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Balles de golf VICE: Jusqu'au bout du concept marketing?

Le guide comparatif des meilleures balles de golf 2018 a reçu un écho très favorable auprès des lecteurs. Je tiens à vous remercier pour tous vos bons mots à ce sujet. Néanmoins, un lecteur m’a fait à juste titre remarquer l’absence de la marque VICE Golf, et m’a demandé si je pouvais l’ajouter. Avec ce nouveau sujet, c’est désormais chose faite. J’ai ainsi ajouté 5 balles VICE pour porter le panel à 41 balles testées en 2018. Que valent-elles vraiment ? Marketing ou performance réelle ?

Pourquoi ne pas avoir testé VICE Golf avant ?

Au moment de concevoir le panel début 2018, l’idée consistait à trouver le plus possible de références en relation avec l’état réel du marché, à savoir l’offre la plus fréquemment proposée aux golfeurs amateurs.

Certaines marques ont joué le jeu, et ont envoyé des balles dans différents modèles, comme Callaway, Srixon, Titleist, TaylorMade et Mizuno.

Pour d’autres marques, Wilson, Bridgestone, Inesis ou Volvik, j’avais acheté en magasin ou sur Internet des balles pour compléter l’échantillonnage.

35 modèles différents qui représentaient largement plus de 90% des ventes en France, et en plus, une balle de practice pour comparer.

Cependant, dans cette logique, je n’ai pas pris en compte, ce que je ne voyais pas…

VICE Golf est une marque allemande qui ne vend pas en distribution traditionnelle, mais en vente directe.

Pour cette raison, le fait de ne pas identifier les ventes possibles de VICE en France, cette marque de balles est passée sous mon « radar ».

Autant, avec les autres marques, en sondant les acteurs du marché, je peux me faire une idée des ventes, autant, dans ce cas, ce ne sera pas possible de vérifier l’information à court terme.

VICE : Une marque rebelle ?

Je peux imaginer que le concept de VICE est justement de passer hors du canal classique, et ce pour au moins deux raisons.

La première, VICE correspond à un concept dès son origine d’inspiration fortement marketing avec un habillage jeune et à contrecourant des marques actuelles.

Quand vous voulez envoyer un nouveau message à un marché, il est de bon ton d’aller jusqu’au bout, et d’adopter tous les codes du « rebelle », y compris, ne pas vendre comme tout le monde.

Cela présente un avantage et un inconvénient.

L’avantage : Supprimer la marge du distributeur, et donc pouvoir proposer un produit en vente directe à un prix consommateur plus bas, mais une marge fabricant plus élevée.

En gros, la marque gagne plus d’argent par balle vendue, et sans intermédiaire.

L’inconvénient, c’est de ne pas pouvoir compter sur la force du réseau de distribution pour écouler son stock en très grande quantité.

Sans internet, VICE n’aurait jamais pu exister.

En misant sur une relation directe, VICE a fait le choix de faire plus de marge, et moins de volume, tout en assumant son style de communication hors système, pour ne pas dire rebelle.

Deuxième raison, je suppose, connaissant le fonctionnement de la distribution depuis 20 ans, souvent frileuse, elle aurait de toute façon refusée cette marque.

Les magasins sont pleins de stocks de balles, et peuvent considérer qu’elles présentent déjà trop de marques. Il aurait fallu un argument commercial incontournable pour les convaincre. Pas sûr que ce fusse l’objectif initial de la marque VICE…

Le mystère VICE

Si VICE est passé sous mon radar, ce n’est pas seulement en raison du mode distribution.

Je dois faire mon mea culpa, et admettre que je n’avais pas nécessairement la bonne image de la marque, pensant que c’était uniquement un concept marketing, une sorte de balle logotée.

J’avais du mal à imaginer qu’elle pourrait rivaliser avec des fabricants de longue date, comme par exemple, Titleist ou Srixon, pour lesquelles j’ai pu visiter des installations de fabrications ou de test de balles.

A force de tester des balles, et les marques vont m’en vouloir, je finis par penser que ce n’est peut-être pas si exceptionnellement difficile à faire d’un point de vue technologique.

C’est plus une affaire de compromis, de choix de compression, du nombre d’alvéoles…

Dans le guide 2018, je pense néanmoins avoir bien identifié les différences de fonctionnement des balles selon les situations.

En revanche, il y a une chose que l’on peut mettre indiscutablement au crédit des marques, c’est le fait qu’il faut des moyens importants pour fabriquer des balles de golf en quantité.

Ce n’est pas quelque chose que vous pouvez faire dans un atelier de 50 m2 !

Récemment, le marché a pourtant été soumis à des offres relativement trompeuses.

Un distributeur américain en particulier, pas spécialisé dans le golf, mais plutôt dans l’épicerie en gros (CostCo), a mis sur le marché (aux USA) des balles de golf premium à prix cassé, en omettant de dire que le fabricant sud-coréen, qui était en fait le fournisseur caché, avait plus ou moins volé le brevet de fabrication d’une MAJOR de l’industrie, que par respect pour ma source, je ne vais pas citer.

Pour ma part, je considère que les marques qui ont commencé à mettre le doigt dans la sous-traitance en Asie ont commis une erreur stratégique monumentale, et qui pourra un jour les mettre à mal.

En délocalisant ou en abandonnant un savoir-faire précieux, le ou les fabricants concernés ont ouvert la voie à des productions dissidentes.

Le cas de la balle CostCo Kirkland en est un exemple typique.

Concernant VICE, il ne me parait pas concevable, et je demande qu’à être contredit que ce type de produit puisse être fabriqué en Allemagne, en raison du coût de la main d’œuvre, et des autres coûts liés aux matières ou aux machines.

Quand je me rends sur le site web de Vice, et notamment sur la partie « La marque », comme vous, je peux découvrir un discours marketing à propos des « vices » humains, et bref, pas de quoi comprendre la véritable origine technique de la marque.

Sur la page fabrication, c’est joliment présenté, mais absolument pas informatif sur la vérité de la production de ces balles.

La seule chose qui est intéressante, c’est la phrase « notre équipe en Allemagne et à Taiwan ».

C’est presque rassurant. Je ne pense pas qu’il existe la moindre structure de production en Allemagne, et je vais enquêter plus précisément sur ce point.

Taiwan ! Taiwan, c’est grand ! Cette information ne nous donne pas un endroit précis, une adresse… Et surtout à Taiwan, il peut y avoir plusieurs sous-traitants des marques américaines que nous connaissons déjà bien pour les balles…

Alors pourquoi j’écris ces lignes avant de vous parler de performance ?

Tout bonnement, parce que le résultat du test est étonnement excellent !

Je vais même tenter de démontrer que la VICE PRO est l’une des meilleures balles polyvalentes du marché. Soit une balle qui fait peu de compromis entre wedging et driving.

Etonnant pour une marque qui sort du chapeau depuis moins de dix ans. Une marque qui n’a pas l’ancienneté et l’expérience d’un fabricant comme Titleist.

Comment réussir en moins de 10 ans, ce que d’autres avec beaucoup d’investissement ont réussi avec dix fois plus de temps ?

Surtout que la page fabrication ne nous apprend rien…

Dix belles photos d’artistes ne résument pas un procédé de fabrication dans des usines qui sont en réalité salies par le caoutchouc, er par l’usage de machines qui travaillent à des cadences infernales.

Cette page dédiée à la production sur le site web de VICE est plutôt de nature à me mettre en éveil sur la véracité, et l’authenticité de cette marque. VICE ressemble plus à une coquille vide plutôt qu’à un fabricant institutionnel, et avec un véritable savoir-faire éprouvé.

Entre la réalité des photos VICE et la réalité d’une usine de balles, il y a un monde qui peut se résumer au même écart entre le fantasme et la réalité.

Mais bien entendu, ce n’est pas vraiment votre problème !

Finalement, VICE produit ou achète des balles de golf surprenantes à un prix attractif en sautant l’étape distribution.

Désolé de dire qu’il n’y là rien de vraiment révolutionnaire pour quelqu’un qui sort d’une bonne école de commerce, et a assez de tempérament et de financement, pour sa lancer dans un tel projet.

Le fonctionnement des balles VICE GOLF

Pour réaliser le test, n’ayant pas de contact avec la marque, et comprenant même par le biais de mon lecteur, qu’elle avait été sollicitée pour me contacter afin d’intégrer le panel, mais aurait décliné, j’ai commandé un pack découverte sur le site de VICE.

J’ai commandé le 27 août pour être effectivement livré le 30 août par FEDEX.

VICE propose de manière très pertinente un pack découverte de 10 balles, 2 de chaque modèle, au prix de 28,70 euros TTC, parfait pour se faire une idée de l’ensemble de la gamme, qui va du modèle DRIVE au modèle PRO +, soit cinq balles à priori différentes.

Cinq catégories de balles différentes, c’est même peut-être excessif.

Pour un consommateur qui n’a pas un trackman pour vérifier les performances concrètes de la balle, c’est même confusant.

Si on comprend que Drive doit être la balle la moins souple, et favorable à la distance au drive, et moins aux coups d’approches, pourquoi décliner trois balles Pro, Pro soft et Pro + ?

Quel est l’intérêt de la balle Tour par rapport aux autres balles ?

Le nom même de balle « Tour » ne paraît pas très heureux par rapport au fait que ce n’est certainement pas une balle à jouer sur le circuit ou « tour » professionnel…

L’emballage est très soigné. Il y en a peut-être même pour plus cher d’emballage carton que de balles.

J’ai donc appliqué le même protocole de test pour les balles VICE par rapport à toutes les autres balles.

Essai en studio fermé (pas de conditions météos différentes), avec un Trackman 4, dans trois types de situations différentes : Approches à 50 mètres, coups de fer à 135 mètres, et drives.

Pour la première situation, il s’agit de contrôler le pouvoir stoppant de la balle et plus particulièrement le taux de spin et la hauteur de balle à partir d’une vitesse de swing avoisinant les 53 mph (85 kmh).

Pour ce test, j’utilise toujours un wedge 52 degrés Callaway MackDaddy.

Pour la seconde situation, il s’agit de contrôler le toucher, la distance, et le contrôle sur la balle avec un club cavity back en fer 7, déjà censé donner plus de spin qu’un club distance type « Improvment », soit un club plutôt traditionnel, et avec un swing autour de 81-83 mph (environ 130 kmh).

Pour ce test, j’utilise toujours un fer 7 Mizuno MP-18 SC monté sur un shaft acier stiff.

Pour la troisième situation, il s’agit de contrôler le potentiel de distance maximum à travers la vitesse de balle donnée et le spin avec un swing autour de 95-98 mph (152 à 157 kmh).

Pour ce test, j’utilise toujours un driver TaylorMade M3 en 10,5 degrés monté sur un shaft graphite regular standard.

Dans ces trois situations, le plus important concernant les clubs, ce n’est pas le choix de la marque ou du modèle, mais le fait que ce soient toujours les mêmes d’un test à un autre.

Un robot n’est pas un golfeur que l’on croise sur le parcours.

Le test robot est donc en partie contestable. De même que le test par un être humain n’est pas aussi scientifiquement parfait qu’un test robot.

Cependant, j’arrive tout de même à distinguer des vrais tendances techniques entre toutes les balles.

En fonction des trois situations, j’arrive à déterminer trois « notes » allant de A à G, de performance maximum à performance minimum, selon les critères cités plus haut.

Pour le wedging, une balle A est une balle qui généralement prend plus de 7000 tours de spin à 50 mph de vitesse de swing, pour parcourir une distance totale de 50 mètres avec une roule qui n’excède pas 6 mètres (soit un maximum de 13% de la distance totale parcourue) combiné avec une hauteur de balle autour de 8 mètres.

Pour les fers, une balle A est une balle qui généralement prend 6000 à 7000 tours (avec un fer 7 CB) tout en donnant un bon rendement de vitesse de balle en comparaison de la vitesse de swing (facilité à compresser) pour donner une distance au carry importante (plus de 130 mètres avec une vitesse de swing de 83 mph), et une distance à la roule contenue par le spin et l’angle d’atterrissage (entre 6 et 8 mètres).

Pour le driving, une balle A est une balle qui prend généralement très peu de spin (moins de 2600 tours), tout en étant facile à compresser pour obtenir le maximum de vitesse de balle (smash factor supérieur à 1.47) pour maximiser la distance totale.

Le test des balles VICE permet de constater que les balles Pro, Pro + ou Pro Soft n’ont rien à envier aux autres balles Titleist, Callaway, Srixon, Mizuno, TaylorMade… en matière de spin donné pour des coups d’approches.

Les balles Pro, Pro + et Pro soft sont même toujours assez excellentes avec un fer.

Elles sont encore assez intéressantes au drive, alors que généralement les balles type Pro V1 sont plus difficiles à compresser parfaitement par un amateur, et ce dans le but de maximiser la distance.

La balle VICE PRO est même étonnamment une des meilleures balles du panel avec une note globale A.A.B. alors que jusqu’à présent, une AD 333 Tour avec la note B.B.B. me paraissait la plus polyvalente du marché.

Les 3 balles Pro, Pro Soft et Pro + sont assurément des balles High Spin, un critère que je détermine uniquement sur le taux de spin donné à la balle avec un wedge. Sur un coup de wedge à 50 mètres, les 3 balles dépassent 7000 tours de spin en moyenne.

Les balles Tour et Drive ne sont pas des balles Low spin pour autant. Elles sont à ranger dans la catégorie Mid-Spin.

Toujours à 50 mètres, une balle qui prend entre 2800 et 4500 tours de spin est en fait une balle Mid-spin alors qu’une balle low spin peut descendre en-dessous de 2300 tours, ce qui n’est pas le cas des VICE Drive et TOUR.

En résumé, VICE positionne trois balles dans la catégorie reine des balles de golf (premium) avec trois balles high-spin qui restent très performantes pour un amateur dans le domaine du jeu de fers, et du driving.

En revanche, en ne « dégradant » pas suffisamment le spin des balles Drive et Tour, ces dernières ne sont pas assez performantes justement pour la distance. J’aurai même tendance à dire qu’elles ne présentent pas un grand intérêt technique.

En synthèse, vous n’avez pas une balle assez performante au drive pour justifier d’abandonner de la performance dans le petit-jeu.

Comme évoqué plus haut, je ne suis pas certain que le fait de construire une balle de golf soit si compliqué, par contre, il s’agit toujours de trouver la bonne formule par rapport au bon besoin.

Ce qui n’est pas correctement expliqué sur les boîtes, c’est ce que va faire la balle de golf par rapport à ce que vous, vous voulez réellement faire.

Ce panel de test démontre que toutes les balles varient dans leurs comportements selon le wedging, le jeu de fers ou le driving.

Une balle comme la VICE Drive va être moyenne autour du green, donc acceptable, mais au drive, elle sera en fait à peine plus performante.

A l’inverse, une balle VICE Pro va être excellente autour du green, et aussi performante au drive que les balles Drive ou Tour.

D’un strict point de vue performance, il est préférable de choisir la VICE Pro qui fait moins de compromis.

L’argument du prix pour le consommateur

Les balles VICE ne sont pas si bon marché par rapport aux autres marques.

Une douzaine de Pro, Pro Soft ou Pro + achetées à la douzaine coûtent 41,88 euros.

Actuellement, sur le marché et selon les relevés de prix que j’ai pu faire sur Internet, le prix moyen d’une balle High-Spin est de 40,56 euros.

VICE mise surtout sur l’achat quantitatif en vous proposant un prix unitaire réduit pour l’achat d’un pack de 60 balles, ce qui est bien trouvé dans le cadre d’une stratégie imaginée pour toucher moins de clients directement, mais leur vendre plus…

Suite à ce premier sujet, je vais détailler les résultats pour les 5 balles :

Test de la balle VICE Pro +

Test de la balle VICE Pro

Test de la balle VICE Pro Soft

Test de la balle VICE Tour

Test de la balle VICE Drive

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