Plus de 4000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Un contenu unique, utile, et passionnant! Pour l'abonnement 12 mois! 1 boîte de 12 balles Srixon AD 333 Tour offertes et envoyées chez vous!

Vinaora Nivo Slider

Est-ce que les drivers d’aujourd’hui donnent vraiment moins de spin ?

Si vous suivez l’actualité des clubs de golf, vous avez peut-être remarqué depuis plusieurs années, la tendance des marques à vous proposer des clubs qui se surpassent d’une saison sur l’autre. Le business du matériel de golf obéissant aux mêmes règles que d’autres industries fortement concurrentielles, chaque année, il faut démontrer toujours plus de savoir-faire. Sur 5 ans, qu’en est-il réellement ? Le driver que vous pourriez acheter aujourd’hui dans le commerce vaut-il vraiment le coup par rapport à celui de l’an passé, ou celui de 2012 ? Je vais tâcher de vous apporter des éléments de réponses objectifs.

Les nouveaux drivers donnent-ils de moins en moins de spin ?

Cet été, ils s’appellent PING G400 ou Cobra F-MAX, ce sont les derniers nés dans le domaine du driving, et selon les marques respectives, il s’agit des meilleurs clubs jamais produits.

Pourtant, la législation sur les clubs de golf n’est toujours pas plus flexible, et un club de golf… reste un club de golf avec une tête, un manche, et un grip.

Le point clé pour vendre un driver aujourd’hui est le fait de proposer des faces globalement plus tolérantes, qui pardonnent mieux les coups les moins bien centrés. C’est un argument clé pour les amateurs.

Même les pros ne prennent pas toujours les balles au centre absolu de la face !

Pour gagner en distance dans un contexte normatif contraignant, les marques travaillent sur deux éléments en particulier : l’augmentation de l’angle de lancement de la balle couplée à la réduction du taux de spin.

Encore trois ou quatre ans en arrière, les marques parlaient encore beaucoup d’augmenter la vitesse de swing.

Cela ne pouvait se faire qu’à travers l’allongement des shafts, ce qui a posé un problème accru de décentrage des balles dans les faces, plus de dispersion, et moins de distance.

Les gains étaient plus rapides, mais les inconvénients plus importants que les bénéfices…

Aujourd’hui, il faut donc réduire le spin !

Tous les coups de golf créent naturellement du backspin ! Sans cela, les balles tomberaient comme des pierres. A l’inverse, trop de spin engendrerait le phénomène inverse dit de ballonnement, la balle freine et monte dans les airs.

Pour les ingénieurs, dont Benoit Vincent, avec qui j’en ai souvent discuté, la question est de trouver le juste milieu.

La règle veut que l’idéal balistique soit de 1700 tours de spin pour 17 degrés d’angle de lancement.

Personne ne sait faire cela pour l’instant, même pas les professionnels.

Selon les données trackman d’un golfeur comme Bernd Wiesberger, il monte la balle à 14 degrés pour 1900 tours de spins environ.

En réalité, 17 degrés d’angle de lancement pour des drivers ouverts à 10,5 degrés ou même 11, 12, c’est beaucoup, surtout dans l’optique de générer peu de spin.

Sur le PGA Tour ou l’European Tour, pour les pros, tout le but du jeu consiste à réduire le spin en-dessous de 2000 tours.

Cependant, pour Monsieur Tout le Monde comme pour le pro, le spin peut être généré de bien des façons différentes.

Pour les pros, et selon Matt Rollins en charge des joueurs PXG sur le tour américain, c’est la vitesse de swing, et le fait qu’il prennent la balle en descendant vers le sol qui explique ce phénomène.

Des éléments que l’on peut mesurer avec un launch monitor tel que le trackman ou le flightscope.

Comprendre les notions d'angles d'attaques et d'angles de lancements

Le chemin que parcoure le club jusqu’à la balle peut se mesurer selon la notion d’angle d’attaque.

Il peut être à l’extrême de -5 degrés négatif, 0 ou +5 degrés positif.

A -5 au drive, c’est un angle d’attaque très prononcé vers le sol, et à +5, c’est très prononcé vers le ciel.

Avec l’exemple suivant, vous allez comprendre que cela a une grande importance sur la portée finale de la balle.

Selon les données fournies par Trackman, un golfeur qui swingue autour de 90 mph avec un angle d’attaque de 2.5 degrés négatif va générer en moyenne 3000 tours de spin, ce qui est en fait beaucoup !

Pour ces valeurs, sa portée de balle risque d’être au maximum de 180 mètres au carry.

Maintenant, pour la même vitesse de swing, si son angle d’attaque est alors de 0 degrés, son taux de spin va baisser d’environ 250-300 tours à 2780 pour porter la balle à 191 mètres.

Toujours dans cette logique de lien entre spin et angle d’attaque, si ce même joueur arrive cette fois à lever la balle sur un angle de +2 degrés, son spin va encore baisser environ à 2500 tours pour une portée au carry de 195 mètres !

Entre les trois valeurs d’angle d’attaque, la portée à vitesse de swing équivalente a augmenté de 15 mètres.

Pour en avoir parlé avec Keith Sbarbaro, le responsable du tour pour TaylorMade, ce dernier ne dit jamais à un pro comment il doit swinguer son driver. En revanche, il peut lui donner des datas sur le réglage du club par rapport à son swing.

« SI un joueur tape selon un angle de lancement de +6 degrés, je peux lui dire que le mieux que l’on puisse faire, c’est 8 degrés de lancement et 2400 tours de spin. Maintenant, si ce dernier est capable de monter à 12 degrés, et 2200 tours de spin, il pourra gagner jusqu’à 12 mètres. »

Sur le tour, la moyenne des pros tapent environ autour de 113 mph avec les plus gros frappeurs qui montent au-dessus de 120 mph dans le cas de Dustin Johnson ou Rory McIlroy.

Pour les amateurs, la moyenne se situe plutôt autour de 80 à 90 mph. Pour un senior, ce chiffre peut descendre autour de 70 mph.

Tout ce raisonnement pour dire au passage que si vous perdez en vitesse de swing, vous pouvez peut-être encore agir sur l’angle d’attaque et le spin pour compenser… Ceci dit, en général, quand on perd en vitesse de swing, ce n’est pas évident de lever plus la balle, et donner moins de spin.

Plus un swing est sur un angle d’attaque descendant et rapide, et plus il génère du spin.

La plupart des amateurs ont un angle d’attaque trop négatif au drive.

La source de ce phénomène tient dans le fait que l’on joue le plus souvent « over the top », soit par-dessus avec un grand coup d’épaules. C’est plus le haut du corps que le bas du corps qui agit.

Si vous ajoutez à cela une face qui pointe vers la droite dans un chemin de swing extérieur-intérieur-extérieur, vous obtenez trop de backspin, et aussi de sidespin, ce qui fait tourner la balle… à droite !

Les balles commencent à partir sur la gauche, dans le sens du swing, puis à droite sous l’effet du spin latéral donné à la balle.

Les fabricants travaillent donc en connaissance de cause. Ils savent quels sont les problèmes que vous rencontrez, et ils vont jusqu’à créer des panels de joueurs, pour étudier les performances des nouveaux produits selon des profils définis.

C’est le cas de Cobra comme me le confiait Tom Olsavsky, au sujet des nouveaux clubs mis sur le marché.

Avec les launch monitors, ils collectent des tas de données sur les swings.

Dans le cas d’un spin excessif, le fait de déplacer le centre de gravité de la tête du driver peut aider.

Autre possibilité, les marques affirment qu’en changeant le poids vers le talon, on peut aider les golfeurs à fermer la face à l’impact.

PING propose un driver G400 SF tec avec une face justement nettement refermée pour lutter contre le slice. Je n’ai jamais été fan de cette solution qui consiste à mettre une rustine sur un problème technique.

Etude de cas sur 5 ans au drive

Pour compléter mon argumentation, et surtout répondre à la question posée dans cet article, je vais me servir de données personnelles concernant mon expérience des drivers depuis 2012.

De 2013 à 2017, j’ai plus particulièrement mené 103 tests de drivers, dans une dizaine de marques différentes.

En ne prenant en compte que les drivers testés sur un loft unique de 10,5 degrés et sur shaft regular, ce chiffre tombe à 58.

A l’origine, j’avais un profil de joueur qui donnait beaucoup de spin avec beaucoup d’angle de lancement.

Au bout de 5 ans, et à force d’entraînement, ma vitesse de swing a progressé de 92 à 95 mph, ce qui peut partiellement altérer la lecture des résultats, et notamment l’augmentation de la distance.

Le point qu’il convient de noter objectivement est en fait la réduction du taux de spin sur 5 ans avec une moyenne qui tombe de 3000 tours à 2280 tours entre 2013 et 2017.

En revanche, je ne démontre pas l’augmentation de l’angle de lancement mais plutôt l’inverse, ce qui est plutôt du domaine du joueur plus que du club.

Le ratio qui est intéressant est en fait le spin par angle de lancement qui a tendance à baisser de 195 tours par angle de lancement à 157 en 2017.

Si le joueur ne peut pas être isolé dans ce type d’exercice, il semble bien que petit à petit, les drivers les plus récents permettent de baisser légèrement le spin. Ce n’est pas assez flagrant pour changer de driver tous les ans ! Disons qu’à partir de tous les deux ans, il y a un gain sensible.

Je voudrais néanmoins pondérer cet optimisme en faveur des marques.

Dans le même exercice, sur une durée de 4 ans, Jean, notre testeur senior est au mieux stable ou en légère hausse de son taux de spin constaté avec les nouveaux drivers.

Dans son cas, il a en fait perdu 3 mph entre 2014 et 2017.

Troisième exemple avec celui du pro Xavier Bretin pour lequel nous n’avons que 2 ans d’historiques (2016 et 2017), les chiffres sont plutôt stables.

Conclusion, dans mon cas, j’arrive à argumenter sur la baisse du taux de spin et l’augmentation de la distance avec les nouveaux drivers. Sauf que j’ai augmenté ma vitesse de swing et baissé mon angle de lancement…

Dans le cas d’un golfeur senior qui sur 4 ans, perd de la vitesse de swing, au mieux le spin est contenu. Et sur 2 ans, dans le cas d’un pro, il n’y a pas réellement d’effets.

Entre la théorie annoncée par les marques, et la réalité, il peut donc y avoir plusieurs réalités ! Tout le monde ne va pas nécessairement et automatiquement bénéficier de la baisse du spin. Les clubs ne peuvent pas tout !

La technique du joueur va nécessairement rentrer en ligne de compte, soit en positif, soit en négatif.

Disons que la tendance de fond est effectivement à la baisse du spin.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

A chacun sa balle Srixon !

Découvrez nos formules d'abonnements

US Golf présente la nouvelle collection Jack Nicklaus