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Stiff ou Regular? Quel shaft est fait pour vous?

La rigidité d’un manche est probablement l’un des paramètres les plus importants au moment de choisir une nouvelle série de fers ou des bois de parcours. Quel que soit le club, votre objectif est de ne pas être pénalisé par votre matériel, pour au contraire, à la fois obtenir le meilleur contrôle des trajectoires, et le maximum de distance. Oui, mais comment être sûr de bien choisir, et notamment entre stiff et regular ?

Distance et précision, c’est tout ce que l’on demande à des clubs de golf!

Tout ? C’est en fait beaucoup alors que c’est le joueur qui swingue le club, et pas l’inverse.

Le club de golf est un transmetteur. Un transmetteur d’énergie et de direction du corps vers la balle.

En théorie, et vous l’avez peut-être déjà lu ou entendu, un shaft trop léger et trop flexible va avoir pour conséquence de s’ovoïder trop rapidement, favorisant des coups manqués trop haut et trop à gauche en pull/hook. Le club est difficilement contrôlable.

Avant que la tête n’agisse, dans ce rôle de transmission, des mains à la balle, le manche joue son rôle, et sur toute sa longueur.

A l’inverse, un manche trop lourd et trop raide va ralentir considérablement votre swing, et en conséquence, ce sera très difficile de ramener la face du club square à l’impact. Cela va favoriser des coups trop bas, et en push/Slice à droite.

Graphite ou acier, généralement, un manche stiff est substantiellement plus lourd qu’un manche regular.

Un manche stiff est aussi plus difficile à tordre qu’un manche regular plus souple.

Autre élément souvent répété, plus votre vitesse de swing est élevée et plus vous avez besoin d’un manche rigide. Moins votre vitesse de swing est élevée et moins le manche doit être rigide.

En dehors de regular et stiff, il existe moins rigide des manches senior, lady, et plus rigide, des manches stiff regular (hybride entre les deux), et extra stiff ou double X.

En vérité, senior, regular, stiff, ou extra-stiff, cela ne veut pas dire grand-chose.

C’est une contraction commerciale pour simplifier l’achat de matériel de golf pour les non-avertis.

C’est aussi et c’est peut-être plus important, un moyen de limiter les stocks des magasins ou des sites Internet.

La rigidité d’un manche peut se mesurer jusqu’à 4 points distincts : Le butt, le mid (haut et bas) et le tip. Soit tout du long, du haut vers le bas, d’une extrémité à une autre.

La meilleure mesure de la rigidité est l’International Flex Code qui donne une note de 1 à 9 pour le degré de rigidité de ces 4 points.

Malheureusement, très peu de fabricants de shafts se sont accordés pour l’utiliser et l’inscrire directement sur leurs manches, de sorte, que même si vous achetez un shaft regular ou un shaft stiff, vous ne savez pas vraiment ce que vous achetez.

Il ne faut pas s’effrayer. De mon expérience et sur la base de plus de 1000 tests de clubs et combinaisons différentes, il faut relativiser sa pratique du golf avec le souci du détail.

Le golf reste un sport où beaucoup de paramètres rentrent en jeu sur le parcours, et pas seulement le club. Avant que ce dernier ne vous coûte 20 coups sur le parcours, il y a une marge d’erreur dans le choix du bon shaft.

L’international Flex Code se matérialise ainsi : 4 chiffres de 1 à 9, du moins rigide au plus rigide, du butt vers le tip. Soit par exemple 3322 pour un manche plutôt souple en butt et très souple en tip.

En réalité, il faut éviter les erreurs grossières.

Il y a 20 ans, j’avais acheté un driver dans un magasin peu scrupuleux. Sans connaissance du golf, de ces codes, et donc du matériel, je m’étais laissé avoir avec un manche d’une rigidité lady. Il était franchement inutilisable, même pour un débutant.

Aujourd’hui, les magasins sont équipés de radars, et les vendeurs plus sensibles au fait de laisser partir un golfeur avec le bon club.

A l’inverse, sur Internet, la donne est différente, car vous avez rarement l’occasion de tester les clubs avant de les acheter. Le vendeur est plus difficilement responsable d’une erreur.

Le but quand on choisit un club de golf, c’est de maximiser la distance, et le contrôle. En dehors de la vitesse de swing qui est une donnée brute. Il y a aussi la notion de tempo ou d’accélération qui influe directement sur le manche.

Un golfeur avec une transition rapide n’a pas nécessairement besoin du même manche qu’un golfeur avec une transition plus lente.

Au cours d’un test d’un driver Cobra F-Max Superlite avec un manche regular à peine plus lourd que 50 grammes, j’ai pu constater qu’un de nos testeurs profitait justement d’un manche dit plus « smooth » ou doux, ce qui est un peu bizarre à dire d’un manche en graphite…alors qu’un autre testeur avec une vitesse de swing à peine supérieure, n’avait pas du tout le même rendement.

En plus de la vitesse de swing, il faut donc considérer la vitesse d’accélération.

Toujours au cours d’expérience, j’ai pu observer des golfeurs dit seniors ou plus de 65 ans beaucoup mieux jouer avec des manches regulars par rapport à des manches pourtant dit seniors.

En fait, il faut se méfier des « grosses cases » dans lesquelles on peut essayer de vous faire entrer, pour trop simplifier l’acte d’achat.

En somme, le choix du bon manche doit être le fruit de votre arbitrage sur le degré d’importance des critères de choix, et ce que vous espérez selon vos objectifs.

Plus vous serez exigeant en critères, et plus, il vous faudra entrer dans un processus de choix rigoureux, et coûteux en temps et en argent.

Il y a une distinction entre un fitting qui dure 15, 30, 45 minutes ou 2 heures.

Autre possibilité, vous pouvez aussi différencier la rigidité de vos clubs, selon si ce sont des bois ou des fers. Toutefois, il faut qu’il y ait un fil conducteur.

Finalement, choisir le bon manche pour un club n’est pas suffisant. Il faut choisir le bon manche pour 14 clubs, sachant qu’il y a un parent pauvre : Le sandwedge.

Rares sont les distributeurs qui stockent plusieurs rigidités… Le choix est donc très limité.

Du driver au wedge, les rigidités des manches sont nécessairement différentes, mais il faut pouvoir idéalement conserver une cohérence.

Encore un paramètre à considérer au moment de choisir un shaft, le Kick point qui est l’endroit où le manche fléchit le plus.

Un club avec un kickpoint élevé va produire une trajectoire de balle basse, et aider un golfeur qui perd de la distance avec une trajectoire trop sensible au spin.

A l’inverse, une balle avec un kick point bas va favoriser une trajectoire de balle plus haute.

Alors comment choisir ?

Il y a la bonne vieillie méthode qui consiste à se rendre au practice, taper des balles et observées les tendances de trajectoires.

Vous pouvez aussi demander à votre enseignant de mesurer vos swings, à l’aide d’un radar pour obtenir les données de vitesses de swings, de smash factor, d’angles de lancement et de spins.

Entre ces deux premières méthodes, la seconde est forcément plus parlante car à l’œil nu, vous aurez bien du mal à distinguer un drive qui part à 16 degrés d’angle de lancement ou 17, comme vous aurez du mal à voir si balle prend 2800 ou 2400 tours de spin.

Après, il y a encore un autre élément qui complique la tâche, c’est la longueur du manche. Relativement standard sur les fers, il existe néanmoins des petites différences mesurables en quart de inches.

En réalité, je crains qu’il n’existe pas une réponse simple à cette question.

Pour avoir testé près de 100 drivers avec des manches différents, je suis arrivé à la conclusion que dans mon cas, un driver avec un manche stiff me procurait le meilleur compromis.

Ci-dessous, un résumé de tests menés sur 6 ans…

Sans prendre en compte la notion de forme de trajectoire, et en ne tenant compte que du smash factor, du degré d’efficacité et de l’angle de décollage, c’est en général, une version stiff entre 61 et 70 grammes qui donne le meilleur résultat.

Notez que les écarts sont très restreints entre les différentes possibilités. C’est la limite de la logique à la moyenne. Vous ne chercherez pas un driver moyen…

Entre regular et stiff, en moyenne, je swingue à la même vitesse, soit 94mph (sur 6 ans). La différence se fait surtout sur la vitesse de balle qui baisse de 137 mph à 136 mph quand je passe en stiff.

En revanche, avec un manche regular, l’angle de décollage monte en moyenne de 1 degré.

Si maintenant, on s’intéresse à un autre profil de joueur, et par exemple, Xavier Bretin, enseignant de golf avec une vitesse moyenne de 99 mph.

On retrouve les mêmes principes.

Il swingue globalement à la même vitesse, regular ou stiff. Il perd environ 1 mph de vitesse de balle avec un manche stiff.

Par contre, son angle de décollage baisse très légèrement, et surtout son taux de spin est plus bas avec un manche compris entre 61 et 70 grammes, à défaut de vraiment pouvoir isoler le paramètre de la longueur du manche.

Au pire, entre la configuration la moins adaptée et la mieux adaptée, l’écart moyen est de 10 mètres.

On en revient à la notion de relativité.

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour obtenir le driver le plus performant en théorie ? Ce qui ne vous garantira jamais de lâcher des mauvais coups, de temps en temps sur le parcours.

Troisième cas de figure avec Jean, un golfeur qui vient de fêter ses 70 ans, plus de 20 ans de pratique golfique, et qui teste des clubs depuis quelques années avec nous.

Encore une fois, sans pouvoir complètement isoler la question de la longueur des manches (pour rappel, on teste les clubs tels qu’ils sont mis sur le marché), il ressort que Jean est plus à l’aise avec un manche regular de 41 à 50 grammes.

Sa vitesse de balle est supérieure à sa moyenne de près d’un mph. Son angle de décollage est légèrement supérieur, et son taux de spin un poil inférieur à sa moyenne.

Dans son cas, entre le moins bon réglage, et le meilleur, la différence peut être de 16 mètres, ce qui commence à être pris au sérieux, surtout quand on drive à 150 mètres de moyenne.

Donc la vérité, c’est que pour bien choisir, il faut tester beaucoup, et que personne ne pourra vous faire une réponse théorique crédible.

Pour revenir sur l’histoire des balles tapées hautes à gauche pour expliquer un manche trop souple, je sais très bien vous faire un chemin de club extérieur-intérieur avec une face fermée qui suffit à expliquer cette trajectoire sans que le manche soit en question !

Le club ne fait pas tout. Ne cherchez pas toujours dans le choix du club, une solution à une question technique ou plutôt à la place de…

La limite des exemples présentés ci-dessus en dehors de la difficulté d’isoler tous les paramètres (type de tête, longueur du manche, swing weight), c’est que vous ne chercherez pas un club moyen mais le meilleur.

Le raisonnement à la moyenne ne sert qu’à donner des grandes tendances.

Autre remarque qui s’adresse à ceux qui jouent beaucoup ou tapent beaucoup de balles en vue de s’améliorer, d’une année sur l’autre, et même dans une même année, il arrive que l’on change son swing, et donc ses rendements. Le club ne s’est pas usé.

Ce constat milite pour des clubs ajustables, et le top serait d’avoir plusieurs shafts à pouvoir monter selon les circonstances. Remarque qui vaut pour un driver, mais plus difficilement pour des fers.

Je suis même étonné qu’aucune marque n’ait pensée à vendre des kits du type 1 tête et 2 ou 3 shafts… Elles vendent bien des têtes ultra-premiums !

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