Posté par le dans Matériel de Golf, fabricants et test

Dites-moi quelle est votre posture, je vous dirai quel putter choisir

Dans l’apprentissage du golf, il est établi qu’il est important d’apprendre comment fonctionne chaque club, et ce, afin d’en obtenir le meilleur résultat. A minima, l’on peut distinguer 5 catégories : le driver, les bois, les fers, les wedges, et le putter. Pour chacun de ces clubs, on peut repérer des postures devant la balle qui sont différentes, en lien avec le rôle du club, mais également avec sa forme, et à la manière dont il fonctionnera au mieux. Typiquement, lorsque vous jouez votre driver ou votre putter (les deux clubs les plus fermés de votre sac), pour que le club fonctionne au mieux, la balle doit être prise en remontant, alors que pour les bois, les fers et les wedges, la balle doit être touchée en descendant (balle / terre). Si ce dernier principe n’est pas toujours facile à percevoir pour le putter, pour autant tout le monde conviendra que l’on ne s’organise pas de la même manière, lorsque l’on tient un driver muni d’un manche long de 45 pouces, et quand on tient un putter dont le manche est long de 34 pouces. Cette organisation devant la balle, et au moment de putter est rarement commentée ou documentée, comme souvent le putting est le parent pauvre de l’apprentissage.

D'un concept simpliste à une équation à résoudre pour choisir le bon putter 

On considère souvent à propos du putting qu’il s’agit du mouvement le moins complexe, et que rentrer seulement 36 putts est finalement un résultat très acceptable, si l’on considère que c’est la moitié d’un parcours de golf.

Dans mon apprentissage, et comme beaucoup de joueurs, j’ai appris que le mouvement devait procéder d’un balancier des épaules, pour neutraliser l’action des poignets, mettre la balle à gauche du stance (justement pour la prendre en remontant), et positionner la balle au niveau des yeux.

Pour ce dernier principe, l’exercice le plus connu est sans doute l’idée de faire tomber une balle depuis l’espace entre vos yeux, pour vérifier que votre regard est à l’aplomb de la balle jouée. (Il existe aussi un système avec un miroir placé à vos pieds)

Ce faisant, on tend à vouloir normaliser la posture des joueurs.

A observer les pros jouer tous les weekends, on peut vite se rendre compte que la situation est bien différente… de même les formes de putters, de leur hosel, l’organisation du poids de la tête (face balance ou toe balance) sont beaucoup plus variés...

Mais alors comment choisir ?

A l’occasion d’une session avec le spécialiste français du putting, Jean-Pierre Cixous, j’ai pu lire le commentaire du pro David Arrignon expliquant qu’il avait réussi à corriger l’orientation de son putter de 0.7° à 0°, tout en utilisant le haut de son corps différemment.

Dans le même post, il explique avoir découvert être un « pur profil n°6 d’après le travail de Bruce Rearick », et enchanté à l’idée que désormais, il allait pouvoir enfin acheter un putter qu’il lui correspondrait au mieux.

Curieux de connaitre qui était Bruce Rearick, j’ai découvert que ce Monsieur était un spécialiste du putting aux Etats-Unis.

Il tient notamment un blog dédié à ce compartiment du jeu. (https://bargolfinstruction.blogspot.com/2020/)

Une partie de ses travaux sont décrits dans un long document de 83 pages.

Son objectif principal est d’aider le joueur à trouver la meilleure combinaison possible entre son fonctionnement naturel, la posture dans laquelle il se sent confortable, et le putter que ce même golfeur va utiliser.

Nul doute que tout le monde pourra apprendre à bien jouer le putter dont il dispose, s’il en comprend le fonctionnement… mais comme souvent le but du fitting est de faciliter le jeu du golfeur indépendamment de son niveau de compétence ou de QI golfique.

La conviction de Bruce Rearick est qu’un putter non adapté au fonctionnement naturel du joueur lui fera perdre sa performance naturelle, et lui demandera un effort conscient afin de corriger ce qui doit l’être.

Pour éviter cela, il lui semble déterminant de prendre conscience de deux paramètres : L’offset de votre club, et la manière dont le shaft va s’articuler avec la tête du putter.

Dans un autre document, il évoque l’enjeu du poids de la tête, mais ce n’est pas le propos ici.

Première étape : Définir la typologie de votre posture naturelle

Le principe est d’établir une photo de votre posture, vue de profil pour définir votre organisation devant la balle, et notamment l’angle entre votre ligne épaule/balle, et votre ligne yeux/balle.

Dans mon cas : 10 degrés avec une balle légèrement devant les yeux..

Deuxième étape : Comparez votre organisation avec les trois familles postures de références définies par Rearick, et les trois déclinaisons. 

Ci-après les déclinaisons par types de postures :

Premier cas de figure, le plan des épaules correspond au plan de l'arc de swing. Cette posture correspond à trois déclinaisons illustrées ci-dessous.

Deuxième cas de figure, la posture la plus modérée est illustrée ci-dessous avec 3 déclinaisons...

Troisième cas de figure, la posture dite "upright" est présentée ci-dessous avec 3 nouvelles déclinaisons...

D’après la compréhension que je peux déduire des schémas dessinés par Rearick, je pense donc être un golfeur type 5, soit un golfeur avec une posture modérée, et un arc compris entre 8 et 12 degrés (schéma du milieu, deuxième dessin)

Le choix de votre putter doit commencer par la recherche d’une posture équilibrée

Rearick insiste sur le fait que votre matériel est une variable importante de la construction de votre posture.

La longueur du manche, et surtout le lie de la tête de votre putter vont évidemment influencer votre organisation.

Et c’est là que l’on retrouve un bon vieil adage golfique : Les putters… il faut les essayer jusqu’à trouver le bon !

Rearick semble partager une partie de cette approche, en insistant sur le fait qu’il est indispensable d’avoir une posture pleinement équilibrée.

Si votre putter n’est pas adapté à votre posture, cette dernière va justement manquer d’équilibre.

D’après les statistiques qu’il a pu établir, c’est une clé pour développer la régularité de votre performance sur les greens.

Il précise que les points communs avec toute posture équilibrée semblent reposer sur 3 principes clés :

Des épaules au-dessus des orteils,

Des mains sous les épaules,

Des talons positionnés sous les hanches.

Il partage l’image ci-dessous pour illustrer cette idée.

Pour autant cette définition peut paraître réductrice.

Laurent Jockschies interviewé sur ce sujet précise son point de vue ainsi :

« L’équilibre postural joue un rôle déterminant au putting. Reste à savoir comment s’obtient une posture équilibrée et adaptée, et en même temps facilitatrice du mouvement et économique, c’est-à̀-dire non contraignante pour les muscles du dos en particulier. On explique cela souvent par la position des yeux au-dessus de la ligne, ce qui n’a strictement rien à̀ voir. Une bonne posture est une posture par empilement naturel des différents segments du corps, permettant de préserver l’équilibre, mais aussi la tension musculaire à son minimum naturel. Le deuxième aspect de la posture est de ne pas altérer la respiration, en évitant la compression du diaphragme. Le troisième aspect est de permettre au triangle épaules-bras de se mouvoir sans contrainte. »

Le coach ajoute « Un joueur respecte naturellement ses préférences, lorsqu’il cherche un certain type d’équilibre, avec un minimum de tensions musculaires dans la logique de l’empilement. La posture d’un joueur ne ressemblera pas comme une goutte d’eau à la posture d’un autre, mais ils peuvent pourtant respecter cette même perception.»

Tout mouvement de putting (stroke) présente un chemin en arc de swing...

Rearick rappelle que tout putt est en arc, tant bien même le putter (shaft) circulerai sur une ligne.

D’où l’importance de considérer les notions de « putter droit », comme un « feeling », et non sur la base de la description du mouvement du putter.

Cet arc sera naturellement plus ou moins prononcé, selon votre distance à la balle.

Plus votre tête sera en arrière de la balle plus l’arc sera prononcé.

Bien entendu, il est possible de forcer de manière volontaire, pour agir différemment, mais le mouvement perd alors de son naturel.

Avant de continuer son argumentation, Rearick insiste sur le fait qu’au putting, l’alignement des épaules est l’élément dominant de la direction de l’arc de swing, et non les pieds.

Si les épaules sont bien alignées, et les pieds de travers, alors le putting se passera bien.

Mais l’inverse est tout aussi vrai, des pieds bien alignés, mais des épaules de travers rendront le putt compliqué.

Comme précisé plus haut la construction d’un putter lui donne naturellement un arc.

Celui-ci est plus ou moins prononcé.

Quand le putter reste square au chemin décrit par la ligne des épaules et que les épaules sont alignées à la cible, alors la balle sortira droite.

La posture va définir la manière dont le putter va fonctionner, pour rester square à la ligne d’épaule.

Plus la tête du joueur est naturellement éloignée de la balle, plus l’arc de son swing sera marqué. 

 

Comprendre l’impact de deux variables clés liées à la construction d’un putter sur votre stroke : Le shaft et l'hosel

D’après ses recherches, il y a 2 éléments clés à prendre en considération pour trouver un putter qui fonctionne de manière cohérente, avec la manière naturelle dont votre posture va vous permettre de déplacer le putter, et donc avec l’arc que vous allez générer.

L’endroit où le shaft est positionné : Du milieu (centre shaft) à très reculé.

Dans le cas d’un putter avec un coude, c’est le point projeté du shaft sur la tête du club qu’il faut prendre en considération.

Plus l’axe du shaft est reculé (à droite sur la photo ci-dessous) plus le putter fonctionnera avec un arc prononcé.

Plus l’axe du shaft est centré (à gauche sur la photo ci-dessous) plus il fonctionnera avec un arc réduit. 

L’offset du putter : il peut être plus ou moins prononcé selon les putters, et cela aura une influence forte sur la manière dont le putter va pouvoir fonctionner pour rester square. 

Rearick explique que l’influence de l’offset se repère au démarrage du swing.

Plus l’offset est prononcé, plus la face va se fermer quand le putter va commencer à bouger (cela fonctionne de la même manière sur un fer). 

Du coup si l’arc de swing restait le même, de manière naturelle la face arriverait fermée à l’impact. 

Pour corriger cela, il faut que le chemin avant impact ait un arc supérieur au chemin après impact.

En soit, l’arc reste le même, mais il se déplace vers l’intérieur à droite.

Cela fonctionne de la même manière quel que soit votre distance à la balle, l’arc sera juste plus ou moins important. 

Le phénomène inverse est constaté pour les putter n’ayant pas du tout d’offset, si l’arc n’est pas adapté alors la face va arriver ouverte, avec des balles qui sortiront à droite.

Pour compenser cela, il faut que l’arc soit moins marqué avant l’impact qu’après l’impact.

Comme précédemment l’arc est en soit le même, mais il est déplacé vers l’intérieur gauche. 

Sur ce graphique, il faut lire de haut en bas. Dans un premier temps, le premier graphique illustre la position du putter vue de haut à l’adresse. Le club est centré par rapport à la cible.

Le deuxième graphique au milieu illustre la position de la tête du putter si rien n’est fait pour corriger. Vous pouvez constater que la face du putter part légèrement vers la droite (ouverte) au moment de l’impact.

Enfin, le troisième graphique illustre toujours la position de la tête de club à l’impact, mais cette fois, le chemin a été corrigé…

Ce principe de compensation n’est pas forcément un problème en soit, mais plutôt une réponse à un fonctionnement naturel.

Selon la manière dont vous vous organisez devant la balle, et dont vous puttez, vous allez avoir un fonctionnement naturel qui rentre en cohérence avec le fonctionnement d’un putter avec plus ou moins d’offset, et/ou avec un putter avec un ancrage du shaft plus ou moins au centre, ou en talon.

D’après les recherches réalisées, et sur la base d’un demi-million de joueurs mesurés avec un SAM PUTT LAB et par différents coachs, Rearick considère qu’il y a 98% de chance pour qu’un golfeur soit cohérent avec un des 9 modèles de posture qu’il a établis.

Troisième étape : Choisir finalement le type de votre putter

Pour les joueurs ayant une posture avec des yeux qui sont très « par-dessus » la balle, il recommande un putter avec une projection du shaft qui soit plus ou moins centrée.

Ces joueurs auront naturellement un arc réduit, ce qui sera favorisé par un putter avec un shaft qui se projettera au centre du putter.

Attention les couleurs ci-après ne sont pas en relation avec celles décrites plus haut, mais aux postures numérotées 1, 2 et 3.

Pour les golfeurs ayant une posture avec des yeux légèrement en arrière de la balle (sur le front), il recommande un putter avec un projection du shaft qui soit plus ou moins intermédiaire.

Pour ces golfeurs, l’arc est modéré mais plus important que pour ceux qui ont les yeux au-dessus de la balle.

La projection du shaft dans une situation intermédiaire va simplifier cette réalisation.

Il s’agit des postures 4,5,6. 

Pour les golfeurs ayant une posture avec une tête plus en arrière de la balle, il recommande un putter avec une projection du shaft qui soit plus ou moins en talon.

Ces joueurs seront ceux avec l’arc le plus important.

Un shaft en talon va les aider à fonctionner naturellement.

Il s’agit des postures 7,8,9. 

Concernant l’offset, on peut résumer la prise de décision par votre côté dominant

 

Cas 1:  Si votre putting est dominé par votre côté droit, Rearick recommande un offset marqué.

Si votre putting est dominé par votre côté droit, vous allez amener l’arc de votre swing plus à l’intérieur de votre côté droit.

 

Cas 2: Si votre putting est équilibré entre vos deux côtés, il recommande un offset intermédiaire.

Votre putting étant équilibré, votre arc de swing va être symétrique.

 

Cas 3:  Si votre putting est dominé par votre côté gauche, il recommande de ne pas avoir d’offset.

Si votre putting est dominé par votre côté gauche, vous allez amener l’arc de votre swing plus à l’intérieur de votre côté gauche.

 

Ces différentes notions sont loin d’être simples, et se faire accompagner par un professionnel formé sera sans doute plus simple.

Si vous devez changer votre putter prochainement, j’espère que la vulgarisation de ces quelques notions pourra vous aider.

 

A retenir de cet article

Déterminer sa posture (yeux plus ou moins sur / loin de la balle) :

Plus les yeux sont sur la balle, plus il faut un center shaft.

Plus les yeux sont loin de la balle, plus il faut un toe shaft.

Déterminer son côté dominant, afin de déterminer s’il vous faut un putter avec plus ou moins d’offset.

Crédit photo : John Adams/Icon Sportswire et Bruce Rearick

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.