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Speed Bridge: La principale innovation pour les fers TaylorMade en 2019

Quand Matt Bovee nous a présenté les nouveaux fers M5 et M6, au siège de TaylorMade, à Carlsbad, en Californie, il a démarré son intervention par la principale innovation développée par TaylorMade, la Speed Bridge, une technologie axée sur l’augmentation de la vitesse de balle à l’impact. Découvrez en exclusivité et en détail, pourquoi la Speed Bridge présente un intérêt réel pour le son et le touché.

Quid de la Speed Bridge par rapport à Ribcor ?

Dans la pièce qui réunissait l’ensemble des principaux médias européens, au moment de la conférence de Matt Bovee sur les nouveaux fers TaylorMade pour 2019, la première question qui a rapidement fusée fut au sujet du principe RIBCOR, mis en avant un an plus tôt, sur les fers M3 et M4.

La question était logique compte tenu de la profusion d’innovation en provenance de TaylorMade, et en très peu de temps, toujours au sujet de la flexibilité de la face.

Après tout, quelle crédibilité apporter à ce nouveau procédé ?

Depuis l’apparition des premiers fers M1 et M2, la nouvelle famille M, TaylorMade a principalement tourné ses arguments autour de la cavité arrière des fers, soit pour améliorer le touché, soit pour améliorer le son, mais surtout pour avancer des arguments en matière d’augmentation de la vitesse de balle, et donc de la distance.

Matt Bovee, ingénieur produit chez TaylorMade, n’a pas été désarçonné par la question. Il s’est appuyé dessus pour développer son argumentaire en faveur des nouveaux fers.

« RIBCOR est un principe philosophique similaire. Cette philosophie a toujours cours aujourd’hui. »

Il explique qu’il cherche toujours à rigidifier le périmètre le plus large de la face, pour créer un maximum de vitesse à l’impact, notamment sur la portion la plus haute.

C’est ce qui permettrait de créer un maximum de flexibilité pour la face.

Pour l’ingénieur, le principe RIBCOR permettait cela, mais essentiellement par les côtés extérieurs de la face.

Sur la photo ci-dessus, il illustre les zones renforcées par le principe RIBCOR derrière la face.

A l’inverse, la Speed Bridge est juste au centre derrière la face. En somme, avec RIBCOR, il y avait deux structures, alors qu’il n’y en a plus qu’une aujourd’hui avec la Speed Bridge.

En résumé, vous obtenez le même résultat avec moins de masse. C’est selon TaylorMade, la révolution apportée par la Speed Bridge.

De là, Bovee a pu commencer son argumentation, pour nous expliquer en quoi la Speed Bridge allait améliorer le son, le touché, et la vitesse de balle.

Comment créer de la vitesse de balle ? Quelle est la recette pour la catégories des fers Improvments ?

Pour n’importe quel fer qui veut générer un maximum de distance, tout va partir d’un centre de gravité abaissé !

La raison pour laquelle un centre de gravité abaissé est une arme pour la distance est à corréler avec le fait de placer ce même centre de gravité, directement sur le point d’impact entre le club et la balle.

C’est là qu’on obtient le meilleur transfert d’énergie entre le club et la balle.

L’autre bénéfice d’un centre de gravité abaissé tient dans le fait de favoriser un angle de lancement plus élevé, tout en réduisant le spin.

Ces bénéfices combinés contribuent à la distance.

« Nous nous sommes assurés de proposer un centre de gravité abaissé avec notre hosel cannelé et notre coupe à 360 degrés, déjà mis au point sur de précédents clubs. »

L’ingénieur indique que ce dernier principe permet de déplacer la masse du club le plus possible vers le bas, proche de la semelle, et l’arrière de la tête du fer. C’est par exemple 10 grammes sur un fer 6.

L’autre argument important à ajouter dans une recette pour augmenter la vitesse de balle est une face ultra-fine.

TaylorMade utilise la technologie du cône inversé, un principe qui permet de faire varier l’épaisseur de la face, et maximiser le COR (coefficient de restitution d’énergie).

C’est bien parce que la face est fine que vous obtenez de la flexibilité. Cette flexibilité rime alors avec vitesse de balle.

A partir de cette recette, à quel moment la Speed Bridge agit et comment?

La première fonction de la Speed Bridge est de faire le lien entre la partie supérieure de la tête, et la partie inférieure.

Cela renforce notamment la rigidité de la topline, et de manière bien plus efficace que ne le faisait déjà RIBCOR.

L’autre bénéfice de la Speed Bridge, pour Matt Bovee, tient dans le fait que cela a permis une modification de la Speed Pocket.

C’est donc pour la première fois de l’histoire de la marque, la possibilité de développer une Thru-Slot Speed Pocket !

Mais qu’est-ce qu’une Thru-Slot Speed Pocket ?

Pour la première fois sur un fer super improvment, la face flotte dans l’espace !

Comme la face n’est plus supportée en un endroit précis sous la semelle, elle est rendue plus flexible.

La Speed Bridge est en fait la clé pour concevoir cette Thru-Slot.

Jusqu’à présent le fer M4 était le fer TaylorMade qui générait le plus de vitesse de balle à l’impact, toujours selon Matt Bovee. C’était aussi la nouvelle barre à dépasser.

Pour y parvenir, Bovee et son équipe avaient la conviction qu’il fallait élargir le sweet spot.

Au cours de la présentation, il fait alors un parallèle avec la Twist Face vue sur les drivers, et notamment la moyenne des points de contacts observés après les frappes des amateurs dans la face, entre bas en talon, et haut en pointe.

En synthèse, il fallait donc non seulement augmenter la largeur de la zone de frappe, et le faire à l’endroit où les amateurs tapent en réalité.

Comment ? Matt Bovee m’a répondu que c’était encore la fonction de la Speed Bridge de fournir ce bénéfice.

Comment obtenir un son et un touché de qualité avec un fer super-Improvment?

Du point de vue de l’ingénieur, c’est normalement antinomique pour ce type de fers.

Sur la photo ci-dessus, Matt Bovee illustre le mouvement du club à l’impact sur un graphique réalisé à l’aide d’un ordinateur qui reproduit la vibration, sa durée, et donc le son généré.

La zone illustrée en orange est la partie qui vibre le plus à l’impact, tandis que la partie bleue est celle qui bouge le moins.

Pour avoir un bon son, Bovee explique qu’il faut une haute fréquence sur une durée de temps faible.

Une basse fréquence qui dure longtemps, cela rappelle le son d’une cloche, qui justement raisonne longtemps.

A l’inverse, pour un coup de golf, vous voulez un son sec, rapide, et solide.

A nouveau, la Speed Bridge rentre dans l’équation.

Elle permet de monter significativement la fréquence de 3609 hertz à 3895 hertz !

Pour Matt Bovee, 300 hertzs d’écarts, c’est un saut considérable.

La plupart du temps, pour un club de golf, gagner 50 hertz est déjà un grand écart.

L’ingénieur nous indique alors qu’une lame qui présente justement un contact solide se situe en moyenne autour de 4400 hertz. L’écart entre les nouveaux M5 et M6 et une lame est alors considérablement réduit, au moins d’un point de vue des sensations.

TaylorMade a fait la moitié du chemin ! Jamais auparavant un club super improvment ne s’était autant approché du son et du touché ressenti avec une lame.

Deuxième argument y contribuant, la durée de la vibration pendant l’impact puisqu’elle diminue de 5,9 millisecondes à 4,6 ms.

La déflection descend plus bas sur la face du fait de la technologie HYBRAR.

C’est rendu possible par un matériau intégré derrière la face dont la fonction est justement d’atténuer les vibrations en amortissant la compression de la face à l’impact.

Il ne fonctionne qu’une fois la face compressée.

Speed Bridge, Hybrar, Speed Pocket, tout tourne autour de la vitesse de balle à l’impact pour les nouveaux fers 2019.

Cependant, et Matt Bovee ne l’a pas cette fois précisée dans sa présentation, les lofts des fers M5 et M6 ont sensiblement baissé en comparaison aux premiers fers M1 et M2, de même que les manches ont aussi été sensiblement allongés.

Lofts plus fermés, (par exemple un degré de moins sur le fer 4 M5 qui passe à 19,5 degrés au lieu de 20,5 degrés avec le M1) manches plus longs (le fer 4 M5 standard est plus long d’un inch à 39,25 inches au lieu de 38,25 inches), deux ingrédients qui en théorie devraient agir sur l’augmentation de la distance, et sans principe technologique particulier.

Pour avoir déjà testé les fers M5 et M6, j’ai justement constaté une augmentation de la distance… à la roule, et même très significative.

Les trajectoires de balles sont plus tendues. Les balles roulent plus longtemps, alors que le taux de spin chute drastiquement, et de près de 1000 tours par clubs.

J’aurai l’occasion d’approfondir dans les articles consacrés aux fers M5 et M6….

Difficile de faire la part des choses entre la Speed Bridge et ces changements de paramètres lofts et longueurs de manches, en revanche l’argument le plus incontestable se situe bien au niveau du son et du touché. C’est bien là la prouesse de TaylorMade sur ses nouveaux fers.

En 2019, pour apprécier les M5 et M6, il faudra donc avoir des bonnes oreilles et des bonnes mains.

En toute objectivité, sur le moment, j’étais concentré à filmer l’ingénieur pendant sa présentation, et à tenter de comprendre les grandes lignes de ses explications.

Avec le recul, et après l’avoir pleinement écouté pour retranscrire ces lignes, Matt Bovee m’a fait une excellente impression. La plupart du temps, les ingénieurs sont de très bons communicants… trop bons. La forme prend souvent le dessus sur le fond.

Bien que les M5 et M6 présentent des lofts plus fermés et des manches plus longs, ce qui me fait relativiser la performance, Bovee m’a paru très convaincant avec des arguments précis, notamment sur le son et le touché. Je ne serai pas surpris qu’à l’avenir, Bovee s’impose comme l’un des meilleurs espoirs-ingénieurs de la marque.

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