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Combien d’hybrides faut-il vraiment emmener dans son sac?

En matière de composition d’un sac de golf, on retrouve souvent deux débats aux deux extrémités, les clubs les plus longs, et les clubs les plus courts. Combien de bois ou combien de wedges ? D’ailleurs, cela se finit très souvent en opposition entre les deux catégories. De manière générale, beaucoup d’amateurs donnent très souvent l’avantage aux clubs les plus longs. Mais est-ce réellement le bon choix quand la majorité des coups se tapent à moins de 100 mètres ? A-t-on vraiment besoin de plusieurs hybrides ? Entre un fer 3 et un hybride 3, quel club est vraiment plus performant sur un lie normal ou depuis le rough ?

Les hybrides, couteaux suisses du sac des golfeurs ?

La plupart du temps, les golfeurs sont fans des hybrides.

Jusqu’à présent, ce n’était pas vraiment mon cas…

Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, je n’ai jamais vraiment trouvé de confort avec ce type de clubs.

Depuis que j’utilise plus régulièrement un launch monitor, j’en ai mieux compris la raison, et du coup, j’ai pu me forger un avis plus mesuré sur la question.

La plupart du temps, comme moi, vous avez sans doute entendu à quel point un hybride pouvait résoudre beaucoup de problèmes.

Il faut toujours se montrer prudent sur des théories générales, dans un sport où chaque individu présente souvent un swing unique. Expérimenter ou tester permet déjà un début de vérification d’une théorie.

En matière d’hybride, un golfeur qui pourrait, comme dans mon cas, trop aplanir le plan de swing peut en perdre tout le bénéfice avec un contact de balle décentré dans la face.

L’intérêt numéro un d’un club de golf quel qu’il soit est de vous fournir le rendement le plus élevé possible (smash factor) par rapport à votre vitesse de swing.

En résumé, générer la plus grande vitesse de balle possible.

Si vous décentrez votre frappe dans la face, vous perdez en efficacité, mais en plus, vous pouvez facilement taper en pointe ou en talon, et générer un effet en hook ou en slice. C’est justement ce que je reprochais aux hybrides.

J’ai aussi souvent entendu dire qu’un hybride pouvait être la meilleure solution dans le rough.

A mes débuts dans le golf, je ne savais pas que cette affirmation devait se coupler avec une vitesse de swing importante.

En vérité, quand on présente une vitesse de swing modérée, la meilleure solution est plutôt un club ouvert au niveau du loft.

Fer 5 ou hybride 5, c’est surtout une question de capacité à compresser la balle avec un bon angle d’attaque du club vers le sol, et d’une vitesse de swing suffisante pour aller la compresser au mieux.

Comment choisir ?

Il y a donc deux grandes philosophies à considérer pour la composition du sac : Plus de clubs courts ou plus de longs clubs en imaginant que du fer 5 au pitch, la plupart du temps, il n’y a pas de débat sur le cœur du sac.

Le choix s’impose à nous selon notre capacité à sélectionner un club en face des distances les plus récurrentes.

55, 65, 75, 85, 95, 105, 125, 145, 165 mètres et le maximum possible avec le driver.

Si on compte le putter, cela fait donc déjà 11 distances à combler avec au moins un club.

Il peut arriver qu’à moins de 100 mètres, on puisse utiliser un seul club pour deux à trois distances, en gérant l’amplitude, et donc sa propre capacité à donner de la vitesse au swing.

A 65 et 75 mètres, j’arrive par exemple à utiliser un wedge 56 degrés.

Est-ce que c’est la meilleure solution par rapport au fait de déclarer un seul club, et donc un seul type de coup par distance ? C’est un autre débat.

Toujours est-il qu’avec 14 clubs dans le sac, en réalité, nous avons tous 3 jokers.

Si je me réfère à mon exemple, pour les distances indiquées, ce sera 60,56, 52, pitch, 8, 6, 4 et driver.

Pour les 11 distances, j’utilise 8 clubs sauf que du pitch au fer 3, comme tout le monde, je ne m’amuse pas à sauter des numéros, ce qui fait en réalité 8 fers plus 3 wedges et un driver.

En réalité, il ne me reste qu’un joker.

Vous l’avez sans doute remarqué : Sur le parcours, il arrive que vous n’utilisiez quasiment jamais un ou deux clubs. Cependant, il arrive que vous en ayez besoin une fois de temps en temps, quand vous avez à réaliser un coup « intermédiaire ».

Le nombre de joker dépend donc du jeu de chacun, et bien entendu, la connaissance de ses distances par clubs (étalonnage).

Je ne vais pas occulter le fait qu’étalonner ses clubs sans radar est franchement délicat.

Richard Hurvitz, consultant pour jeudegolf, recommande de prendre un trou en fin de journée avec moins de passage, et de taper des coups avec différents clubs pour mesurer. C’est souvent la seule solution, et je me souviens de l’avoir fait.

Je vous conseille surtout d’aller dans un magasin équipé d’un radar et demander la possibilité de vérifier vos longueurs par clubs. Vous pourrez toujours arguer que vous voudrez éventuellement compléter votre sac, selon le résultat.

Attention, ne jamais étalonner au practice avec des balles aux performances variables (les balles de practice), et au moins 10 à 12% inférieur à la qualité d’une balle de jeu.

D’ailleurs, il faut travailler avec sa balle de jeu la plus fréquemment utilisée, et fonction de son degré de spin.

Ce faisant, je me suis rendu compte qu’en matière d’hybrides ou de fers, pour le choix de mon joker, à une certaine vitesse de swing, j’obtenais un réel tassement de mes distances, et du coup, deux clubs pouvaient facilement s’annuler en termes d’utilités.

Bons nombres d’enseignants recommandent les hybrides selon une certaine plage de distance.

Le conseil des pros

Ainsi, si un golfeur tape son fer 7 à 125 mètres ou moins, le fer 6 devrait être le fer le plus long du sac, pour ensuite passer sur des hybrides 5, 4 et 3.

Cependant, cette théorie suppose que le golfeur est bien capable de créer des écarts de distances régulièrement avec chaque hybride.

Au cours des tests, j’ai pu voir que par exemple, pour un senior, visé par cette segmentation, que cela pouvait ne pas se vérifier. Ce dernier ayant tendance à envoyer les trois clubs sensiblement à la même distance.

Si on déroule cette segmentation par vitesse de swing ou distance, un golfeur qui pourrait tape un fer 7 à 135 mètres, ne devrait pas envisager un fer 4 ou un fer 3 pour s’arrêter au fer 5, tout en choisissant un hybride 3.

Je ne suis pas du tout d’accord avec cette idée.

Je suis certain qu’il y a au moins deux familles de golfeurs : Ceux qui sont plus à l’aise avec les fers, et ceux qui sont plus à l’aise avec les bois.

C’est directement en lien avec le plan de swing, et en fait la forme du swing pour ramener le club vers la balle.

Jusqu’à présent, je me pensais largement plus long et plus précis avec un fer 3 versus un hybride 3 ou 4, et pourtant avec un fer 7, je tape entre 135 et 145 mètres.

Non, il n’existe pas de règles toutes faites qui indiquent que vous devez jouer tel ou tel club selon des critères définis par d’autres pour d’autres.

Dernière catégorie évoquée par des pros PGA, quand vous tapez le fer 7 à plus de 145 mètres, on peut remplacer le fer 3 par un hybride.

En réalité, on peut distinguer un long fer et un hybride sur la forme de la trajectoire bien plus que sur la distance.

D’autant qu’il y a fer 3 et fer 3 ! De quel club parle-t-on ? Si c’est une lame ou si c’est un club à semelle prononcée, les résultats sont différents.

Entre une lame et un hybride, la différence de rendement sera bien souvent en faveur de l’hybride, à la fois pour le smash factor, la hauteur de trajectoire, et in fine la distance.

Je me suis donc livré à une expérience pour tester un fer 3 de loft 20 degrés sur manche stiff, un long-fer 3 de loft 20 degrés sur un manche stiff, et un hybride 3 de loft 19 degrés sur manche stiff.

Test comparatif entre fer 3, long-fer 3 et hybride 3

J’ai testé ces trois clubs sur un lie normal et dans le rough.

Le test depuis le rough, dans le studio indoor d’essai de jeudegolf.org, a été rendu possible par la fourniture d’un gazon synthétique fourni par la société GardenGrass à cet effet.

Je me suis évertué à swinguer autour de 89 mph quel que soit le club.

J’ai toujours utilisé la même balle, et conservé les 8 frappes les plus cohérentes, éliminant quelques frappes insuffisamment bien mesurées ou « calculées » par le radar plutôt que « mesurées ».

Test de l’hybride 3 sur lie normal

Premier constat, sur un lie normal, avec l’hybride, je génère une vitesse de balle 128 mph ce qui donne un smash factor de 1.44, soit un rendement plutôt bon pour mon niveau de jeu.

Comme attendu, le niveau de spin est supérieur à 3000 tours. La trajectoire de balle est haute (angle de lancement de 16 degrés, et hauteur de balle maximale à 29 mètres).

La portée totale est de 197 mètres.

Test du même hybride depuis le rough

Dans ce cas, j’ai constaté à énergie égale de ma part, une perte de vitesse de swing de 2 mph lié au fait qu’au moment de contacter la balle, j’ai senti que j’étais freiné avant l’impact par la hauteur du gazon, ce qui a eu aussi pour effet de me faire ouvrir la face du club… à l’impact.

Les conséquences sont très importantes sur la vitesse de balle. La qualité du contact a été bien moindre (soit 1.29 de smash factor).

La distance a baissé de 197 à 161 mètres en moyenne ! Le taux de spin est monté de 1000 tours.

La hauteur de balle est tombée de 29 à 22 mètres.

A ce stade, est-ce qu’un hybride est indispensable par rapport à un fer 3 ?

Test du fer 3 sur un lie normal

A vitesse de swing égale sur un club avec lequel, psychologiquement, je me sens plus à l’aise versus un hybride, et sur un lie normal, la vitesse de balle n’est finalement que de 121 mph contre 128 mph avec un hybride.

En tapant au mieux de mes compétences d’amateur, je perds 7 mph de vitesse de balle entre un hybride et un fer 3. Sur ce seul argument, dans mon cas, il faudrait plutôt écarter le fer 3, ce qui validerait l’hypothèse des pros PGA.

Malgré un smash factor de 1.36, l’hybride apporte nettement plus de tolérance.

En réalité, ma préférence pour un fer tient dans ma meilleure régularité sur le chemin du club (club path à 0,1 degré en moyenne) et angle de la face (-0,1 degré en moyenne de face angle).

Ces chiffres traduisent le fait que j’aurai difficilement pu mieux taper ce club.

Mon smash factor aurait pu être plus élevé, si mon plan de swing (swing plane) avait été moins plat (52,5 degrés), et ainsi, j’aurai pu mieux centrer la balle dans la face.

Cependant, hybride ou fer 3, c’est mon swing. Vous aurez sans doute le même phénomène. A savoir, fer ou hybride, j’imagine mal que vous expérimentiez de grandes différences de plan de swing d’un club à un autre. En résumé, vous n’allez pas changer fondamentalement de swing.

Autre constat, la trajectoire de balle est bien différente entre l’hybride et le fer. Le fer donne beaucoup moins de spin (3100 contre 3700 tours), et la balle est plus tendue en moyenne (13 degrés contre 16).

Test du même fer 3 depuis le rough

Dans ce cas, j’ai visiblement réussi à swinguer à la même vitesse.

En revanche, comme pour l’hybride, la perte de vitesse de balle est flagrante, soit 113 mph au lieu de 121 mph. Le smash factor tombe de 1.36 à 1.27.

Au lieu de parcourir 190 mètres en moyenne, je n’arrive plus qu’à atteindre 166 mètres.

Par rapport à l’hybride, je n’ai pas le même sentiment de frein avant l’impact, et surtout, la face ne s’ouvre pas vraiment à l’impact.

Conséquence, sans discussion, le fer 3 est plus efficace versus l’hybride dans le rough ! Ce n’est pas du tout ce que les fabricants ou les marchands m’ont expliqué jusque-là !

Il faut comprendre que la tête du fer est plus fine que celle de l’hybride. Elle est donc moins freinée.

Plus que le carry, la perte de distance entre un lie normal et le rough s’opère sur la roule. La trajectoire de la balle a plus tendance à monter quand la balle est frappée depuis le rough, tout comme le spin qui prend 1000 tours de plus.

Test d’un long fer 3 sur un lie normal

C’est ma grande surprise depuis quelques semaines. Préalablement, j’étais convaincu de l’avantage du long-fer sur le fer classique. Or, je démontre le contraire. A vitesse de swing égale, j’ai plus de mal à trouver le centre de la face avec ce type de club dont la différence tient surtout dans une semelle plus large pour favoriser en théorie, un angle d’envol plus important.

Plus facile à manier ? La tête est en fait plus lourde. Ce n’est pas si évident. Il faut d’ailleurs s’exercer un petit moment pour se familiariser à ce type de clubs.

Concrètement, ma vitesse de balle n’a été que de 119 mph versus 121 mph avec un fer 3 classique. Le smash factor est donc légèrement moins bon (1.35), et toujours pas au niveau de l’hybride.

Le spin est très comparable au fer 3 classique (3200 tours).

Effectivement, l’angle de lancement est un degré supérieur. La hauteur de balle est donc 1 mètre plus haute. Ainsi, je perds 3 mètres en moyenne en distance par rapport à un fer 3 classique (187 mètres).

Le long fer 3 n’est donc toujours pas plus compétitif que l’hybride.

Test de ce même long fer 3 depuis le rough

Comme pour le fer 3 conventionnel, il y a une perte très nette de vitesse de balle à vitesse de swing équivalente, soit 112 mph au lieu de 119 mph.

Le smash factor chute à 1.25 au lieu de 1.35. Le spin monte de 1000 tours en moyenne. L’angle de lancement augmente de 1 degré.

En revanche, toujours à l’inverse de l’hybride, le club passe mieux dans le gazon.

Conclusion

Un, deux ou trois hybrides, la question est donc bien entendue à résoudre de manière très personnelle.

L’indication de la vitesse de swing ou de la distance avec un fer 7 permet d’avoir un repère décisionnel.

J’aurai tendance à aller dans le sens de ceux qui nous invitent à la prudence concernant le jeu à moins de 100 mètres.

On a bien souvent plus besoin d’une solution à 65, 75 ou 85 mètres qu’un doute sur une frappe à plus de 160 mètres.

L’expérience ci-dessus me démontre que l’hybride n’est pas systématiquement la meilleure solution depuis le rough.

A 180 mètres d’une cible, j’ai surtout des chances de taper 20 mètres de moins avec le club habituellement utilisé. Du coup, plutôt que de chercher un club plus adapté, il y a bien plus de pertinence à changer de stratégie, et opter pour un fer plus lofté (plus ouvert) et jouer la sécurité en deux coups.

L’hybride 3 n’est pas une meilleure option pour remplacer un fer 3.

Avant d’écrire ce sujet, j’aurai plutôt pensé garder mon fer 3 contre l’hybride 3. Finalement, comme la catégorie décrite plus haut, pour un golfeur qui tape un fer 7 à 135/145 mètres, entre le fer 3 et l’hybride 3, il faut plutôt opter pour le deuxième nommé.

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