente de meilleurs coups réussis sur le parcours.

C’est par exemple un fer 7 tapé à 135 mètres et qui se pose près du drapeau, ou alors un hybride 5 qui nous sort toujours d’une situation embarrassante.

Cela peut être encore un fer 5 qui permet de prendre le départ d’un trou étroit avec des arbres de chaque côté.

Quel que soit ce club, vous tapez souvent avec, et en fait, vous mémorisez plutôt de bonnes sensations. Vous vous sentez juste bien avec ce club, et parfois, sans trop savoir l’expliquer objectivement.

Pour les professionnels du fitting, c’est en grande partie en raison de l’équilibrage du club, le swing weight.

A l’inverse, peut-être avez-vous déjà sorti un club d’un rack de magasin, posé à l’adresse, et commencez à le mouvementer, sans même jusqu’à répliquer un demi-swing, et tout de suite senti qu’il n’était pas pour vous.

A nouveau, c’est le swing weight qui vous parle, sans que vous ne sachiez vraiment le définir.

Je me remémore une vieille anecdote où je testais un driver Cobra King, et un amateur senior passe dans mon dos, et m’interpelle « Ce driver a l’air difficile. Il n’est pas pour moi ! »

En réalité, il ne pouvait pas affirmer cela, seulement à cause du nom de la marque, du dessin de la tête ou la rigidité du manche, et surtout sans tester.

Plus que tous ces arguments, c’est bien le swing weight d’un club qu’il vous faut connaître pour commencer à imaginer s’il peut ou pas vous correspondre.

Etant donné que les marques commercialisent des clubs complets, on a trop tendance à oublier qu’un club est un assemblage d’un grip, d’un manche, et d’une tête.

Le marketing nous induit en erreur en laissant croire que la tête est l’élément le plus important, et celui qui est le fruit d’une plus grande technologie.

Au contraire, le grip a peut-être une plus grande importance, de même que le manche. Cependant, dans la répartition de valeurs, il est exact que la tête reçoit plus d’attention.

Pour un driver à 500 euros, la marque investit souvent à peine 35 à 50 euros dans le manche, et moins d’un euro sur le grip.

Pourtant, il faudrait bien raisonner avec autant d’intérêt pour les trois éléments.

Surtout, que consciemment ou pas, golfeur expérimenté ou pas, vous avez très souvent un équilibrage du club qui vous correspond plus qu’un autre.

La question qui est alors importante, c’est « Est-ce que cet équilibre rentre en compte dans votre performance sur le parcours, ou est-ce simplement une préférence, comme la couleur de votre grip ? »

Eléments de réponses ci-dessous…

C’est quoi vraiment le swing weight ? Petit rappel

En des termes simples, le swing weight correspond à la sensation de lourdeur de la tête quand vous la swinguez.

On mesure le swing weight sur une échelle à swing weight, et selon des mesures alphanumériques qui vont de A0 pour la plus légère à G10 pour la plus lourde.

Pour les hommes, la plupart des clubs sont équilibrés entre D0 et D2, tandis que pour les femmes, cela devrait se situer entre C5 et C7.

On va voir ci-après qu’il faut parfois sortir de la théorie…

Le Swing weight affecte la vitesse de club et la vitesse de balle

Du fait des expériences que j’ai pu mener au trackman, j’ai pu vérifier que plus un club est léger, notamment un driver, et plus, on peut facilement augmenter la vitesse de club.

Par exemple, bien que j’aie raccourci le manche de mon driver à 44,5 inches, je peux swinguer la tête plus vite avec un manche plus léger, ou même une tête de club plus légère.

Il y a donc vraiment une relation entre le poids et la vitesse de club.

A l’inverse, un club trop lourd pourra faire baisser la vitesse de swing.

A nouveau, pour avoir récemment testé un shaft de 75 grammes (en moyenne, je teste plutôt entre 60 et 65 grammes), je perds surtout le contrôle du manche, et donc des trajectoires de balles.

Les écarts de vitesses de clubs entre un club très léger ou trop lourd peuvent facilement excéder 5 mp/h (8 km/h).

A l’inverse, le lien de cause à effet entre poids du club et vitesse de balle (rendement après l’impact du club avec la balle) n’est pas aussi évident.

Avec un club plus léger, vous pouvez augmenter votre vitesse de swing, mais ne pas observer d’augmentation de votre vitesse de balle à l’impact, et même au contraire, enregistrer une baisse…

Le smash factor rentre en ligne de compte.

Le smash factor est le ratio entre la vitesse de balle et la vitesse de swing.

C’est un excellent indicateur du transfert d’énergie du club à la balle, et dépend fortement du centrage de la balle dans la face.

Le plus souvent, quand le club est plus lourd, il est plus stable dans la zone d’impact, et par conséquent, le smash factor est meilleur.

En d’autres termes, un club plus lourd donne souvent plus de vitesse de balle qu’un driver plus léger, à vitesse de swing équivalente.

Si les marques peuvent diminuer le grammage des shafts, elles peuvent aussi augmenter celui des têtes, dans le but de renforcer la vitesse de balle. Cela contribue à modifier l’équilibre du club…

Toutes les têtes de drivers ne se valent pas. Il faudrait pouvoir les peser plutôt que de seulement les tester.

Le swing weight affecte les conditions de lancements

Quand on évoque les conditions de lancements, il s’agit de l’angle de décollage de la balle, et du taux de spin donné à cette même balle.

Dans ce cas, il est plus difficile de démontrer une corrélation avec le swing weight. Il semble que cela soit plus personnel, et fonction de chaque swing, plutôt qu’une règle générale.

Le swing weight affecte la distance

Dans un précédent article, j’avais fait un test en ajoutant du plomb sur un fer, et démontré que cela contribuait à augmenter la distance.

Les professionnels n’hésitent pas eux-mêmes à ajouter des bandelettes de plomb aux dos de leurs clubs, et par exemple, Raphael Jacquelin.

L’impact peut être relativement important. Certains tests réalisés aux Etats-Unis ont démontré des gains pouvant aller de 5 mètres jusqu’à 30 mètres pour un même club !

Cependant, ce n’est pas une formule magique qui fonctionne pour tous les golfeurs. Une partie d’entre eux pourrait très bien produire les distances les plus longues avec des clubs plus légers…

En réalité, chaque joueur va maximiser sa distance avec son propre swing weight personnel.

Le swing weight affecte la précision

Trouver le swing weight qui génère le plus de distance est une chose. Trouver le swing weight qui génère le plus de précision peut en être une autre !

Le swing weight a une influence considérable sur la précision des coups.

En dispersion latérale, les écarts selon les swing weights peuvent monter jusqu’à 15 mètres sur des coups à 180/190 mètres.

De mon côté, j’ai coupé le shaft de mon driver à 44,5 inches, alors qu’il s’agit d’un manche TPT LKP-MT-SW plutôt rigide et qui d’origine pèse 61 grammes, monté sur une tête plutôt légère (M4 9,5°), qui de prime abord ne m’avait pas donné des résultats spectaculaires en termes de smash factor, quand je l’avais testé la première fois.

La tête M4 est censée peser 191 grammes selon le constructeur (TaylorMade).

A titre de comparaison, la tête M3 pèserait autour de 197 grammes, ce qui, dans mon cas, a un effet considérable sur le smash factor, et plus positif.

J’ai pourtant choisi la tête M4, car au-delà des données trackman, j’avais plus de confiance, et surtout plus de réussite sur le véritable juge de paix : Le parcours, et en nombre de fairways en régulation.

J’ai monté un grip Midsize MCC4PLUS Align de 67 grammes. Au bout du grip, j’ai fixé un capteur Arccos qui pèse 11 grammes.

Au total, mon driver pèse donc 330 grammes, selon ma propre mesure réalisé au studio.

A titre de comparaison, j’ai pesé un autre driver, le Titleist TS2 que je n’ai pas modifié.

Il pèse 300 grammes avec un swing weight en D3.

Mon niveau de smash factor est nettement supérieur, mais pas mon niveau de confiance sur le parcours.

Si je tape bien avec au Practice, je n’ai pas développé de confiance suffisante sur le parcours pour l’emmener régulièrement. Comme cité plus haut, c’est sans doute ma perception du swing weight qui joue. Et pourtant, quand je l’avais testé la première fois par rapport à d’autres drivers Titleist et d’autres shafts, il était largement ressorti du lot.

La combinaison de mon driver M4 délivre en comparaison un swing weight en C8, très loin des habituels D2 ou D3 que l’on trouve habituellement sur les drivers vendus dans le commerce.

Avec ce driver, j’ai notablement augmenté ma précision, sans trop perdre en distance… Sur certaines parties, je monte à 54% de fairways en régulation contre 44% en moyenne.

Finalement, plus droit sur le parcours, et c’est aussi souvent plus long… Cette année, j’ai mémorisé mes meilleurs drives avec cette combinaison, dont un drive tapé à plat à 262 mètres.

Initialement, jamais je n’aurais imaginé jouer un driver en C8. Le choix de la tête me paraît désormais secondaire par rapport au swing weight.

Le choix du manche, et du grip me paraissent finalement aussi important.

Le swing weight change la façon dont vous swinguez le club

SI on démontre que le swing weight affecte la distance, mais aussi la précision, fort logiquement, cela veut bien dire que cela affecte la façon dont on déplace le club pendant le swing, soit le chemin du club, mais aussi l’angle d’attaque.

Ces variations ne s’expriment pas toutes de la même manière chez tous les golfeurs. Elles peuvent être pourtant très spectaculaires.

Selon différents avis que j’ai pu recueillir ou lire, la raison tient dans le fait que le corps « répond » différemment à une tête de club plus lourde à déplacer, et peut dans certains cas pousser vers une horizontalisation du swing dans le plan, et donc une façon d’attaquer la balle vers le sol ou le ciel qui en subit la conséquence.

Inversement, il ne faut pas croire qu’un petit écart de swing weight, par exemple entre D2 et D3 est insignifiant sur le swing. Le moindre changement de swing weight est immédiatement susceptible d’être ressenti par un golfeur.

Toujours au chapitre des fausses croyances, un golfeur « costaud » ne sera pas forcément plus performant avec un swing weight plus « élevé », comme par exemple un D3.

Dans mon cas, 1m83, plus de 100 kilos, je performe avec un driver en C8 ! Cependant, mon driver pèse tout de même 330 grammes.

Le swing weight est surtout… personnel !

Conclusion : Que devez-vous en retirer ?

Plutôt que de chercher à changer de clubs pour une marque, ou une série en particulier, il serait vraiment préférable de chercher une combinaison grip, shaft et tête qui vous amène à un swing weight adapté à votre swing personnel.

C’est possible avec des marques, et cela ne vous limite pas seulement aux clubfitters. Il faut simplement prendre plus de temps, et surtout profiter de chaque occasion pour relever les swing weights de chaque club.

Vous aurez alors comme toujours deux critères de choix : La distance, ou la précision.

Il ne s’agit pas ici de militer une fois de plus pour le fitting qui peut être réalisé auprès d’un spécialiste ou en magasin, mais surtout de vous inviter à mémoriser le swing weight qui vous convient le mieux… et par club.

Surtout, n’occultez pas la question du grip au moment de ce choix.

Le shaft et la tête sont bien entendu des composants importants, mais le grip l’est tout autant, et peut faire de véritables différences, comme je viens de l’expérimenter avec le test du MCC4Plus.

Pour les fers, vous pouvez faire des tests encore plus facilement, notamment en collant des bandelettes de plombs. Vous verrez ce qui se passe si vous alourdissez vos têtes de clubs.

Avec l’aide d’un professionnel, vous avez quelqu’un qui peut vous aider à mesurer.

Cet article a surtout pour but de vous inciter à orienter votre fitting à minima sur ces questions, ne pas être seulement spectateur de votre fitting, mais bien acteur, ou alors comme un pilote d’essai en formule 1 qui exprime des sensations, et cherche avec l’ingénieur les meilleurs set-up.

Pour que tout ce temps ne soit pas seulement utile, et favorise l’augmentation de vos connaissances, historisez les données que vous collectez.

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #3 Oula !golfnswing@gmail.com 24-12-2019 01:21
L'exemple donné par Laurent, à qui l'on ne peut être que reconnaissant d'avoir lancé ce très important sujet, est caractéristique des erreurs que l'on peut commettre lorsque l'on ne connaît pas à quelle valeur physique correspond le swingweigth. Le swingweight mesure un équilibre statique, autour d'un point situé à 14 pouces de la poignée. Ceci a pour conséquence que l'on peut parvenir à monter des clubs aux swingweights identiques avec des clubs qui pourront avoir des poids de têtes, de shafts et de grips extrêmement différents et qui, évidemment, procurerons des sensations et des frappes également totalement différentes.
La comparaison de clubs à swingweights différents n'est significative que si les shafts ont les mêmes poids et point d'équilibre et que les grip ont les même poids.
Derrière le swingweight, comme le dit fort justement Claude, se cache le Moment d'Inertie, ou MOI. Et seul le MOI répond de la force qui agit sur un mobile en mouvement autour d'un axe, en l'occurrence, le club autour des poignets. Si l'on veut donc avoir les mêmes sensation dans le swing, à shaft de profil équivalent, il faut que ce soit le MOI qui soit identique, pas le swingweight. Avec le swingweight, on pourrait en effet régler en D0, ou en C8, comme le driver qu'apprécie Laurent, un club de 2 mètres de long, et beaucoup plus, évidemment injouable car il aurait un MOI beaucoup trop élevé, puisque proportionnel au carré de la longueur. Et, si Laurent avait comparé les MOI de ses deux drivers, il aurait tout de suite vu ce qu'il se passait avec celui qu'il a raccourci et dont le MOI est devenu trop bas.
Ceci a aussi pour conséquence que le réglage en swingweigth des séries n'est pas pertinent et ne peut procurer des sensations homogènes de fer en fer. C'est simplement une facilité de fabrication industrielle pour les marques grand public.
admin
0 #2 Réponseadmin 23-12-2019 19:33
Merci Claude, vous êtes vraiment très gentil pour ce message, et cette proposition. Au plaisir d'échanger avec vous sur ces sujets après les fêtes de fin d'année. Je vous souhaite d'ailleurs de bonnes fêtes de Noel,
Laurent
billot.claude@gmail.com
0 #1 balance à Swingweightbillot.claude@gmail.com 23-12-2019 10:29
Bonjour Laurent,
La balance à Swingweight peut donner des informations, effectivement ! mais changer de grip sur un club, qui plus est, rajouter une à deux couches d'adhésif sous le grip pour le grossir ( on peut obtenir 10 gr de plus) vont modifier le résultat on va passer de D3 à C9 alors que la sensation en main pendant le swing sera la même !
Pour ma part j'ai remisé ma balance à Swingweight pour le M.O.I. beaucoup plus sensible aux véritables caractéristiques d'un club et peu sensibles a une différence de poids de grip, bien sûr j'admets que le prix de l'appareil n'a rien a voir avec une balance comme la tienne.
Je te propose de te donner quelques mesures MOI des clubs neuf en magasin (autour de moi 64) , si cela t'intéresse !
Saches que j'apprécie beaucoup ton travail, qui a le mérite de faire comprendre aux golfeurs lambda ce qu'est un club de golf, enfin a ceux qui s'y intéressent !
Bien cordiales amitiés, et bonnes fêtes.
Claude Billot

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