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Comment la longueur d’un shaft de driver influe sur la performance

Comment la longueur d’un shaft de driver influe sur la performance

En 2014, nous nous étions déjà intéressés à la question, constatant que l’ensemble des marques se mettaient proposer des drivers aux manches de plus en plus longs, pour favoriser l’augmentation de la vitesse de swing, et la distance. En revanche, deux choses n’étaient pas dites ! D’une part, cela augmentait la dispersion, et d’autre part, ce n’était pas un phénomène observé chez les professionnels… bien au contraire. Avec le concours de Xavier Bretin, consultant pour le site, et pro de golf, nous avons repris le test à zéro, en montant un shaft de 48 inches, pour le couper tous les inches jusqu’à 43 inches, et mesurer pour chaque, longueur, distance, dispersion, et tous les éléments quantifiables avec un trackman. Où se cache la véritable performance ?

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Comment avons-nous préparé notre essai sur la longueur des manches

Pour cet essai, Xavier s’est procuré un shaft de 48 inches qu’il a monté sur une tête de driver TaylorMade JetSpeed de loft 9,5 degrés.

Pour sa vitesse de swing qui dépasse les 100 mph en moyenne au driver, il a sélectionné un shaft Mitsubishi Rayon Diamana 70 s 5xct stiff.

Si nous publions ce sujet seulement aujourd’hui, nous travaillons dessus depuis plusieurs mois. Avec Xavier, nous avions déjà réalisé un premier essai sur un manche de 48 inches, mais sur une tête de driver de loft 12 degrés. Le résultat ne s’était pas avéré concluant, en grande partie parce qu’un loft trop important pour une vitesse de swing élevé n’apportait pas de réponses pertinentes.

Ci-après, on va vous présenter des résultats d’essais concluants. Chercher… ce n’est pas toujours trouvé. En tout cas, avant d’arriver à un résultat probant, il faut parfois se tromper, et passer par différents chemins.

On va vous faire l’économie des mauvaises routes pour aller droit au but.

L’exercice consistant à s’intéresser essentiellement au manche, le choix de la tête ou de la marque n’était pas le point le plus déterminant.

L’essai a été réalisé sur le practice du Golf de la Sorelle, dans l’Ain, avec des balles TaylorMade 2 pièces spéciales.

Test d'un shaft Mitsubishi Rayon Diamana 70 s 5xct stiff

La mécanique était la suivante : Xavier devait taper 5 drives avec chaque longueur de shaft, puis coupait un inch, et retapait jusqu’à descendre de 48 à 43 inches.

Clairement, 48 inches ne correspond à aucun club sur le marché.

Nous voulions partir d’une base haute, et émettre une hypothèse de départ irréaliste pour tout de même élargir le périmètre de l’étude…

Qui sait ? Pourquoi pas un driver de 48 inches ?

Pourquoi pas un driver de 48 inches ?

Les marques sont bien passées de 43 à 46 en l’espace de quelques années !

En revanche, nous ne sommes pas descendus au-delà de 43 inches, car l’exercice ne nous a pas paru pertinent, tenant compte que nous nous rapprochions de la longueur d’un bois 3, et surtout à la lecture des premiers résultats que le trackman nous affichait.

Dernière remarque : Avant de frapper chaque nouvelle longueur de manche, Xavier a pulvérisé une peinture rouge spéciale sur la face du driver pour que nous puissions constater visuellement les points d’impacts, et la qualité du centrage de balle.

Avant de frapper chaque nouvelle longueur de manche, Xavier a pulvérisé une peinture rouge spéciale sur la face du driver

Nous n’avons pas utilisé d’étiquettes, car, quand vous fixez une étiquette sur la face d’un club, vous « coupez » la machine à spin ! Autrement dit, vous faussez toute tentative de test puisque vous enlevez le contact direct de la balle avec les rainures, et donc de la capacité du club à donner des rotations à la balle.


L’enjeu du test

Démontrer qu’une longueur de shaft plus courte peut potentiellement produire un meilleur résultat qu’un manche très long.

Le cœur du sujet était de faire le lien entre distance, dispersion et qualité de centrage de la balle dans la face selon les différentes longueurs testées.

Nous avions donc un a priori à vérifier : Plus court peut parfois permettre d’être plus long!

Différence visible de longueur entre un shaft 48 inches et un shaft 45 inches

Les données du test au trackman

Les données trackman du test de longueur de shaft

A iso-conditions de test, et notamment la balle, il faut distinguer les éléments liés à la manipulation du club, et les éléments liés au vol de la balle.

D’un shaft de 48 inches à 43 inches, qu’est-ce que cela modifie au niveau du swing, et qu’est-ce qui ne change pas ?

Tout d’abord, swinguer un driver de 48 inches est humainement et techniquement possible ! La surprise a même été que ce soit plutôt très performant.

Le premier élément du swing qui est modifié par la longueur du shaft : C’est bien la vitesse de swing.

Plus le shaft est long, et plus, vraisemblablement, la vitesse de swing augmente.

Avec un shaft de 48 inches, Xavier a monté sa vitesse au-dessus de sa moyenne habituelle, soit 103,4 mph.

Xavier à l'adresse avec un shaft de 48 inches

Drivant de manière fréquente des clubs d’une longueur de 45 inches, sa vitesse habituelle est plutôt de l’ordre de 100 mph. Il gagne donc au moins 3,4 mph.

Deuxième constat, chaque inch coupé ne signifie pas automatiquement perte de vitesse de swing. Le tuning n’est pas aussi fin.

En revanche, entre 48 et 43, oui, vous finissez par descendre la vitesse de swing.

Il peut arriver qu’entre 46 et 47 inches, vous puissiez swinguer plus vite avec un shaft plus court. Hypothèse qui nous aurait permis de vérifier notre "a priori".

En gros, ça baisse, mais pas de manière aussi linéaire qu’imaginé.

Concernant le plan de swing, dans ce cas, pas de modification liée à la longueur du shaft.

Xavier swingue le driver avec un shaft de 47 inches

Quel que soit la longueur, Xavier n’a pas été contraint de modifier son geste, et le plan du club dans l’espace, même inconsciemment.

Idem pour la direction du swing, la position de la face ou la direction swing ou du lancement qui ne changent pas sous l’effet d’un changement de longueur de shaft. C’est plutôt rassurant !

Cela veut dire que vous pouvez décider de changer la longueur de votre shaft, sans que cela influe sur votre manière de swinguer.

Par contre, changent clairement les paramètres liés au loft dynamique et à l’angle d’attaque.

Bien que le club arrive sur le même plan et dans la même direction, avec moins de longueur, il n’arrive pas à la même hauteur sur la balle.

Plus vous réduisez la longueur du shaft, et plus vous diminuez l’angle d’attaque, et donc la capacité à lever la balle.

Dans votre sac de golf, il n’existe que deux clubs qui se jouent selon un angle d’attaque positif ou si vous préférez, remontant : le driver et le putter.

Tous les autres clubs, y compris le bois 3 se jouent avec un angle d’attaque négatif ou descendant.

A 48 inches, l’angle d’attaque de Xavier était de 3,3 degrés, ce qui est plutôt propice à faire de la distance.

A 43 inches, cet angle est descendu à 1,8 degrés.

Cela reste positif et propice à lever la balle dans une bonne organisation.

En revanche, cela va avoir un effet immédiat sur la portance de la balle, et la distance au carry qui mathématiquement va baisser.

Xavier swingue le driver avec un shaft de 46 inches

L’angle d’attaque baisse d’ailleurs en corrélation avec le loft dynamique. Un club de golf a toujours un loft statique.

Dans ce cas, le loft annoncé sur la tête du JetSpeed était de 9.5 degrés. Cependant, quand vous déplacez le club dans l’espace pour l’amener jusqu’à la balle, vous créez un loft dynamique propre à votre geste. Dans le cas de Xavier, il est passé de 16 degrés à moins de 14 degrés en seulement 5 inches de réduction.

En résumé, la longueur du shaft influe directement et seulement sur la vitesse de swing, l’angle d’attaque et le loft dynamique, mais pas sur le plan, le chemin ou la direction du swing, ni-même la position de la face.

Xavier à l'adresse avec un shaft de 45 inches

D’un shaft de 48 inches à 43 inches, qu’est-ce que cela change au niveau de la trajectoire de la balle et qu’est-ce qui ne change pas ?

Si, peu de choses changent au niveau du swing, concernant la balle, tout change !

Alors que la vitesse de swing baisse, il en va de même pour la vitesse de balle à l’impact qui passe de 152 à 146 mph, soit 6 mph de moins pour 5 inches de moins entre 48 et 43.

3 mph de vitesse de swing valent dans ce cas 6 mph de vitesse de balle.

En revanche, premier constat important, la longueur du shaft n’influe quasiment pas sur la tolérance du club. Le smash factor a très peu varié, passant de 1.48 à 1.47 sur l’ensemble du test.

La surprise étant de retrouver un smash factor aussi élevé sur un shaft de 48 inches.

Si c’est logique de générer beaucoup de vitesse de balle avec beaucoup de vitesse de swing, ce paramètre aurait pu créer les conditions de problèmes de centrage de la balle dans la face, et augmenter l’irrégularité.

Visiblement, un shaft de 48 inches ou de 43 inches, Xavier centre relativement bien la balle.

Centrage de la balle dans la face à 48 inches

Pourtant, en coupant le shaft d’inch en inch, sans modifier le poids de la tête, nous avons mécaniquement changé le swing weight du club, et augmenter sa rigidité perçue dans les mains.

Centrage de la balle dans la face à 47 inches

Quand le shaft mesure 48 inches en stiff, il bouge forcément plus qu’un shaft 43 inches qui plus court, est aussi logiquement plus raide.

Centrage de la balle dans la face à 46 inches

Malgré les changements de swing weight et l’augmentation de la rigidité, Xavier n’a pas été perturbé pour centrer la balle tout à fait correctement. Cela ne joue donc pas vraiment sur la tolérance du club.

Centrage de la balle dans la face à 45 inches

S’agissant toujours de la balle, deux choses sont à noter avant de parler de la distance ou de la dispersion : le taux de spin, et le pic de hauteur maximum.

Pour le taux de spin donné à la balle, on constate une légère baisse du spin au fur et à mesure qu’on coupe le shaft. Ce n’est pas flagrant, et finalement très proche de 1900 tours par minute.

En balistique, et selon l’ingénieur Benoit Vincent (TaylorMade), les conditions d’optimisations de la trajectoire de balle sont atteintes à 1700 tours par minute et 17 degrés d’angle de lancement.

SI le spin est en passe d’être dominé par les marques de matériel, et les meilleurs golfeurs de la planète, lancer en même temps aussi haut reste un élément de progrès pas nécessairement simple à atteindre.

Des longs frappeurs sur le tour, comme l’autrichien Bernd Wiesberger, lancent actuellement à moins de 13 degrés au driver, selon les données recueillies par Trackman.

En lien avec le fait observé plus haut d’angle de lancement qui décroit nettement au fur et à mesure que vous coupez le shaft, le pic de hauteur maximum des drives déclinent nettement !

Variation des hauteurs de trajectoires selon la longueur des shafts

Ce n’est pas comme le spin… De 48 à 43 inches, la hauteur maximum de la trajectoire de balle passe de 30 mètres à 21 mètres. C’est considérable, et cela va directement influer sur la distance, le carry, et la roule puisque l’angle d’atterrissage de la balle va être modifié en conséquence, passant de 37,6 degrés à seulement 29,9 degrés.

Plus vous diminuez la longueur du shaft, et plus vous aplanissez la trajectoire.

Quel impact sur la distance et la dispersion ?

Il est très fort, et ne démontre pas notre a priori. Plus le shaft est long, et à iso-capacité à centrer la balle dans la face, et plus la distance au carry et totale va être importante.

Si Xavier voulait battre des records de distance au drive, il aurait intérêt à jouer le driver 48 inches puisqu’il monte sa distance à 258,8 mètres en moyenne au lieu de 245,5 mètres avec un driver sur un shaft de 45 inches.

Au carry, entre les deux extrémités, l’écart de distance est de 20 mètres, alors qu’avec la roule, en distance totale, toutefois, l’écart n’est plus que de 10 mètres entre 48 et 43 inches.

Cela nous enseigne qu’il faut relativiser les gains de vitesses de swings liés au shaft. Pour un gain de 3 mph, ce qui est considérable, et une certaine prise de risque sur le centrage de la balle dans la face, le gain total n’est finalement que de 10 mètres.

De 22 mètres de roule avec un shaft 48 inches, la roule monte à 31 mètres avec un shaft de seulement 43 inches. C’est l’un des points clés de l’étude et qui pourrait être associé à une stratégie bien spécifique selon la nature du terrain joué, en fonction de la saison.

Reste la question la plus fondamentale… Quid de la dispersion ?

Quid de la dispersion ?

Comme illustré par le graphique ci-dessus qui représente les points d’impacts de la balle au carry sur le fairway, plus le shaft est long, et plus l’angle d’ouverture augmente.

A l’inverse, à 44 ou 45 inches, la dispersion tend bien à diminuer. La taille des cercles diminue à mesure que l’on réduit la longueur du shaft.

La grosse surprise de l’étude étant que la dispersion à 48 inches n’est pas insurmontable.

En conclusion, quelle longueur de shaft faut-il jouer ?

Comme de plus en plus de nos tests tendent à le démontrer, il faut se méfier des grandes idées générales et théoriques.

Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à démontrer qu’avec un shaft plus court, Xavier aurait pu taper des drives plus longs, à la faveur d’un meilleur centrage de balle, et une moins grande dispersion.

Seulement, avec le 44 inches, il a effectivement drivé 3 mètres plus loin en moyenne par rapport au 45 inches. Est-ce que ce ne serait pas un accident statistique ? De manière générale, entre 48 et 43 inches, il y a bien une décroissance de la distance totale, et une réduction de la dispersion.

La question posée se renverse en : Que voulez-vous faire ? Plus de longueur ou moins de dispersion ?

Nous avons démontré les effets réels de la longueur du manche sur le swing, et la trajectoire de balle, tout comme, ce qui n’était pas impacté.

Entre 44 et 45 inches, ce qui représente la majorité des longueurs de shafts sur le marché pour les drivers, le test de Xavier ne démontre pas réellement un impact suffisamment marquant pour en faire un critère de choix majeur.

Comparaison entre un driver de 45 inches versus un driver de 44 inches

Pour un golfeur amateur, le test reste intéressant quand il en a l’opportunité. Il peut se sentir plus à l’aise et être plus performant avec l’un par rapport à l’autre.

Toutefois, cela ne doit pas l’empêcher de dormir ! "Ah si je jouais un shaft plus court ou plus long, je serai peut-être plus performant."

A un inch près, les écarts existent au niveau de la vitesse de club et de vitesse de balle ou même de hauteur de balle, et d’angles de décollage, mais pour un écart de distance qui flirte avec les 3 mètres !

Sur une distance de 245 mètres, on parle d’un écart en valeur relative de 1,2% ! Pas de quoi s’empêcher de dormir la nuit.

Pour Xavier, on peut toujours pousser la logique plus loin, et optimiser le carry d’un shaft plus court en augmentant le loft de 9,5 degrés à 10,5 degrés.

Ce qui est passionnant avec le matériel de golf moderne, c’est l’infinité des combinaisons possibles…à la remarque près que la balistique ne trompe pas.

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