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C’est quoi une bonne balle de golf pour le petit-jeu ?

Dans les magasins ou sur Internet, il existe pléthore de modèles de balles de golf dans une dizaine de marques, allant de 5 euros à près de 70 euros la douzaine. Si les prix sont radicalement différents, qu’en est-il des performances ? Peut-on mieux jouer grâce à une balle plutôt qu’une autre ? Comment évaluer le rendement d’une balle de golf, et en particulier, là où cela compte le plus pour le score, le petit jeu ? Pour préparer le guide de choix 2019 des meilleures balles pour le petit-jeu, je suis arrivé à la conclusion qu’il y avait six paramètres clés pour faire des distinctions. 

Au bout de quelques années à tester des balles de golf, sans doute l’exercice le plus délicat, à l’aide du Trackman, je suis parvenu à des constats récurrents, et en fin de compte, une philosophie.

Pour préparer un compte-rendu ou guide de choix 2019 des balles de golf, j’ai tout repris à zéro, considérant qu’il y avait beaucoup de variables qui pouvaient parasiter un jugement.

Chaque nouveau test me fait progresser dans ma connaissance des balles, mais je suis aussi obligé d’accepter de me remettre en question.

La marge d’erreur pour évaluer une balle de golf est aussi importante que les écarts difficiles à établir à l’œil nu.

Les conditions d’un test de balle idéal sont assez drastiques.

Pour les comparer entre elles, il faut limiter au maximum tous les paramètres qui pourraient constituer des écarts, comme par exemple la température.

Réaliser un test au mois de février ou au mois de juillet, et ce n’est pas tout à fait la même chose.

C’est pourtant la réalité à laquelle je suis confronté, à mesure que le calendrier des sorties de produits, ou du moment où je me procure des balles à tester diffèrent.

Faire un test robot devrait être le juge de paix indiscutable !

Il n’existe pas en Europe Continentale de Robot Iron Byron, pas à un prix abordable, et surtout aucune marque n’a réellement envie de rentrer dans le jeu des comparaisons, sur un produit aussi sensible que la balle.

Pour creuser la question, j’ai donc du mettre en place mes propres conditions de tests, et accepter une forme de courbe d’apprentissage.

Au bout de plusieurs années à tester ou faire tester des balles, je suis donc arrivé à des constats.

D’abord, il faut établir le test selon un compartiment de jeu.

Une balle soft peut être intéressante pour des coups tapés à une vitesse modérée, et notamment sur des approches à moins de 100 mètres, en revanche, elle peut perdre de son intérêt sur des drives tapés à pleine vitesse.

Une balle de golf est la plupart du temps un compromis entre des exigences contradictoires.

Pour résumer, autour du green, on espère que la balle va prendre un maximum de spin, et s’arrêter le plus vite possible.

Sur le tee de départ, au contraire, on veut que la balle prenne le moins de spin possible, et parcoure la distance la plus longue.

Entre les deux situations, c’est pourtant une seule et même balle !

La fabrication d’une balle de golf répond à une équation chimique, visant à optimiser son comportement dans ces deux principales situations.

Je ne vais pas parler du putting par manque d’éléments et d’outils pour réellement établir un avis.

Je ne vais plus forcément me focaliser sur le jeu de fers, car en toute logique, entre un coup de wedge tapé à 50 mètres du green ou un fer 7 à 130/140 mètres, c’est rare d’observer des données totalement différentes au niveau de la balle.

La distinction se fait réellement entre wedging et driving.

J’en viens aux six critères que j’ai fini par ériger comme principaux, pour réellement comprendre ce qu’est une bonne ou une mauvaise balle de golf, et en particulier autour du green.

Autour du green, la scoring zone, le choix de la bonne balle peut contribuer à vous mettre en confiance, mais surtout opérationnellement, contribuer au score, que vous soyez amateur et encore à plus forte raison, quand votre niveau de jeu s’élève jusqu’à être professionnel.

Premier critère, une bonne balle de golf, c’est déjà une balle que vous compressez.

Même si vous jouez autour du green, et avec une vitesse moins importante par rapport à un plein coup de fer ou de bois, la compression de balle que beaucoup décrivent par le toucher, va agir sur la vitesse de balle directement donnée en sortie de club.

Et contrairement à ce que vous pourriez croire, il existe des différences notables entre les balles de golf.

A mon niveau d’amateur, sur des coups tapés à 50/60 mètres du green avec un quart de swing pour un sandwedge 52 degrés (toujours le même), j’ai observé des écarts moyens allant de 53 à 57 mp/h (4 mp/h / 6,4 km/h) de vitesse de balle à la sortie du club.

Naturellement, une bonne balle de golf pour le petit jeu va plutôt être la balle la plus facile à compresser, celle qui va rendre le « smash factor » le plus élevé.

Cela voudra dire que le joueur aura plus de « prise » ou de sentiment de contrôle sur cette balle.

C’est déjà un point clé pour scorer autour du green.

C’est l’un des paramètres qui m’a fait reprendre tous mes tests à zéro.

N’étant pas une machine, mon swing était potentiellement susceptible de changer d’un test de balle à un autre.

Entre 2018 et 2019, mon angle d’attaque, mon dynamique loft et mon chemin de club se sont suffisamment modifiés pour que mon smash factor moyen, dans cette situation d'un coup à 55/60 mètres, passe de 0.95 fois la vitesse de swing à 1.05 fois la vitesse de swing, pour le même exercice, et la même distance.

Comparer des tests de 2018 avec des tests de 2019 devenait faux, et à cause de moi, et pas de la balle.

C’est pourquoi pour le guide 2019, j’ai été contraint de retaper toutes les balles, sur une seule et même journée, pour vérifier un swing relativement constant d’une balle à une autre.

J’ai d’ailleurs établi un indice de fiabilité de mon test à travers la consistance par balle de mon smash factor. J’y reviendrai dans le guide de choix 2019.

J’ai en fait créé un baromètre d’auto-contrôle.

Deuxième paramètre que j’ai fini par distinguer au bout de milliers de balles testées, c’est la hauteur de la trajectoire.

En matière balistique appliquée au golf, vous savez sans doute que pour chaque coup de golf, une balle doit rentrer dans une fenêtre de tir, un espace idéal, pour optimiser la trajectoire et la distance.

Les ingénieurs de TaylorMade m’en ont beaucoup parlé au moment de me décrire les performances de la TP5.

Ils parlaient notamment de « Peak high » . C’est un critère qui paraissait déterminant à leurs yeux.

J’ai fini par en convenir à force de tester.

Sur des coups à 50 mètres, une balle de golf doit idéalement rentrer dans une fenêtre comprise entre 9 et 10,5 mètres de hauteur à son point culminant.

En-dessous ou au-dessus, là-encore, on peut parler de défaillance dans le contrôle.

En-dessous de 9 mètres, je n’ai trouvé aucune balle sous cette valeur.

En revanche, au-dessus de 10,5 mètres pour le même coup, la même vitesse de swing, là, j’ai trouvé une douzaine de balles sur près de 50 qui étaient au-dessus !

Une balle comme l’Inesis Distance vendue 5 euros la douzaine produit justement une hauteur maximum de 12 mètres contre 10,3 mètres en moyenne pour toutes les autres balles testées.

Autant le smash factor est impossible à mesurer sans un radar type Trackman ou Flightscope, autant la hauteur de balle, vous pouvez vous en apercevoir, si vous voulez y prêter attention.

C’est quelque chose qui se voit dès le départ de la balle, et après seulement 4 mètres de trajectoire.

L’angle de décollage est nettement plus prononcé. Il est trop prononcé.

C’est un trait commun à toutes les balles qui ne sont pas bonnes pour le petit-jeu. Elles ne tiennent pas la hauteur idéale.

Auparavant, je n’attachais pas encore assez d’importance à ce critère. Pourtant, c’est l’un des plus faciles à évaluer pour un amateur.

Pour avoir interrogé un responsable d'une marque, c'est en réalité la faible compression du noyau qui explique qu'une balle puisse se lever plus qu'une balle avec un noyau de compression plus élevé.

Troisième paramètre qui lui peut paraître aussi assez évident, l’efficacité de balle pour la distance au carry !

Pour lancer une balle vers une cible, vous produisez un coup, une vitesse de swing, et en fin de compte un résultat en mètres.

Combien de vitesse de swing vous faut-il pour atteindre la distance désirée ?

Je parle bien de carry, et non pas de distance totale, ce qui mêle carry et roule.

Si on s’intéresse seulement au carry, on souhaite toujours la plus grande distance possible.

Là-encore, j’ai trouvé des écarts importants entre les balles de golf, allant de 0,91 mètres à 1,02 mètres par miles per hour de vitesse de swing.

Il peut donc y avoir un écart de 10% s’agissant du rendement pour la distance.

Pour le petit-jeu, un carry long n’est pas rédhibitoire à l’inverse de la roule. Dans ce cas, on espère justement l’inverse, une roule réduite au maximum.

C’est la combinaison de la vitesse de balle (smash factor) et la bonne hauteur de trajectoire qui donnent un carry optimisé.

Le quatrième critère pour évaluer une bonne balle de golf pour le petit-jeu est alors naturellement le pourcentage de roulement de la balle par rapport à la distance totale.

C’est même un juge de paix important par rapport à mes six critères.

Le taux de roule découle de la vitesse de balle, de la hauteur de trajectoire, mais aussi du spin.

Sur une cinquantaine de balles différentes testées, j’ai relevé des écarts pouvant aller de 9 à 14% de distance roulée sur la distance totale.

De préférence, une bonne balle de golf est celle qui donne plutôt 9% de roule contre 14%.

Une bonne balle de golf pour le petit jeu est une balle qui donne un maximum de distance au carry (une balle efficace), et en même temps peu de roule.

Dans les fait, pour des coups tapés à 55/60 mètres, j’ai trouvé un écart de roule allant de 5,5 à 8 mètres, soit 2,5 mètres de différences entre une bonne et une mauvaise balle pour le petit-jeu.

J’ai laissé pour la fin deux critères qui composent cette performance, le spin, et la régularité du spin.

De tous les tests que j’ai pu faire, de tous les pièges dans lesquels on peut tomber s’agissant d’une balle de golf, le spin est une valeur qui ne trompe jamais.

Avec seulement 3 ou 4 frappes mesurées avec un radar, vous savez déjà à quelle balle vous avez à faire.

Le spin ne trompe pas.

Jusqu’à présent, c’était pratiquement mon seul critère pour évaluer une balle.

Quand je teste une balle de golf, sur une moyenne de 10 frappes mesurables et certifiées, je trouve des écarts pouvant aller de 3500 tours de spin en moyenne à plus de 7300 !

Il y a bien des balles « high spin » et « low spin ».

Le hic pour un amateur, c’est impossible à mesurer sans radar.

Selon les marques, et les packaging des boites, elles sont toutes censées en produire beaucoup.

Et puis, il y a un autre paramètre souvent ignoré : Le temps de vol de la balle, et donc le spin réel rapporté à ce temps.

Ce qui est important, ce n’est pas seulement le spin, mais le spin par rapport au temps de vol.

Dans le cadre de mon test, le temps de vol moyen des balles était de 3,17 secondes.

Pour caricaturer, une balle de golf qui prendrait beaucoup de spin, mais en contrepartie mettrait plus de temps pour atteindre la cible, serait moins intéressante qu’une balle qui prendrait autant de spin mais en moins de temps.

Les moins bonnes balles de golf pour le petit-jeu sont systématiquement les balles qui offrent le ratio spin/temps de vol le plus bas, et pratiquement divisé par deux par rapport à une bonne balle !

Mais cela ne suffit pas ! J’ai aussi évalué la régularité du spin un coup après l’autre.

Dans un sport où nous ne sommes pas réguliers, il faut pourtant utiliser un matériel qui peut l’être le plus possible.

La régularité du spin est en fait l’écart-type de spin de la meilleure à la moins bonne balle.

J’ai trouvé des valeurs au plus petit autour de seulement 150 tours par minute (pour une moyenne à plus de 6000), et au plus haut à près de 1000 tours (pour une moyenne aussi proche de 6000 tours).

Bien entendu, le testeur humain peut influer sur ce résultat, et partiellement le fausser. Comme évoqué plus haut, j’ai créé un indice de fiabilité de mon propre test.

En moyenne, pour toutes les balles de golf testées, l’écart-type se situe en moyenne autour de 450 tours.

Quand c’est trop supérieur à 450 tours par minute, et par exemple 1000, cela veut dire que la balle peut fournir une trop grande irrégularité de contrôle d’un coup à un autre. Elle peut être bonne, et puis moins bonne…

C’est notamment le cas de la Callaway Magna, et dans ce cas, il y a une possible explication liée à la taille de la balle…

La Magna pourrait potentiellement être une bonne balle pour le petit-jeu avec plus de 5800 tours de spin en moyenne. Le hic, c’est qu’un coup cela peut être 5300 et l’autre 6300 !

A l’inverse, une très bonne balle pour le petit-jeu, la Chrome Soft, toujours chez Callaway peut passer de 6500 à 6700 tours !

C’est une vraie différence entre deux balles de golf.

Au final, j’ai donc bien six critères : Smash Factor, hauteur de trajectoire, efficacité au carry, pourcentage de roule, taux de spin sur le temps de vol, et régularité du spin.

Ces six critères distinguent réellement des bonnes et des moins bonnes balles pour le petit-jeu, et quelque soit son niveau de jeu.

Si je peux donner beaucoup de spin à une Callaway Chrome Soft ou une TaylorMade TP5, vos valeurs pourront varier, mais je ne crois pas que vous puissez trouver un classement des balles radicalement différents.

Une Pinnacle Rush, une Wilson Ultra, une Vice Tour, une Volvik Vivid ne sont pas des balles dont l’objectif premier est le contrôle autour du green.

Logiquement, on retrouve au sommet du classement des meilleures balles pour le petit-jeu, des balles Tour comme les Titleist Pro V1, TaylorMade TP5, Callaway Chrome Soft et encore Srixon Z-Star.

Cependant, avec cet article, vous avez un réel moyen pour décoder le marketing, et comprendre ce qui fait une bonne balle de golf pour le petit-jeu.

Pour taper en une journée, dans les mêmes conditions, près de 50 balles différentes, il m’a fallu près de 7 heures, et plus de 500 coups.

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