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Faut-il faire un fitting pour ses wedges? L’importance du lie...

Quand vous commencez à vous demander comment améliorer votre score sur un parcours de golf, vous découvrez que le petit jeu est un point clé, un sujet sur lequel la majorité des amateurs ont du mal à consacrer du temps. Pourtant, force est de constater que peu de joueurs consacrent une attention particulière au matériel dédié, les wedges, là où le driver fait l’objet de toute les attentions. Justement quels wedges choisir ? Quels sont les paramètres à prendre en considération ? Quels sont les facteurs de la performance au petit-jeu ? A l’occasion d'une séance de fitting avec un professionnel, j’ai découvert des enjeux que je ne soupçonnais pas, ou que jusqu’à présent je comprenais mal. Témoignage et retour d’expérience…

Préambule : Le petit jeu est généralement rattaché au wedges

Cette « série » de clubs destinée à vous aider dans de multiples situations (rough, bunker, fairway…) et le plus souvent, à moins de 100 mètres.

La plupart des sacs de golfs comprennent de deux à quatre exemplaires: Lob, sand, gap, et pitching wedges…

Pour le golfeur, c’est le choix de clubs ouverts le plus souvent de 44 à 60 degrés de loft, et généralement, à répartir tous les quatre à cinq degrés.

Avec la difficulté en prime de choisir quels lofts jouer, quel nombre de club, pour quel projet de jeu, et pour parcourir quelles distances ? 

Le débutant commence généralement avec un 56° généralement nommé S, SW ou sandwedge, accompagné d’un pitching wedge (PW).

Au fur et à mesure des progrès accomplis, une fois les distances estimées avec ces clubs, le golfeur va généralement enrichir son sac, et le plus souvent avec un gap wedge, pour combler un écart, qui peut vite devenir important entre un 56 degrés et un Pitch, parfois de seulement 44 degrés.

L’écart de distance entre les clubs est un point important à prendre en considération, et ce, pour se donner la palette la plus homogène de choix de coups sur le parcours, et le plus souvent, pour viser 10 à 20 mètres entre chaque club. 

La plupart des pros définissent le premier club qu’ils veulent jouer, et choisissent le crantage de leur série à partir de ce point de repère.

Chez l’amateur, le conseil pour un joueur voulant rajouter un club entre son 56 et son Pitch serait de prendre l’addition du loft de ses deux clubs, et de diviser le résultat obtenu par deux, ce qui conduirait généralement à prendre un 50 ou un 52 degrés, comme GW (gap wedge).

C’est le « cheminement » que j’ai moi-même accompli dans ma progression, et jusqu’à la sortie du premier confinement. 

Mes nouveaux objectifs

Alors classé 14 d’index, j’ai eu envie d’interroger mon matériel, d’aller plus loin dans le choix de mes wedges, et avec l’ambition d’améliorer à minima deux thèmes:

La dispersion de mes coups à 30 mètres. Même si je suis bien aligné à ma cible, le plus souvent, je disperse mes balles à près de 2 mètres à gauche de ma cible.

L'ouverture de mes clubs (lofts), et notamment pour essayer d’avoir un étalonnage plus précis, notamment entre mon sand wedge et mon gap wedge.

La solution que j’ai voulu mettre en place, et testé:

Le constat étant posé, les objectifs définis, j’ai décidé de faire appel à un expert, et réservé une prestation de fitting payante avec John Lawson, clubfitter basé en Région Parisienne. Je précise que cet article n’est pas une publicité payée par ce dernier, mais bien mon expérience, et par rapport à mon projet.

Dans son atelier, le fitter commence par essayer de comprendre comment je fais « bouger » mon club.

Pour cela, il utilise deux outils :

Un Trackman, pour mesurer le chemin du club et l'efficacité des frappes.

Le système Gears, pour mesurer les conséquence du swing sur le club, et en particulier sur la manière dont va se déformer le shaft.

A cette fin, le club est bardé de capteurs permettant à 6 caméras haute fréquence, de voir ce qu’il se passe, et ce qui serait impossible à l'œil nu.

(Ce même sytème a été installé au studio de JeudeGolf, à Lyon pour nos prochains tests et expériences à découvrir dans de prochains articles.)

Pour réaliser un fitting de wedge, l’expert me demande de réaliser des frappes pour atteindre 30 mètres de carry, et donc, dans mon cas un 56 degrés.

J’en arrive à la première grande partie de mon expérience. Je vous propose une attention particulière sur le lie. Avant cette expérience, je n’aurai pas pensé que ce point aurait pu être aussi important.

La question fondamentale de l’ajustement du lie pour un wedge

Premier constat : Ma balle a en effet tendance à sortir trop à gauche de la face après l’impact.

Le club, un 56 degrés, était réglé initialement avec un lie, de 2 degrés « upright ».

En Français, cela veut dire que la tête de club a été redressée de 2 degrés, et qu’en conséquence, le manche a été redressé (poussé) vers la pointe (dite toe en anglais).

Jusque-là, je n’en mesurais pas l’incidence sur mon jeu.

Naturellement, j’ai tendance à « redresser » le club pendant le swing, et au moment de l’impact.

Je provoque « malgré moi » une force importante sur le manche, qui se déforme: on parle de droop du club.

Définition du droop : Le club se tord vers le bas, et la pointe (toe), la partie la plus éloignée de la tête du club touche le sol en premier, provoquant un risque de balles à droite si cette déformation est trop importante.

J’ai aussi découvert que tous les golfeurs créent en réalité cette « déformation», y compris au plus haut niveau professionnel. C’est propre au swing de golf, mais de manière plus ou moins marquée, selon les joueurs.

C’est pour cela qu’un club « bien positionné » repose légèrement sur le talon à l’adresse (et non à plat).

La déformation du manche pendant le downswing ramènera la tête du club à plat, pour une balle en ligne avec la cible.

Plus la vitesse du swing est importante, plus cette déformation est importante, moins la vitesse est importante, moins cette déformation est importante.

Cela peut également être accru par la manière de swinguer du joueur. La rigidité du shaft va aussi agir.

A retenir :

Le lie est un paramètre qui peut altérer la qualité de vos coups et en particulier votre précision.

Problème :

Ce phénomène est largement méconnu des golfeurs et n'est pas sans conséquence sur le réglage de vos wedges, d'autant plus que le fitting des wedges est rare ou peu considéré.

En effet la plupart du temps, les clubs sont choisis sur la seule base d’un fer 7.

Tous les réglages sont ensuite appliqués à tous les clubs, selon cette seule base.

Quand j’ai acheté ma série, il avait été établi qu’il me fallait 2 degrés upright sur mon fer 7, et par conséquent ce réglage a été appliqué de manière uniforme sur tous mes clubs, y compris mes wedges.

Concrètement, le problème posé :

La vitesse de déplacement de mon club (mon swing) n’est évidemment pas la même entre mon 56 degrés et mon fer 7.

Avec mon 56 degrés, je ne déforme pas mon club de la même manière. Je n’envoie pas mes balles à droite de la même manière.

Au contraire, naturellement à l’adresse, le club repose sur le talon, et donc se retrouve orienté à gauche de la cible.

Si le club ne se déforme pas assez, il faut alors faire l’inverse, et rendre le lie du club plus plat (plus “flat”) pour lui permettre d’arriver à plat à l’impact, et donc droit vers la cible.

En ayant réglé mon 56 degrés avec 2 degrés upright, j’en déduis que le vendeur de l’époque avait en fait accentué une face orientée à gauche à l’adresse, et sans possibilité qu’elle revienne flat (droite à la cible), le club ne se déformant tout simplement pas assez pour cela, et à cette vitesse.

Choix est fait avec le nouveau clubfitter de mettre mon club 2 degrés flat, et non 2 degrés upright, un sacré changement !

Pour compenser cela, vous pouvez évidemment travailler à l'entraînement et adapter votre mouvement, mais le but d’un fitting est de vous proposer un matériel suffisamment performant, pour réaliser votre swing tel que vous êtes capables de le réaliser, et de manière naturelle.

En première conclusion intermédiaire, il me semble que le fitting obéit à plusieurs objectifs :

 

A ce stade de mon expérience avec le fitter, je voulais vous partager cette attention particulière sur le lie du club et comme paramètre important pour taper droit. Un paramètre pour lequel je n’imaginais pas l’impact possible sur la qualité de mon jeu.

Mon sujet ne s’arrête pas au lie.

Je vous propose de vous exposer la suite de mon expérience complète sur les wedges dans un article suivant, et qui traitera des autres enjeux lié à un fitting de wedge, du shaft, du bounce, du grind, et du modèle de la tête de club, pour arriver finalement au choix, et au gain de performance (précision et dispersion) que j’ai pu relever.

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Commentaires   

contact@simon-linot.com
0 #1 Très intéressantcontact@simon-linot.com 30-11-2020 08:27
Bel article, très intéressant de déceler d’autres façons de renforcer l’un des secteurs les plus importants de ce jeu

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