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Gamme TaylorMade M2: Révélations sur la conception des nouveaux clubs

Rencontré à Orlando, Benoit Vincent, Chief Technical Officer TaylorMade nous a présenté en détail la nouvelle famille TaylorMade M2 avec des « cut-out », des clubs coupés pour expliquer sur quoi les ingénieurs ont travaillé précisément pour économiser du poids, et accentuer la tolérance. Découvrez avec ce document exclusif (insider) ce qui fait la différence pour les clubs TaylorMade !

Benoit Vincent est un ingénieur français qui a la particularité de diriger le service technique de l’une des plus grandes entreprises américaines dans le domaine de la conception de clubs de golf, et dont le budget de recherche et développement avoisine plusieurs millions de dollars par an.

Depuis près de 20 ans, il est au plus près de ce qui préside à la performance du matériel de golf.

C’est toujours un privilège pour nous de l’interviewer, car son discours n’est pas celui du marketing, mais bien de celui qui a directement participé à la construction des drivers, des bois, des hybrides ou des fers.

Bonjour Monsieur Vincent, pouvez-vous nous expliquer sur quoi vous avez travaillé concernant cette nouvelle ligne de clubs M2 ?

Quand on regarde le M1 et le M2 vue du dessus, les deux clubs sont très semblables. Je dirai que c’est la même cosmétique pour les couronnes, par contre la technologie diffère.

Ce que nous avons fait, c’est que nous avons utilisé la technologie multi-matériau qui permet d’économiser du poids depuis la partie supérieure de la tête.

A l’aide des morceaux coupés, on peut parfaitement s’en apercevoir.

Entre le M1 et le M2, nous utilisons le poids de manière différente ! Sur le M1, on s’en sert pour faire de la personnalisation avec 25 grammes de poids amovibles, alors que sur le M2, on fait de la distance, et de la tolérance maximum.

Alors qu’est-ce que cela veut dire ? Sur le M1, on peut faire plus de réglages, et régler des trajectoires droite et gauche et haut ou bas.

Sur le M2, on peut toujours changer la hauteur de trajectoire par l’ajustement du loft sur le hosel, mais on ne peut pas régler la trajectoire à droite ou à gauche, par contre avec le M2, on a augmenté au maximum sa tolérance, ce qu’on appelle son « forgiveness ».

Trois composants entrent en jeu :

En premier, l’inverted cone, le dessin de la face avec un cône inversé, va restituer directement de la vitesse de balle à l’impact.

En deuxième, on a repositionné tout le poids sauvé du dessus pour le remettre à l’arrière. En reculant ce poids vers l’arrière, on a augmenté l’inertie du club de façon substantielle.

Et la troisième chose importante, c’est la «speed pocket » qui permet de protéger/maintenir la vitesse de balle pour les coups tapés en bas de face, et de réduire le niveau du spin.

Il faut savoir qu’à partir du moment où nous avons pris du poids depuis le dessus du club pour le mettre en bas et en arrière, le centre de gravité du club a été positionné très bas, et vers l’arrière, ce qui augmente légèrement le spin.

La speed pocket et la face plus rugueuse ont aidé à contrebalancer cet excès de spin lié à l’augmentation de la tolérance.

En synthèse, les deux éléments qui sont la speed pocket et la face rugueuse enlèvent le spin que l’on a mis en ajoutant de la masse à l’arrière de la tête.

Et pour le bois de parcours M2 ?

Il vient en complément du bois de parcours M1.

Même chose ici, on a repris la technologie multi-matériau. On a remplacé l’acier qui pesait à peu près 22/23 grammes par une structure en composite qui pèse 10 grammes pour ainsi économiser 12 grammes.

Attention après l’opération de collage qui intervient forcément dans une technologie où on emploie plusieurs matériaux, le gain final n’est plus que de 5 à 6 grammes. Ce sont ces 5/6 grammes qui ont aussi été déplacés vers la semelle pour abaisser le centre de gravité.

C’est aussi une structure qui est dite très « shallow » étroite qui permet de beaucoup mieux travailler l’interaction avec le sol.

L’autre aspect qui est très intéressant avec ce nouveau club, c’est que ce fairway wood est plus large que le M1, et donc plus tolérant avec plus de moment d’inertie.

La chose qui était fondamentale au moment de sa conception par rapport au M1, c’était sa speed pocket plus active.

C’est vraiment la speed pocket la plus flexible que nous ayons jamais fabriqué.

La tête se déforme réellement sous l'effet de l'impact, et surtout cela maintient la vitesse de balle élevée sur les coups tapés excentrés en bas de la face.

Sans cette speed pocket, nous aurions mesuré une perte potentielle de 2 mph de vitesse de balle à l’impact pour les coups sur le bas de la face, et le spin aurait été de 600 tours par minute plus élevés.

Que répondriez-vous aux clubfitters qui affirment que depuis la mise en place de régulation sur le coefficient de restitution, les marques ne peuvent plus réellement proposer de progrès et de performance sur les seules têtes des clubs ?

En fait le test de l’USGA réside au niveau de la face qui ne peut pas être trop flexible, alors qu’ici sur ces clubs, nous travaillons sur le corps de la tête, et essentiellement pour maintenir de la performance sur les coups qui sont en bas de la face.

Avec le RocketballZ, on avait déjà augmenté la vitesse de balle à l’impact, et réduit le spin sur les coups en bas de la face, et ce notamment avec la première génération de speed pocket.

Après plusieurs générations de produits, nous sommes arrivés à dessiner une speed pocket beaucoup plus flexible.

La semaine dernière, nous avons réalisé un test avec Jason Day. Nous lui avons demandé de tester le bois 3 M2 par rapport au bois 3 Aeroburner.

Jason a été finalement 11 yards (10 mètres) plus long avec le M2. C’est aussi pourquoi nous sommes certains d’avoir recréer de la distance substantielle avec ce nouveau produit.

Vous déclinez la gamme bois de parcours M2 jusqu’à l’hybride ?

Effectivement, le bois de parcours vient avec un hybride pour lequel il n’a pas été très utile de mettre du carbone sur le dessus de la tête, essentiellement parce que la tête est très petite.

Quand on finit de coller une couronne en composite sur la tête, les gains ne sont pas assez importants.

D’autre part, la tête n'impose pas les mêmes contraintes en termes de volumes et de masses. On peut mettre tout le poids que l’on veut sur la semelle.

La speed pocket est là-aussi très active, ce qui augmente la vitesse de balle.

Ce rescue est aussi plus gros que l’équivalent M1.

Si le M1 a un hosel ajustable, et des masses de 3 grammes et 25 grammes que l’on peut alterner, ce n’est pas le cas pour le M2.

Là-aussi, le M2 met l’accent sur la distance, et la tolérance plus que sur les possibilités de réglages.

La taille est encore une fois un élément qui joue en faveur de la tolérance sur ce type de clubs.

Enfin, nous avons quelque chose de nouveau sur nos bois de parcours, et nos rescues, c’est ce qu’on appelle le Floated Hosel.

A savoir, nous lui avons enlevé de la masse, et nous l’avons rendu plus long pour ne pas pénaliser le centre de gravité.

Et le fait de le faire plus long, nous a permis d’améliorer les sensations à l’impact, ce que nous avons déterminé après des comparaisons entre des hosels plus courts, et plus longs.

A nouveau, que répondez-vous aux clubmakers qui affirment que de plus en plus de joueurs pros préfèrent les têtes collées aux têtes ajustables ?

Oui, j’ai déjà entendu cela mais pour ma part, je ne pense pas qu’il y ait de fondements à ce raisonnement.

Il pourrait y en avoir un si les sleeves étaient très lourdes, mais si on compare par exemple les dessins des fairways M1 et M2, et donc des hosels ajustables ou pas, les poids des de l'ensemble sleeve/hosel et du hosel non ajustable sont les mêmes.

Il n’y a pas de pénalités en termes de masses. Il n’y a pas de pénalités en termes de feeling.

Là, où il peut éventuellement y avoir une pénalité, c’est le cas pour certaines marques quand le hosel est un peu plus gros, surtout quand la conception de lal sleeve est plus complexe.

Sur le tour, Il y a un désir d’avoir quelque chose de plus fin au niveau hosel, et au niveau du dessin de la sleeve.

Il est vrai que quand le dessin est « bulky », un peu gros, les pros ont tendance à réagir de manière négative.

Pour compléter la gamme M2, vous proposez aussi de nouveaux fers ?

Le fer M2 complète effectivement la gamme des bois.

Avec ce club, on voulait impérativement qu’il soit très long et que la trajectoire soit haute.

Quand les concepteurs veulent augmenter la distance avec leurs fers, ils réduisent souvent le loft, et produisent des trajectoires basses.

Avec ce produit, nous ne voulions pas faire de compromis, et au contraire obtenir hauteur et distance.

Pour la distance, nous avons travaillé sur la speed pocket dans la semelle du fer M2 qui combinée à une face très très fine, et un canal de 360 degrés le long du périmètre intérieur de la face produit une grande vitesse de balle.

Et la deuxième chose intéressante avec cette speedpocket, c’est qu’elle produit un angle de lancement de la balle qui est plus élevé.

Pour ne pas être trop haut, nous avons réduit les angles de lofts. Mais même en réduisant les lofts, on reste sur une trajectoire plus haute que la plupart des clubs des autres compétiteurs.

On lance plus haut que le Callaway XR, que le PING G, et ce même avec un loft plus fermé !

Avec la speed pocket, un système indépendant de l’angle de face, on arrive à générer du lancement. C’est en quelque sorte un deuxième mécanisme pour produire de l’angle de départ.

L’été dernier, lors de votre précédente interview, vous nous aviez parlé de l’angle de lancement idéal et de spin idéal pour le driver, est-ce qu’il existe des données similaires pour un fer 7 ?

Pour le driver, c’est toujours 17° d’angle de lancement, et 1700 tours par minute de spin qui produisent la distance maximum, et ceci est dû à l’aérodynamique de la balle.

Ce n’est pas du tout dicté par le club.

Quand on veut de la distance, il faut s’approcher de ces chiffres.

Pour un fer, les niveaux de spin sont beaucoup plus élevés et on est loin de cet optimum. Par exemple, un fer 7 produit un spin d’environ 7000 tours par minute.

Pour produire de la distance avec les fers, on va donc chercher à augmenter la vitesse de balle sans sacrifier l’angle de lancement.

Car, si on réduit la hauteur de trajectoire, on perd du contrôle car l’angle de descente sur le green est trop faible, ce qui est le problème de nombreux fers qui ne produisent pas assez de hauteur de trajectoire.

Avec le M2, l’intérêt de ce produit qui lance plus haut, c’est qu’en parallèle l’angle d’atterrissage est plus élevé pour arrêter la balle plus vite, et donc mieux contrôler la profondeur de la trajectoire.

Là-aussi, nous avons fait des tests avec un joueur du tour.

Nous lui avons donné ce fer M2 avec un angle de loft plus fermé de 5° par rapport à son fer Psi2 Tour usuel, et il est arrivé à aller en fait plus haut avec ce fer M2 pourtant plus fermé, et bien sûr il est allé beaucoup plus loin.

On a vraiment obtenu ce que l’on cherchait avec le M2, à savoir plus de distance, et plus de hauteur de trajectoire.

Quel est l’importance du badge situé à l’arrière de la cavité de ce fer M2 ?

L’aspect que je voudrais évoquer, c’est qu’avec une face très fine et très active, ce fer aurait fait beaucoup de bruit si on ne l’avait pas équipé en plus d’un badge.

C’est tout nouveau, et cela donne un feeling fabuleux. Il est tridimensionnel, et à la fois très léger, et très raide.

Le matériau qui est entre la face et le badge, est un matériau qui est souple et absorbant pour amortir les vibrations.

Le problème avec les badges que nous utilisions auparavant, c’est qu’ils étaient fermes mais pas suffisamment raides.

Avec ce nouveau badge dessiné avec deux poutres, en dimension 3D, il est pratiquement impossible de le plier avec la main tellement il est raide.

Et en le faisant aussi raide, on peut vraiment déformer la matière souple qui est entre le badge et la face, et obtenir une sensation superbe.

Vous avez développé en parallèle une version tour ?

Cette version tour du fer M2 fait globalement la même chose avec une face fine, un canal de 360° le long de l'intérieur de la face, une speed pocket, un badge pour donner du feeling,… nous proposons les mêmes solutions, mais il vient dans une forme plus adaptée aux meilleurs golfeurs, plus petite, plus compacte, et plus proche de notre précédent fer Psi.

Pour ce club, nous n’avons pas mis de slots sur les faces.

En fait, l’expansion de la face est déjà tellement grande que nous avons estimé que la protection sur les coups décentrés était largement améliorée par rapport aux types de joueurs ciblés pour utiliser ces clubs.

Avez-vous déjà entendu parler de retours clients qui auraient cassé ces fameuses slots sur les faces ?

On a constaté moins de 0,1% de retour.

Dans certaines circonstances, il est toujours possible de casser un club, et par exemple quand ce dernier est tapé sur un terrain très accidenté.

Les matériaux qui remplissent les slots sont relativement souples. Pour les casser, il faut des circonstances assez extraordinaires.

Nos retours sont extrêmement faibles. Nous avons dû vendre près d’1 million de têtes, et je ne crois pas que nous ayons reçu plus d'une centaine de retour.

On a des retours pour de nombreux problèmes classiques pour des clubs de golf, et le plus souvent, pour des shafts cassés.

Cela représente moins de 1% de nos ventes, et bien entendu, nous échangeons les produits au travers de notre service après-vente.

A chaque fois que l’on sort une nouvelle technologie, c’est pratiquement inévitable d’avoir un peu de retour. Le 0 défaut n’existe pas.

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