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Clubs de golf: N’achetez pas n’importe quoi à n’importe qui !

Cet article a vocation informatif sur l’achat de vos clubs de golf, en particulier le driver, est en même un temps un coup de gueule contre certains distributeurs, au processus de fitting trop court ou peu fiable. Au moment où on s’inquiète du nombre de golfeurs qui abandonnent le golf, jugeant ce sport trop difficile, c’est décevant de constater que certains acteurs du marché orientent des pratiquants incrédules sur des clubs pas toujours adaptés, au prétexte d’une distance supplémentaire parfois hypothétique. Taper fort à gauche, ce n’est pas taper long et droit, pour ne pas perdre des balles ou des coups sur la carte de score !

Si je me permets de saisir ce sujet qui me semble important, dans un contexte de stagnation des licences, de baisse des ventes des équipements pour le golf de manière très notable (en 2018), c’est aussi parce que j’ai eu l’occasion de collaborer en magasin, et de conseiller des golfeurs au moment d’un acte d’achat.

Avant de développer, je sais ce que c’est de recevoir dans un magasin, un client qui a décidé avant d’essayer, un client qui n’écoute pas des arguments objectifs, pour foncer sur une série qui lui paraît plus belle ou qui correspond à ce qu’il a vu à la télévision, avec les meilleurs joueurs.

Un client, qui à moins d’un an de golf, et qui veut, malgré tout, acheter une série de lames Cavity Back, parce que visuellement, elle lui plaît, et parce qu’il pense qu’il a la vitesse de swing suffisante pour la jouer ou qu’il va l’avoir.

Vous pouvez lui montrer par A+B avec des éléments objectifs mesurés au Trackman (pour les magasins à minima équipés) qu’il n’a pas le loft dynamique suffisant pour compresser la balle correctement, et malgré cela, il va insister pour repartir avec la série qu’il avait en tête avant de franchir la porte du magasin.

Un an plus tard, est-ce que ce jeune golfeur joue toujours au golf ?

Quand un individu n’a pas envie de vous écouter, il ne vous entend pas !

Ce n’est pas la majorité des cas, et des personnes qui rentrent un jour dans un magasin de golf.

La plupart du temps, les golfeurs ne sont pas avertis ou des experts du matériel de golf.

La plupart du temps, ils sont en demande du bon conseil, du bon produit, et du bon club, qui a minima, ne va pas les freiner dans leur progression.

Bien que l’on puisse reprocher aux marques de matériel de trop accélérer le rythme des rotations des produits, sur des arguments de progrès techniques parfois imperceptibles, ce qui a conduit à abîmer leurs images aux yeux des consommateurs, et explique partiellement pourquoi sur les parcours, vous croisez des joueurs avec du matériel assez ancien.

Le métier de fabricant consiste néanmoins à fabriquer des produits, une offre qui répond à une demande.

Club léger, lourd, longueur variable, longueur unique, tête oversized ou lame très fine, l’offre est variée pour répondre à des besoins différents.

Sans aller jusqu’à dire que tous les golfeurs sont uniques, ils sont divers.

En 2019, il est nécessaire de reconnaître que les fabricants proposent suffisamment de produits pour couvrir tous les besoins, du débutant jusqu’au golfeur professionnel.

Ce n’est pas nouveau, et aujourd’hui, la question qui est toujours centrale, c’est faire le bon choix, pas forcément pour gagner des coups sur le parcours, mais pour moins en perdre.

Il faut relativiser l’importance du matériel dans les gains de performances par rapport au potentiel du joueur, en revanche, un club inadapté peut altérer votre potentiel.

Les vendeurs en magasins, qui représentent toujours en France, la majorité des achats de clubs de golf ont un rôle déterminant dans ce bon choix.

Nombre d’entre eux font leur métier avec passion, et sont compétents.

Avant de dédouaner les marques dans des conseils inappropriés, elles ont encore une petite part de responsabilité en amont : Vous êtes parfois plus informé que les vendeurs en magasins, qui reçoivent les produits de plus en plus tard, et quelques jours seulement avant le lancement commercial officiel.

Comme les marques ont accéléré le rythme de sortie des nouveautés, et que beaucoup de golfeurs ont constaté des gains parfois inexistants sur la performance, effectivement, les distributeurs sont victimes directement de cette défiance qui s’installe, et vis-à-vis d’un discours parfois trop marketing des marques.

En 2018, il est avéré que les ventes ont fortement baissé (-5 à -10%), et notamment la fréquentation des points de ventes.

En conséquence, certains distributeurs sont tentés de compenser ce phénomène, en vendant plus ou parfois plus cher.

Comment ne pas relever la forte augmentation des ventes de clubs ultra-premiums, et constater à l’inverse que des offres bons marchés, y compris sur du neuf, sortent moins ou pas du tout ?

Usuellement, dans le top-10 des meilleures ventes d'un produit ou d'un service, il n'est pas rare de trouver les produits premiers prix en tête de liste, pas dans le domaine des drivers pour le golf. Etonnant ?

La réponse est bien souvent le fait qu’une partie de la distribution oriente le client vers les clubs qui apportent plus de revenus.

Pas de problème si cela correspond au besoin réel du client, et notamment à la très importante valeur plaisir.

J’en viens à ce qui m’a motivé à écrire cet article.

Pas plus tard que cette semaine, le hasard a voulu que je joue une partie de golf sur le parcours des Brocards près de Lyon, et fusionne au trou numéro un, ma partie avec deux golfeurs amateurs seniors que je ne connaissais pas.

Croyez-le ou non quand j’ai l’occasion de jouer, je ne me vante pas de ma profession auprès de mes nouveaux partenaires. Je joue, ils jouent, nous jouons…

Cependant, il m’arrive de jeter un coup d’œil aux clubs utilisés par mes partenaires, plus par curiosité ou déformation professionnelle.

Autre de mes déformations professionnelles liées à mon usage intensif du trackman, je distingue très rapidement le swing de mes partenaires, entre extérieur-intérieur ou l’inverse.

Au bout de deux heures passées ensemble, inévitablement, différents sujets, comme la profession, peuvent venir entre deux putts.

Pour cette partie, mes deux partenaires présentaient deux swings radicalement différents, le premier, Patrick (plus de 60 ans), fan de la Ryder Cup en France (il avait suivi l’épreuve sur place pendant 4 jours) avait plutôt un bon swing, et le potentiel pour taper loin et droit.

Thierry (plus de 60 ans), avait un swing avec un chemin extérieur-intérieur très fort, et un tempo beaucoup trop rapide. Il sliçait ou grattait beaucoup en tombant son club souvent avant la balle.

Au moment de prendre le départ du 16, Patrick ne comprenait pas pourquoi il drivait systématiquement à gauche en hook.

Il me pose la question, et je lui réponds « Cela vient de votre club dont la tête est hook face », alors qu’il s’attendait sans doute à un commentaire sur sa technique, comme on peut l’entendre fréquemment dans le cadre d’une partie amicale, et entre amateurs.

Depuis quelques trous, j’avais remarqué qu’il emmenait dans son sac de très beaux clubs japonais et haut de gamme. La couronne légèrement bleu et brillante avait le mérite de les distinguer.

Bien que senior, pendant la partie, j’avais pu constater qu’au drive, il était plutôt long. En discutant, il m’avoue qu’il vient d’acheter ces clubs, et me vante leur légèreté et leur maniabilité.

Je lui demande s’il est sliceur habituellement, il me répond : « Pas le moins du monde » et effectivement, de ce que j’avais pu en voir, il ne l’était vraiment pas.

Après lui avoir montré, posé au sol, que son driver était hook face, ce qu’il ignorait complètement, il était bien embêté. Le driver n’est pas un premier prix, et en même temps, tout neuf.

Une face dite hook face est en fait assez répandue dans beaucoup de marques de drivers.

Chez Ping, il s’agit du driver SFT ou chez TaylorMade du D-Type, des drivers qui vous vantent un effet de draw.

C’est d'ailleurs un abus de langage.

Un drive hook face présente une face clairement positionnée avec un décalage de la position du manche très nettement en avant par rapport à la face, pour justement créer de manière forcée les conditions d’un fort décalage du chemin de swing par rapport à cette même face à l’impact.

C’est un moyen de forcer à changer le chemin du club et la position moyenne de la face pour un sliceur.

Un golfeur qui présente un chemin de club plutôt en ligne avec la cible ne pourra pas faire autrement, avec ce type de club, que d’envoyer la balle en hook à gauche, comme si en fait, la face était fermée au chemin.

Ce n’est pas une question technique, mais mécanique.

Je "conseille" alors à Patrick d’ouvrir la face du club vers la droite de la cible par l’action de ses mains, pour compenser la face nettement à gauche, qui vous oblige naturellement à mettre les mains en avant de la couronne, et il tape alors son meilleur drive de la journée, long et droit.

Je lui ai proposé une solution de type rustine.

Ce club ne lui est pas du tout adapté. Il ne pourra pas faire autrement que de s’adapter à son driver, et non pas l’inverse.

Toujours pour comprendre, je lui demande qui lui a vendu ce club. Il me répond un vendeur dans un magasin lyonnais d’une chaîne de golf dont je vais taire le nom.

En bientôt dix ans à utiliser des outils tel que le Trackman, je ne connais pas de golfeur qui change de swing de manière radicale, surtout pas dans la même partie de golf, ou en seulement quelques semaines, entre l’achat et la partie sur le parcours.

Autrement dit, un vendeur compétent n’aurait jamais du vendre ce club, bien que Patrick, et je m’en excuse par avance auprès de lui, a complément le profil de la « fashion victime » : Il avait tous ses clubs neufs, toute la série de bois dans la même gamme.

Je n’aime pas trop faire ce type de commentaire, mais clairement, le prix n’était pas le problème pour lui.

Le problème, ce n’est pas non plus le fabricant.

La gamme que je ne cite pas ici volontairement, car ce n’est pas le produit le problème, mais l’adéquation avec le client pour un produit qui s’adresse normalement à des golfeurs qui ont une vitesse de swing plus modérée que mon exemple, avec en plus, une tendance au slice.

J’imagine qu’au moment du fitting, où Patrick m’a avoué avoir essayé plusieurs clubs, on lui a proposé un driver plus léger pour lui montrer sur 4 ou 5 balles qu’il pouvait potentiellement gagner de la distance !

SI au cours du fitting, ces quelques balles sont parties à gauche, sur le moment, il n’ a pas du s’en inquiéter.

Au trackman, finalement, qu’est-ce qu’une balle 20 ou 30 mètres à gauche du centre du fairway ?

Dans la réalité, sur le parcours réel, c’est une balle dans le rough, parfois jouable ou parfois hors limite.

A l’inverse, Thierry aurait été un client parfait pour ces mêmes clubs !

Une face hook face n’est pas un gros mot ou une aberration technique !

C’est une solution (bien que je ne l’aime pas) pour aider un golfeur qui du mal à ramener la face square, et qui au contraire, l’ouvre trop. Aucun golfeur n’est condamné au slice.

Typiquement le cas de Thierry, qui paradoxalement jouait une gamme de RBZ avec un shaft trop rigide pour lui.

Vous avez là, deux cas, de deux golfeurs, qui sans le savoir, ont perdu des coups sur le parcours en raison d’un matériel inadapté, et pire selon moi, notamment pour Patrick, mal conseillé.

En 2019, avec les outils à notre disposition, avec nos connaissances du swing, il est impossible de conseiller une tête hook face, à un golfeur qui n’en a pas besoin, et au seul motif que le manche super léger va lui permettre de gagner de la distance.

C’est seulement se préoccuper d’une partie de l’équation.

De la journée, Patrick n’avait pas, jusqu’au 16, tapé un drive droit, ou même en fade sur des trous en dog-leg droit !

A quoi cela sert de faussement gagner en vitesse de balle, si vous ne pouvez pas diriger la trajectoire de votre balle, et selon l’exigence du tracé du terrain ?

Quand vous achetez un driver, vous devez considérer en premier, et bien avant la question de la distance, votre chemin de club naturel, et votre position de face à l’impact en moyenne !

Ces deux informations sont capitales, et de mon expérience, de tous les golfeurs que j’ai observés au trackman, vous avez souvent « votre » swing, et il ne varie qu’à la marge.

Quand vous avez identifié ces deux paramètres qui dirigent vos trajectoires moyennes, vous pouvez commencer à vous intéresser au loft du club (pour la hauteur), à la rigidité du manche, sa longueur et tout un tas de caractéristiques, qui vont permettre d’optimiser votre potentiel, et in fine, la distance.

En magasin, le fitting qui vous est proposé doit aborder toutes les bonnes questions.

30 ou 45 minutes pour choisir le driver, le bois 3, un hybride et la série de fers, ce n’est pas sérieux, sachant qu’il faut tenir compte de votre expérience du jeu, et de votre endurance pour taper des coups à la suite, et dans un filet.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas acheter en magasin, mais il ne faut pas acheter n’importe quoi à n’importe qui.

Ce n’est pas non plus un plébiscite pour les clubfitteurs indépendants.

On peut tout à fait acheter le bon club dans un magasin. Il faut juste savoir de quoi on parle, et avec qui.

Dans les deux exemples cités, entre Thierry et Patrick, à la limite, je préfère le cas de Thierry, car en prenant des cours avec un moniteur compétent, qui lui explique son chemin de club, son tempo, en très peu de temps, il pourra faire des progrès spectaculaires, et son matériel serait minoritaire dans sa performance.

A l’inverse, pour Patrick, son choix de club le pénalise, alors qu’il n’aurait pas réellement besoin de cours de golf, et le pire, c’est qu’il ne le sait pas.

Il pourrait jouer encore plusieurs mois avec des clubs inadaptés, en pensant qu’il doit travailler son swing.

C’est lamentable de lui avoir conseillé des clubs plus chers, et pas seulement un, mais toute la gamme, au motif qu’il avait un profil de « gentil acheteur demandant à croire ».

Vous pouvez jouer sur le loft du driver. Vous pouvez jouer sur la rigidité et la longueur du manche. Vous pouvez aussi jouer sur la position de la face (hook face ou normal) …

Le gain de distance n’est pas le seul argument à prendre en compte, encore faut-il que l’on vous l’explique.

C’est bien plus le rôle d’un vendeur en magasin que même de la part d’un média !

En espérant que les chaînes de magasins qui lisent cet article où je suis bien urbain de ne pas les citer nommément, réagissent intelligemment, en améliorant à minima leur process de fitting à des golfeurs, qui je l’espère pour eux, seront plus avertis sur ce qu’ils achètent.

Vous voulez gagner de la distance mais aussi réduire la dispersion. Il faut arrêter d’oublier la deuxième partie de cette phrase !

Acheter un driver à 500 ou 1000 euros ne devrait pas être un acte d’achat hasardeux…

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