Le fitting du matériel de golf : Un terme utilisé à tort et à travers ?

Beaucoup d’amateurs de golf s’interrogent sur le bien-fondé de faire un fitting, en magasin, au cours d’une journée démo day avec une marque, ou bien même avec un professionnel tel qu’un clubfitter. A l’invitation d’un abonné de JeudeGolf.org, je suis amené à préciser ce que pourrait être le fitting. A l’invitation aussi de clubfitters qui réagissent à certains articles publiés sur JeudeGolf, il faut admettre que tout le monde n’a pas la même définition de ce qu’est un fitting, et c’est bien tout le problème. Ce mot est devenu un générique « fourre-tout » qui n’est plus assez précis, et ne satisfait finalement plus les professionnels eux-mêmes, qui dans certains cas considèrent que l’on mélange les torchons et les serviettes.

Pourquoi faire un fitting ?

Pour un golfeur, c’est déjà la première question à se poser.

Est-ce que je pourrais mieux jouer avec un matériel adapté ?

Permettez-moi de vous faire une réponse qui va vous surprendre et vous choquer : Non !

Trop souvent, nous les golfeurs, qui dans l’immense majorité, aimons le matériel de golf, pensons qu’il est l’Alpha et l’Omega du score au golf.

Je suis l’exemple type du golfeur qui a accès à une quantité de clubs, de données, de mesures, de professionnels du fitting. J’ai composé mon sac de golf avec une très grande minutie, en écoutant tous les conseils, en vérifiant le plus de théories possibles.

J’ai sans doute encore beaucoup à apprendre.

J’ai probablement 14 clubs très « réfléchis » dans mon sac d’amateur, et pourtant, cela ne m’empêche pas de faire des erreurs de stratégies, de taper de temps en temps des mauvais coups dont je suis le seul responsable, et qui me coûtent des points de pénalités, de jouer sur des parcours différemment entretenus ou selon différentes conditions météorologiques, ou tout simplement difficiles stratégiquement…

Nous oublions parfois que nous jouons sur des parcours « organes vivants », et que nous n’avons jamais deux fois la même situation à jouer. C’est nous contre le parcours, et il gagne très souvent.

La beauté de ce jeu, c’est qu’il ne se résume pas à un seul facteur, et le matériel n’est qu’un facteur du jeu.

Le meilleur fitting que je pourrai faire pour notablement progresser, c’est un fitting du corps et de l’esprit, pour concevoir intellectuellement de meilleurs coups, et les réaliser.

Cela ne veut pas dire que le fitting des clubs ne sert à rien, mais par cette introduction, je voulais commencer par le relativiser, pour vous inviter modestement à réfléchir sur la globalité du jeu de golf.

Le fitting a une utilité fondamentale : Améliorer votre zone de confort, et enlever une question parmi toutes celles qui vont rester : Ne pas douter de son matériel.

Je l’ai souvent écrit, si des clubs ne font pas mieux jouer au golf, permettez-moi encore une subtilité : Les clubs peuvent inversement faire mal jouer.

La différence est subtile, mais elle est pourtant importante.

Admettons que je joue des clubs parfaitement fittés.

Mon potentiel de jeu est à 100% entre mes compétences et mon matériel.

L’ensemble de mes compétences golfiques, et des facteurs que je ne maîtrise pas (le parcours et son incertitude) me permettent de jouer par exemple 15 au-dessus du par.

Parfois, je vais jouer 13 et le plus souvent 20. Le matériel n’est pas la variable d’ajustement.

Je vais taper de très bons coups avec mon matériel ajusté, mais mes erreurs sont mes erreurs, et à la fin de la partie, ce qui compte, ce n’est pas le comment mais le combien.

Deuxième cas de figure, je pars en vacances et n’emmène pas mon matériel de golf.

Je joue un parcours avec des clubs de locations.

Ils sont en graphite senior flex avec beaucoup d’offset, soit l’inverse de ce qui me convient.

Au lieu de jouer 15, je vais jouer entre 25 et 30…

Dans ce cas, le matériel m’a pénalisé ? Pourquoi ?

Parce que je n’ai pas compris ce que j’avais dans les mains, et mis en place, les solutions pour m’adapter aux clubs que j’avais à jouer.

Car contrairement à ce que vous pourriez peut-être croire, on adapte les clubs aux joueurs, mais on peut aussi s’adapter aux clubs.

On devrait même apprendre à savoir le faire, car un golfeur ne se résume pas à son matériel de golf, mais à sa compétence pour jouer au golf.

On accepte l’idée de jouer sur des parcours multiples.

Pourquoi n’accepterait-on pas l’idée de joueur avec des clubs multiples ?

Ce qui compte, ce ne sont pas les clubs, c’est notre culture et notre compréhension de ce qu’est un club de golf, sa fonction, ses caractéristiques…

Est-ce qu’un pilote professionnel monte dans une formule 1 sans avoir lu le manuel de pilotage ?

En formule 1, on parle souvent des pilotes d’essais ou même on distingue les meilleurs entre eux sur leurs capacités à mettre au point leurs voitures, à aller dans la finesse des détails.

Si vous achetez des clubs de golf et si vous faites un fitting, vous ne pourrez pas vous détacher de la compréhension des caractéristiques de vos clubs.

Le fitting est aujourd’hui un terme trop galvaudé, et trop fourre-tout.

Comme le sketch des Inconnus sur la différence entre un bon et un mauvais chasseur, comment distinguer le fitting ?

Ce qui fait de nous des golfeurs, même amateurs, ce n’est pas le fait de taper dans des balles de golf, de marcher 18 trous ou de suivre une étiquette, c’est de comprendre ce que nous faisons sur un parcours, et ce que nous allons mettre en place pour aller au bout des 18 trous.

Dans le cas de ma partie en vacances avec des clubs totalement inadaptés, si j’avais mieux pris le temps de comprendre ce que j’avais dans les mains, j’aurai adopté les bonnes solutions et ramené un score proche de mon optimum, au lieu de râler sur les clubs, me masquant les vraies raisons de mes coups manqués.

En tant que golfeur ou golfeuse, nous sommes bien plus que des tapeurs de balles et dépendants de notre matériel de golf, ce qui ne nous dispensent pas, par passion pour le jeu et le matériel, d’être des bons metteurs au point.

Récemment Victor Dubuisson a expliqué qu’il avait connu des difficultés dans son jeu de golf, parce qu’il avait découvert que ses clubs fournis par TaylorMade, avaient été mal réglés, +1.5 upright au niveau du lie.

Pour cette raison, il ne tapait pas les coups qu’il désirait.

D’une part, c’est son déclaratif.

Personne n’a objectivement vérifié cette information, même si des indices laissent penser qu’il n’est pas rare que les marques, livrant une grande quantité de clubs chaque année, ne soient pas en mesure de garantir le 0 défaut, y compris pour les golfeurs professionnels.

Un clubfitter qui travaille avec certains golfeurs professionnels m’a souvent témoigné d’avoir trouvé des erreurs d’ajustements, et dans un peu toutes les marques.

Il souligne d’ailleurs que mis à part quelques rares golfeurs professionnels qui ont un fitteur attitré, la plupart des autres n’ont pas nécessairement un professionnel aguerri pour vérifier leurs clubs.

Tiger Woods a son propre fitter, qui n’a jamais changé et malgré ses différents équipementiers. Dans le cas de Victor Dubuisson et peut-être une majorité des professionnels sur le tour, ils n’ont pas un intervenant qui va vérifier chaque club.

Cela souligne d’ailleurs que les golfeurs professionnels ne sont, pour la plupart, pas assez connaisseurs du matériel de golf, et pas assez metteurs au point.

Il y a d’ailleurs là, certainement des opportunités pour être meilleur, et pas seulement en nombre de putts rentrés.

Cette anecdote démontre surtout que Victor ne connait pas les caractéristiques de ses clubs, ne sait pas les contrôler seuls, il ne sait peut-être pas non plus s’adapter assez aux clubs.

Toutefois, il a fini par identifier le problème. Il n’a perdu que du temps. Même si pour lui, le temps est de l’argent.

Une chose qui milite pour le fitting et tend à contredire mon propos. C’est qu’un golfeur devrait savoir jouer avec différents types de clubs. En revanche, il est sans doute vrai que dans la durée, il pourrait performer moins comparativement à un golfeur, dans sa zone de confort, avec un matériel parfaitement adapté.

Le fitting, c’est donc se mettre dans une zone de confort. On peut performer hors de la zone de confort, mais peut-être moins longtemps, et avec moins de régularité.

Encore récemment, j’ai noté que Miguel Angel Jimenez déplorait le fait qu’aujourd’hui, trop de golfeurs donnent trop d’importance au matériel, et au détriment de l’instinct.

Il rappelait que l’on devrait plus souvent aller jouer sur le parcours avec un seul club, et pour jouer tous les coups, du départ jusqu’au green.

Son idée : Développer la créativité, le sens du jeu, et finalement la faculté d’adaptation.

A ce titre, le clubfitter n’est pas votre gourou ou coach matériel, il doit être votre assistant dans votre effort personnel de mise au point. Il est celui qui vous accompagne sur le chemin de la performance, sans être celui qui détiendra toute la vérité.

Le fitteur doit être votre instrument, votre mécanicien dans le stand pour aller chercher, non pas le réglage, mais la compréhension de l’outil que vous allez utiliser, et en fonction d’un projet de jeu.

On ne fait pas un fitting pour adapter du matériel de golf. On fait un fitting en corrélation avec un projet de jeu, en analysant nos forces, et nos faiblesses.

En cherchant des solutions techniques à un défi physique et stratégique…

Maintenant, il est vrai qu’à votre place, la grande difficulté, c’est de savoir à qui se fier. J’aurai envie de répondre : à vous !

Si votre projet de jeu est clair. Si vous connaissez le matériel de golf, les caractéristiques des clubs, les causes et les conséquences, personne ne pourra vous tromper. Vous serez le directeur de votre mise au point.

Il n’y aura alors pas de mauvais clubfitter qu’il soit dans un magasin, qu’il travaille pour une marque, ou qu’il soit un expert indépendant.

A partir de là, la question clé, que l’on soit débutant, expert, golfeur professionnel ou amateur, c’est quel investissement personnel vous êtes prêt à consacrer à cette question du matériel ?

Réfractaire à l’idée de devenir un metteur au point, vous voulez déléguer ou plutôt, vous voulez vous fier à un expert ?

Apprenez néanmoins à reconnaître et comprendre le matériel pour ne jamais être pris au dépourvu.

C’est quoi un fitting ?

De Décathlon aux magasins spécialisés, des marques de matériel à l’artisan fitter, du clubfitter au clubmaker, tout le monde a sa définition du fitting, et elle n’est pas exactement la même.

A qui faire confiance ?

Il n’existe justement pas un code ou une définition unanimement reconnue et largement partagée. Il n’existe pas plus de gendarmes pour s’assurer du respect de cette définition, s’il était partagé.

Il n’existe que l’expérience de ce qui marche ou de ce qui ne marche pas.

En ce moment, j’avoue apprécier l’usage du terme « lien de cause à effet » dans certains articles.

Le fitting devrait toujours être la preuve d’un lien de cause à effet d’une caractéristique matériel sur une caractéristique de swing.

La preuve ne peut plus se résumer à une seule trajectoire de balle !

Depuis l’avènement des launch monitor, et même de systèmes encore plus pointus, comme par exemple le GEARS, nous savons qu’il y a de nombreux facteurs qui s’additionnent ou s’opposent.

Un fitting devrait donc toujours commencer par une mesure objective du matériel du joueur, et des caractéristiques de son swing.

On en vient par conséquent à la première définition clé du fitting : Le temps !

Si j’ai appris une chose, fitter des clubs, c’est prendre beaucoup de temps pour analyser, pour tester, pour vérifier, pour partir dans une direction, parfois revenir en arrière, et enfin confirmer.

Le fitting, c’est un temps long…c’est plus un processus qu’une action.

Le fitting est indissociable d’un processus rigoureux de prises de mesures, pour justement établir des comparaisons, tenter de trouver d’infimes indices de causes produisant des effets. Ces mesures nécessitent des outils fiables et précis, que ce soit pour ajuster le loft d’un putter, ou le lie d’un fer.

La difficulté du fitting ?

Si les clubs sont figés dans des caractéristiques, votre swing, vous-même ne l’êtes pas !

Avec des années de pratiques, combien de fois ai-je fait évoluer mon swing ?

Le fitting parfait des clubs de golf à la personne, et à son swing, suppose que nous ne nous transformions pas en une donnée variable.

C’est justement pour cette raison que le fitting d’un débutant est difficile. Ce n’est pas parce qu’il est débutant, et qu’il a moins le droit ou est moins éligible à un fitting, bien au contraire.

Le problème que pose le débutant, c’est la trop grande variabilité de ce qui le caractérise pour déterminer une solution figée.

De là se pose le vrai problème de la définition du fitting !

Decathlon propose une forme de fitting basée sur la mesure de l’individu.

Au bout de la chaîne, un clubfitter indépendant va aller jusqu’à mesurer la fréquence d’un shaft ou un autre va utiliser la méthode Wright Balance pour déterminer le grip à poser.

Qui a tort ? Qui a raison ?

Le fitting n’est pas un acte à un moment. C’est un chemin ! C’est votre chemin, et il dépend de vos expériences.

Commencer par adapter la longueur de son club à sa morphologie est une première étape pertinente.

Un jour, le golfeur passé par ce processus ira peut-être jusqu’à faire mesurer la fréquence de son shaft dont il aura choisi la rigidité par segment du manche… ou pas.

Ce sera fonction du projet de jeu, et de l’ambition du projet de jeu. Ce sera aussi fonction de ce que j’ai écrit plus haut sur le fait de savoir être un metteur au point, au contraire, relativiser pour développer une plus grande faculté à s’adapter.

Le problème de la parfaite définition vient du fait que l’on veut mettre toutes les opérations de fitting dans un seul terme, et en plus, on veut les opposer.

La profession gagnerait à définir ce chemin, créer une sorte de pyramide d’étapes à gravir.

Ci-dessus, ce n’est que ma modeste proposition qui sera immanquablement critiquée par les professionnels.

J’ai classé les étapes dans l’ordre d’importance, du plus basique au plus pointu, pour ce qui m’a paru pertinent. En fait, le chemin que j’ai moi-même suivi ou réfléchi à posteriori, comme par exemple, l’étape du grip que j’ai très longtemps sous-estimé par méconnaissance du sujet.

Autre élément que j’ai appris au cours des 18 derniers mois, l’impact de l’offset de la tête de club sur mon chemin de club, et ses conséquences sur les formes de mes trajectoires. C’est là encore un élément ultra sous-estimé.

Concernant les lofts, à une époque, où pour les fers, les marques ne cessent de les baisser, il n’est pas assez dit que tout est toujours affaire de compromis : Moins de loft donnera plus de smash factor sur un fer, mais en contrepartie, moins de spin, moins d’angle d’atterrissage, et en fait, moins de contrôle.

C’est pourquoi il n’existe pas une seule formule gagnante ! Il n’y a que des choix, des compromis en cohérence avec un projet de jeu.

Au sommet de la pyramide, la dernière étape consiste finalement à contrôler la cohérence des clubs entre eux, ce qui est appelé l’étalonnage.

Dans cette pyramide, je n’ai certainement pas tout mis, et par exemple, je n’ai pas parlé du swing weight, car de mon point de vue, c’est plus une conséquence qu’une cause.

Aux termes du processus pour mon driver, j’ai coupé le shaft plus court pour réduire les incidences sur le déplacement du chemin de club par rapport à ma cible (centre du fairway), j’ai ajouté un grip plus lourd et plus uniforme sur toute sa longueur, et en bout de chaîne, j’ai placé une tête plus légère (M4 au lieu de M3)… et mon swing weight est passé de D3 à C9…

L’équilibrage d’un club me semble être un point clé, mais je ne crois pas qu’il faille chercher ou viser un équilibrage en particulier. Il faut le trouver en conséquence de toutes les autres actions préalables.

Changer un grip, graver des initiales sur une tête, c’est plus du clubmaking que du clubfitting.

C’est une autre différence qu’il faut savoir faire, sans être péjoratif pour des opérations utiles ou qui alimentent le plaisir.

Le temps, l’analyse objective, la sauvegarde rigoureuse des données et en fait la recherche des liens de causes à effets sont les éléments essentiels d’un bon fitting.

Disposer d’un Trackman ne suffit pas.

Indiquer au client qu’il a gagné 10 mètres au drive ne suffit pas.

Il faut tout prendre en compte, distance, dispersion et contrôle de la profondeur quand on veut devenir un bon metteur au point.

Surtout, il faut savoir déterminer son projet de jeu, et mettre ses clubs en conformité avec son projet.

Dans sa question initiale, l’abonné soulignait un autre problème important : « Les intervenants vous dirigent facilement vers ce qu’ils ont à vendre, plutôt que ce qui pourrait être vraiment adapté. »

Il apparaît qu’il manque peut-être aujourd’hui une profession dans le domaine de la vente de clubs de golf : Courtier en fitting !

L'idée m'a été soufflée par un lecteur.

Un professionnel qui vous ferait suivre le processus, vous aiguillerait sur les choix des composants, et dresserait avec vous le cahier des charges à suivre, MAIS ne vous les vendrait pas directement ?

En ce sens, ce courtier indépendant ne serait pas intéressé à la vente d’un composant plutôt qu’un autre…

Avec le confinement, les politiques n’arrêtent pas de parler du monde d’après, sans d’ailleurs en dessiner vraiment les contours, et expliquer ce qu’il pourrait être.

Dans le domaine du matériel de golf, le monde d’après, cela pourrait être un monde qui propose plus le matériel sous forme de composants, et moins sous formes de clubs montés, standards et figés ou à ajuster à la marge.

Un peu à la manière de la chaîne de fast food, Subway, les golfeurs pourraient aller voir leur détaillant, en suivant une file, et en déclarant ce qu’il veut pour chaque caractéristique.

Cependant, chez Subway, tout le monde sait ce qu’est une tomate, une tranche de jambon ou un pain au sésame. Dans le domaine du matériel, nous les golfeurs, devrons développer notre connaissance des… liens de causes à effets, pour justement demain, savoir mieux choisir nos composants, et ne remplacer que ce qui est usé ou périmé.

Ne pas changer de driver ou de séries juste pour changer, et partir d’un set-up à un autre, sans vraiment comprendre et pire, maîtriser ces choix, ou alors développer une faculté d’adaptation.

Pas comme Monsieur Jourdain, tout le monde ne fait pas du fitting en croyant savoir le faire…

Il y a quelques mois, j’avais déjà publié un article sur ce sujet, avec un titre plus provocateur encore, que je vous invite à relire en complément 

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