Plus de 4000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Un contenu unique, utile, et passionnant! Pour l'abonnement 12 mois! 1 boîte de 12 balles Srixon AD 333 Tour offertes et envoyées chez vous!

Vinaora Nivo Slider

Réflexions avec des ingénieurs sur le processus de test des clubs de golf

Réflexions avec des ingénieurs sur le processus de test des clubs de golf

Après dix jours passés en compagnie des ingénieurs des plus grandes marques de golf, j’ai eu l’occasion d’aborder de très nombreux sujets, et notamment l’avenir du matériel. En plus de réfléchir sur l’évolution du matériel, cela a été aussi une très bonne occasion d’échanger sur le testing des produits, et comment mieux évaluer la performance d’un club de golf pour un média, et pour des amateurs.

Découvrez nos formules d'abonnements

Sur deux semaines, j’ai eu le privilège de rencontrer l’élite mondiale des ingénieurs concepteurs des clubs de golf.

Bret Wahl pour TaylorMade, Alan Hocknell pour Callaway, Steve Pelisek pour Titleist, José Miraflor et Tom Olsavsky pour Cobra, Jeff Brunski pour Cleveland, Srixon, XXIO ,et encore Benoit Vincent pour TaylorMade, avec qui j’ai encore plus échangé spécifiquement sur notre processus de testing des clubs de golf sur jeudegolf.org

J’ai abordé cette question avec tous, allant jusqu’à présenter notre panel de tests depuis 2012, contenant un mix de 600 produits et testeurs différents.

C’était un des objectifs du voyage que de parler de performance clubs, mais aussi de la façon d’évaluer cette performance.

Concernant la relation classique entre les médias du monde entier, en particulier américains ou français, et les marques, je dois vous témoigner qu’aucun ne va aussi loin que jeudegolf.org dans la recherche et l’analyse de la performance.

Je suis modérément amusé de constater que depuis 7 ans où j’ai lancé jeudegolf.org, partant du constat de la faiblesse épouvantable du contenu traitant de golf sur le digital, qu’aujourd’hui, certains pseudos journalistes français en mal d’idées novatrices se lancent à leurs tours dans des tests de clubs sans historiques, sans panels et sans méthodes scientifiques, et sans en avoir jamais parlé à un ingénieur de clubs.

Quelle médiocrité de tourner une vidéo en testant un nouveau driver versus un ancien, et statuer « Ah, oui, il va plus loin que celui de l’an passé, en faisant taper un joueur avec cinq balles ! »

Heureusement, sur jeudegolf.org, non seulement, on n'a jamais réduit le test à si peu, mais de plus, on cherche en permanence la vérité, n’en déplaise parfois aux marques.

On a le droit à l’erreur, mais pas de faire n’importe quoi.

Pourquoi tester des produits est un exercice compliqué ?

Il faut combiner une association de paramètres variables (essentiellement le club), et des paramètres fixes (en fait tout le reste, et en particulier la forme du testeur pour avoir un swingspeed cohérent, et surtout la balle).

Depuis 5 ans que l’on organise des tests, on se rend bien compte que c’est difficile de réunir toutes les bonnes conditions.

Alors pourquoi continuer à faire des tests quand on a une marge d’erreur ?

D’abord, le marché français se distingue du marché américain par le fait que 80% des clubs achetés chez nous, le sont sans custom fitting !

Le jour où vous serez à l’inverse 80% à acheter des clubs après un fitting, nous devrons faire évoluer notre méthode de test vers autre chose, et peut-être le processus de fitting des marques en lui-même ?

Pour avoir effectué trois fitting cette semaine (TaylorMade, Callaway, et Titleist), je peux vous affirmer que quand vous passez 3 heures à 600 dollars la séance, vous arrivez à élire n’importe quel driver le meilleur du monde.

Cependant, en situation normale, vous n’avez pas 3 heures, 600 dollars, et accès à des centaines de shafts, ni à un expert plus expérimenté dans la marque, qu’un vendeur en magasin, pour arriver tous les jours à un tel niveau de fitting.

Avant d’en arriver là, les tests de produits standards restent encore pour le moment pertinents, et surtout très demandés par les golfeurs qui ne veulent plus se faire attraper par le marketing.

Et je peux vous dire que le marketing est encore très bon, et avec la complicité de certains médias, soi-disant irréprochables comme MyGolfspy qui n’hésite pas à favoriser une marque de matériel, sachant pertinemment que si vous démontez son driver, vous trouvez une distinction claire entre marketing et technologie.

C’est une des choses que l’ensemble des autres marques ne se sont pas privées de me démontrer à Carlsbad.

Là-aussi, je ne cite pas la marque pour ne pas rajouter de la tension entre les différents acteurs du business, et aussi parce qu’au final, le club concerné fait le « job ». Seulement, il ne le fait pas pour les arguments annoncés par le fabricant comme étant une révolution.

Bien entendu, dans la bouche de tous les ingénieurs, j’ai entendu parler de fitting comme la solution pour mieux jouer au golf.

  • Comment progresser ? Fitting !
  • Comment gagner en distance ? Fitting !
  • Comment réduire la dispersion ? Fitting !

Quand j’ai présenté à Jeff Brunski les résultats de nos tests des derniers drivers Srixon, il a d’abord paru surpris que nous trouvions un moins bon smash factor sur le modèle de cette année, versus celui de l’an passé.

C’est le cas le plus difficile à présenter pour moi, car, je sais que je vais à contre-courant direct du discours de la marque.

Habilement, il n’a pas objecté notre test sur son contenu, mais introduit l’idée qu’un paramètre avait pu varier d’une année sur l’autre. Surtout, il m’a expliqué que du côté fabricant, ils font aussi une quantité de tests, et ne mettent pas un produit sur le marché, si ce dernier n’est pas plus performant.

Un des tests communément réalisé par les marques consiste à lancer la balle à une vitesse donnée sur la face du club. C’est-à-dire que ce n’est pas le club qui se déplace, mais la balle.

Ainsi, vous enlevez la question de la variation du swing, et vous n’êtes que sur l’analyse du club.

Autrement dit, il y a beaucoup de façons différentes de vérifier la performance d’un club de golf.

Média ou pas, quand vous rentrez dans cet engrenage, à un moment ou un autre, vous êtes forcés d’avoir une approche scientifique, ou alors vos tests sont justes fallacieux, pour se faire plaisir, ou pire, pour faire plaisir à la marque testée, comme justement certains de nos pseudos confrères se complaisent à le faire. Vous apprécierez !

Je suis obligé à ce stade de vous révéler quelques éléments d’informations que j’ai appris sur le fonctionnement des médias, et notamment les sites américains qui eux-aussi font des tests, mais sans jamais discuter avec les marques de processus, et d’approches scientifiques.

Cela a fait grand bruit aux Etats-Unis, et cela n’a pas eu le même écho en France parce que nous ne sommes pas concernés directement.

L’affaire des balles Kirkland mises sur le marché par Costco Wholesale, et prétendument testées par MyGolfSpy comme étant aussi bonnes que des Pro V1.

Ces balles ayant la particularité d’être vendues par un distributeur de PQ, de chips, et de conserves, à un prix cinq fois inférieur à celui de la Titleist.

Si je vous dois l’information la plus juste, et la plus honnête, je dois protéger ma source. Je ne vais donc pas vous révéler le nom du fabricant de cette balle soi-diant incroyable, car il y a un vrai fabricant derrière cette balle de golf.

Ceci dit, si vous connaissez un peu le milieu du matériel, vous finirez par deviner facilement.

Que s’est-il passé, et pourquoi les médias américains sont des fainéants ou des menteurs, ou les deux ? Et pourquoi les français les imitent parfois très bien ?

Un fabricant du top 8 mondial des balles de golf a cherché dix ans en arrière à augmenter sa capacité de production des balles. Il a trouvé en Corée du Sud un sous-traitant capable de lui sous-traiter des machines et de la main d’œuvre, pour ponctuellement soutenir sa production, et faire face à l’augmentation des volumes.

Cela a pris 5 ans pour former ce sous-traitant avant qu’il ne produise la première balle.

Dans ce laps de temps, le marché s’est renversé, et même écroulé. La production de balles externalisée n’a plus eu de sens. Or, le sous-traitant ayant investi du temps et de l’argent pour produire une balle qu’il n’a finalement pas pu réaliser, s’est retrouvé dans une situation inconfortable.

Il a alors demandé à son donneur d’ordre l'autorisation de pouvoir produire en petite quantité cette balle, pour des clients sud-coréens qui voudraient des balles logotées.

La marque a répondu oui à condition d’être prévenue du destinataire.

Quelques mois plus tard, sans prévenir la marque, les sud-coréens ont contacté Costco pour leur mettre le deal dans la poche. Costco flairant le bon filon a eu beau jeu de faire semblant d’ignorer de quoi il pouvait s’agir.

Résultat, ils ont mis sur le marché des balles sans payer la R&D, sans payer les moules de fabrication, sans payer le marketing... Et effectivement, à la fin, quand vous enlevez tous les coûts, vous pouvez sortir une balle cinq fois moins chère.

Deuxième phase du projet, il faut faire savoir au marché que cette balle est non seulement pas chère, mais exceptionnelle.

C’est là que MyGolfSpy entre en jeu.

Sans scrupules, ils publient un test qui démontre que cette balle est aussi performante que la Pro V1, qui aux Etats-Unis a peut-être 50% de part de marché. C’est énorme, et même en France, la Pro V1 n’est pas à ce niveau de domination.

Ayant discuté avec Frederik Waddell de Titleist de ce problème, j’ai appris qu’il n’avait pas été capable de répliquer le test de MyGolfSpy. Surpris que je lui pose cette question, je l’ai de toute façon senti sur la défensive sur ce problème que personnellement je trouve lamentable.

Nous, golfeurs, n’avons aucun intérêt à ce que la valeur ajoutée de Titleist soit détruite par un acteur extérieur, sans vision stratégique et industrielle.

On peut discuter du prix d’une Pro V1 mais pas détruire la valeur d’un produit développé depuis 80 ans.

Ceci étant, quel est le mode de rémunération de MyGolfSpy ? Les donations ? Je connais bien la problématique du financement des médias et de leur indépendance ! Mon œil ! Mygolfspy tire forcément des revenus intéressés pour pouvoir exister. Merci Costco ?

A qui profite le crime ? Et comment ?

La vérité de cette histoire : Oui cette balle Kirkland est performante ! Pour cause, c’est le vol de propriété intellectuelle et industrielle d’une top marque ! Ce qui prouve au passage que la Pro V1 n’est pas la seule meilleure balle du marché.

Pour en avoir parlé avec ma source, le nécessaire a été fait pour couper l’approvisionnement à la source, et finalement, seulement quelques milliers de balles ont pu rejoindre les USA.

Costco devra trouver une nouvelle source. Cependant, l’ensemble des top players du marché étant avertis, ils ne se laisseront pas avoir deux fois.

Les sud-coréens ont eu besoin de se faire tirer les oreilles, et Costco a juré ses grands dieux qu’ils n’étaient pas au courant. Vous ne pouvez pas imaginer les moyens judiciaires qui ont été mis en place pour intercepter les produits à la douane, et engager des poursuites en Corée du Sud.

Morale de cette histoire, tester des produits qui est selon moi un acte de vérité, est une lourde responsabilité.

Au motif de profit sous la table, il est inacceptable de produire des tests pour tromper le consommateur ou les industriels.

Au motif de vouloir faire un peu d’audience quand on n’a rien à dire ou écrire, tester des clubs à la va-vite pour produire un pauvre article ou une pauvre vidéo est un travail de journaliste minable.

Et sur ce point, deux choses à dire, la première, pour vous ramener à cet article, ces sources, il ne faut pas rester ses fesses accrochées à son siège à Paris en pensant à sa prochaine partie de golf du week-end, et la deuxième, pour tester des clubs, il faut de l’expérience, de l’humilité, savoir évaluer la marge d’erreur, renforcer le processus en permanence, analyser les outils de mesures, discuter avec des ingénieurs, et enfin comparer des choses comparables.

J’en arrive au point clé de cet article : l’évolution du processus de test.

J’en ai beaucoup parlé avec Benoit Vincent, ingénieur TaylorMade, le trackman ne mesure pas avec précision le smash factor, car tout simplement, il est situé derrière le joueur et le club. Il ne peut donc pas voir le point d’impact de la balle avec la face. Il ne peut que l’estimer.

C’est pourquoi dans nos tests, nous ne vous donnons pas que le smash factor comme point de comparaison.

La distance totale est un calcul qui peut être aussi imprécis. C’est pourquoi je vous parle plus souvent de distance au carry (au point de chute) qui est plus juste.

J’ai créé le ratio d’efficacité (distance au carry sur vitesse de swing) pour neutraliser la question liée à la variation de forme du testeur.

Et Benoit m’incite de plus en plus à parler de la corrélation entre angle de lancement et taux de spin, ce qui donne vraiment la lecture de la performance d’un club, le tout en ajoutant aussi la question fondamentale de la vitesse de balle.

Un drive envoyé à 145 mph de vitesse de balle ira bien plus loin que le même drive à 100 mph. Cependant, l’angle de lancement et le taux de spin vont faire surperformer ou sous-performer le joueur.

Maintenant, j’ai deux problématiques à toujours équilibrer.

Produire un travail quasi scientifique pour ne pas faire de la "daube", et ne pas vous perdre en chemin, à être trop technique.

Mon travail consistera toujours avec mon équipe, à vous proposer un test réalisé avec un processus long et qualitatif, tout en faisant attention à rester vulgarisateur.

Répondre aux bonnes questions : Est-ce que ce club est plus performant ? Est-ce que je vais plus loin ? Est-ce que je disperse moins ? Est-ce qu’il est plus tolérant ? Que la marque soit d’accord ou pas avec notre jugement !

Il y a encore beaucoup à faire sur ce sujet. Nous avons beaucoup d’idée, et comptons vous faire participer de plus en plus, avec par exemple la collecte de vos tests sur le terrain, notamment en utilisant des applications mobiles comme Myroundgolf.

C’est pourquoi je vous annonce la création d’un nouvel indice de mesure des clubs, spécialement inventé par jeudegolf.org sous la recommandation de Benoit Vincent : le nombre de tours de spin par degré d’angle de décollage.

La moyenne de notre panel de drivers tous testeurs cumulés laisse penser qu’un driver génère en moyenne 185 tours par minute de spin tous les degrés de lancement de la balle. Pour être précis, cette valeur, croit et décroit pendant la phase de lancement. Nous ne conserverons donc que la moyenne.

  • 10% en-dessous de cette valeur, le driver ne permet pas de spinner assez pour optimiser le vol de la balle. Celle-ci perd trop vite sa vélocité, et tombe.
  • 10% au-dessus de cette valeur, le driver donne trop de spin pour optimiser le vol de la balle. Celle-ci freine et ballonne.

Cette nouvelle s’ajoutera à celle du smash facteur, du degré d’efficacité, nos ratios habituels, et apportera un éclairage intéressant sur l’optimisation du club.

En conclusion, il y a journalisme d’investigation, recherche de la vérité, et le reste.

J’ai été surpris d’apprendre qu’aux Etats-Unis comme en France, 95% des journalistes de golf sont des fainéants (lazzy) qui publient mot à mot les communiqués de presses des marques, et ne discutent quasiment jamais avec ceux qui fabriquent ces clubs, et cela comprend MyGolfSpy qui sans modèle économique visible doit être pris avec beaucoup de pincettes.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir