Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

L’offset : Une caractéristique mal connue des amateurs, et qui contribue à faire des erreurs de choix de clubs

Quand vous allez en magasin pour acheter une nouvelle série de fers, on vous demande souvent quel est votre index, pour vous orienter sur une famille de clubs plutôt qu’une autre. Souvent, vous avez l’occasion de taper quelques balles dans un simulateur, ou même parfois, mieux, vous pouvez essayer les clubs sur le parcours pendant quelques jours. Dans les critères de choix, on vous incite à focaliser sur des gains de distances ou un meilleur rendement entre votre vitesse de swing, et la vitesse de balle que vous générez à l’impact. Dans 99,9% des cas, il est très rare que l’on vous parle des valeurs d’offsets de votre future série de fers. Pourtant, cette valeur peut être déterminante sur vos trajectoires de balles, et cela se mesure !

C’est certainement la plus grosse énormité en matière de choix de clubs de golf : Se référer à l’index du joueur ! Comme si l’index était le réel indicateur de la maturité d’un swing de golf !

Le choix d’une série de clubs de golf ne devrait plus se faire sur des bases archaïques, mais bien sur quelques questions précises, que l’on sait d’ailleurs de mieux en mieux traiter avec les outils de mesures tels que les Trackman ou autre FlightScope.

Comme déjà évoqué sur JeudeGolf.org, plutôt que de sortir des nouvelles séries très fréquemment, les marques, et surtout les distributeurs gagneraient à expliquer plus concrètement ce qu’est une série de fers.

Grips, manches, têtes, ce n’est pas comme si un club de golf n’était pas le résultat d’une combinaison de plusieurs composants parfois très divers.

Les grips peuvent être de plusieurs tailles. Les manches peuvent être de différentes rigidités, et les têtes peuvent être de différentes formes. Et ce n’est pas tout !

Sans regarder dans le détail, on pourrait faussement croire que toutes les têtes de fers se ressemblent, et que ce n’est finalement qu’une question de goûts et de couleurs, ou même de marques.

Pour ne focaliser que sur les têtes, les fabricants décrivent généralement très bien leurs produits : numéro du fer, loft correspondant, longueur du manche associé, angle de lie... pour certains, ils vont jusqu’à préciser l’angle de rebond sous la semelle, et l’équilibrage…

Une valeur est aussi donnée : l’offset.

En bientôt 30 ans de golf, je n’ai pourtant jamais vu un commercial ou un conseiller en magasin m’expliquer ce qu’était l’offset d’un club, sa différence par rapport à un autre, et surtout ce que cela peut engendrer sur la trajectoire des coups.

Aujourd’hui, trop souvent, la question du choix des clubs se fait selon l’arbitrage du loft. Plus il est fermé, et plus le club va favoriser une trajectoire tendue, et une vitesse de balle importante.

Comme la plupart des marques ont tendance à inscrire un numéro plutôt que la valeur du loft sous la semelle, entre différentes séries de clubs, c’est pratiquement impossible à l’œil nu, et sans être connaisseur, de réellement distinguer des fers.

Depuis plusieurs années, en fermant simplement un peu plus les lofts, les marques ont communiqué sur des augmentations de distances.

Dans le contexte législatif actuel autour des clubs de golf, il n’y a pas réellement de marges de manœuvres, pour augmenter les distances possiblement générées par les fers !

En revanche, par le biais du fitting, en cherchant à optimiser les nombreuses combinaisons possibles, il est vrai que l’on peut considérablement améliorer les performances, ou en fait tout simplement les personnaliser au besoin exact du joueur.

En optant pour des fers aux lofts de plus en plus fermés, on passe à côté de l’information de l’offset, qui est en fait une mesure de l’écart entre la base du manche (hosel), et le bord d’attaque de la face.

Cette valeur est souvent très petite, et c’est sans doute pour cette raison, que tout le monde passe à côté du sujet.

Sur une série du fer 3 au pitching wedge, cette valeur d’offset varie en augmentant club après club, pour être souvent au maximum sur un fer 2 ou un fer 3.

Avec l’avènement des clubs dit « Super Improvment », les marques ont créé à juste titre des clubs plus gros, avec plus de matière en tête, pour justement générer plus de vitesse de balle.

En parallèle, elles ont aussi augmenté l’offset de ces séries pour favoriser un effet de draw plus naturel.

Plus un club présente d’offset, d’écart entre la base du manche, et la position de la face, et plus cela accentue un chemin de club intérieur-extérieur au moment de l’impact avec la balle. C’est tout bonnement mécanique.

L’offset a donc clairement un impact sur la trajectoire de vos balles.

Pourquoi les pros jouent-ils encore des lames forgées alors que le matériel d’aujourd’hui permettrait de jouer des clubs nettement plus puissants, et plus tolérants ?

Entre un fer 7 avec un loft de 28 degrés, et un fer 7 de loft 34 degrés, vous pouvez avoir jusqu’à 20 mètres de différences !

Toujours en quête du score le plus bas, les pros devraient être très intéressés par ces clubs plus puissants.

Ils préfèrent pourtant y renoncer, car ils n’ont pas besoin de distance supplémentaire, alors que ces clubs les privent au contraire de spin, de hauteur de trajectoire, et donc de contrôle de la profondeur, après le point de chute de la balle.

Mais, ce n’est pas la seule raison !

Les pros jouent des lames, car il s’agit des clubs qui présentent les valeurs d’offset les plus faibles, et donc une moindre influence sur la forme des trajectoires qu’ils veulent donner à leurs balles.

Ils sont plus libres de faire du fade ou du draw ou de taper un coup en ligne… Ce n’est pas le club qui force la trajectoire, mais bien le golfeur…

Les clubs avec beaucoup d’offsets présentent un gros désavantage complètement passé sous silence : En augmentent la propension à déplacer le club de l’intérieur vers l’extérieur, on augmente la possibilité de dispersion en draw ou en hook.

Prenons le cas d’un joueur capable de ramener régulièrement la face square à l’impact, avec un club avec peu d’offset, et s’il déplace son club selon un angle relativement neutre par rapport à sa cible, il va tirer droit sur sa cible.

Ce même joueur, sans changer son swing, mais simplement en prenant un club avec plus d’offset, va voir sa balle progressivement s’écarter de sa cible, et tourner de plus en plus à gauche (pour un droitier, et inversement pour un gaucher).

Pour corriger ce phénomène, il va devoir compenser l’offset du club. On s’écarte des conditions d’un swing naturel.

Depuis de nombreuses années, le matériel de golf est conçu selon la conviction que tous les amateurs ont du mal avec le swing, n’ont pas de puissance, et slicent !

Ce concept assez réducteur conduit donc à ce que des golfeurs ne jouent pas toujours avec du matériel adapté, et n’imaginent même pas que leurs clubs sont en fait à l’origine de certaines difficultés sur le parcours.

Si vous êtes un gros sliceur, le problème ou la solution, ce n’est pas réellement le matériel.

C’est l’autre problème actuel lié au développement du golf, les marques parient sur le fait ou constatent tout simplement que les amateurs ne prennent pas autant de cours qu’ils le devraient, et sont majoritairement sous-informés sur le matériel et la technique.

En proposant des clubs qui d’emblée corrigent les conditions du slice, elles essaient de répondre au mieux à la réalité du marché, pour espérer que les golfeurs prennent plus de plaisir à jouer.

Mais comme personne n’explique réellement ce qu’est un club de golf, et notamment l’impact de l’offset sur la trajectoire des balles, les golfeurs n’ont en réalité pas tous les éléments pour bien choisir le matériel, et bien analyser ce qui se passe sur le parcours, et notamment les causes de mauvais coups.

Quand vous choisirez votre prochaine série de fers, ne pensez pas qu’au loft, interrogez-vous sur l’offset, et les conséquences sur votre swing.

En matière de clubs, il n’y a définitivement pas de miracles. Contrairement à ce que les marques ou les distributeurs prétendent, il n’y pas de compromis, et bien que des choix avec des avantages et des inconvénients.

La véritable difficulté pour vous, c’est de pondérer les avantages par rapport aux inconvénients, et essayer de déterminer ce qui vous rapporte des points, par rapport à ce qui vous en coûtent.

Pour ma part, il m’a fallu des années pour comprendre ce lien entre offset et trajectoires, en me battant contre mon swing pour limiter les effets de draw indésirables. Je n’avais juste pas perçu que l’offset était en partie une explication.

On pense trop à tort que les lames forgées sont difficiles à jouer, et à exclure d’emblée du choix de club. C’était vrai, il y a dix ans.

Aujourd’hui, les marques permettent d’ajuster les lofts des fers forgés alors que ces clubs présentent déjà naturellement moins d’offset.

J’ai mené une expérience en tapant plusieurs fers 6 différents.

Avec le TaylorMade M5, un club super improvment avec un loft fermé, j’ai observé effectivement une trajectoire tendue avec un loft dynamique réel de 23 degrés pour une distance moyenne de 160 mètres.

Du fait de l’offset, mon chemin de club était en moyenne décalé de 3 degrés par rapport à la cible à l’impact

Avec un fer 6 Mizuno MP-18 MMC, dont le loft est plus ouvert, ma distance pour la même vitesse de swing, la même énergie produite est tombée à 144 mètres. Le loft dynamique est monté à 26 degrés. Le club explique une trajectoire plus haute, mais pas seulement.

La moyenne de décalage du chemin de club par rapport à la cible est tombée à 1,8 degrés.

Pour finir l’expérience, j’ai tapé un fer 6 Nike Forged (lame vieille de 15 ans) avec un loft au-dessus de 35 degrés (l’équivalent d’un fer 8 d’aujourd’hui).

Pour la même énergie déployée, ma distance est tombée à 134 mètres avec un loft dynamique de 29 degrés (une trajectoire encore plus haute), et surtout un décalage du chemin de club de seulement 0,2 degrés à l’impact, soit pas d'impact indésirable de l'offset sur la trajectoire de balle.

Peu d’offset, peu de décalage du chemin du club vers la balle par rapport à la cible, le joueur ne doit alors plus que se concentrer sur la position de la face à l’impact, pour diriger ses coups.

Plus que… cela ne veut pas dire que c’est facile mais dans l’optique de « contrôler » ses coups, un golfeur a besoin de limiter les paramètres variables.

Je ne connais pas de golfeur, pas même Tiger Woods, capable de toujours contrôler la face au degré près. En revanche, lui comme les très bons joueurs ont appris à limiter ou dominer les autres paramètres variables, comme le chemin du club vers la balle.

Dans mon cas, j’ai un choix à faire, entre distance et contrôle. Ce n’est pas un choix simple. Dans l’exemple ci-dessus, il y a jusqu’à 20 mètres d’écarts en profondeur.

Simplement, sur le parcours, on peut toujours choisir de prendre un club de plus ou de moins pour faire une distance. Par contre, pour contrôler la direction, c’est une autre paire de manches.

Si vous voulez réellement progresser, vous avez besoin de savoir ces choses, de pouvoir en mesurer l’impact sur votre jeu, de connaître le degré d’offset de vos fers, et d’en mesurer l’impact sur le chemin de votre club quand vous le déplacez vers la balle.

Vous pouvez avoir besoin d’offset selon la nature de votre swing. Vous avez surtout besoin de prendre en compte ce paramètre dans votre choix de clubs, et pouvoir le mesurer pour savoir si c’est un plus ou un moins.

 

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 0 sur votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.