Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

A partir de quel moment, il est opportun de changer de série de fers ?

Très souvent, on peut considérer qu’il est temps de changer de série de fers quand les rainures sont vraiment très usées, que l’on estime qu’il est temps de se re-faire plaisir ou pour un grand nombre de raisons finalement assez personnelles. Dans un autre registre, vous pourriez avoir envie de changer de série, dans le but de franchir un palier technique, ou au contraire, pensez qu’il faut attendre…Qu’est-ce qui devrait vraiment vous convaincre de changer ou pas ?

L’offre de nouveaux clubs de golf est très importante.

Plus d’une dizaines de fabricants proposent chaque année entre une, deux, trois, et parfois six nouvelles séries différentes, et toujours avec des arguments très élaborés, pour justifier une performance supplémentaire.

Pour un golfeur ou une golfeuse, surtout si la passion pour le jeu est très forte, c’est parfois très tentant de succomber au charme d’une nouvelle série de fers.

Depuis quelques années, l’offre s’est très nettement segmentée entre clubs pour les très bons joueurs (player), et professionnels, par rapport aux clubs pour golfeurs en progression (improvment).

A l’intérieur de ces deux grandes familles, vous avez de nouvelles subdivisions qui permettent de classer/différencier les clubs principalement par les lofts, la taille de la semelle, la position du centre de gravité ou encore l’offset.

Pour les clubs dit « Player », la répartition souvent évoquée sur JeudeGolf.org se fait entre MB (Muscleback), CB (Cavity Back), et plus récemment une catégorie que l’on pourrait schématiquement appelée avec un petit abus de langage (Forgé tolérant).

Du côté des clubs pour golfeur en progression qui pourraient concerner tous les joueurs de 10 d’index à débutant, soit 80/90% des joueurs selon les pays, il y a là-aussi des segmentations, mais elles sont moins visibles.

Avec la course aux gains de distances, depuis quelques années, les marques ont commencé à transformer ces clubs, et réduire de plus en plus les lofts, tout en augmentant les tailles des semelles.

Les clubs « improvments » se sont progressivement morcelés en disons trois catégories que l’on pourrait appeler schématiquement : Standard, distance et oversized.

Le standard correspond à ce qu’était à l’origine un fer tolérant avant cette nouvelle course aux armements.

Par exemple, le loft d’un fer 7 est et était autour de 30 degrés.

Quand aujourd’hui, le loft de ce même fer 7 descend à 28,5 degrés, difficile de le décrire comme standard, surtout quand à l’origine, le véritable loft d’un fer 7, degré d’ouverture de la face qui détermine la hauteur de trajectoire de la balle, mais aussi par conséquence, le niveau de smash factor, et le spin à la balle, était de 35/36 degrés, et il y a encore 15 ans.

Cette nouvelle catégorie pourrait sobrement s’appeler « improvment distance » !

A cela s’ajoute une catégorie imaginée pour les débutants, des clubs toujours assez fermés mais avec en plus des semelles ou des cavités largement surdimensionnées (oversized) pour créer des conditions favorables à encore plus de vitesse de balle à l’impact.

Une tête plus volumineuse peut en effet agir sur l’augmentation de la vitesse de balle, quand on prend en compte le volume (masse) et la vitesse.

Le panorama des clubs étant ainsi établi, l’offre est très dynamique avec des nouvelles sorties pratiquement tous les six mois, entre le PGA Merchandise Show d’Orlando en Janvier ou le British Open en Juillet, les deux temps forts de l’année golf pour annoncer des nouveautés.

Dans une année, le pic saisonnier des ventes ou plutôt achats par les amateurs se situe en avril, au moment du Masters d’Augusta, qui traditionnellement siffle le coup d’envoi de l’année, et de l’envie de jouer au golf, surtout si l’hiver vous a coupé dans votre élan.

Quand on s’interroge sur l’intérêt de changer de séries dans un but de progression technique, il y a souvent deux grandes façons de penser : Changer dans le but de progresser ou changer parce que l’on a déjà progressé !

Dans un précédent article, j’avais déjà réfuté l’idée que l’index devait être le juge de paix du choix d’une série ou un bon critère pour évaluer un swing.

C’est bien la maturité du swing de golf, et non pas l’index qui doit nous diriger dans nos décisions.

La « maturité du swing » peut se mesurer selon plusieurs paramètres vraiment objectifs, et en tenant compte des clubs de sa série actuelle.

Il y a d’abord un paramètre qui vous est propre : La vitesse de votre swing.

Cette vitesse est le résultat de votre « biomécanique », de votre forme physique, et de votre confiance technique.

Toutefois, swinguer vite n’est pas swinguer bien. Ce n’est donc pas un paramètre suffisant.

La vitesse de balle, et plus précisément le smash factor est un excellent moyen de savoir si justement la vitesse de swing délivre de l’efficacité à l’impact.

Un smash factor élevé (rapport entre la vitesse de swing et la vitesse de balle) synthétise à la fois les compétences du joueurs, et sa capacité à centrer la balle dans la face, ce qui à lui seul, est déjà un très bon indicateur de la maturité d’un swing de golf.

Ce ratio varie fortement selon les clubs utilisés.

Si on reprend la classification énumérée plus haut, le smash factor va continuellement baisser, plus on va sélectionner un club avec un loft ouvert, et se rapprocher de la lame MuscleBack.

C’est d’une part logique, car plus le loft s’ouvre, et moins la surface de contact de la face avec la balle s’opère comme un élément qui viendrait claquer la balle de plein fouet.

Plus la face s’ouvre, et moins la balle se compresse, car elle a tendance à glisser sur la face.

De manière imagée, imaginez justement un club avec un loft très réduit qui frappe de plein fouet une balle, et alors vous obtenez la compression maximum. C’est notamment le cas avec un driver de loft 8,5 degrés par exemple !

Pour établir notre maturité de swing, le smash factor est un élément clé, mais pas encore suffisant.

La capacité du joueur à gérer le chemin de son club, et la position de la face au moment de l’impact, nous indique son degré de contrôle sur ses trajectoires.

On peut taper fort dans une balle, et ne pas contrôler la trajectoire.

Dans ce cas, difficile de parler de « maturité » à propos du swing.

Comme pour une série de fers, le loft est un élément très important, c’est encore un paramètre en rapport qui peut nous éclairer sur la maturité du swing : Le loft dynamique.

Prenons le cas d’un fer 7 avec un loft de 30 degrés, si le joueur déplace le club à l’impact avec un loft dynamique de 28 degrés, on peut considérer qu’il déplace le club avec un angle d’attaque descendant sur la balle.

Par conséquent, il a plus de chances de compresser la balle qu’un golfeur qui dans la même situation afficherait un loft dynamique de 32 degrés, qui lui, au contraire, aurait tendance à cueillir la balle, et moins la compresser.

Le loft dit statique et déclaré par les marques au sujet de leurs clubs ne veut pas dire grand-chose en réalité..

Ce qui compte, c’est bien le loft dynamique que vous déplacez réellement sur la balle au moment de la jouer.

Cette valeur est révélatrice de votre swing.

Aux paramètres liés à la maturité du swing, j’ajouterai encore un autre point clé : Quel est votre projet de jeu ?

C’est intimement lié à la maturité du swing, mais c’est bien la première question à se poser !

Contrairement à un terme souvent entendu dans le golf, oui, vous devez faire des compromis !

Plus de spin ou Moins de spin ? Plus de distance ou plus de contrôle ? Plus de roule ou plus de hauteur de trajectoire ? Plus de correction de votre chemin de club ou plus de liberté de créer des effets ?

Le club de golf révolutionnaire qui peut tout faire à la fois n’existe pas, et c’est tant mieux, car il nous laisse justement la possibilité de faire de « véritables choix ».

Votre projet de jeu est donc bien entendu capital dans le choix entre des lames MuscleBack ou des oversized.

Le projet de jeu peut aussi se résumer à la trajectoire que vous voulez donner à votre balle, haute, basse, draw ou fade…

Quand on prend en compte la maturité du swing, qui évolue dans le temps, surtout pour un golfeur qui joue sur le parcours, et/ou s’entraîne au practice, et le projet de jeu qui lui aussi peut changer dans le temps, on peut distinguer à quel moment il est opportun de changer de séries.

L’idée de ce nouvel article m’est justement venu à la suite d’une expérience personnelle.

De 2005 à 2015, j’ai joué des lames Muscleback alors que j’étais 15 d’index, surtout parce que mes critères de choix étaient à l’époque plus ceux d’une « fashion victim », à savoir un fan de Tiger Woods, plutôt que le fruit d’une réflexion pertinente sur les bons choix à faire.

En tant que débutant, quelques années avant cela, j’avais naturellement, et sous les conseils de mon pro, pris une demi-série Wilson pour commencer.

Avant de sélectionner les lames, entre temps, j’avais acheté une série Callaway X14 (début 2000).

Jusque-là, sans vraiment savoir, et avec toutes les connaissances acquises depuis, le choix était encore assez adapté.

En 2015, au moment de jouer plus souvent au golf, il m’était apparu que le choix de lames forgées parmi les plus difficiles possibles (réplique des clubs de Tiger Woods) avait très certainement freiné, et même pénalisé ma progression technique.

Je n’avais pas la vitesse de swing suffisante pour générer régulièrement 135 mètres avec le fer 7.

En optant pour des forgés tolérants (Srixon Z545), je mettais derrière moi, le choix sans doute le plus mauvais de mon parcours de golfeur, et en tout cas, le moins bien réfléchi.

De 36 de loft, mon fer 7 est descendu à 30,5 ! J’ai immédiatement trouvé de la facilité dans la maniabilité, et le rendement s’en est ressenti jusqu’à taper à plus de 150 mètres au bout de quelques années.

Bientôt 5 ans après ce choix, j’ai encore décidé de changer, et pas seulement pour l’usure de mes clubs, qui n’est d’ailleurs pas vraiment vérifiée.

Dans ce laps de temps, à taper plusieurs milliers de balles par an, la maturité de mon swing a évolué.

J’ai choisi une nouvelle série principalement selon 2 critères objectifs : Le loft et l’offset, les deux de pair !

Un choix qui correspond en fait à mon nouveau projet de jeu plus qu’à mon index, et donc aux types de trajectoires que je veux obtenir sur le parcours.

C’est là où les statistiques peuvent jouer un rôle non négligeable dans votre choix, à condition de les coupler avec l’analyse d’une stratégie judicieuse sur le parcours.

Quand on se trompe de coups à jouer ou de stratégie, les meilleurs clubs du monde n’y pourront rien.

Constatant au trackman, que mon chemin de club était directement impacté par l’offset de mes clubs actuels, aux lofts relativement fermés, j’ai considéré l’option visant à perdre un peu en distance, et notamment en roule, pour privilégier un meilleur contrôle de mes trajectoires.

En l’occurrence, je n’ai pas changé de clubs avant ou après avoir baissé mon index, pire en ce moment, il serait même en train de remonter à cause de mon driving erratique ou de mon chipping.

J’ai changé de clubs en affinant mon projet de jeu, et constatant aussi que ma maturité de swing avait évolué positivement pour jouer des clubs avec à nouveau un loft plus ouvert, sans toutefois revenir jusqu’à 36 degrés de loft pour le fer 7.

Pour illustrer concrètement la maturité du swing, et son évolution, ci-dessous un tableau qui synthétise les principaux chiffres cités plus haut sur 5 ans de tests : loft du fer 7, loft dynamique, vitesse de club, vitesse de balle, smash factor, trajectoires, et distances.

Le tableau est réparti entre une synthèse des clubs Improvment et player.

Entre 2015 et 2019, ce n’est pas vraiment la vitesse de swing qui a changé (entre 80 et 82 mph de moyenne).

En revanche, la vitesse de balle a augmenté de 102 à 107 mph avec l’usage de clubs plus pointus (player).

C’est donc la capacité à centrer la balle dans la face qui a augmenté (smash factor de 1.27 à 1.32).

L’explication tient aussi au loft dynamique qui a baissé de 2 degrés entre 2015 et 2019 pour l’usage des clubs « Player », de 28,7 degrés à 26,7 degrés, témoignage d’une meilleure capacité à compresser la balle.

Sur la base des chiffres ci-dessus, je peux envisager de changer de série, et prendre en considération un autre paramètre clé du jeu : La hauteur de trajectoire.

Avec un club « improvment », en moyenne, ma balle avec un fer 7 va tomber selon un angle de 44 degrés, ce qui va augmenter sa roule sur le green.

Avec un club « player », comme le loft du club est plus élevé, en moyenne, ma balle va tomber de 48 degrés, et réduire la roule sur le green.

En l’occurrence, je fais le choix, le compromis, de perdre 4 mètres au carry, pour gagner 2 mètres de contrôle de profondeur en plus !

Surtout, en optant, pour un club avec un offset minimum, j'espère influer sur le chemin de mon club (le réduire, et le rapprocher de la neutralité) alors que mon swing est naturellement intérieur-extérieur, pour taper plus souvent en fade et/ou limiter mes fautes naturelles vers la gauche du fairway, à la faveur d'un draw/hook trop prononcé.

C’est là où la "maturité du swing" doit rejoindre le projet de jeu, et guider votre choix.

Vous n’avez pas forcément accès à un trackman pour suivre toutes ces mesures aussi précisément et sur un laps de temps aussi long, mais si vous jouez régulièrement, et si vous faites des statistiques concernant votre jeu de fers, vous pouvez vous fabriquer assez d’expériences pour prendre du recul sur la maturité de votre swing.

Si vos distances augmentent… si vos trajectoires se tendent…vous pourriez considérer le choix de clubs avec des lofts plus ouverts.

Il faut toutefois éviter de faire des grands écarts, et sauter d’une série avec des lofts très fermés à très ouverts.

Le tableau ci-dessus illustre qu’il faut du temps en tapant beaucoup de balles pour faire nettement changer les valeurs.

Dans cet exemple, on voit que je n’ai pas encore changé d’index pour justifier le choix d’une nouvelle série, pas plus que je n’ai de garantie d’en changer après.

Ce choix est plus dicté par la réalité de mon swing du moment, plutôt que par l’évolution de mon score sur le parcours, même si en fin de compte, j’espère améliorer une statistique précise de mon jeu : La distance moyenne de mes approches avec un fer par rapport au drapeau sur les greens en régulation !

Actuellement, cette statistique est légèrement supérieure à 10 mètres. En la faisant baisser à 8 mètres par exemple, j’ai plus de chances de 2 putts ou moins que des chances de 3 putts…

En conclusion : Quand faut-il changer de séries ? Quand vous sentez que vous devez faire baisser votre nombre de putts par greens en régulations…

Surtout, quand vous estimez que la maturité de votre swing ayant évolué, vous pouvez passer un cap, et viser un objectif supplémentaire, tout en étant cohérant avec votre projet de jeu.

A l’inverse, on pourrait imaginer qu’un golfeur qui perdrait en vitesse de swing sur 5 ans, aurait intérêt à choisir des fers plus fermés, tout en acceptant l’idée que son projet de jeu impliquerait de tendre davantage les trajectoires, et de jouer davantage avec la roule.

Cela étant dit, plus que la vitesse de swing, c’est surtout la vitesse de balle qu’il faut prendre en compte.

Si vous perdez en vitesse de swing, mais pas en vitesse de balle, signe que vous centrez mieux la balle dans la face, vous pouvez encore réfléchir la question autrement.

Le golf est un sport à base de données balistiques. Le mieux, c’est d’en tenir compte au moment de choisir du matériel.

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Commentaires   

admin
0 #2 Z-Forgedadmin 04-10-2019 18:06
Bonjour, désolé pour la réponse tardive.
J'ai opté pour les Z-Forged pour 2 raisons : offset minimum, et lofts plus fermés qu'une série de lames "classique". (loft du fer 7 à 32, et non pas 34 ou 35). Pour l'instant, je suis ravi du résultat en termes de trajectoires, et j'ai perdu moins en distance que je ne le pensais. Pour info, j'ai hésité avec les Titleist AP2 joué aux USA que j'avais trouvé très bien aussi.
jmvitiello@gmail.com
0 #1 Oui mais pour quoi?jmvitiello@gmail.com 29-09-2019 14:55
Bonjour
Par curiosité, vous mentionnez avoir changé les srixon après 5 ans mais pour quels clubs?

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.