Comment choisir son bois de parcours en 2020 ? Si possible, le meilleur ?

Après avoir traité la question des drivers, puis les fers, ci-après je me suis attaqué à la question des bois de parcours. Comment distinguer un bois de parcours d’un autre ? Quel argument technique peut réellement avoir une incidence sur notre jeu, ou sur celui d’un senior, d’un golfeur avec une vitesse de swing élevée ou au contraire plus lente ? En dix ans, les bois de parcours ont vu leurs manches s’allonger, et les têtes augmenter de volume, ce qui inévitablement a permis une augmentation des rendements. Pour autant, un bois de parcours est-il plus facile à jouer ?

Les bois de parcours en 2020

Toutes les grandes marques, Callaway, Cleveland, Cobra, Honma, Mizuno, Ping, PXG, Srixon, TaylorMade, Titleist, Wilson, XXIO proposent avec leurs nouveaux drivers, une déclinaison en bois de parcours, qui vont le plus souvent du bois 3 au bois 7, et parfois même le bois 9.

Assez rarement, le bois de parcours est une conception originale, et justement pas raccroché à un driver, comme si finalement, le bois de parcours était un club qui n’avait pas droit à sa propre existence, et sa propre légitimité.

Le bois de parcours est un sous-produit du driver.

Pendant des années, on a expliqué au golfeur qu’il fallait qu’il achète un driver de la même marque, et de la même série que son driver.

Tant et si bien que les bois de parcours sont complètement assimilés au driver.

D’un point de vue commercial, les marques ont largement fait du driver le produit numéro un à vendre, car derrière en découle, très souvent, la vente complémentaire du bois ou des bois, du sac, et même des fers, des wedges, et bonus suprême le putter.

Le driver porte donc à lui tout seul une responsabilité colossale pour le bilan financier des marques en fin de saison.

Dans les ventes, en France, c’est pourtant très souvent un bois de parcours qui se classe numéro un ou alors tout près du driver le plus vendu.

En 2019, le bois de parcours le plus vendu a été le PING G410 et justement parce que le driver PING G410 a été aussi le plus vendu sur une bonne partie de l’année.

TaylorMade, Callaway et PING ont l’habitude de justement se répartir chaque année la plus grande partie des ventes de bois de parcours en France.

Si PING fonctionne sur un calendrier de sortie de 18 mois, à l’image de Titleist, Callaway, TaylorMade et Cobra proposent chaque année de nouveaux produits.

Toutes les marques essaient d’amener de nouveaux arguments, pour vous inciter à renouveler votre matériel, sachant qu’en moyenne, les golfeurs amateurs aiment bien changer leurs clubs sur un rythme établi entre deux et trois ans.

Dans ce contexte, en 2020, TaylorMade semblait avoir pris un bon départ au niveau mondial, et avant le confinement, avec la nouvelle gamme SIM MAX.

Pour PING, l’année 2 est assumée comme étant toujours un peu plus difficile dans les ventes, et par rapport à la sortie du G410.

Callaway continue sa réponse à plusieurs niveaux avec le modèle MAVRIK décliné en MAVRIK Subzero, ce qui introduit l’argument suivant : Les bois de parcours sont de plus en plus segmentés entre clubs tolérants, et clubs performants pour la distance.

Plus que les marques, ce sont les sites Internet et les magazines qui ont commencé à segmenter les produits pour tenter de vous simplifier le choix.

Finalement, quand vous rentrez dans un magasin de golf, sans être un expert, quels sont les bons critères de choix, pour justement sélectionner un bois de parcours plutôt qu’un autre ?

La marque ? Le prix ? La couleur ? La taille ? Le manche ? etc.

Premier constat, rien ne ressemble plus à un bois de parcours qu’un autre bois de parcours, et c’est valable pour beaucoup de clubs de golf.

Existe-t-il vraiment un bois de parcours plus tolérant et inversement un bois de parcours plus performant pour faire de la distance ?

Il convient de définir la notion de tolérance, et la notion de distance ou de performance

Le site américain MyGolfSpy aime beaucoup classer les clubs, selon ces deux arguments que finalement il oppose.

La tolérance pour un club de golf que vous pourriez légitimement comprendre comme la facilité à jouer est en fait le ratio de la vitesse de balle à l’impact, par rapport à la vitesse de swing utilisée.

Ce ratio peut monter à 1.50 fois la vitesse de swing, et signifie que vous êtes au maximum de rendement possible.

Le club n’est pas tolérant au sens facile à jouer… il donne son optimum de vitesse de balle.

Pour ma part, un bois de parcours n’est pourtant pas par définition un club facile à jouer, notamment quand le loft est plus fermé (un bois 3), et directement sur le fairway.

En revanche, il est prouvé que la tête plus petite, et le manche plus court d’un bois 3 en comparaison d’un driver produit une dispersion moindre.

S’agissant d’un bois de parcours plus performant pour la distance, et qui serait par opposition moins tolérant, cette explication est un peu ambigüe.

Si un club restitue le maximum de rendement (1.50 de smash factor), pourquoi ne serait-il pas aussi le plus performant pour la distance ?

La notion de centre de gravité et de répartition de la masse au sein d’une tête de club rentre en jeu.

Plus le centre de gravité se déplace vers l’arrière, ce qu’il faut dire vite, car le déplacement du centre de gravité ne peut intervenir que sur un déplacement très limité, sinon ce n’est plus un « centre » de gravité, et plus la tête de club est susceptible de favoriser un angle de lancement plus élevé, mais aussi une accentuation du taux de rotation données à la balle pendant son vol, le spin.

Plus ce taux est élevé, et plus la balle pourra avoir tendance à « freiner » en l’air, et au roulement une fois posée au sol.

Inversement, plus le centre de gravité est avancé, et moins le spin va être élevé, car en parallèle, l’angle de lancement va être plus difficile à augmenter.

Pour un golfeur avec une vitesse de swing élevée, ce n’est pas une difficulté.

Au contraire, il va capitaliser sur la recherche d’un spin minimal pour accentuer son point fort.

A l’inverse, un golfeur senior a besoin d’un club avec un moment d’inertie plus élevé, et justement un centre de gravité reculé pour compenser une vitesse de swing plus modérée.

Mais contrairement à ce qu’avancent les marques, il y a toujours un compromis à subir.

Plus de moment d’inertie, plus de spin, moins de distance avec la roule…

La classification entre bois de parcours tolérant ou plus performant est donc erronée. Il n’existe pas de bois de parcours plus tolérants au sens plus facile à jouer.

Il n’existe pas de bois de parcours qui produisent plus de distances, sans tenir compte du joueur.

Intrinsèquement, à considérer que les bois de parcours suivent les règles de productions, et les normes édictées, ils sont susceptibles de produire les mêmes distances.

Avant d’écrire cet article, j’ai testé en simultané six bois de parcours 2020 dans les marques TaylorMade, Callaway, Cleveland et XXIO, que je remercie au passage pour leur collaboration.

Avec les six bois de parcours numéro 3 de loft 15 degrés, mais avec des manches tous différents, entre regular et stiff, j’ai constaté que je pouvais atteindre sensiblement la même distance maximum pour une vitesse de swing équivalente.

Pour cet exercice, j’ai tapé plusieurs balles avec une vitesse d’environ 91 à 93 mph, ce qui me permettait de viser au maximum entre 220 et 230 mètres.

Entre les différents bois de parcours, j’ai bien entendu noté des différences, et par exemple, de trajectoires, de spin, de smash factor, et plus important, de régularité de ma part…

Le bois de parcours ne fonctionne pas tout seul. 

Si au bout de quelques années de tests, sans doute par déformation, je finis par considérer que je peux utiliser n’importe quel club à partir du moment où j’ai compris à quoi j’ai affaire… la plupart d’entre vous, comprennent qu’un fitting est à minima une mise en adéquation du club avec le joueur, et dans le but de trouver la meilleure combinaison.

Un bois de parcours n’est pas plus tolérant ou plus performant seul.

C’est en fait le couple club/joueur qui est plus tolérant ou plus performant.

D’autant qu’un facteur méconnu et mal étudié encore à ce jour rentre en ligne de compte : La psychologie.

Si on préfère une marque, un look d’un club, sans que cela soit prouvé scientifiquement, il semblerait bien qu’un résultat positif puisse en découler.

Cela ne résout pas notre question : Comment choisir ?

De mon point de vue, au lieu de simplifier l’achat des amateurs, les marques et la presse ont créé un épais nuage de fumée.

En dix ans, si on ne peut pas contester l’amélioration des produits, il faut la prendre pour ce qu’elle est vraiment.

La législation sur les clubs de golf est restée la même.

Le législateur n’a pas lâché la bride sur ce qu’il autorise en termes de coefficient de restitution.

Il a simplement fait évoluer sa mesure en se basant sur le « Characteristic Time » (ou temps caractéristique), mais cela n’a rien changé à la stricte normalisation des produits.

Normalisation que les marques peinent à contourner.

En revanche, quand je compare un bois de parcours du milieu des années 2000 avec un bois de parcours 2020, deux éléments caractéristiques sautent aux yeux : La longueur du manche a augmenté d’au moins un demi inch, et le volume de la tête a augmenté d’au moins 10 à 15%.

Plus long et plus de volume, ces deux ingrédients contribuent bien à augmenter la vitesse de swing de tout golfeur, et a augmenté la vitesse de balle dans certains cas.

Contrepartie arithmétique, un bois de parcours avec un manche plus long entraîne systématiquement une augmentation conjointe de la dispersion.

En résumé, si vous pouvez taper plus loin, vous pouvez aussi taper plus à droite ou plus à gauche, or, en 20 ans, les parcours de golf en France ne se sont pas franchement élargis.

Au golf, la question n’est pas vraiment de taper seulement plus loin… il faut aussi rester droit ou mieux être capable de dessiner la trajectoire adaptée à la configuration du trou, et donc mêler technique, club de golf, et stratégie.

Le club de golf n’est donc qu’une partie de l’équation.

Comme pour les autres clubs de golf, au moment de choisir un nouveau bois de parcours 2020, vous devrez donc avoir conscience, non pas du marketing des produits, mais bien de leurs caractéristiques, et ce qu’elles permettent ou qu’elles contraignent.

Quelles sont les caractéristiques d’un bois de parcours ?

Au-delà de la marque et du modèle, vous pouvez choisir un bois de parcours selon plusieurs critères tout à fait objectifs, et mêmes discriminants.

Le plus connu est certainement le loft, le plus souvent couplé à un numéro.

Le bois 3 est d’ailleurs le bois de parcours le plus vendu en France, pourtant, il existe des bois numéro 2 à 11.

Pour beaucoup de golfeurs, le loft est très souvent le premier critère de choix, et de la même façon, le bois 3 de 15 degrés est souvent un choix qui paraît obligatoire dans un sac.

Considéré comme une alternative crédible à un driver depuis le tee de départ, il peut se jouer sur le fairway.

C’est souvent la perspective de distance qui le fait choisir plutôt qu’un bois 5, qui représente déjà une moins bonne option sur le tee de départ, mais une bien meilleure depuis le fairway.

En effet, le loft ou le numéro n’est pas anodin.

15 degrés ou 18 degrés, bois 3 ou bois 5, il y a là un réel impact sur votre jeu.

Depuis le tee, et justement sur un tee, le bois 3 permet un loft dynamique plus bas, et une meilleure chance de compression de la balle.

Plus de vitesse (le manche d’un bois 3 est plus long par rapport à un bois 5), plus de compression, plus de smash factor, cela conduit immanquablement à plus de distance.

Cependant, sans le tee, et depuis le fairway, l’avantage peut sensiblement se retourner en un inconvénient.

De mon point de vue, si les fabricants n’ont fait aucun progrès significatifs depuis 20 ans, c’est bien sur la difficulté de taper un bon coup de golf avec un bois de parcours directement sur un lie court.

Dans ce cas, un bois 5 de 18 ou même 19 degrés est une bien meilleure solution qu’un bois 3.

L’angle d’envol va primer sur le smash factor théorique, et tout simplement parce que le loft dynamique, celui que vous amenez sur la balle est plus bas, quand on enlève le tee.

Eh oui, un tee a bien une belle utilité pour un golfeur ou une golfeuse !

En surélevant la balle, cela aide quelque peu à centrer la balle dans la face, et par rapport à sa hauteur.

Vous constaterez de vous-même qu’entre vos frappes sur tee, et sans, votre smash factor sera rarement identique, de même que vos trajectoires seront plus tendues sans le tee.

Il faut admettre que le bois 3 n’est qu’une alternative au driver plutôt qu’un club polyvalent. Le bois 5 est déjà plus un véritable bois… de « parcours ».

Après la question du loft, vient très vite la question de la longueur du manche sur des clubs qui sont beaucoup moins ajustables que les drivers.

Le marché a connu une embellie de « l’ajustable » au cours des années 2010-2020.

Depuis quelques temps, l’ajustabilité extrême des bois de parcours par les fabricants a largement reculé.

La majorité des clubs sur le marché sont désormais des « têtes collées », ce qui ne signifie pas ou pratiquement pas d’opportunités de fitting.

Vous êtes de plus en plus confrontés à la question d’acheter un bois de parcours tel qu’il est avec sa tête, son manche, et son grip.

A la différence du driver où vous avez plus de possibilités, le choix du bon bois de parcours est donc plus complexe.

Et justement à cause de la longueur du manche qui est « fixe ».

Pour un bois 3, la longueur du manche oscille entre 43 et 43,25 inches.

Pour un bois 5, la longueur du manche oscille entre 42 et 42,5 inches.

A la différence des drivers, l’inflation des longueurs a été plus contenue, et peut être estimée à +0.5 inches en 10 ans.

Toutefois, comme pour le driver, on peut légitimement se demander si cette longueur n’est pas trop importante pour 90% des amateurs.

Plus long… plus difficile à manier, et plus de dispersion pour un seul avantage : Créer plus de vitesse de swing, ce qui d’ailleurs ne se retrouve pas nécessairement, et obligatoirement en plus de vitesse de balle.

Après le loft et la longueur du manche, deux critères faciles à identifier, vient un troisième critère déjà beaucoup plus difficile à percevoir, mais pourtant tellement important : Le volume de la tête !

Non, tous les bois de parcours ne se valent pas, car les marques justement ne proposent pas des produits strictement comparables.

Pour un bois 3, le volume moyen constaté d’une tête est de 175 cc en 2020.

Cependant, parmi les produits mis sur le marché actuellement, j’ai trouvé une échelle de valeurs allant de 148 à 200 cc, rien que pour le choix d’un bois 3 !

Moins la tête est volumineuse, et moins vous aurez de chance de générer de la vitesse de balle, mais en contrepartie, l’exigence pour la qualité de centrage de la balle dans la face sera plus forte, et la dispersion moindre…

A l’inverse, une tête plus volumineuse laisse plus de chances d’augmenter le smash factor, mais en contrepartie, plus de risques de disperser ses frappes sur le parcours.

Au moment de choisir votre bois de parcours, c’est une donnée essentielle à connaître.

Plus que le swing weight qui est plus souvent affiché par les marques, et les distributeurs...

L’équilibre d’un club est certes une donnée importante.

Ce qui est surtout important en faveur de votre régularité, c’est d’adopter des clubs qui présentent tout un équilibrage sensiblement équivalents, entre les bois, les fers, et les wedges.

En revanche, pour un golfeur moins expérimenté, il peut percevoir une plus grande difficulté à manier un club lourd ou avec un équilibrage lourd en tête, ou l’inverse.

Là, pas de solution miracle ou de formule applicable à tous, il faut tester et mesurer ce qui vous convient.

Au cours de mes années de tests, et notamment avec un senior, j’ai pu voir que l’argument du plus léger ne signifie pas systématiquement plus de distance.

Il faut se garder des formules toutes faites. Tous les seniors ne rentrent pas dans la seule et même case.

Pour les puristes, il est conseillé de faire en sorte que l’équilibre du bois de parcours correspond à celui du driver.

Un trop grand écart pourra vous créer de l’irrégularité car dans les mains, vous n’aurez pas exactement les mêmes sensations.

Toutefois, c’est très théorique, car un swing de golf est bien plus complexe, et ne se résume pas à une seule caractéristique.

De mon point de vue, on ne choisit pas un club selon un swing weight. C’est plus une conséquence d’une série d’autres choix.

Si possible, le cheminement pour choisir le bois de parcours doit obéir au même cheminement que pour les autres clubs, et donc, il y a des chances qu’un même chemin, une même logique produise un résultat comparable.

Toujours pour ceux qui veulent aller loin dans les détails, le lie, la façon dont le club repose au sol, peut être un élément du choix.

Pour un bois 3, le lie moyen proposé par les marques est de 57.5 degrés.

Toujours en ayant relevé les lies des principaux fabricants, j’ai constaté une plage de valeur allant de 56 à 59,5 degrés pour un même bois 3.

La question du lie pour un bois de parcours peut être critique.

Un bois de parcours peut justement être utilisé « posé » au sol.

Il se peut que cela influe votre swing, et vos performances.

De mon point de vue, un fitteur doit justement passer du temps à bien regarder comment vous tenez votre club, comment il pose au sol, et la traduction en impact dans la face.

Il y a là une véritable opportunité d’améliorer vos performances.

En revanche, ici, je serai bien incapable de vous dire quel lie est meilleur qu’un autre.

Ce critère plus celui du volume de la tête laisse penser qu’il est très aléatoire d’acheter un bois de parcours dans un rayonnage, en se souciant seulement du prix, du modèle ou même de la marque.

Avant de finir par un dernier critère déterminant, l’offset : J’ai relevé approximativement 94 bois de parcours proposés sur le marché français pour une dizaine de grandes marques.

Seulement un tiers de cette offre propose des ajustements au niveau du hosel, et pour changer les lofts.

Si, une fois que vous avez déterminé votre loft idéal, en théorie, vous n’avez plus besoin de changer votre loft.

Je trouve cette fonction néanmoins utile pour plus de polyvalence.

L’offre du marché a donc tendance à se restreindre.

C’est dommage car ce n’est pas un gadget.

Sur une année, en fonction de la nature du sol, et de l’évolution de votre swing, plutôt que de racheter un bois avec un loft plus haut ou plus bas, ajuster le loft de plus ou moins un degré peut justement être pertinent.

Dans mon cas, j’ai testé le fait de régler mon bois 3 sur 17 degrés au lieu de 15, considérant que je n’étais pas assez régulier sur le fairway.

A l’inverse, je peux aussi enlever mon driver du sac, et descendre mon bois 3 à 13 degrés sur un parcours étroit et par temps sec.

L’ajustabilité d’un bois de parcours est un plus, notamment au niveau du hosel, et pour changer les lofts.

Autre phénomène en baisse depuis quelques années, confirmé en 2020, les fabricants ne vous proposent plus beaucoup d’ajustements sous la semelle, pour bouger le centre de gravité, ou faire varier les trajectoires.

L’exemple le plus marquant est celui de TaylorMade, avec le M3 et le M5, qui permettaient de changer la position de la face à l’impact.

Sur le dernier SIM, cette option a disparu.

En 2020, à peine 12 produits proposent des solutions d’ajustements sous la semelle.

C’est une nette réduction par rapport aux années précédentes.

Ce n’est plus considéré comme un moyen de différenciation.

A moins que les marques aient renoncé à expliquer ce critère de choix aux consommateurs, eux-mêmes n’ayant pas réellement compris le bien-fondé.

Dans ce cas, il y a deux séparations à faire : Les ajustements draw/fade et avant/arrière du centre de gravité.

Pour le premier ajustement, cela agissait surtout sur la position de la face à l’impact, entre ouverte, square ou fermée.

En aucun cas, cela ne produisait un effet complet de draw ou de fade, et comme par enchantement.

C’était un abus de langage, mais pourtant, cela a eu son utilité, et notamment pour aider des golfeurs en lutte avec des faces trop ouvertes ou trop fermées à l’impact.

En revanche, sur une tête de bois de parcours, le réglage avant/arrière a souvent montré ses limites, en particulier auprès d’amateurs. Les avantages/inconvénients sont souvent difficilement perceptibles.

Au golf, on parle souvent à tort du spin en milliers de rotations de la balle… par minute. Elle ne vole en réalité que 5 à 7 secondes. Le nombre de rotations se compte plutôt en centaine.

J’en viens donc au dernier critère, et fondamental, absolument passé sous silence par les marques : l’Offset.

Dans un business où il est vital de réaliser des économies d’échelles, et produire des clubs en grande série, les golfeurs, et les golfeuses sont repérés comme de potentiels sliceurs.

Effectivement, c’est largement le problème numéro un du golf avec la difficulté de lever la balle.

En 2020, plus de 50% de l’offre de bois de parcours intègre un offset plutôt prononcé, pour justement tenter de réduire le slice des amateurs.

Cela veut dire que quel que soit votre niveau ou expérience golfique, sans le savoir, si vous n’êtes pas conscient du phénomène, de son impact sur vos trajectoires de balles, dans un cas sur deux, vous risquez d’acheter un bois de parcours qui présente un degré d’offset trop prononcé, et pas nécessairement adapté à votre swing.

Si votre swing suit un chemin de club naturel intérieur-extérieur, ces clubs sont à proscrire, et quel que soit votre index !

L’index n’est d’ailleurs jamais une note de votre swing, et encore moins un argument pour choisir un club de golf.

Ne tombez pas dans ce piège.

Quand les marques conseillent des clubs selon un index, elles contribuent à vous envoyer un mauvais message, et inadapté.

Je ne dirai pas trompeur ou mensonger. En faisant ainsi, elles espéraient surtout simplifier.

Simplifier peut-être… mais à condition de rester juste. Ce n’est pas le cas avec l’index.

Si votre chemin de club naturel est le plus souvent extérieur-intérieur, et avec une face très ouverte à l’impact, alors dans ce cas, oui, les clubs avec beaucoup d’offset compenseront pour partie votre défaut, mais sans jamais le résoudre.

Ne plus faire de slice, c’est le travail d’un enseignant, pas celui du club de golf.

Pour préparer cet article, j’ai relevé tous les produits du marché, et préparé un tableau qui fera l’objet d’un article suivant.

Cela m’a permis de constater qu’aucune marque ne produit une information suffisante et claire sur ce sujet concernant ses bois de parcours.

Le degré d’offset ou plus exactement de décalage entre la position square de la face, et la position du manche fixé sur la couronne via le hosel, n’est par exemple jamais communiqué.

C’est pourtant le risque d’erreur numéro un dans votre choix d’un bois de parcours.

Dans ce tableau, et pour vous aider, j’ai créé une règle arbitraire et imprécise à 4 niveaux, du plus petit au plus grand, et en attendant de recevoir des marques, plus de précisions.

Quand vous taperez des balles avec un launch monitor, si vous voyez vos balles partir dans l’axe et finir fortement à gauche en courbe, vous pourrez surveiller l’écart entre la position de votre face, et votre chemin de club par rapport au centre du fairway. (Sur le trackman, il s’agit du « face to path »)

L’offset est justement le paramètre qui agit sur ce paramètre.

Pour l’offre 2020, sur 94 produits évalués, je n’ai trouvé que 17 clubs (18% de l’offre) avec un niveau d’offset faible, or, il n’y a pas en France, 82% de personnes qui slicent à cause d’un chemin extérieur-intérieur trop prononcé…

La conclusion de cet article établit donc les bases de l’article suivant où je vais expliquer l’offre du marché 2020 par marques, et par numéro de bois de parcours.

Cet article avait pour but de soulever les principales interrogations qui doivent être posées, à la fois par un consommateur face à un prochain achat, mais aussi des consommateurs par rapport à l’offre fabricant/distributeur, et sa faculté à correctement expliquer les produits, avec les véritables critères d’achats.

Critères qui sont objectifs comme le loft, le volume de la tête, le swing weight, le poids total du club, la longueur du manche, le lie, les possibilités d’ajustements, et l’offset.

Je suis convaincu qu’un vendeur qui sera expliquer tous ces éléments à un golfeur fera la différence par rapport à tous les autres, et permettra à son client de repartir avec la bonne compréhension du produit qu’il achète, et la perception des liens de causes à effets de son matériel avec son jeu.

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