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Le secret de longueur des drivers TaylorMade

Depuis quelques années, nous entretenons une correspondance régulière avec Benoit Vincent, CTO de TaylorMade, à savoir le patron de la fabrication de tout ce qui sort des usines TaylorMade, du gant au driver. Cette semaine, nous avons passé un long moment en sa compagnie, et il a tenu à nous démontrer avec conviction, et preuves à l’appui, comment TaylorMade arrive à proposer des gains notables de distance avec ses drivers.

Les vérités de Benoit Vincent sur la balistique d’une balle de golf !

Benoit Vincent a la très grande particularité d’être un français dans un environnement extrêmement anglo-saxon.

Cela fait 20 ans qu’il a rejoint TaylorMade à Carlsbad en Californie (USA) pour travailler sur le développement de produits de golf, principalement, les fers et les drivers.

Avec la retraite de Sean Toulon qui s’occupait du développement de tous les autres produits, balles et accessoires chez TaylorMade…une figure emblématique de la société, il a vu son périmètre de responsabilité augmenter, et désormais, il est le garant de tout ce qui sort des usines TaylorMade.

Sans faire de chauvinisme exacerbé, c’est presque la plus belle victoire du golf français que d’avoir un ingénieur formé à l’INSA Lyon, contribuer activement à la recherche de meilleures performances pour les golfeurs du monde entier, pros et amateurs.

Initialement, nous espérions balayer avec lui l’actualité du numéro un mondial des équipements, et aborder les perspectives à venir, surtout après deux années particulièrement chahutées.

Mais très rapidement, Benoit Vincent nous a amené sur le terrain de la performance, et de ce que cherche réellement à faire TaylorMade depuis plus de vingt ans.

Pour la première fois, on l’a senti touché par le fait que certains sites Internet américain pouvaient critiquer ou remettre en cause, ce qui pour lui, semble évident.

Dans le cadre de cet entretien, Monsieur Vincent nous a partagé plusieurs travaux de recherches et d’études réalisés par ses soins ou par des ingénieurs de TaylorMade pour démontrer, comme deux plus deux font quatre, ce qui est à l’origine de l’accroissement de la distance avec un driver.

Admettant que c’était un travail colossal pour produire des gains « step by step ».

Avant de rentrer dans le détail de son argumentation, percevez le fait que depuis 1990, non seulement, nous avons assisté à plusieurs mini-révolutions dans le domaine du matériel de golf, mais la philosophie globale de la performance suit une sorte de chemin en montée en escalier par tranche de 3 à 4 ans.

Et plus important, TaylorMade est capable de démontrer avec des études balistiques à l’appui, qu’il y a encore une marge de progression pour la distance au drive, et que sa marque est en première ligne sur ce combat.

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Quand vous comparez les statistiques de deux joueurs du tour qui ont exactement la même vitesse de swing.

Par exemple, l’anglais Justin Rose, vainqueur de l’US Open 2013 et l’américain Michael Bradley.

  • Justin Rose mesure 1m89 pour 82 kg
  • Michael Bradley mesure 1m83 pour 91 kg

Ces deux golfeurs ont la particularité de swinguer la balle au drive de telle façon qu’elle sort exactement à la même vitesse depuis la face, soit 169,4 mph !

Pour vous donner un ordre d’idée, un bon amateur classé autour de 10 peut sortir une balle à une moyenne de 130 mph avec une vitesse de swing de 92 mph.

Soit près de 40 mph entre un bon amateur, et un golfeur professionnel en termes de vitesse de balle à l’impact !

Mais ce que veut nous démontrer, Benoit Vincent, ce n’est pas l’écart évident entre les pros et les amateurs, mais les écarts entre pro, y compris quand il swingue à la même vitesse.

Entre Justin Rose et Michael Bradley, Benoit Vincent note un écart d’angle de lancement de +2,4 degrés en faveur de Rose, qui lance sa balle à une moyenne de 12,3 degrés au départ de la balle contre seulement 9,9 degrés pour Bradley.

Mais ce n’est pas tout, Mr Vincent relève que l’anglais (Rose) donne moins de spin à sa balle par rapport à l’américain (Bradley).

La balle de Justin Rose est mesurée à 2361 tours par minute, quand Bradley voit sa balle mesurée en moyenne à 2826 tours par minute, soit un écart de 464 tpm.

Faisons un petit point sur le spin et la balistique

En qualité d’ingénieur, Monsieur Vincent nous explique alors qu’il s'est avéré qu’une balle de golf doit voler à un certain taux de rotation sur elle-même, le spin, pour d’une part ne pas tomber comme un caillou (pas assez de spin), ou ne pas subir un effet de ballonnement (trop de spin), à savoir résister dans l’air et monter un peu comme une montgolfière.

En somme, au-dessus de 3000 tpm, la balle commence à ballonner et monter, et en-dessous de 1700 tpm, elle commence à tomber.

Le graphique ci-dessus exprime la zone chaude (rouge foncé) de performance d’une balle lancée à 175 mph en termes de distance par rapport à un angle de lancement, et un taux de spin donné.

A partir de là, vous commencez peut-être à percevoir l’ambition de TaylorMade : Réduire drastiquement le spin tout en augmentant l’angle de lancement !

Dans le cas de nos deux golfeurs, Rose et Bradley, nous avons donc constaté que pour une vitesse de swing vraiment identique, les deux golfeurs ne prennent pas la balle exactement au même endroit dans la face du club.

Bradley la prend plus basse alors que Rose la prend plus au centre, ce qui a pour conséquence d’augmenter l’angle de lancement, et de réduire le spin.

Et résultat, pour la même énergie déployée, l’anglais propulse sa balle 27 mètres plus loin !

Cette première démonstration est éloquente !

Trouver la bonne formule entre taux de spin et angle de lancement

Benoit Vincent insiste sur le fonctionnement conjoint de l’angle de lancement, et du taux de spin pour expliquer comment on peut générer de la distance supplémentaire.

Ce phénomène n’a rien de nouveau, et au contraire, il l’observe depuis au moins 1990.

A cette date, les pros du tour projetaient la balle avec un angle de lancement moyen de 8° pour un taux de spin légèrement supérieur à 3500 tpm.

En 2000, dix ans plus tard, l’angle de lancement est monté à 10° avec un taux de spin qui a baissé légèrement au-dessous de 3000 tpm.

Dans ce laps de temps, ce n’est pas seulement le travail effectué sur les drivers qui a permis ce gain.

C’est surtout le travail sur la balle !

A l’époque, les balles avec des couvercles en Balata et des noyaux à élastique enroulé étaient balles les plus jouées. Elles ont été remplacées par de nouveaux produits avec un noyau interne, et une couche extérieure profondément changée.

Autre phénomène, les golfeurs ont commencé à faire de la préparation physique à l’image de Tiger Woods. Cela a aussi contribué à augmenter la vitesse de balle produite.

Continuons de remonter le temps pour cette fois s’intéresser aux performances des joueurs sur le tour en 2013.

L’angle de lancement est encore monté autour de 11°, et le taux de spin a de nouveau été baissé autour de 2700 tpm pour un gain de 24 yards entre 1990 et 2013.

En l’espace de 23 ans, et en deux paliers, l’angle de lancement a progressé de 1.5°, et le taux de spin de 500 tpm.

Benoit Vincent en tire au moins deux enseignements.

  • D’une part, il existe un véritable phénomène de montée en escalier de la performance.
  • D’autre part, cette amélioration de la performance suit une trajectoire.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il en détermine un idéal ! Un stade ultime qui n’est pas encore atteint aujourd’hui !

A savoir un angle de lancement de 17° avec un taux de spin de 1700 tours par minute ! C’est le chiffre magique de la distance au drive !

Si vous combinez ces deux paramètres avec votre vitesse de swing, d’un point de vue balistique, vous optimisez à 100% les conditions de lancement, et de trajectoire de votre balle.

A ce jour, aucune marque n’est capable d’atteindre un tel résultat, par contre, elles cherchent toutes à s’en rapprocher.

Et c’est là où les solutions diffèrent.

C’est aussi pour cette raison que Benoit Vincent, ingénieur TaylorMade s’étonne des stratégies de Callaway ou Ping qui travaillent dans des directions radicalement différentes.

PING travaille sur le fait de reculer le centre de gravité des drivers, alors que pour Benoit Vincent, il faut clairement faire l’inverse, pour d’une part, augmenter l’angle de lancement, et d’autre part, réduire le taux de spin.

Ci-dessous, il nous fournit un graphique qui démontre la distance gagnée par rapport à une vitesse de balle qui ne change pas (à savoir 125 mph).

Le tableau croise l’angle de lancement de la balle avec le spin.

Plus cet angle augmente en parallèle de la baisse du spin, et plus à vitesse constante, la distance augmente.

Au potentiel maximum, le gain peut être de 26 yards (23 mètres) !

Précisons que la très grande difficulté à laquelle sont confrontés les marques, et TaylorMade en particulier, c’est de suivre cette trajectoire.

Comme nous l’explique Benoit Vincent, faire à la fois chuter le spin et l'angle de départ ou le contraire, les augmenter ensemble, dans le deux cas, c’est d’une extrême facilité !

Le faire de telle sorte, que le spin décroît tandis que l’angle croît, c’est une autre histoire.

Prenant en exemple le driver SLDR lancé en 2013, l’ingénieur nous montre à quel point, ils ont travaillé pour « gratter » de la masse sur le dessus du driver pour le déplacer sous la semelle, et ainsi, modifier la position du centre de gravité du driver.

Ce graphique illustre l’opposition forte qui existe entre les convictions balistiques de TaylorMade, et de Ping.

Le fait d’avancer, et d’abaisser le centre de gravité de la tête contribue à lancer la balle plus haute.

Benoit Vincent reprend alors sa casquette d’ingénieur, et nous explique que pour 1 degré de loft en plus, vous devez ajouter 250 tours par minute de spin.

Sur le tour qui performe, et qui ne performe pas au drive ?

Toujours à l’aide d’autres preuves factuelles, Monsieur Vincent nous démontre que sur le tour aujourd’hui, et malgré le fait que les 150 meilleurs golfeurs du monde ont accès à des technologies et des aides sans communes mesures avec les amateurs, il y a encore des joueurs qui sous-performent au drive contre d’autres qui sur-performent.


Ce graphique croise la vitesse de balle en mph et la distance au drive en yards.

Les joueurs les plus longs du tour comme Rory McIlroy et Dustin Johnson sont tout en haut à droite du graph.

A savoir, la balle part de leurs drivers à une vitesse qui dépasse les 180 mph pour atteindre les 305 yards (270 mètres).

A l’inverse, les joueurs les moins longs du tour qui projettent la balle à moins de 160 mph drivent autour de 280 yards (252 mètres).

Le constat qu’il en fait , c’est que même dans des populations de golfeurs qui swinguent à des vitesses élevés, on trouve (en vert) des golfeurs qui vont plus loin, et des golfeurs qui vont moins loin (en rouge) que la moyenne des golfeurs (en bleu).

Et à nouveau, Benoit Vincent explique ce phénomène par une tendance incontestable : Les sur-performeurs ont un angle de lancement moyen de 11,6 degrés avec un spin de 2505 tpm contre 10 degrés et 2871 tpm pour les sous-performeurs.

Swinguer plus vite n’est donc pas la seule solution pour faire de la distance !

Benoit Vincent distingue trois types de drivers : les plates-formes à taux de spin bas, les plates-formes à taux de spin médian, et les plates-formes à taux de spin élevé.

Il recommande de choisir des drivers à taux de spin bas et d’utiliser un angle de loft un peu plus élevé, ce qui augmente l’angle de départ et produit de la distance.

C’est une pratique que les joueurs du tour adoptent pour leur driver et leur bois 3.

En 1990, le loft moyen des drivers était en dessous de 9 dégrées, aujourd’hui, cette moyenne est au-dessus de 9 dégrées.

De même, pour le bois 3, de nombreux joueurs du tour utilisent un bois 3HL de TaylorMade avec 1 à 2 dégrées de plus que celui d’un bois 3, ce qui le rend également plus facile à jouer.

Il nous donne un autre exemple frappant avec celui de Sergio Garcia qui travaille avec TaylorMade depuis une quinzaine d’années.

Sergio Garcia, le roi du spin élevé chez le cogneurs !

Le talentueux espagnol a toujours eu historiquement beaucoup de mal à driver la balle à moins de 3000 tpm de spin.

Depuis qu’il utilise un SLDR et maintenant un R15, il est enfin parvenu à descendre sous la barre des 3000 tpm.

Par rapport au graphique précédent, cela positionne Garcia autour des 180 mph de vitesse de balle pour 300 yards de distance.

Si Garcia pouvait gagner 600 tpm de spin en moins tout en augmentant son angle de lancement de 3 degrés, il pourrait potentiellement gagner 18 yards (16 mètres) à vitesse de swing constante !


Sur le tableau ci-dessus, nous pouvons constater que Garcia ne swingue pas plus vite depuis 4 ans.

Et d’ailleurs, nous avons regardé ses statistiques sur plus longtemps, et globalement, sa vitesse de swing reste inchangée. Il semble être de ce point de vue à son plafond maximum.

En revanche, à vitesse de swing constante, il arrive à grappiller quelques mètres en distance totale…

Concernant les amateurs, où en sommes-nous par rapport aux professionnels ?

Et bien pour Benoit Vincent, nous suivons la même trajectoire simplement avec un peu plus de retard par rapport à l’idéal.

Cet argument de la part de l’ingénieur pour répondre à ceux qui prétendent que les amateurs ne jouent pas comme des professionnels.

Certes, oui, mais ils obéissent aux mêmes règles balistiques, et peuvent à ce titre, optimiser leurs performances, y compris la distance, en suivant la même règle : un angle de lancement plus élevé combiné à un taux de spin plus réduit.

Résumé de nos tests « DRIVER 2015 » classés par distance maximale moyenne (carry+roule)

(Précisons qu’il s’agit de drivers 10.5 degrés montés sur shaft graphite regular)

Le R15 est le club le moins spinnant du panel avec un écart notable par rapport aux autres drivers.

Résumé de nos tests « DRIVER 2014 » classés par distance maximale moyenne (carry+roule)


Le SLDR est dépassé le Cleveland Altitude du fait d’une vitesse de swing supérieure de près de 4 mph !

Si le tester du SLDR avait produit la même vitesse de tête que le testeur du Cleveland, le SLDR aurait une distance de 10 m de plus, soit 7 m de plus que le Cleveland, du fait de son niveau de spin inferieur.

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