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Choisir un putter performant pour soi

Il existe une très grande variété de putters sur le marché. En magasin, un golfeur ou une golfeuse peut se retrouver rapidement décontenancé devant le choix à effectuer. Quels critères retenir ? Souvent, par défaut, on invite ce même joueur ou cette même joueuse à choisir le putter qui apporte le meilleur feeling. Choisir le bon putter est probablement l’exercice le plus sous-estimé dans le monde du golf, et pourtant le plus complexe. Ci-après, je me suis livré à une petite expérience, à l’aide du nouveau module de putting du radar Trackman pour comparer 7 putters différents (lames ou maillets) et dans différentes marques (Odyssey, TaylorMade et Scotty Cameron). Le but n’était pas de déterminer le meilleur putter, mais celui qui me donnerait les meilleurs résultats. Car, oui, on peut mesurer la performance d’un putter pour soi… Découvrez comment, les indicateurs, et des arguments qui sortent des réponses à l’emporte-pièce…

C’est quoi un bon putter ?

Un bon putter, c’est certainement un putter qui permet de mettre la balle le plus souvent possible au fond du trou, et dans un maximum de situations différentes sur le green.

La difficulté quand on veut établir la performance réelle d’un putter vient du fait qu’il faut arriver à distinguer, ce qui est de la performance du club, de ce qui revient à la technique du joueur.

La plupart du temps, c’est indissociable. Le joueur s’adapte au club alors que cela devrait être plutôt l’inverse.

En matière de putting, jusqu’à très récemment, il était vraiment difficile de quantifier la qualité d’un putt avec des outils de mesures précis, et pertinents.

Sam Putt Lab, Quintic, Zenio s’attachent à retranscrire des données très élaborées sur un putt.

Tellement pointues que finalement seuls des spécialistes, seuls des clubfitters sont en mesure d’analyser les chiffres, et d’en déduire des recommandations.

Trackman a récemment mis au point une fonction putting sur son radar.

Ce dernier suit la balle, et mesure le roulement, la vitesse de la balle, la trajectoire, l’écart avec le centre, mais aussi la longueur du stroke, le tempo, et le skid, à savoir la part de la distance où la balle ne roule pas.

Le trackman n’a pas la prétention de mesurer les mêmes courbes ou fréquences qu’un radar de putting comme le Zenio ou le Sam Putt Lab. Finalement, son logiciel s’intéresse bien plus au résultat qu’au comment.

Pour choisir un putter performant, c’est finalement bien plus une question de consistance pour envoyer une balle à une distance donnée, et selon une trajectoire constante.

Il convient donc de définir les conditions de la performance.

Tester des putters : Le combien plutôt que le comment

Evaluer un putter sur des putts en pentes, longues distances, ou au contraire à dix centimètres du trou n’a pas un grand intérêt, car soit la difficulté est trop forte pour ne pas prendre en compte la compétence du joueur, soit trop faible pour réellement distinguer les putters.

Pour ma part, j’ai opté pour une distance de 3,70 mètres à plat, et sur un green synthétique, pour limiter les effets de paramètres extérieurs.

Sur le PGA Tour, le pourcentage de putts rentrés entre 3 et 4,5 mètres n’excède pas 40% pour les meilleurs dans cet exercice.

En 2018, c’est l’australien Marc Leishman qui rentre le plus de putts à cette distance, soit 58 putts sur 146 mesurés.

Attention, les greens du PGA Tour sont généralement très roulants, et cette statistique ne révèle pas si ces putts présentaient des pentes.

Le nombre de putts rentrés à une distance n’est donc pas le seul critère à prendre en compte, ou le meilleur.

C’est pourquoi je me suis intéressé aux mesures du trackman avec 7 putters différents pour établir des tendances ou surtout des ruptures entre les différents modèles.

Sur 13 mesures de performances, j’en ai considéré 5 comme critiques !

Les mesures les plus utiles pour choisir le bon putter

5 critères permettent de juger l’efficacité d’un putter pour soi : la direction du lancement, la vitesse de la balle (sur un geste qui est quasiment toujours identique), la distance avant que la balle ne roule correctement (skid), l’écart avec le centre du trou, et la dispersion (en profondeur comme en latéral).

Avec un radar comme le Zenio ou le Sam Putt Lab, on peut établir pourquoi une balle part à droite ou à gauche (la face est alors plus ou moins ouverte ou fermée).

La direction du lancement, c’est l’analyse froide du résultat.

A ce stade de l’expérience, je suis bien plus focalisé sur le « combien » plutôt que le « comment ».

Pour avoir tapé 20 balles avec 7 putters, soit un total de 140 putts, j’ai trouvé un écart de direction pouvant aller en moyenne de -0,7 degrés pour le lancement le plus « droit » ou plutôt le moins à gauche jusqu’à -1,5 degrés pour le lancement le plus à gauche.

Premier enseignement, on peut considérer que je lance plus souvent à gauche de ma cible que sur la droite.

Le premier critère de choix à conserver est donc la faculté de moins putter face fermée à gauche avec un putter plutôt qu’un autre.

La forme du putter, le manche, la forme du manche, le grip, beaucoup de paramètres peuvent influer.

Deuxième critère que je considère comme déterminant : La vitesse de la balle.

Il vous est sans doute déjà arrivé de jouer sur un green, et de vous dire « tiens aujourd’hui, mes balles n’avancent pas ou le contraire… par rapport à une habitude que vous avez développé. »

Il se trouve qu’en testant 7 putters différents, il est très difficile de produire la même vitesse de club à l’impact, par contre, sur un sol identique, la vitesse de balle va beaucoup moins varier !

Exemple pour illustrer :

Avec un putter TaylorMade Daytona OS (une lame), j’ai putté à une moyenne de 3,5 mph toujours pour atteindre un trou à 3,70 mètres à la vitesse de 5,6 mph.

Pour prouver que mon geste a été le plus souvent le même, et que je n’ai pas triché en modifiant artificiellement mon stroke, le swing mesuré vers l’arrière (backswing) a duré 0,35 secondes alors que le mouvement vers l’avant (forward swing) a duré 0,61 secondes.

Avec un autre putter, une lame Scotty Cameron, j’ai putté à une moyenne de 3,3 mph (0,2 mph de moins) alors que mon geste a été identique à quelques dixième de secondes près, et pourtant la balle a parcouru dix centimètres de plus à une vitesse de balle rigoureusement identique, soit 5,6 mph.

Concrètement, d’un putter à l’autre, avec un swing identique, j’ai putté un peu moins vite, mais donné la même vitesse à la balle !

Comparativement à un fer, on pourrait parler de smash factor.

Avec le TaylorMade Daytona OS, le smash factor a été de 1.60 contre 1.70 pour le Scotty Cameron !

Comprenez que le second putter restitue bien 0.10 points de vitesse de balle en plus.

Cet élément suffit à prouver que d’un putter à un autre, il existe des différences fondamentales de performances pour un seul et même golfeur. D’un putter à un autre, en fonction de la vitesse du green, vous pouvez le sentir.

Je ne serai pas surpris qu’un autre golfeur fasse le même test, applique le même protocole, et trouve le même résultat, entre ces deux putters.

L’un (le TaylorMade Daytona OS) est muni d’un insert anti-vibrations à l’impact, alors que le second n’en présente pas. La balle est directement en contact avec le matériau brut.

C’est bien l’insert qui enlève un peu de vitesse à la balle.

Sur une surface de putting en gazon synthétique pour des putts tous joués à la même distance, j’ai en réalité un écart de vitesse de balle très faible, compris entre 5,4 et 5,6 mph, soit 0,2 mph !

Les putters ne donnent pas tous la même distance à geste comparable

Au cours de cet exercice, je voulais en fait prouver qu’un putter pouvait donner des distances plus courtes à geste égal.

Sur le parcours, j’avais remarqué que mon putter, un TaylorMade Spider OS (maillet) avec un manche raccourci, me paraissait ne pas faire avancer les balles. Sans pouvoir le prouver, j’avais le sentiment de devoir appuyer plus fort pour faire les distances.

Au cours de ce test, j’en ai eu le cœur net !

J’ai effectivement mesuré un smash factor de ce putter à seulement 1.57 (le plus faible de tout le panel) confirmant bien que ce putter m’était préjudiciable sur les greens lents.

A la rigueur, sur une surface très rapide, utiliser un putter qui lance moins vite peut être intéressant, à condition de savoir ce que l’on joue et pourquoi…

Il n’y a pas de mauvais putters. Il n’y a que des putters inadaptés par rapport à des situations précises.

Toujours s’agissant de la distance d’un putt, la vitesse de balle n’est pas le seul élément à prendre en compte.

Il faut aussi considérer le skid (partie du putt où la balle glisse avant de rouler).

Les très bons joueurs au putting s’évertuent à réduire au maximum cette phase qui pourrait être qualifiée d’incertaine.

Plus une balle glisse, et plus elle peut être difficile à contrôler, ou même, dans les cas extrêmes, elle peut quitter sa trajectoire…

A nouveau, d’un putter à l’autre, j’ai relevé que le niveau de skid variait grandement, soit environ 6 centimètres de moyenne sur une distance de 3,70 mètres. Cela peut paraître peu, mais rappelez vous que les putts sont tapés de la même façon, et dans les mêmes conditions…

J’en suis arrivé à une statistique intéressante, et par opposition au skid, le pourcentage de roulement !

Quand on retranche le skid par rapport à la distance totale, on a effectivement la roule réelle de la balle, et plus le pourcentage est élevé, et plus le putt est contrôlable.

Parmi les 7 putters testés, 2 se sont distingués à raison d’un pourcent supplémentaire, soit 88% contre 87% pour les 5 autres.

Vous verrez que finalement pour déterminer les 2 meilleurs putters du lot, je vais finalement considérer au maximum cette statistique.

Avant cela, il reste deux éléments cruciaux, non plus concernant la distance, mais pour la trajectoire.

Distance et précision : Au choix, prenez les deux !

Si on a vu que le premier critère donne la direction du lancement, qu’en est-il du centrage final de la balle dans le trou ?

Le trackman nous donne une mesure dite « Side » qui répertorie la moyenne des 20 putts par rapport au centre visé dans un écart compris entre -1 centimètre à gauche et +5 centimètres à droite dans le cas de mon expérience.

Pour mémoire, le diamètre d’un trou de golf mesure 10,8 centimètres, soit + ou – 5,4 centimètres à gauche ou à droite.

Comble du test, c’est le putter qui m’a donné la moins longue distance et donc la moins bonne vitesse de balle, qui est aussi celui qui « pousse » le plus la balle à droite de la trajectoire, le Spider OS !

A contrario, trois putters m’ont donné une moyenne de 1 centimètre autour de ma cible : le TaylorMade Mini Putter, l’Odyssey Red Ball, et l’Odyssey EXO.

Ainsi, il s’avère qu’avec 3 putters sur 7, mais pas les 7, je suis plus précis…

Dernier paramètre pour vous achever de choisir un putter plutôt qu’un autre… la dispersion globale autour du trou, qui comprend la distance en avant ou en arrière du trou ou sur les côtés, et là, j’ai aussi été frappé de découvrir qu’un seul putter sur sept a produit une énorme différence…

Comme vous pouvez le constater, le Daytona OS dont les 20 putts apparaissent en verts sont concentrés autour du trou.

C’est le seul putter qui produit un résultat aussi proche du trou en moyenne pour moi !

Avec ce putter, j’ai la plus grande consistance en termes de distance à 3,70 mètres du trou (un écart-type moyen de seulement 0,14 centimètres).

En latéral, l’écart-type est seulement de 6 centimètres.

Sur un total de 20 putts, 50% sont entrés dans le trou, alors qu’évoqué plus haut, un pourcentage de 40% est déjà tout à fait acceptable.

Bilan du test : Ne pas choisir au hasard

Aux termes de l’expérience, on peut donc déterminer le choix de son putter sur un autre aspect que le seul feeling.

Le fitting de putter n’est pas nécessairement quelque chose de si compliqué à réaliser, en tordant un manche, en coupant un manche, et ou en trafiquant le poids de la tête.

Il peut s’agir tout simplement de taper une dizaine ou une vingtaine de putts avec différents putters, et de tracker les données les plus sensibles.

Incontestablement, il y a des grandes différences.

Sur 7 putters, 2 seulement me sont adaptés en l’état, le tout simple TaylorMade Daytona OS sur lequel je n’aurai pas parié avant le test, et le Mini Putter dans la même marque qui me séduit pour son aide à l’alignement particulièrement efficace pour mes yeux.

Il appartient aux magasins de mieux vous conseiller sur cet aspect du choix d’un putter, et de vous fournir des éléments pertinents avec des outils de mesures.

Une chose qui peut être intéressante au moment de choisir un putter consiste à visualiser une vidéo au ralenti de votre putt, toujours avec le trackman. Vous pouvez distinguer le sens de votre stroke, et si vous centrez la balle dans la face…

Ne choisissez pas un putter au touché ou au hasard…Votre niveau de réussite sur les greens dépend de votre niveau de confiance avant chaque putt. Le niveau de confiance découle de la certitude que vous avez dans votre outil…

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