Comment choisir sa série de fers en 2020 ? La meilleure ? (1/3)

Après le confinement, dans des temps meilleurs, plus légers pour la pratique du golf, certains d’entre vous, pour qui, la saison de golf n’avait pas encore réellement démarré, il sera peut-être temps ou l’occasion de changer de séries de fers, et vous tourner vers les magasins ou les clubfitters pour essayer, apprivoiser, apprécier de nouvelles sensations. Au regard des nouveaux produits mis sur le marché par les marques, il ne s’agira pas de choisir ses clubs, selon une prétendue notion d’index, mais bien en fonction d’un projet de jeu, le vôtre, et pas celui d’une catégorie.

Introduction sur le dossier 2020 pour choisir une nouvelle série de fers

Depuis plusieurs années, sur JeudeGolf.org, nous avons établi une catégorie de clubs de golf, non pas en fonction d’un index, mais sur la base des faits, et des caractéristiques techniques, et distinctes des clubs.

Non, les séries de fers ne se valent pas toutes, et choisir un club de golf ou un autre, n’est pas sans signification. Il ne s’agit pas seulement de goûts, de couleurs ou même de prix.

Au premier stade, il ne s’agit pas encore de fitting, au sens exact du terme.

Le fitting, à savoir la mise en adéquation de l’offre avec la demande, doit intervenir après la définition du projet de jeu, qui ne peut-être que personnel, et intime.

Pour ce guide de choix 2020, nous allons opérer en trois volets : Projet de jeu (définitions du cahier des charges, repérage des offres par marques, et tableau comparatif des caractéristiques principales pour le choix des têtes.

Qu’est-ce que le projet de jeu ?

Jouer moins de 100, moins de 90, moins de 80, sous le par… est une première partie de la réponse, mais ne vous définit pas suffisamment, et même ne vous définit pas du tout. Vous n’êtes pas un index !

Le score est d’abord un objectif. C’est le combien.

Aussi important que le combien, il y a le comment… le projet de jeu… la manière dont on va jouer pour atteindre cet objectif.

Pour un « combien » définit, et c’est la beauté du golf, il y a plusieurs « comment » possibles.

C’est difficile d’enfermer des golfeurs et des golfeuses dans des cases.

Vous êtes unique et multiples.

Il y a les golfeurs qui slicent, qui hookent, qui draw(ent), qui fad(ent), qui tapent fort, qui tapent lentement, qui tapent haut, qui tapent bas, qui ne donnent pas d’effets, qui en donnent beaucoup…

Les golfeurs et les golfeuses donnent l’impression de tous, et toutes répéter le même geste, et pourtant, dans le détail, au microscope des outils d’analyses (Trackman, FlightScope, Smart2move…), tout change.

Pour autant, cela ne veut pas dire que choisir une série de fers est quelque chose de complexe, d’incompréhensible et réservé à une seule élite, les initiés.

Définissez qui vous « êtes », et vous serez ce qu’il vous « faut ».

1 Manière d’accélérer le club : Vitesse de swing rapide, modérée ou lente ?

2 Manière de déplacer le club dans l’espace : Chemin de club intérieur-extérieur ou extérieur-intérieur ?

3 Manière de compresser la balle : Loft dynamique très bas ou très haut ?

4 Manière de faire voler la balle : Besoin de roule supplémentaire ou de contrôle

Il y a beaucoup d’autres paramètres que l’on peut mesurer avec un radar de mesure, et par exemple un Trackman.

Depuis trop longtemps, parfois, on vous incite à acheter une série de fers en regardant uniquement trois paramètres : Le Smash Factor, la vitesse de balle, et surtout la distance.

Dans les trois cas, il s’agit de conséquences, et jamais de causes.

Le golf est bien entendu un sport de distance.

Personne ne peut le nier.

Mais la distance n’est pas la fin en soi.

Au-delà de la distance, le golf est un sport où à chaque coup, nous devons « réduire l’écart avec la cible » ».

On ne fait pas de la distance au golf, on réduit l’écart avec la cible.

Et pour cela, on peut générer une balle qui arrive de très haut ou de très bas, qui roule longtemps ou qui se pose brutalement, qui arrive en venant de la gauche, ou en venant de la droite…

Choisir une nouvelle série de fers, c’est donc d'abord répondre à 4 questions :

Comment le club accélère, et comment l’optimiser ?

Comment le club se déplace dans l’espace, et comment en tenir compte ? Augmenter ou atténuer un effet ?

Comment le club compresse la balle, et que veut-on faire ? Augmenter ou réduire la compression (smash factor)

Comment la balle vole, et que veut-on faire ? Augmenter la hauteur de tombée de balle ou la réduire ?

Pour ces 4 questions, il existe aujourd’hui sur le marché une infinité de solutions, de têtes, de manches, et de grips, dans des marques très connues, ou des marques moins connues.

Etalonner et cranter les clubs

Enfin, le choix d’une série de clubs est indissociable d’une bonne analyse de la composition du reste du sac, et notamment pour atteindre un étalonnage ou crantage des distances pertinentes avec le projet de jeu.

Vous devrez tenir compte du dernier bois du sac, comme du premier wedge, et veiller à ne pas doublonner des clubs, qui produiraient finalement la même distance.

Le plus souvent, nous les amateurs, avons tendance à empiler les longs clubs, et finalement au détriment des clubs de précisions.

Parfois, un fer 4 fait doublon avec un hybride 3, alors qu’à l’autre bout du sac, il va manquer un sandwedge 60 ou 62 degrés.

Le choix d’une série de fers est donc indissociable de la notion d’étalonnage complet du sac.

Le risque de jouer des clubs inadaptés

Aujourd’hui, il y a un risque qu’une majorité de golfeurs et de golfeuses jouent avec des clubs inadaptés, parce que l’on veut souvent aller trop vite à la solution, sans prendre le temps de bien poser les choses.

Pour en revenir à cette fameuse question d’index, et plutôt pour traiter la question du niveau de jeu, parmi vous, il y a des débutants, des golfeurs avec quelques années de pratiques, et des golfeurs plus expérimentés.

Pour un débutant, qui par exemple, aurait naturellement un swing intérieur-extérieur, confondre maniabilité, smash factor et offset !

Pour ce golfeur, faut-il absolument lui conseiller une série de clubs dit « improvment » et pourtant parmi les plus vendus en France ?

Non, la maniabilité d’un club n’est pas qu’une affaire de tête !

Si pour parcourir 135 mètres, nous ne sommes pas tous obligés d’utiliser un fer 7, mais un fer 6 ou un fer 5 qui fera tout aussi bien l’affaire, à quoi bon systématiquement proposer un fer 7 aux propriétés d’un fer 5, pour faire croire à l’utilisateur qu’il rentre en fin dans un moule…

Qui a défini ou plutôt imposé que vous, nous, tous les golfeurs devaient taper un fer 7 à 135 mètres ?

Pour quoi faire ? Un concours de qui a le fer le plus long ?

Jouer au golf, c’est réduire des écarts, pas en créer.

Les clubs changent d’années en années, le risque de confusion augmente

Dans tous les business, la plupart du temps, l’offre répond à la demande.

Cela veut dire qu’elle n’est pas si souvent pro-active, mais le plus souvent réactive.

Autant que par le marketing des marques, que par notre désir, les clubs de golf s’allongent, les lofts se ferment, les semelles s’élargissent, et par conséquent pour un but qui pourrait être habilement contourné, de nouveaux désavantagent apparaissent.

Là, je m’adresse aux golfeurs les plus « anciens » qui peut-être comme moi, ont toujours près d’eux une série des années 90 ou 2000… vous aurez peut-être noté que les manches étaient sensiblement plus courts, et les lofts plus ouverts.

Conséquences, quand je les reteste au Trackman, j’observe des choses simples : Moins de vitesse de swing, plus d’angle d’envol, plus d’angle d’atterrissage, plus de backspin, beaucoup moins de smash factor, beaucoup moins de distance, et… vraiment beaucoup moins de dispersion.

Pour tous les golfeurs, si vous lisez à l’envers, les clubs de 2020 produisent plus de vitesse de swing, moins d’angle d’envol, moins d’angle d’atterrissage, moins de backspin, beaucoup plus de smash factor, beaucoup plus de distance, et… vraiment beaucoup plus de dispersion.

Hum hum… et donc avec tout cela, qu’est-ce que l’on a gagné ?

On parcoure plus de distance, mais plus loin des drapeaux ?

En résumé, débutant, pratiquant régulier ou pratiquant très expérimenté, si le choix d’une nouvelle série peut être simple, il n’est pas simpliste.

Il ne s’agit pas de vous enfermer dans des offres qui correspondent hypothétiquement à un index.

Ne pas choisir ses clubs selon son index

Vous connaissez votre index pour la qualité de votre jeu de fers ? Est-il le même que pour votre driving ? Votre wedging ? Votre putting ?

L’index, c’est la donnée la plus simpliste et la moins fiable de toutes celles que vous pourriez communiquer en magasin ou à un clubfitter.

Au moment de l’achat, ne vous faites pas convaincre par un argument de smash factor augmenté entre un fer 7 par rapport à un autre fer 7, sans prendre en compte… les contreparties.

La plus grande mystification de l’industrie du golf, et de la communication, cela a été de faire croire que la performance supplémentaire était sans compromis.

Le golf est par nature un sport de compromis, de choix, et de marges entre réussite et échec.

Un loft qui se ferme, c’est plus de smash factor, et moins de spin. Ce n’est jamais plus de distance, et plus de contrôle.

Pour choisir demain votre nouvelle série, la question sera pour vous de définir à quel niveau, vous situez le curseur… quel compromis vous êtes prêt à faire, tenant compte de votre projet de jeu.

En revanche, il est tout à fait juste de considérer que le golfeur ou la golfeuse change au cours de son parcours…

Si les clubs sont statiques, les swings sont mobiles

En progressant, un débutant va augmenter sa vitesse de swing, améliorer la régularité de son swing, réduire son loft dynamique, expérimenter plus souvent son chemin de club naturel, et réduire sa dispersion.

Sans surprise ou scoop, au début de ce chemin, on pourra lui proposer une tête de club qui l’aide à lever la balle avec surtout une large semelle.

Au-delà de la tête, le choix du manche pourra être crucial entre léger (pour développer l’impression de facilité et de vitesse) et lourd (pour développer la sensibilité à la stabilité).

Plus que le choix de la première série, ce qui va être intéressant, c’est le chemin que va suivre ce golfeur, et donc son évolution, et des différents choix de clubs à travers le temps.

A l’autre bout de la chaîne, le golfeur expérimenté peut s’installer dans une logique de « fine-tuning » à la recherche de détails.

Changer une taille de grip, alourdir ou réduire le poids des shafts, agir sur les lofts, se préoccuper de la fréquence de ses shafts…

Plus le projet de jeu devient exigeant, et plus, ce golfeur ou cette golfeuse pourra intervenir sur un grand nombre d’aspects de ses clubs, et jusqu’à plomber les têtes, ou modifier l’équilibrage, le swing weight.

Le cas le plus complexe est en fait le cas de la majorité des golfeurs et golfeuses, qui ne sont plus débutants, mais pas encore des golfeurs ultra-expérimentés, et ultra à l’aise avec leurs fers.

Le projet de jeu peut ne pas être encore très affiné, et très précis.

Dans ce cas, il peut y avoir pas mal de flottements et d’erreurs de choix par manque de compréhensions des caractéristiques des clubs, noyées dans trop de marketing, le plus souvent inutile.

A quel moment, faut-il abandonner une tête « Improvment standard », le gros des ventes de clubs en France pour passer à une lame, même tolérante ?

Dans la vie d’un golfeur ou d’une golfeuse en progression, il y a plusieurs phases critiques.

Un palier m’a particulièrement marqué, et je suis toujours dedans, c’est le palier entre 10 et 20 d’index spécifiquement dans la catégorie du jeu avec les fers (et non pas l’index global)

Soit un palier où vous sentez que vous pouvez jouer des clubs plus précis, et vous commencez à sentir les limites de vos clubs « improvments ».

Exemple, en été, vous visez un green à 135 mètres avec votre fer 7… vous n’êtes pas certain de réussir votre coup, au point de prendre un club de moins, et en fait, après avoir tapé, votre balle se trouve plus de 10 mètres derrière le green !

Le club improvment a le mérite de tendre les trajectoires, et aussi l’inconvénient de ne pas permettre d’arrêter rapidement les balles…

La roule est en fait l’un des éléments clés pour choisir une série.

Vous sentez donc qu’il vous faut plus de contrôle, mais pour autant, vous n’avez pas encore complètement la régularité d’un joueur qui touche très souvent le centre de la face.

Le revers de la médaille, c’est d’être souvent plus court de la cible.

Entre le club pour débutant, ou le club pour expert, c’est là où l’offre de têtes de clubs est la plus pléthorique.

A la différence du golfeur expert qui connait son swing, et peut même le « manipuler » à sa guise, le golfeur intermédiaire doit justement compenser en comprenant mieux les liens de causes à effets, des clubs sur le swing, et le swing sur les clubs.

Exemple concret : Ce golfeur d’un niveau intermédiaire, pour ne pas dire entre deux classements, doit pondérer le gain de smash factor qu’il a pu obtenir avec une vitesse de swing augmentée, un loft dynamique abaissé ET à l’inverse, des trajectoires qui commencent à lui échapper, du fait de l’offset du club qui le pénalise finalement.

L’offset a bien une fonction sur un club de golf.

Pour un droitier, plus un club présente de l’offset, et plus cela limite les effets négatifs du sliceur (chemin de club extérieur-intérieur), et plus cela augmente les effets pervers chez un golfeur qui fait du hook (chemin de club qui arrive intérieur sur la balle et sort extérieur).

En résumé, pour ce golfeur, plus que le choix du loft, c’est aussi l’offset qui doit être une préoccupation.

Plus tard, quand le palier sera passé, à l’image du golfeur expert qui cherche un maximum de contrôle, ce golfeur pourra remonter les lofts, et affiner les semelles.

Y voir plus clair ?

A ce stade de l’article, je voudrais vous proposer MA/NOTRE synthèse de l’offre dans un tableau simple mais pas simpliste, et qui représente une segmentation compréhensible d’un univers qui est en fait un gros magma, le plus souvent pas complètement expliqué par les marques, et par conséquent, par les distributeurs.

C’est bien aux marques de clarifier l’offre, et depuis au moins 10 ans, que je suis ce marché, je ne constate pas un travail de clarification, mais au contraire, toujours une fuite en avant vers plus de marketing, de technologies difficilement vérifiables, et alors que toutes les solutions existent.

Si les marques noient le poisson dans la communication, à l’inverse, elles ont le grand mérite de proposer toutes les solutions.

Le problème, c’est qu’elles prennent des raccourcis de communications qui nuisent à la clarté de la technicité des produits.

Ci-dessus, ce tableau que je vais détailler par marques dans un second article, et ce, afin d’aller plus loin dans ce sujet qui a vocation à vous aider à y voir plus clair, je segmente le marché en deux familles (player et improvment), obligé de reprendre à mon compte cette terminologie des marques, que je n’aime pas beaucoup.

En revanche, je vais plus loin, en décomposant en 6 sous-familles : MuscleBack, Cavity Back, Large Back, standard, max, et oversized.

Par rapport à mes précédents sujets sur cette thématique du choix des fers, j’ai effectivement souhaité affiner ma terminologie.

Forgé Tolérant est devenu « Large Back ».

Je reconnais que Forgé tolérant m’a bien servi, mais cette terminologie induisait deux choses pas assez exactes.

Les clubs de cette catégorie ne sont pas tous pas totalement forgés.

Souvent, seule la face est forgée, alors que le reste du corps est moulé. Cela ne se vérifie pas toujours, car il y a des contre-exemples, comme le Srixon Z585 pour lequel, la face (Sup10) est forgée d'un côté, et le corps de l'autre avec un billet d'acier 1020.

Dire que c’est un club ou une catégorie forgée d'un seul tenant pose un problème de définition, même si l’intention est bien entendu la bonne.

Le toucher de ces clubs se rapprochent d’une lame forgée.

Tolérant ?

Par opposition à une lame MB, effectivement le smash factor va être meilleur puisque le loft est plus fermé, et la semelle plus large.  

Avec le terme Large Back qui s’accole à lame hybride entre face forgée et corps moulée, je suis déjà plus près de la définition que je cherche à donner depuis l’origine.

S’agissant de la catégorie MAX, qui dans ma précédente terminologie remplace « Distance », je tiens compte de l’évolution du « naming » des marques, et qui voit justement ce nom fleurir de plus en plus, et dans beaucoup de marques.

Passé ces questions de segmentations et de naming, j’ai essayé de vous illustrer simplement et schématiquement les compromis que vous aurez à faire… pour les têtes.

Lofts, offsets, et tailles des semelles me paraissent les 3 critères clés par rapport à la définition du projet de jeu.

J’en ai déduit 5 critères de choix plus facilement perceptibles au premier coup d’œil : Toucher, puissance, contrôle, maniabilité, et facilité perçue.

Les extrémités ont le mérite de la clarté : Une lame MB (Muscleback) offre le plus de toucher, de maniabilité, et de contrôle de la balle.

Une tête Oversized offre le plus de distance, et de facilité perçue.

A partir de cette première partie, je vais pouvoir vous détailler les offres des grandes marques, et les répartir pour faciliter le plus possible votre lisibilité de l’offre du marché.

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Commentaires   

ccs.ric@gmail.com
0 #1 Gamme de fer et indexccs.ric@gmail.com 09-12-2020 09:33
Que penser donc des avis données sur les séries de fer ou driver en les associant à une catégories de joueurs basées sur l'index ?

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.