Quel putter est plus adapté pour soi ? Une question pas si facile à résoudre

De plus en plus de golfeurs, et de golfeuses ont recours au fitting avant d’acheter une série de clubs ou un driver. Selon un responsable de magasin spécialisé en France, cette proportion monte même aujourd’hui à environ 70%. Cela étant un club reste un peu à part dans le sac, il s’agit du plus utilisé, le putter. Comment être certain que l’on a fait le bon choix ? J’ai mené une expérience sur 18 mois, en testant 6 putters différents sur 48 parcours, pour tenter de mesurer des statistiques utiles au choix.

En interrogeant des clubfitters en France, la proportion de fitting de putter dans leur activité pourrait osciller entre 10 et 25% selon les cas.

Le fitting de putter n’est plus un sujet tabou, et de plus en plus de golfeurs ou de golfeuses y ont recours.

Il reste toutefois du chemin à parcourir pour qu’une grande majorité en systématise le processus, de sorte, que nous sommes encore très nombreux à ne pas l’avoir fait.

Cela revient à choisir son putter sur des critères personnels, comme le goût pour une forme, une couleur ou un système d’alignement, sans oublier le prix, et peut-être plus important encore, les sensations en mains.

A propos de sensations, sans que l’on s’en rende compte parfois, le premier élément qui peut nous interpeller est finalement le grip, car il est justement en contact… avec les mains.

Forme, taille, texture, poids… de nos jours, les grips de putters peuvent être extrêmement variés.

Ces derniers mois, dans notre studio, j’ai pu être moi-même confronté à différents putters et différents grips, au point d’être surpris du nombre de grips qui pourraient m’intéresser, et ce pour jouer avec.

Cet article a pour objet d’illustrer si finalement oui ou non, on peut en qualité de golfeur ou golfeuse au niveau amateur, trouver un putter par soi-même, et en mesurer réellement un gain objectif sur le parcours, à savoir gagner des coups.

Bien que je considère que le matériel de golf n’est pas le premier élément de la performance au golf, loin derrière notre cerveau, nos émotions, et notre expérience, car sur le parcours, il y a beaucoup de variables qui rentrent en jeu, et c’est notre gestion de ces informations qui va faire la différence, utiliser un matériel adapté peut contribuer à nous donner de la confiance.

La confiance au golf, c’est crucial pour la réussite.

Actuellement, nous avons des outils qui nous permettent d’avoir de plus en plus de certitudes, s’agissant de choisir un driver ou une série de fers.

Le smash factor, l’angle de décollage, le taux de spin, la distance au carry ou totale… les golfeurs et golfeuses familiers des radars ont accès à quantité d’informations qui peuvent permettre d’affiner le choix de ses clubs.

En matière de putters, les outils sont plus récents ou encore très coûteux, de sorte que nous sommes moins familiers des termes comme le skidding (glissement de la balle au contact du putter avant qu’elle ne roule sur un green), et quantité d’autres datas qui aident justement un clubfitter pour déterminer le bon putter.

Comme me le rappelle à juste titre quelques lecteurs avisés, tous les golfeurs, et toutes les golfeuses n’ont pas facilement accès à un clubfitter à proximité, et les vendeurs en magasins ne sont pas tous objectivement formés et compétents pour proposer le même niveau de prestation.

Nous sommes donc encore nombreux à choisir nos putters de manière, dirons-nous, archaïque ou au feeling, moi y compris.

Comme vous sans doute, il m’est arrivé d’utiliser différents putters, et avoir la sensation d’être mieux avec un modèle plutôt qu’un autre.

Mieux ?

Il y a au moins deux manières de quantifier le mieux : La démonstration que l’on rentre plus de putts sur le parcours, ou la sensation d’être mieux organisé au-dessus de la balle, avec plus de confort, et en fin de compte, un meilleur résultat…avec plus de putts rentrés sur le parcours.

En prévision d’écrire cet article, j’ai commencé à mesurer des statistiques très précises sur mon putting depuis juillet 2020.

J’ai conscience que beaucoup parmi vous sont assez rétifs aux chiffres, et n’aiment pas beaucoup les statistiques, pour justement mesurer le jeu de golf.

Le golf est pourtant un sport où on compte tout le temps, et même parfois sans s’en rendre compte.

Pour choisir un putter, il m’a paru intéressant de collecter quelques données pour tenter de voir si un putter pouvait fonctionner plus qu’un autre.

Par le passé, j’ai produit des sujets sur le site où j’ai testé des putters avec des radars, et obtenu des chiffres qui illustraient des différences notamment en termes de visées ou de qualités de roules.

Toutefois, pour un amateur, les mesures obtenues étaient souvent pratiquement invisibles à l’œil nu, et donc justement sans radar, et d’autre part, cela ne disait pas encore quel gain sur le parcours.

Finalement, ce qui nous intéresse tous, c’est bien plus le combien que le comment…

En mesurant directement le combien sur le terrain, j’espérais en déduire un enseignement sur le choix d’un putter.

Il fallait encore pouvoir déterminer les critères de choix !

Le nombre de putts à la fin de la partie ?

C’est un premier indicateur mais il est trop peu instructif pour être pris seul en compte.

En effet, ce n’est pas la même chose de sauver des PARS par des approches-putts en bord de green, par rapport à prendre des greens en régulation avec des longs putts.

Le nombre de putts est un combien qui ne dit pas comment…

J’ai donc commencé à mesurer la longueur des premiers putts, et donc mesuré tous les putts en mètres.

Puis, j’ai utilisé un outil de mesure (Arccos) pour renseigner et stocker cette information, sachant qu’en plus l’outil allait me donner un « index de putting », à savoir pondérer ma performance du jour, du moment par rapport spécifiquement au putting.

Sans faire de faux suspense, il y a tout de même une forte corrélation entre performance au putting, et longueur du premier putt.

Pour vous donner une échelle de valeurs, sur des parties où la moyenne de premier putt en distance a excédé 10 mètres, j’ai plus souvent putté au-dessus de 36 putts sur 18 trous.

A l’inverse, sur des parties où la longueur moyenne de mon premier putt était inférieure à 8 mètres, le nombre de putts pouvait plus facilement descendre en-dessous de 36 putts sur 18 trous.

Être compétent au putting, c’est déjà répondre à cette première question : Quelle est la longueur de votre premier putt ?

Statistiquement, sur le PGA Tour, en 2021, un golfeur comme Justin Rose réussit 32% de ses putts à 3 mètres.

A 6 mètres, ce qui est toujours une distance pour rentrer un putt, son pourcentage tombe à 18% de chances.

Au-dessus de cette distance, sa moyenne chute à moins de 8% de chances ! La qualité du putting est donc fortement dépendante des coups précédents…

Après ces précautions de lectures posées, j’ai comparé les statistiques de 6 putters différents sur 48 parties pendant 18 mois, pour arriver au constat que si un putter s’est détaché du point de vue des sensations (Odyssey TEN), les variables de parcours, de climats, de roule des greens, et d’intensité du vent parmi d’autres critères rendent l’expérience très difficile pour affirmer à 100% qu’un putter est meilleur qu’un autre.

Mon propos est ici de dire qu’il est quasi impossible pour un golfeur d’affirmer qu’un putter donne de meilleurs résultats qu’un autre putter sur la simple base de comparaisons, et dans un temps court.

Le jugement d’un putter doit se faire dans un temps très long pour justement englober toutes les dimensions à prendre en compte, et ne serait-ce que les saisons.

Mon test de 6 putters sur 18 mois n’était en fait déjà en soi pas assez long, et pas assez profond pour m’apporter la réponse espérée : La certitude !

Par rapport au golfeur, le putter n’est qu’un outil à son service. C’est bien l’indien qui tire la flèche, ce que vous saviez déjà…

De là, j’ai interrogé Alexandre d’Incau, Clubfitter à Seignosse, en lui demandant notamment comment un fitting de putter pourrait justement apporter plus de certitudes qu’un test itératif.

Nous avons tous les deux convenus que le test que j’avais mené ne pourrait pas apporter la réponse que j’attendais, à savoir la preuve par le terrain qu’un putter pourrait être meilleur qu’un autre…

« Même si les mesures statistiques sont essentielles pour comprendre son jeu de golf, et que trop de golfeurs n’ont pas réellement conscience de ce qu’ils produisent sur le terrain, et pourquoi, la méthode itérative consistant à tester plusieurs putters sur le parcours touche sa limite quand, primo, on ne sait pas pourquoi on putte mieux ou ce qui fait putter mieux, et deuxio, on ne comprend pas pourquoi on putte mieux ou alors l’inverse. »

Alexandre d’Incau a admis avec honnêteté comme moi que répondre à cette question du meilleur putter pour soi est par nature difficile pour un golfeur ou une golfeuse au niveau amateur, sans outils, et sans connaissances de ce qui permet un bon putting.

Et même quand on fait un fitting de putter, il acquiesce sur le fait qu’il faut du temps pour façonner cette certitude puisque les parcours changent, le joueur ou la joueuse peut être plus ou moins en forme, les greens changent…

De son point de vue, le fitting de putter sert à gagner du temps, puisque « quand le travail est bien fait, le clubfitter identifie le stroke de putting qui convient le mieux au joueur, puis le type de putter qui convient le mieux. »

Bien souvent, si un ajustement du putter peut avoir des résultats immédiats et même spectaculaires, comme pour mon exercice, il faut pouvoir mesurer les bénéfices dans le temps, et dans toutes les conditions, sans oublier… la longueur du premier putt qui peut tromper un golfeur sur sa véritable compétence sur un green.

C’est autre chose de rentrer 30 putts par parties à moins de 5 mètres des trous par rapport à 10 mètres des trous, et 36 putts au total !

Le clubfitter admet qu’il faut du temps pour mesurer les effets d’un nouveau putter ou d’un putter ajusté.

Au regard de son expérience, j’ai trouvé sa réponse honnête.

Il n’a pas cherché à me dire qu’après un fitting de putter, c’est sûr ! Un golfeur va gagner 5 putts tout le temps, dans toutes les conditions, et sur tous les greens.

En revanche, il m’a illustré des exemples flagrants selon lui de golfeurs ou de golfeuses pour lesquels, il a pu faire des ajustements qui se sont révélés déterminants.

Le fitting du putter permet déjà d’identifier le stroke de putting du joueur ou de la joueuse, et donc l’adéquation à une tête plutôt qu’à d’autres.

Il ajoute que l’ajustement du loft va se faire avec la position des mains sur le grip, et notamment comment elles poussent le shaft vers l’avant, et ce dans le but de favoriser la roule.

Pour un autre joueur, la simple modification du lie de son putter a pu modifier drastiquement son putting, et ses résultats.

L’alignement, la façon de viser est aussi un élément clé…

En synthèse, de son point de vue, si le fitting du putter est bien fait, les statistiques doivent baisser, mais il concède qu’il faut du temps pour le mesurer dans toutes les conditions, et justement pour isoler ce qui est bien le résultat du putter par rapport aux autres variables.

En fin de compte, j’espère ne pas vous décevoir en arrivant à la conclusion que choisir le meilleur putter pour soi n’est en rien un processus simple, surtout sans toutes les informations d’un clubfitter, mais même avec ces informations, il faudra du temps pour les conforter à l’épreuve des variables que sont la forme du joueur ou de la joueuse, la roule et l’état des greens, le climat ou encore la longueur moyenne des premiers putts.

Choisir un bon putter me paraît finalement bien plus difficile que le fait de choisir un bon driver car il y a plus de paramètres en jeu.

Initialement, quand j’ai commencé cette expérience, je ne réalisais pas à quel point cela pourrait être difficile d’arriver à la réponse que j’espérais.

A la fois en tant que golfeur, et en tant que journaliste, j’aurai préféré conclure « c’est super, j’ai trouvé le putter parfait avec certitudes… »

D’un point de vue journalistique, cette expérience m’a permis de vous mettre en lumière la nécessaire prise de recul à travers la collecte de statistiques indispensables pour être vraiment pertinent sur la compréhension de son jeu de golf, et de son putting en particulier.

L’idée n’était pas de vous pousser à faire un fitting, mais à collecter des informations, les pondérer, et avancer.

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