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Quand le matériel de golf peut vous faire perdre des coups sur le parcours…

Au golf, le matériel ne fait pas tout. Bien que beaucoup de publicités laissent penser que le club peut produire des coups plus longs ou plus droits ou plus consistants, ce n’est pas la flèche qui fait l’indien. Cependant, dans certains cas, un mauvais choix de matériel peut réellement vous coûter des points. Loft, manches, rainures, balles… on fait un petit tour d’horizon de toutes les erreurs possibles, preuves à l’appui.

Se tromper de loft

Beaucoup de golfeurs achètent des séries de clubs sans trop se préoccuper des lofts. Sur les clubs, on peut voir des numéros (6,7, 8, 9…).

Pourtant, d’une série à une autre, le loft n’est pas nécessairement identique.

Le loft exprimé en degrés signifie l’inclinaison de la face par rapport au sol, dans un plan passant par l’axe du shaft et le bord inférieur de la face.

Pour un fer 7, il peut varier entre 28,5 degrés et 35 degrés ! Soit pratiquement 6 types de clubs très distincts.

Selon son niveau de jeu, jouer des clubs inadaptés peut réellement faire perdre des coups sur le parcours.

Chaque golfeur devrait être encouragé à jouer des clubs de golf, selon le loft qui correspond à sa vitesse de swing, et sa capacité à centrer la balle dans la face.

Le loft a une incidence sur la façon d’attaquer la balle, et par conséquence sur le loft dynamique, à savoir le loft réel du club au moment de l’impact, et non pas le loft statique du club posé au sol, à l’adresse.

Plus le loft dynamique sera élevé, et moins la balle sera compressée.

Dans le tableau ci-dessus, on peut voir que pour une moyenne de swing à 83 mph, le rendement (smash factor = Vitesse de balle sur vitesse de swing) sera plus élevé avec un club dont le loft sera plus bas.

C’est finalement un arbitrage à faire entre la tolérance, la distance, et le spin donné à la balle.

Beaucoup de golfeurs qui jouent des clubs trouvés dans une brocante ou au fond du garage n’ont pas conscience des coups qu’ils peuvent perdre, par manque de smash factor, de tolérance, et in fine, de distance.

Dans le tableau, on peut voir qu’en distance, un même fer 7 peut parcourir de 139 à 151 mètres en moyenne, soit un écart de 12 mètres !

Une étude aux Etats-Unis a démontré que 70% des golfeurs classés entre 0 et 12 n’utilisaient pas des lofts adaptés à leur jeu. Ce problème ne concerne donc pas seulement les débutants…

L’erreur consiste trop souvent à vouloir jouer des clubs très loftés pour faire comme les pros, et tenter de donner beaucoup de backspin…

Paradoxe, car la plupart des greens sur nos parcours du « dimanche » ne sont pas toujours préparés pour des Grand Prix, et donc pour « recevoir » au mieux des balles types Pro V1, Chrome Soft ou Z-Star.

Les lames sont très certainement les clubs les plus beaux à regarder, mais si vous ne jouez pas sur le tour. Ces clubs ne sont pas faits pour les amateurs.

Le loft n’est pas le seul élément à prendre en compte. La taille de la semelle, la face, l’offset sont autant d’éléments qui distinguent une lame d’un club super-improvment.

La question du loft se pose aussi avec le driver.

Pour des drives entre 92 et 95 mph, d’un loft 8,5 à 13,5 degrés, le rendement peut considérablement varier.

Choisir systématiquement un loft très bas n’est pas toujours synonyme de plus de distance.

Dans ce cas, en-dessous d’un loft de 10 degrés, ce joueur perd en distance, alors qu’il pourrait croire qu’il tend la trajectoire de ses balles !

Phénomène inverse au-dessus d’un loft de 11 degrés qui altère sa capacité à prendre la balle au centre de la face, et donc lui donner un maximum de vitesse.

L’avantage d’un driver ajustable étant justement de vous permettre de chercher quel angle de loft vous est le plus adapté plutôt que de la changer selon la météo, l’état du terrain ou un autre paramètre extérieur.

Selon une étude du Golf Laboratories Inc., le fait de se tromper de loft de près d’1.5 degrés peut potentiellement vous faire perdre jusqu’à 16 mètres en distance au drive (test mené avec un robot).

L’usure des rainures sur un wedge

A partir de quand peut-on déterminer qu’un wedge est mort ?

Les pros changent environ tous les quatre tournois. Est-ce un luxe ? Est-ce excessif ?

Peut-on vraiment se rendre compte qu’un wedge ne donne plus assez de spin quand on tape à 80 mètres, et sans radar ?

La rainure d’un club de golf est sans doute ce qu’il y a de plus fragile. Quand on interroge les vendeurs, l’usure d’un wedge est intimement liée à la fréquence de jeu sur le parcours, et le nombre de balles tapées au practice.

Un chiffre revient fréquemment : Au-delà de 40 parties par an pour un amateur, il est conseillé de le renouveler pour obtenir le meilleur niveau de spin possible.

Oui, mais dans la pratique ?

J’ai testé trois de mes wedges dont un que je pourrai qualifier de neuf (nice), un de moyen (je l’ai depuis un an - average), et un d’usé (je l’ai depuis 4 ans – used).

Avant d’écrire ce sujet, j’avais une vague idée du problème. Le graphique ci-dessus parle de lui-même.

Plus que le niveau de spin qui baisse légèrement, c’est surtout la consistance du spin qui part à volo.

Le club neuf fournit des taux de spin plus réguliers, alors que le club usé donne déjà des résultats plus aléatoires.

Pour des coups tapés à 55 mètres en adoptant la même organisation, le même stance, la même vitesse de club, la même amplitude, et la même balle (une balle premium X), on peut voir que plus le club s’use, et plus il perd de l’accroche au niveau de la face.

Le smash factor augmente alors que dans les 3 cas, il s’agit d’un sandwedge 56 degrés.

Sur ce tableau, le niveau de spin ne me paraît pas se réduire de manière flagrante. Il n’y a guère que 300 tours d’écarts en moyenne entre le wedge le plus usé, et le plus neuf.

Il faudrait pouvoir faire un test avec un robot pour en avoir le cœur net.

Cependant, si les pros changent tous les 4 tournois (16 tours), ce n’est peut-être pas que pour amuser la galerie, surtout à en juger par le premier graphique…qui résume la consistance du spin.

Avec le club neuf, sur 10 coups, le spin a oscillé entre 8000 et 8400 tours pour une vitesse de swing de 60 mph.

Avec le club usé dans le même exercice, le spin a oscillé entre 6800 et 8100 tours.

Pour beaucoup d’amateurs, cela ne fera pas une grosse différence, pourtant entre changer de driver tous les ans, et changer de wedges tous les ans, la dernière solution est la meilleure pour gagner des coups sur le parcours.

Trouver le bon manche : Poids et longueur

Le fitting est le mot à la mode concernant le matériel de golf. Si vous avez la chance de tester plusieurs shafts pour une même tête, vous seriez sans doute surpris par les écarts de performances.

En compilant des données au drive pour des différents types de manches (regular et stiff) classés par grammage, on peut s’apercevoir qu’il existe quelques petites différences de performances.

Un manche plus léger ne permet pas nécessairement plus de vitesse de swing chez tous les joueurs.

La donné la plus importante à regarder s’agissant du drive est d’ailleurs bien plus la vitesse de balle, soit le résultat de la frappe.

Le cas présent, c’est surtout le type de manche le plus lourd, et le plus long, en stiff qui est pénalisant.

Dans cet exemple, au-delà d’un manche de 71 grammes, je peux perdre jusqu’à 5 mph de vitesse de swing, et 3 mph de vitesse de balle, malgré un bon smash factor (1.48).

En réalité, chaque joueur aura une tendance préférentielle avec un type de manche, un grammage, et même une longueur.

Si vous tapez une balle au centre de la face, que vous avez l’impression de l’avoir bien touchée, et malgré cela, votre trajectoire de balle est basse, et en léger fade. Il est possible que votre manche soit trop raide.

A l’opposé, si votre balle monte trop, et part exagérément en draw, votre manche est sans doute trop flexible.

La longueur du manche peut aussi être un facteur aggravant pour la dispersion.

Certes, en théorie, sur un driver, un manche plus long va favoriser une vitesse de swing plus importante, mais si cette vitesse n’est pas correctement exploitée avec une frappe au centre de la face, le résultat va correspondre au contraire à une baisse de la vitesse donnée à la balle. Le gain sera complètement perdu.

Pour beaucoup de clubfitters, dont Alexandre d’Incau, la plupart des amateurs jouent avec des manches trop longs.

Les marques ont eu justement tendance à favoriser l’augmentation de la longueur des manches, pour promettre des gains de vitesses de swings, en particulier pour les seniors…

Si vous sentez que vous êtes trop couché sur la balle ou trop debout, vous avez sans doute un problème de longueur du manche, ce qui peut engendrer une plus grande tendance à décentrer.

Ci-dessus, on peut voir un tableau qui regroupe des frappes effectuées avec un driver, et classées selon la longueur des manches mesurés en inches.

Dans mon cas, plus le manche est court, et plus la vitesse de balle à tendance à augmenter.

Elle est tout simplement mieux centrée dans la face, même si je perds un peu en vitesse de swing.

Attention, selon chaque joueur, le réglage est fin.

Pour ma part, 44 inches, c’est trop court. 45 inches, cela commence à être trop long.

Si vous n’avez pas accès à un radar pour le vérifier, testez votre posture. Selon une longueur, vous allez vous sentir naturellement plus à l’aise, et plus confiant.

Choisir sa balle et s’y tenir

On a déjà beaucoup aborder la question des balles dans notre guide de choix 2018. Sans revenir sur le résultat du test complet, il faut retenir plusieurs notions.

La plus importante étant de ne pas changer de balle en cours de partie, et alterner les types de balles au gré de ce qui sort de votre poche.

Les balles dites du TOUR présentent effectivement l’avantage de donner beaucoup de spin autour des greens.

A 50 mètres du green, les Callaway Chrome Soft et Chrome Soft X, Titleist Pro V1 et Pro V1 X, Srixon Z-Star et Z-Star XV, et les TaylorMade TP5 et TP5 X peuvent donner selon les swings, la façon de centrer la balle, et la vitesse de swing entre 6500 et 7500 tours par minute.

Attention, une balle ne vole guère plus que 5, 6 ou 7 secondes.

En réalité, le nombre de tours est à diviser par 10. Les écarts sont ainsi plus relatifs entre une balle qui fait réellement 650 ou 750 tours, pendant ce laps de temps.

Toutefois, par rapport à une balle premier prix, comme la Pinnacle Rush ou l’Inesis Distance, le taux de roule peut facilement doubler.

Comprenez que le pouvoir stoppant d’une balle du tour est très fort. J’ai mesuré 6 mètres de roule contre 10 pour des balles entrées de gammes, et sur une distance de 50 mètres.

Cependant, choisir une balle TOUR présente de sérieux inconvénients pour des joueurs amateurs qui n’ambitionnent pas de jouer avec les professionnels.

Au lieu de les appeler TOUR, on devrait plutôt parler de "Petit-jeu".

Au driving, ces balles peuvent prendre plus de spin (ce qui est logique avec la nature du noyau et l’enveloppe).

Ce n’est pas absolument rédhibitoire, mais cela n’en fait pas spécifiquement des balles « distance » au drive, car il faut pouvoir taper assez fort pour pleinement les compresser.

Une Callaway SuperHot ou une Srixon AD333 Tour sont plus faciles à compresser, sans qu’elles ne prennent trop de spin.

Sur plus d’une trentaine de balles testées dans une petite dizaine de marques, en swinguant à la même vitesse, j’ai pu trouver jusqu’à 20 mètres d’écarts en moyenne au drive.

Rien que pour cet argument, le choix de la bonne balle est décisif pour scorer.

Pour une majorité d’amateurs, les balles TOUR ne sont pas indispensables, même si le plaisir de frappe avec un wedge est incomparable.

Une balle polyvalente (Mid-Spin) qui prend entre 4000 et 3000 tours au petit-jeu, et présente un noyau d’une compression moyenne est certainement le meilleur choix pour le jeu de tous les jours.

Je déconseille franchement les balles premier prix qui n’apportent pas nécessairement de la distance au drive en contrepartie d’un taux de spin très faible sur les approches.

Mais surtout, ne pas changer de type de balle en cours de partie. Dans ce cas, vous prenez le risque de jouer de manière aléatoire d’un trou à un autre.

Conclusion

Il ne faut pas considérer que le matériel vous rend meilleur.

Il faut raisonner à l’inverse.

Vous avez à l’instant T, un potentiel de 100.

Si vous utilisez des fers dont le niveau de loft est inadéquat avec votre swing, vous perdez peut-être 10% de votre compétence, et c’est complètement variable selon votre niveau de jeu, et le matériel en question…

Vous pouvez à nouveau perdre 10% de votre potentiel avec des wedges, clubs qui sont les plus utilisés sur le parcours, si ceux-ci présentent des rainures trop usées.

D’une approche à une autre, vous n’aurez pas toujours le même niveau de précision (consistance).

Vous perdez encore peut-être 10% de votre potentiel avec un driver trop long, trop lourd, trop léger, et avec un loft inapproprié.

Bien sûr, c’est difficile de le quantifier avec exactitude.

Vous pouvez pourtant perdre jusqu’à 20 mètres selon le driver choisi, et on peut imaginer que cela va se ressentir sur le nombre de fairways pris en régulation, et la longueur du coup suivant pour attraper le green en régulation.

Par exemple, au lieu de prendre 60% de greens en régulation, vous pouvez n’en prendre que 40%, et le score s’en ressentira immédiatement.

Vous pouvez encore jouer avec une balle qui n’est pas tout à fait performante pour vous, avec un noyau trop difficile à compresser, ou au contraire, qui ne prend pas assez d’effets sur vos approches.

Finalement, des mauvais choix de matériel peuvent facilement vous coûter 50% de votre potentiel à un moment donné.

La flèche ne fait pas l’indien, mais si elle est vrillée… l’indien n’est pas un très bon chasseur.

Le choix du matériel doit être dicté par une logique liée à la limitation des pertes de compétences.

L’augmentation du potentiel, lui n’est possible que par un travail sur la technique, indépendamment du matériel.

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