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Bilan du test des drivers pour le golf en 2018

En début de saison, traditionnellement, on essaie de vous présenter un premier avis sur les nouveaux drivers de golf mis sur le marché par les marques. Alors que ces mêmes marques sont sur le point d’annoncer des nouveaux modèles pour 2019, il est intéressant de faire un bilan des drivers 2018, et de remettre en perspective les performances par rapport aux deux années précédentes. Si 2018 semble avoir été une année de transition, au moins d’un point de vue marketing selon les marques, et 2019 devrait être l’année du grand boom, qu’en est-il déjà des gains réels de distances ?

Toujours plus long ?

Une tête, un manche, un grip et un golfeur, finalement, en dehors de tout fantasme, comment driver plus loin avec des ingrédients qui souvent changent à peine ?

On dit souvent à tort ou à raison que le manche est le principal moteur du driver.

En réalité, la première source d’énergie au drive, c’est le joueur qui l’impulse.

Le driver n’est parfois que vraiment secondaire dans la performance.

Toutefois, il arrive que le bon équilibre, la bonne tête, le bon manche, tout ensemble produise une vraie différence, et pas parce que c’est une nouveauté, mais bien parce qu’il s’agit du bon club dans les bonnes mains.

La distance au drive est un élément clé du jeu de golf, et en même temps de l’industrie du golf.

Dans la majorité des cas, sur le parcours, en partie amicale ou en compétition, avec un, deux ou trois autres joueurs, on espère être celui qui depuis le tee de départ va taper le plus loin.

A la fois, car c’est une première sanction positive de son swing, et parce que cela signifie plus concrètement derrière, une meilleure chance ou un coup plus abordable pour éventuellement attaquer un green.

Selon son niveau de jeu, sa forme physique, et tout ce qui nous définit en tant que golfeur, nous avons tous des aspirations par rapport à cette fameuse distance.

Des aspirations de vitesses de swings pour ceux qui peuvent la mesurer avec un radar, et des aspirations de distances moyennes…

Je n’échappe pas à ce constat, en même temps que les autres testeurs sur JeudeGolf.org.

Avant de tester des drivers, je cherche aussi pour moi le meilleur driver, à la fois en tant que journaliste à la recherche d’une vérité, et à la fois en tant que golfeur à la recherche de la meilleure performance possible.

Sur les trois dernières années, de 2016 à 2018, ma vitesse de swing moyenne mesurée avec un Trackman est restée environ à 95 mph pour environ 230 mètres de distance moyenne.

Est-ce qu’un driver en 2018 m’a permis d’être plus long ou plus performant sur le parcours ?

Mon bilan personnel pour 2018

L’intérêt de faire un bilan en fin d’année, bien que les marques s’apprêtent déjà pour le mois de janvier à lancer de nouveaux drivers qui vont périmer ceux de cette analyse, c’est déjà d’intégrer des comparaisons entre des produits lancés en janvier dernier, et d’autres, de septembre comme les drivers Srixon et Titleist, qui eux seront valables pour toute l’année à venir.

Et puis, c’est l’occasion de revenir avec plus de recul sur les produits de début d’année qui ne l’oublions pas, devaient déjà révolutionner la vie des golfeurs…

En 2018, j’ai testé 16 drivers et 26 configurations. En réalité, 13 étaient des nouveautés 2018 et 3 des clubs plus anciens au gré de circonstances ou de besoins de comparaisons.

En 2017, j’en avais déjà testé 15, et encore 16 en 2016.

Comme les relations du site avec les marques et les distributeurs ne sont pas toujours au beau fixe, j’aurai aimé en tester encore davantage. Ne serait-ce que pour répondre à certaines de vos demandes.

Il est important que j’explique pourquoi les relations ne sont pas au beau fixe.

D’abord, le marché n’est pas au meilleur de sa forme. Il est avéré qu’en 2018, vous avez acheté moins de produits, et en particulier moins de drivers, et ce, dans une proportion d’environ 10 à 15% de moins.

Ensuite, le site est atypique dans son mode de fonctionnement. Je viens récemment de faire un voyage de presse organisé par deux marques américaines.

J’ai donc partagé du temps avec des journalistes européens, et constaté que finalement, malgré les très grands et très connus acteurs de la presse anglo-saxonne, peu, voir aucun, n’avaient un regard vraiment critique sur l’offre produits.

Le fait que je puisse écrire librement, exactement ce que je pense, en prenant plus ou moins des gants est un privilège qui me ferme clairement des portes, mais je vais continuer à le faire.

En contrepartie, je n’aurai pas toujours facilement accès aux produits de ces mêmes marques, que parfois, j’étrille.

Depuis 2012, et le début des tests, il faut admettre que je suis un chemin d’apprentissage que j’essaie de vous partager.

Cette année, plus que les années précédentes, j’ai vraiment ressenti les différences d’équilibrages des têtes de drivers.

Si ma vitesse de swing n’évolue pas en moyenne, en réalité, elle subit des fortes disparités selon les têtes.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire de l’extérieur, une tête de driver TaylorMade M3 n’a pas grande chose en commun avec une Callaway Rogue ou une Titleist TS2.

L’équilibre d’un driver est la clé de tout !

Le poids de la tête versus celui du manche a une influence considérable sur la vitesse de swing, la vitesse de balle et donc le smash factor.

Je swingue avec la même intensité, pourtant, avec un M3, je passe à 101 mph de vitesse de swing contre moins de 95 mph pour le Rogue. J’ai testé les deux clubs en même temps avec le même niveau de forme physique.

La tête du M3 est plus légère que celle du Rogue.

Qu’est-ce que cela implique ?

La vitesse de swing va être potentiellement supérieure, en revanche, le rapport masse par la vitesse va être inférieur d’où un smash factor potentiellement moindre…A l’impact, la tête ROGUE peut potentiellement être plus stable.

Cependant, finalement, pour la distance, c’est la tête M3 qui prend l’avantage, car même si on perd en stabilité, le gain de distance par la vitesse de balle est supérieur.

Ci-dessous, le tableau de synthèse des drivers 2018 que j’ai pu tester

Certains de ses drivers ont été testé dans plusieurs configurations (lofts 9 ou 10,5) et (spin sur low matérialisé par LS ou high par HM).

Si je me fie seulement à la distance totale, mon classement personnel des meilleurs drivers de l’année 2018 serait dans l’ordre :

Les deux derniers drivers sont aussi clairement les deux moins adaptés à un swing rapide. Il s’agit de drivers imaginés pour des profils complètement différents, et plus seniors.

Si on remet en perspective l’offre 2018 par rapport à 2017, il y a bien eu collectivement un léger mieux en vitesse de balle, angle de lancement et taux de spin, signe que l’industrie continue globalement à progresser.

En revanche, sur trois ans, ce n’est pas vraiment spectaculaire…

Autrement dit, comme déjà écrit, d’une année sur l’autre, les gains sont relatifs…et très dépendants du driver que vous allez tester en matière de longueur de manche, poids du manche, poids de la tête, et équilibre du driver (swing weight).

Les drivers qui sortent en tête de ce classement sont clairement les têtes avec des centre de gravité abaissé et avancé pour réduire le spin.

Le PING G400 aura toujours plus de mal à se retrouver en tête de ce type de classement, sauf pour sa version Low Spin, dans la mesure où le fabricant fait le choix délibéré de proposer une tête avec un centre de gravité reculé pour favoriser le moment d’inertie au détriment du SPIN, et ainsi correspondre à l’attente de ces consommateurs.

Si pour un golfeur qui manque de vitesse de swing et de stabilité à l’impact, ce type de driver peut apporter en théorie un bénéfice, en balistique, il faut admettre qu’un driver avec un centre de gravité abaissé et avancé offrira toujours plus de distance…

Conclusion

TaylorMade M3 et Titleist 917 D2 sont les deux drivers qui m’ont le plus interpellé en 2018, pour ce qui reste un bilan seulement personnel.

Les fabricants n’étant pas pour l’instant en mesure de garantir une régularité de fabrication absolument parfaite, il vous faudra toujours vérifier que la tête achetée est bien conforme aux performances de celle que vous avez testé.

En 2019, TaylorMade, Callaway, Cobra, Ping et Mizuno vont présenter de nouveaux drivers avec pour certains l’ambition de bouleverser l’ordre établi.

La vitesse de balle sera au cœur des débats alors que les améliorations en matière d’angles de lancements et de taux de spin commencent à plafonner.

En la matière, il y a pour les amateurs, encore un espace de progression, à condition que les marques prouvent deux choses : La capacité à proposer des qualités de productions plus régulières et des améliorations technologiques qui ne concernent pas qu’à la marge, les meilleurs joueurs.

Par exemple, s’agissant de la twisted face de TaylorMade, la réduction de la dispersion a été avérée pour des golfeurs professionnels évoluant sur le PGA Tour, et dans une proportion estimée à moins de 2%.

Si comme en formule 1, une course peut se gagner à quelques dixièmes de secondes, pour un amateur, un tel gain est purement invisible ou peu significatif, ce qui peut produire par effet inverse, une forme de défiance par rapport au discours très marketing d’une marque.

A trop savoir vanter des bénéfices réels mais petits, le consommateur finit par être méfiant.

Pour relancer massivement la vente de drivers, les gains proposés en 2019 devront être nettement plus perceptibles que ceux avancés en 2018.

La vitalité de l’offre, et son renouvellement rapide tient beaucoup aux faits que les marques veulent à tout prix bouleverser les rapports de forces entre elles…

Comme souvent, je crains que les performances sportives sur le tour, qui servent d’inspirations pour beaucoup d’amateurs au moment d’acheter un nouveau driver ne soient un leurre. Les pros ne jouent pas les têtes que nous pouvons acheter en magasin.

Un amateur avec une vitesse de swing rapide peut en réalité bénéficier d’une tête avec un centre de gravité abaissé et avancé comme illustré plus haut dans cert article alors qu’à contrario, un golfeur avec une vitesse de swing plus modérée pourrait bénéficier d’une tête avec un centre de gravité abaissé et reculé.

Selon votre position sur cette échelle, vous pourrez inverser ou pas le classement fourni dans cet article.

Précision : Classer des drivers reste un exercice périlleux, tenant compte de toutes les variables à prendre en considération. C’est pourquoi, ces classements sont indicatifs, et le fruit de mon expérience personnelle.

Quoi qu’en disent les marques, la recherche du bon driver est toujours une question de compromis…

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