Comment optimiser sa série de fers et mettre toutes ses chances de son côté ?

Une nouvelle saison de golf se profile à l’horizon, et peut-être, avez-vous la tentation de vous équiper avec une nouvelle série de clubs de golf. Vous ne regardez plus votre série actuelle avec les yeux de l’amour, et vous seriez bien tenté par l’un de ses nouveaux modèles que les marques vous vantent tant. Ci-après, je vais vous illustrer une expérience d’ajustement d’une série de fers que j’ai expérimenté récemment, pour illustrer quels sont les véritables points clés à surveiller pour optimiser vos clubs.

Les clubs de golf ne font pas le talent du golfeur… en revanche, ils peuvent le défaire sans qu’il s’en rende compte.

Beaucoup de golfeurs, et de golfeuses peuvent tomber dans des pièges concernant l’achat de leurs nouveaux clubs, et finalement, ne jamais trouver le bon produit le plus adapté.

Sur le marché actuel, mis à part les contrefaçons, il n’existe pas de mauvais produits, et quel que soit la marque de PING à Callaway, en passant par TaylorMade à Cobra, ou encore avec Exotics, Wishon ou Honma.

S’il n’existe pas de mauvais produits, en revanche, il existe quantité de mauvais choix possibles, et de mauvais conseils…

Malheureusement, vouloir réduire le choix d’une série de fers à une note ou une étoile donnée par un magazine, un média ou une vidéo ne présente aucune pertinence.

C’est tentant de vouloir tout simplifier, de prendre des raccourcis en permanence pour ne pas s’intéresser au fond des choses… rester en surface.

C’est tentant…c’est certain, mais cette approche ne donnera jamais la bonne réponse.

Un club de golf est pourtant un produit très simple, et n’a d’ailleurs pas beaucoup changé à travers les décennies.

Pour autant, ajuster un club de golf, et notamment ses caractéristiques peut produire des résultats différents, et même stupéfiants.

Des résultats qui iront jusqu’à changer profondément la perception de votre jeu !

En modifiant l’équilibre du club (swing weight), encore cette semaine au studio JeudeGolf, nous avons eu l’exemple d’un golfeur senior (60 ans) qui swinguait à 85 mph, et a vu sa distance au drive augmentée de 16 mètres, simplement par la modification de l’équilibre de son club (de C9 tapé en pointe à D2 tapé au centre de la face).

Certes, l’année dernière, j’ai publié un sujet dans lequel je voulais relativiser le fitting, et distinguer mauvais et bon fitting, car c’est aujourd’hui un terme qui mélange trop de personnes, et trop de méthodes qui peuvent ne plus être comparables.

Dans ce sujet, je voulais éveiller les lecteurs au fait qu’il me paraissait très important d’être éduqué au matériel de golf, comprendre ce qu’est un club de golf, pour développer une capacité à s’adapter au matériel.

Le golfeur ultime est finalement celui qui peut jouer et optimiser n’importe quel type de club, justement parce qu’il connaît le matériel de golf, et les liens de causes à effets.

Cette semaine, j’ai donc mené une expérience encore plus poussée sur de nouveaux clubs.

Propriétaire depuis un an et demi d’une série de fers Srixon Z-Forged (fer 4 au pitch), principalement pour marier 3 objectifs : Jouer des beaux clubs, avec des lofts abordables par rapport à ma capacité à contrôler la balle, et un faible niveau d’offset pour contrer un effet indésirable de mon swing atypique.

Récemment, j’ai eu l’occasion de me procurer avec l’aide de TaylorMade, une série de P770 du fer 4 au pitch.

J’avais déjà ajusté la série de Z-Forged au mieux de mes connaissances, mais peut-être comme vous, j’avais envie de nouveauté.

Dans le but d’utiliser et de comparer avec la P770, une série comparable, je suis allé encore plus loin dans l’optimisation, au point de découvrir des différences flagrantes, et de nature, à changer mes performances sur le parcours.

La différence entre les caractéristiques théoriques, et les caractéristiques réelles !

Mon swing se caractérise de manière très simple par deux caractéristiques immuables depuis plus de 20 ans : Un plan de swing très horizontal, et un chemin de club naturellement intérieur-extérieur.

Ces deux « caractéristiques » ont longtemps pénalisé mon jeu de golf, essentiellement parce que je ne « savais » pas en tirer parti !

Un plan de swing très horizontal me demande d’utiliser des fers avec un lie plus « flat » pour mieux centrer les balles dans la face, plutôt que de les prendre entre le centre, et le talon.

Une direction de mon swing très orientée vers la droite de ma cible implique un chemin de club intérieur-extérieur, qui avec une face placée square à l’impact entraîne un hook prononcé.

Pour atténuer ce phénomène, je dois utiliser des clubs avec un minimum d’offset, caractéristique d’un club de golf qui au contraire atténue un chemin inversement trop extérieur-intérieur, et sert en fait de solution « anti-slice ».

Comme moi, les deux choses que vous devez apprendre à propos de votre swing, c’est donc quel est votre plan de swing ? Quelle est la direction de votre swing ?

A moins d’être un grand débutant, sans un swing déjà installé, de mon expérience des golfeurs venus tester des clubs au studio, beaucoup de golfeurs et de golfeuses ont déjà développé des tendances qui reviennent régulièrement.

Trop horizontal (votre plan de swing), et vous devrez agir sur le lie de vos clubs (plus flat), mais inversement trop vertical, vous pourrez aussi agir sur le lie de vos clubs (façon dont il repose au sol) pour les mettre plus upright.

Direction de votre swing et chemin de votre club extérieur-intérieur, vous ne serez justement pas contre de l’offset…

Avant même de parler de loft ou de shaft, vous devriez vous préoccuper de ces tendances qui vous sont propres.

Ensuite, si votre projet de jeu consiste à lever les balles, et chercher la précision, vous vous intéresserez aux lofts (plutôt élevés) ou à l’inverse, si vous voulez optimiser la distance avec la roule, vous chercherez des lofts plus fermés.

Enfin, la taille de la semelle (sa largeur) pourra influer sur le placement du centre de gravité au sein de la tête de club, et plus elle sera importante, et plus cela pourra aider à lever facilement la balle.

La largeur de la semelle d’un fer est presque le véritable indicateur de facilité d’usage d’un club de golf.

Quand vous recevez votre série nouvellement acheté, il y a au moins deux paramètres à vérifier ou faire vérifier en priorité : Les lofts, et les lies.

Pourquoi les vérifier ?

Qui vous dit qu’ils sont bons ou conformes au produit que vous avez imaginé commander ?

Dans le cas de la série TaylorMade P770, au studio avec des outils de clubmakers, j’ai vérifié mes lofts et lies pour finalement découvrir des écarts avec le tableau des caractéristiques pourtant fourni par la marque sur son propre site Internet !

Le loft du pitch est annoncé à 46 degrés pour un lie de 64 degrés. J’ai mesuré 45 et 63 !

Le loft du fer 4 est annoncé à 22.5 degrés. J’ai mesuré un degré de moins !

Le lie du fer 9 est annoncé à 63.5 degrés. J’ai mesuré 62 degrés.

De mon point de vue, sans parler de fitting ou de rétrofitting, la première chose à faire concernant une série, consiste à mesurer les lofts et les lies, et les mettre ensuite en conformité avec la nature de notre swing.

J’ai donc rectifié les lofts, et les lies, ce qui n’est pas sans un effet flagrant sur la qualité des coups que je peux taper, et surtout ma capacité à rendre plus prédictible mes trajectoires de balles.

En quoi par rapport à ce processus seulement logique, donner une note ou une étoile à un club de golf a quelque chose du bon sens pour choisir ses clubs ?

En revanche, on sait que l’on peut plus facilement modifier les lies, et les lofts de fers réellement forgés par rapport à des fers moulés.

Or, la majorité des produits vendus sur le marché sont des clubs moulés, plus difficilement ajustables !

En effet, quand on essaie de rectifier un club moulé, il y a plus de chance de le casser.

Premier terrible paradoxe : Jouer des clubs moulés avec des caractéristiques standards des lies s’adresse donc à des golfeurs qui ne présentent pas de caractéristiques de swings atypiques, comme un plan de swing trop vertical, ou trop horizontal !

Combien de golfeurs amateurs sont réellement dans ce cas ?

Les marques ne fabriquent pas de mauvais produits. Il n’y a que des mauvais conseils.

Pour ma part, en ajustant mes clubs avec des lies les plus « flats » possibles, j’ai obtenu deux bénéfices : J’ai centré les balles dans les faces (meilleur smash factor), et amélioré mon contrôle des trajectoires (moins de balles à gauche en hook).

En optant pour des clubs avec moins d’offsets, j’ai un peu réduit le chemin de club intérieur-extérieur qui accentuait les effets de balles trop à gauche.

Enfin, quand je reçois des nouveaux clubs, il y a deux choses que je fais et qui ne sont pas applicables pour tous : Je change les grips pour mettre des Midsize (Golf Pride MCC4+), ce qui alourdit le poids total du club de +16 grammes.

Et j’ajoute au bout du club, un capteur Arccos pour suivre mes statistiques. Ce capteur pèse 7.3 grammes, et allonge le club de +0.5 inch.

Ces deux paramètres influent sur l’équilibrage du club qui ne peut plus être celui annoncé par le fabricant.

C’est le troisième paramètre à surveiller quand vous recevez une série de fers : Quels sont les swing weights de chaque numéro, pour à minima s’assurer qu’ils sont identiques ?

Comme pour les lies et les lofts, ne croyez pas qu’il n’y aura pas des écarts liés à des tolérances de fabrications ou de montages.

Non, recevoir sa série n’est pas la dernière étape de votre processus d’achat.

Je vous conseille de faire vérifier, lie, loft et swing weight au magasin, pour s’assurer que c’est en conformité entre le produit commandé, et le produit livré.

Le mieux, c’est encore de demander ces mesures à un clubmaker.

Même la longueur des clubs peut être fausse entre ce qu’annonce la marque sur son site, et la mesure que j’ai pu en faire au studio.

Dernier contrôle qui pour le coup est impossible à faire sans un clubmaker, la fréquence des shafts !

Cette mesure permet de s’assurer de la cohérence de la série, et de la rigidité réelle des manches.

Pour ma part, j’ai réalisé moi-même mes mesure sur une machine, mais je n’ai pas encore corrigé ou rectifié. C’est une prochaine étape vers la perfection de mon optimisation.

Des séries comparables mais pas du tout identiques !

Après avoir reçu vos clubs, naturellement, la prochaine étape pour vous va consister à les essayer, taper des balles, et éventuellement en mesurer le résultat.

C’est cette étape qui m’a incité à écrire tout cet article, car entre la série P770 et la Z-Forged, j’ai trouvé des écarts que je n’imaginais pas, surtout en comparaison de produits normalement très comparables !

Prenons l’exemple du fer 7, dans les deux cas, ils sont annoncés pour 33 degrés.

Sans trop regarder dans le détail, les looks sont très similaires, et les promesses identiques.

Dans les deux cas, ils sont montés sur des manches en acier, et stiff. La comparaison pourrait s’arrêter là !

Dans le détail, il y a un point que personne ne vérifie jamais…la taille de la semelle. Sur JeudeGolf, nous serons dorénavant capables de le faire, en utilisant tout simplement un pied à coulisse.

Et entre les deux séries, par numéro, il peut y avoir un écart allant jusqu’à 5 millimètres ! Au-delà de ne pas le voir à l’œil nu, la série de Z-Forged est bien plus fine par rapport à la P770 !

Les deux séries sont peut-être comparables… elles ne sont pas identiques, et celle simple différence peut avoir une incidence sur le placement du centre de gravité, et par conséquent sur les trajectoires de balles.

Pour être sincère, c’est la découverte des résultats très différents qui m’a amené à me questionner sur les causes possibles, et jusqu’à arriver à finalement mesurer la largeur des semelles avec un pied à coulisse !

Par conséquent, si les têtes n’ont pas les mêmes dimensions… ont-elles les mêmes poids ?

J’ai pesé les clubs (poids total) sachant que j’ai mis le même capteur Arccos, et le même grip pour une longueur de manche équivalente.

En isolant le poids du manche (d’un côté un Nippon Shaft NS PRO MODUS 3 de 106.5 grammes sur la Z-Forged, et de l’autre un KBS TOUR 120 S de 120 grammes sur le P770), j’ai trouvé un écart en moyenne de 3 grammes par tête de club.

Sur ce point, un clubmaker aguerri se montrera plus précis que moi dans les mesures. Il ira jusqu’à démonter et peser la tête.

3 grammes ? Cela joue dans le moment d’inertie du club ? Influence sur la vitesse de balle à l’impact ?

Oui, le poids de la tête joue sur le rendement du club !

Pour ma part, je joue des clubs plutôt lourds (pitch à 475 grammes), et mon sentiment ou plutôt sensations, je pensais que le Z-Forged était plus « raide » avec le Modus 3.

En mesurant la fréquence du club (shaft+grip) ce qui n’est pas l’usuel d’un clubmaker qui va isoler la fréquence du shaft seul sans le grip, finalement, c’est bien le KBS Tour 120 qui présente la fréquence la plus élevée, et donc la rigidité la plus importante !

Qu’est-ce qui pourrait expliquer des différences de performances ?

Entre les deux séries, j’ai été surpris par des différences de performances spectaculaires alors qu’au contraire, je m’attendais à des performances similaires.

J’ai testé tous les clubs du 4 au pitch. Prenons l’exemple du fer 7

Ci-dessus les résultats d’un test avec le fer 7 Srixon Z-Forged. Le smash factor est idéal pour ce type de numéro, soit 1.33

Pour ma vitesse de swing de 75 mph, j’obtiens bien un optimum de 100 mph de vitesse de balle.

A la faveur de mon lie ajusté, la dispersion latérale de mes balles me convient, et ne démontre pas un déséquilibre vers la gauche du fairway.

En réalité, j’ai neutralisé le facteur qui pénalise le contrôle des trajectoires, le rapport de la face au chemin (face to path à 0.5 degrés).

Avec le même fer 7, mais cette fois avec le TaylorMade P770, il se passe des choses à commenter notablement :

La vitesse de swing grimpe de 5 mph en plus !

L’angle d’attaque est plus marqué (-3 degrés descendant).

Le loft dynamique est plus important (26.9 degrés contre 24.7 degrés), et par conséquent, angle de décollage et angle d’atterrissage sont plus prononcés.

Par rapport au Z-Forged, le carry augmente de 7 mètres, alors que la distance totale n’augmente que de 4 mètres…

Il faut comprendre que la roule baisse de 3 mètres, ce qui témoigne d’un meilleur contrôle de la profondeur, et notamment sur une attaque de green.

Quel club a la meilleure note ou le plus d’étoiles ? C’est bien entendu totalement hors de propos. Il ne s’agit ici que d’ajustement.

Ci-dessus, la fonction « Optimizer » du Trackman nous montre que le Z-Forged est presque parfaitement optimisé.

Toutes les valeurs importantes (en orange) rentrent dans les valeurs optimisées (en bleu) pour la vitesse de balle que je développe.

Le taux de spin pourrait être légèrement amélioré, et notamment avec un angle d’attaque plus marqué…

Avec le P770, c’est presque le même constat, à ceci près que je pourrai encore améliorer la vitesse de balle, et toujours avec un angle d’attaque plus descendant.

En résumé, les deux clubs sont optimisés, pourtant le TaylorMade est bien plus performant…

Il est en fait plus lourd de 10 grammes par le shaft, et par la tête. La semelle plus large me favorise aussi par rapport à ma dextérité actuelle.

Ce test m’a permis de découvrir que je pouvais lancer plus haut avec un loft équivalent. Je dois donc chercher un meilleur ajustement pour le Z-Forged qui n’a pas moins d’étoiles ou une moins bonne note que le P770.

Je vais chercher cet ajustement car je compte bien continuer à utiliser les Z-Forged, et c’est l’autre enseignement de ce sujet : Changer de clubs ne présente un intérêt que dans deux cas : Une usure sévère ou l’impossibilité d’ajuster le club jusqu’au point désiré.

Si je peux bouger le loft, et le lie de mon club, si je peux changer le poids du shaft, et même ajouter ou retirer du poids de la tête, je ne pourrai pas augmenter la taille de la semelle ou la longueur de la lame…

Avant de mettre vos clubs définitivement au placard, vous pourriez être surpris des rendements que vous pourriez obtenir en allant voir un clubmaker pour faire un rétrofitting, et modifier les caractéristiques de vos clubs en corrélation avec votre swing.

Nb : Les constats faits sur le fer 7 se retrouvent sur tous les autres numéros.

Ce n’est pas fini, on pourrait imaginer un fitting en moment d’inertie constant en plus…

A ce stade de l’expérience, je n’ai pas encore exploré toutes les possibilités, et d’autres ajustements pourraient être fait.

En mesurant les fréquences de mes clubs, j’ai notamment découvert des anomalies qui mériteraient correction.

Ci-dessus, un graphique que j’ai réalisé en couplant longueur des clubs avec la fréquence des clubs. La longueur du manche est exprimée par l’abscisse, et la fréquence en ordonnée.

Pour la série Z-Forged illustrée ci-dessus, on peut apercevoir une anomalie au niveau du fer 6.

Le fer 6 est le pic remontant sur cette courbe qui devrait normalement descendre de manière continue et régulière.

S’agissant de la série TaylorMade P770, il y a encore plus d’anomalies (pitch et fer 5).

Un clubmaker pourra m’aider à régler ces anomalies, et ainsi mieux optimiser ma série, dans le but d’utiliser des clubs plus cohérents.

J’aurai à choisir si je veux un montage en swing weight constant (la norme proposée par les marques) ou à moment d’inertie constant (de plus en plus proposé par les clubmakers), sachant que les modifications que j’ai apporté à mes deux séries ont déjà bouleversé les swing weights.

La question qui devra alors se résoudre, ce sera : Plus de régularité ou un meilleur score sur le parcours ?

J’espère vous avoir convaincu que pour acheter des nouveaux clubs ou ajuster vos anciens clubs pour de nouvelles performances, vous avez plus besoins de mesurer des caractéristiques objectives que d’étoiles ou de notes données à travers des avis finalement subjectifs…

Annexes (les types de tableaux à se constituer pour ses clubs)

 

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