Les golfeurs amateurs ont-ils gagné de la distance au drive au cours des 5 dernières années ?

Nous avons soumis courant juin 2020, un questionnaire en ligne et via les réseaux sociaux pour recueillir l’avis de 165 golfeurs et golfeuses, notamment à la question : Etes-vous plus long au drive par rapport à 5 ans en arrière ? Nous n’avions pas d’idée préconçue sur la réponse que nous pourrions obtenir entre Oui, non et équivalent. En décembre 2019, nos confrères du site britannique GolfShake avait réalisé le même type d’enquête, et obtenu 43% des votants qui affirmaient avoir gagné de la distance au drive, et 26% des votants, qui au contraire, déclaraient avoir perdu en distance. Qu’allait-il en être en France, et sachant qu’il s’agit de sondages en ligne, et non pas d’une mesure effectuée de manière scientifique ?

La distance au golf est un sujet majeur. C’est le principal défi à résoudre sur un parcours de golf, et aussi, le premier élément de vente pour un nouveau club de golf ou une formation.

Depuis plusieurs années, la distance est au centre de tous les débats, et notamment importée ou impactée par les performances de golfeurs professionnels.

Récemment, on a encore pu voir Bryson DeChambeau faire des choix drastiques sur sa morphologie, et dans ce but, de réduire la longueur de ses coups d’approches, et in fine, tenter de baisser son score par ce moyen.

Il a sans doute été poussé dans cette direction par le constat ou lien de cause à effet imaginé entre les succès de Rory McIlroy et Brooks Koepka, et leur capacité à taper plus loin qu’une majorité d’autres golfeurs.

En 2000, passer la barre des 270 mètres au carry était marginal, alors que 20 ans plus tard, toujours chez les professionnels, ils sont plus de 50 à y parvenir, et en moyenne sur toute une saison.

Au cours des 5 dernières années, le phénomène a continué à s’amplifier sur le PGA Tour, puisqu’en 2015, la moyenne de distance au drive des 184 joueurs amenés à y participer était de 290.3 yards (source : PGA Tour), et que cette même moyenne en 2019 pour 188 golfeurs est passée à 294.6 yards, soit ramené en mètres, un gain positif de +3.5 mètres.

Ce gain est d’ailleurs comparable quand on limite l’échantillon d’analyse aux 50 meilleurs en 2015 comme en 2019. 

Ce panel des 50 plus longs drivaient en moyenne à 301 yards en 2015, et à 305 yards en 2019, soit environ le même gain moyen par rapport à la « population » totale des professionnels.

Cela pose plusieurs questions.

Comment font-ils pour toujours gagner de la distance, et alors que le matériel est normé ?

Quel impact sur le jeu de golf, alors que les parcours ne peuvent pas être allongés ?

Sur cette deuxième question, la crainte de certains c’est que le golf se résume à drive-wedge-putt, et limite la créativité, et d’une certaine manière le spectacle.

Ce débat transposé au niveau des amateurs est aussi intéressant, car ils et elles représentent la véritable majorité des millions de pratiquants dans le monde, quand quelques milliers de professionnels ne sont qu’une minorité.

Les anglais de GolfShake ont été les premiers à se poser cette question. Ils ont obtenu 43% de golfeurs qui déclaraient avoir eux-aussi gagné en distance au cours des 5 dernières années, contre 26% qui ont perdu du terrain, et 31% qui n’ont donc pas constaté de changements.

Bien entendu, il y a des facteurs à prendre en compte pour réaliser une analyse plus fine, comme l’âge, et le niveau d’index.

57% des britanniques dans ce sondage ont annoncé des gains de distances alors qu’ils avaient 34 ans et moins, tandis que les 35 à 54 ans ont annoncé un gain dans 54% des cas, et enfin, les plus de 55 ans n’étaient plus que 37% a pensé avoir gagné en distance.

En 2018, le Royal et Ancient a publié son rapport sur la distance au drive, et constaté que la distance moyenne au drive des amateurs classés entre 6 et 12 d’index était autour de 201 mètres.

Ci-dessus, le tableau de l’étude par tranches d’index mesurés

De notre côté, nous avons donc voulu formuler les mêmes questions à un échantillon de golfeurs francophones, et ajouté quelques questions pour préciser le champ de l’étude.

Premier constat : Deux tiers des golfeurs, et des golfeuses ont gagné en distance au drive en 5 ans

Sur 165 internautes dont seulement 7 femmes (le sondage n’était pas exclusivement réservé aux hommes), 65% déclarent driver plus loin par rapport à 5 ans en arrière !

Le résultat est nettement supérieur à ce que les journalistes de GolfShake ont obtenu de leurs internautes pour le Royaume-Uni, à savoir 43%.

Ce fut pour nous une première surprise.

En conséquence, seulement 12% des personnes interrogées ont déclaré avoir perdu en distance sur ce même laps de temps, et 22% n’ont constaté aucun changement.

Encore une précision, les sondés étaient majoritairement domiciliés en France métropolitaine, à la Réunion, et en Suisse.

Deuxième constat : La répartition des répondants par tranches d’index

Pour avoir 165 répondants, nous avons sollicité 987 personnes sur les réseaux sociaux, soit un taux de réponse de 17%.

Les résultats ci-dessus sont des résultats réels, et pas un travestissement. Cependant, le biais de ce sondage que nous ne voulons pas dissimuler, c’est que 62% des sondés avaient finalement un index compris entre 0 et 18, ce qui ne nous semble pas être représentatif de l’index moyen en France.

La majorité des golfeurs, et des golfeuses en France tournent autour d’un index compris entre 24 et 28. Dans cette étude, c’est finalement 30% des sondés.

Cette répartition explique peut-être le fait que 65% des sondés expriment un gain de distance au drive sur 5 ans.

Cependant, quand on prend en compte les échantillons d’index supérieur à 18, la proportion de golfeurs indiquant un gain de distance reste très élevée, et de plus de 65%, notamment pour la tranche 25 à 36 d’index.

Troisième constat : La répartition des répondants par tranches d’âges

49% du panel des sondés à moins de 50 ans, ce qui se rapproche déjà un peu plus de la moyenne d’âge réelle des pratiquants en France.

Toutefois, les plus de 50 ans représentent près de 43% des golfeurs qui déclarent avoir augmenté leur distance au drive en 5 ans.

Dans la catégorie 60 à 69 ans, ils sont 50% à avoir fait ce constat, et seulement 25% à déclarer une perte de distance.

Pour que la tendance s’inverse franchement, il faut monter à la tranche 70 à 79 ans où ils ne sont plus que 40% à constater un gain, et 33% une perte.

A l’inverse, les ratios les plus favorables à l’augmentation de la distance s’observent, et assez logiquement chez les plus jeunes (80% des 21-29 ans déclarent une hausse de distance au drive).

Quatrième constat : Les sondés déclarent des distances moyennes très élevées

Le questionnaire ne s’est pas limité à la question du plus ou moins de distance.

Nous avons aussi tenté d’en savoir plus sur l’appréciation de cette même distance par les amateurs.

Ci-dessus, classées par index, les distances déclarées par les golfeurs entre « moins de 100 mètres et plus de 261 mètres ».

Etonnant ! 8 golfeurs dont 6 classés en 0 et 9 déclarent une « moyenne » supérieur à 261 mètres !

Pour ma part, comptant pour 1 dans l’étude, je me suis contenté de prendre la mesure de moyenne de ma distance au drive réellement constaté par mon GPS, soit 232 mètres.

Comment les amateurs ont-ils tous mesuré cette moyenne, est un autre biais de ce sondage à prendre avec des guillemets.

Si on se réfère à nouveau à l’étude du Royal et Ancient, les golfeurs dont l’index est inférieur à 6 drivent en moyenne à 218 mètres. Les chiffres « francophones » de ce sondage sont bien supérieurs…

261 mètres, soit 285 yards, nous avons donc, sans le savoir en France, plusieurs amateurs capables de se situer au niveau du 170eme sur le PGA Tour… Henrik Stenson.

Nous avons donc retraité la même question, mais cette fois par classe d’âges…

52% des golfeurs qui drivent entre 176 et 245 mètres ont entre 21 et 59 ans.

Toujours pour creuser ce sujet, nous avons demandé quelle a été la longueur du drive le plus long au cours des 12 derniers mois ?

Question pour laquelle, nous avons tout de même obtenu deux réponses à 340 mètres !

14 golfeurs ont déclaré des drives à plus de 290 mètres.

Au final, la moyenne de l’échantillon sondé s’établit à 248 mètres pour le plus long drive.

Ci-dessus, une représentation graphique de la distance moyenne au drive, du point de vue des amateurs.

Cinquième constat : A quoi les amateurs attribuent-ils leurs progrès ?

Nous avons donc un total de 104 golfeurs qui déclarent un gain de distance sur 5 ans.

Dans ce cas, nous leur avons demandé ce qui expliquait cette progression : Enseignement (meilleure technique), Nouveau driver, Plus de vitesse de swing, Forme physique, Changement de shaft, Etat des parcours, Meilleur système pour mesurer les distances, ou encore Changement de loft.

Pour cet échantillon qui a déclaré un drive le plus long en moyenne à 251 mètres (contre 248 mètres pour la totalité du panel), la première explication qui a été plébiscitée est l’enseignement avec 65% des votes, et nettement devant le deuxième choix : Un nouveau driver dans 41% des cas.

Les choix multiples étaient bien entendu possibles pour cette question.

33% des sondés ont admis une amélioration de la forme physique, tandis que 10% des votes se sont portés sur une amélioration perçue des parcours.

Sixième constat : Les sondés ont souvent changé de driver

Cette statistique fera plaisir aux marques… seulement 22% des sondés répondent ne pas avoir changé de driver sur la période des 5 dernières années.

47% ont au moins changé une fois, et 29% ont changé à plusieurs reprises.

En revanche, 50% des golfeurs qui ont changé de matériel ont bien constaté un gain.

Moins positif pour le discours marketing, 10% déclarent avoir changé de driver, mais perdu en distance pendant le même laps de temps, tandis que 16% ont changé, mais là-encore pas constaté de gains.

En réalité, le changement de driver n’apparaît pas comme un facteur si discriminant entre gain ou perte de distance.

67% de ceux qui ont n’ont pas changé de driver ont tout de même pu constater un gain de distance, soit un ratio très équivalent au groupe des golfeurs qui ont changé de driver sur cette période.

Par marques, il semble que TaylorMade soit plébiscitée par les sondés avec une part de marché de 33% sur le panel total des répondants, et surtout 73% qui déclarent être plus longs aujourd’hui versus 5 ans en arrière.

Dernier constat : Les sondés jouent beaucoup au golf

30% des sondés déclarent jouer plus d’une fois par semaine sur l’année écoulée.

50% des sondés peuvent être considérés comme des pratiquants très assidus avec plus de 37 parties dans l’année.

A l’inverse, à peine 4% déclarent jouer moins de 5 parties par an, et c’est d’ailleurs la « population » qui admet le plus facilement une perte de distance par rapport à 5 ans en arrière.

Parmi ceux qui jouent le plus souvent au golf, ils sont 61% à déclarer un gain de distance.

De même que nous leur avons demandé depuis quand il jouait au golf…49% des personnes interrogées ont commencé le golf au cours des dix dernières années.

C’est dans cette population que l’on trouve le plus de gains de distances.

Bilan du sondage

Un consensus se dégage nettement pour aller dans le sens d’une augmentation des distances depuis 5 ans. Deux tiers des sondés admettent avoir gagné en distance.

Les amateurs perçoivent que l’enseignement est en grande partie responsable de cet apport. Le matériel n’est pas oublié, et cité en deuxième position.

Toutefois, ceux qui n’ont pas changé de driver depuis 5 ans déclarent dans les mêmes proportions un gain de distance.

Une marque semble tirer son épingle du jeu  (TaylorMade) avec à la fois la plus forte part de marché, et le plus fort taux déclaratif d’augmentation de distance.

Biais de ce sondage, c’est un sondage, et donc du déclaratif, et pas une mesure 100% objective des distances.

Ces dernières sont d’ailleurs déclarées à un niveau supérieur à celles énoncées par le Royal et Ancient, et supérieur à ce qui a été sondé au Royaume-Uni par le webzine GolfShake, et pour la même question.

Pour rappel, nous avons sollicité plus de 950 personnes pour 165 réponses. Si la population répondante était dans une tranche d’âge cohérente, nous avons constaté un échantillon « bien classé », et très pratiquant.

Le sondage est toujours ouvert, et accessible par ce lien. Dans le cas d’un nombre de participants supplémentaires, et suffisants, nous pourrons mettre à jour cet article.

96% des sondés ont répondu avec un Smartphone, et ils ou elles ont passé 2 minutes 29 secondes en moyenne pour terminer le questionnaire. 16% des répondants viennent de Paris Intra-Muros.

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