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Balles Wilson DX3 2015: Plus douces? Moins de compressions?

Wilson, la marque omnisport d’origine américaine détenue par les finlandais d’Amer Sport entend reprendre la main sur un marché actuellement dominé par Titleist, Srixon, et les balles de récupérations…Comment Wilson peut exister, et avec quel axe technique de différenciation? Explications sur ce qu’est vraiment la compression d’une balle de golf… le véritable enjeu.

Préambule sur Wilson Staff et le marché du golf

Peu de golfeurs le savent, mais Wilson, une marque multi-sport est un des acteurs les plus anciens liés à la fabrication de clubs et de balles de golf.

Concurrent de Nike, Adidas, et Mizuno, Wilson conçoit des clubs de golf depuis 1914, soit plus d’un siècle de présence.

Pourtant, à la différence de TaylorMade, Callaway ou Titleist, Wilson est quelque peu rentré dans le rang ces dernières années.

Par manque de moyens, et après un changement d’actionnaire, Wilson n’a pas toujours pu communiquer sur son savoir-faire, et la qualité de ses produits.

Longtemps cantonnée aux rayons des magasins de sports non spécialisés golf ou étiquetée marque pour grands débutants, Wilson a peu à peu été déconsidérée.

Quand les autres marques usent de trésors de communications pour se placer comme des sociétés de pointes extrêmement innovantes, on finirait par oublier que Wilson a été une des premières marques à sortir un driver à tête carrée, ou à lancer des fers avec des faces slots.

Cette dernière innovation a été lancée dans les années 70/80 sans laisser une grande trace dans l’histoire.

Alors quand TaylorMade en a fait toute une histoire plus de 30 ans plus tard, Wilson en a presque été réduit à dire « Et..et, c’est nous les premiers qui y avons pensé…ne nous oubliez pas ! »

C’est bien la problématique de cette marque ! Etre pris au sérieux par les consommateurs qui ont en fait trop associés Wilson à seulement des balles de golf bon marché.

Alors justement pour les balles, Wilson jouit en fait d’un très bon référencement dans les magasins type Décathlon, ou dans les magasins spécialisés, type Us Golf ou Golf Plus.

Concrètement, en chiffres, Wilson se place en cinquième position des ventes en volume dans l’hexagone derrière Srixon, Titleist, Callaway, et les balles de récupérations.

Nous avons tendance à l’oublier, mais la troisième plus grosse vente de balles de golf en France concerne les balles repêchées dont le prix moyen à la douzaine est autour de 14 euros quand le prix moyen des balles conventionnelles est plutôt de 25 euros.

En France, le marché des balles de golf est assez binaire. Nous achetons soit des balles premium à 50 euros la douzaine, et dans ce cas, très souvent des Titleist Pro V1.

Soit, nous optons pour des balles « premiers prix » comme la Srixon AD333 à 25 euros.

Il n’existe pas vraiment de marché médian dans les faits, et ce n’est pas faute d’offres.

La place de Wilson Staff sur le marché

Dans ce contexte, Wilson qui obtient la cinquième part de marché pour les ventes en volume réalise déjà une bonne performance compte tenu des stocks actuels dans les points de ventes.

A titre d’exemple, il se vend plus de balles Wilson que de balles TaylorMade alors que le stock référencé en magasin en Taylor est 40% supérieur à celui de Wilson, et ce même si le prix de vente moyen est très comparable.

La différence se fait donc en partie sur l’image de marque, et l’habitude des consommateurs.

Sans être très présent comme communiquant, Wilson entretient sa part de marché (à défaut de la développer) en participant à des événements comme le salon du golf, ou en rappelant que c’est la marque qui compte le plus de victoires en majeurs (61) dans l’histoire.

Sur ce point, elles datent un peu (la dernière étant attribuée à Padraig Harrington au PGA Championship en 2008).

Passé cette introduction, Wilson annonce la mise sur le marché d’une toute nouvelle offre composée de trois balles DX3 pour trois types de compressions, et de profils d’utilisateurs.

Quels sont les enjeux actuels pour un fabricant de balles de golf ?

Pour faire simple, il existe deux grands défis : Des balles qui proposent plus de distance ou à l’inverse des balles avec un touché plus doux pour plus de sensations, et de contrôle.

Pour la distance, et surtout pour ceux qui manquent de vitesse de swing, des balles à noyau dure, des deux pièces ou des balles à faible compression peuvent faire l’affaire.

A contrario, pour le touché, plus la compression est basse, et plus la balle sera douce.

A titre de comparaison, selon Mary Lou Bohn, responsable marketing pour Titleist USA, une Pro V1 propose une compression comprise entre 88 et 90, une Pro V1 x étant encore un peu au-dessus de cette valeur, à savoir 95, proche du maximum.

Mais qu’est-ce que la compression pour une balle de golf ?

C’est en fait ce qui détermine sa performance. Soit une mesure de la compression d’une balle au moment où elle est contactée par la face d’un club de golf.

Vous avez peut-être déjà vue une vidéo au ralenti où une balle de golf s’écrase sur la face d’un club au contact, c’est en fait la compression de la balle qui s’écrase puis se déforme, et se reforme au moment de la projection.

La balle commence son envol à la fin de la compression qui est généralement comprise entre des valeurs de 75 et 100.

Si la Pro V1 est proche de 90, une Srixon Z-Star est aussi à ce niveau de compression particulièrement adapté pour les golfeurs qui ont une vitesse de drive comprise entre 80 et 105 mph, ce qui fait en fait beaucoup de golfeurs amateurs…

Par rapport à ces chiffres de compressions, Wilson s’est fait fort depuis plusieurs années de proposer des balles radicalement plus douces, et donc des compressions encore plus basses !

Déjà avec la Wilson Staff Duo, la marque s’était distinguée en proposant une des balles les plus souples avec une compression de seulement 40, soit plus de moitié moins qu’une balle Pro V1.

Une nouvelle offre de balles à très faible compression pour novembre 2015

Lancées en novembre 2015, la nouvelle DX3 va afficher une compression de 55, la DX2 Soft, une compression de 29, et pour la DX3 Spin, 35 !

Pour Franck Simonutti, directeur innovation pour les balles chez Wilson « Nous travaillons sur une solution en uréthane à faible compression depuis la sortie de la première DX2. Nos tests démontrent que la majorité des golfeurs préfèrent un touché de balle plus doux. »

Effectivement, quand nous en discutions avec Jean-Nicolas Billot, pro sur le tour, et consultant pour jeudegolf.org, ce dernier estime que de manière générale, les balles de golf sur le marché sont souvent trop dures pour la plupart des amateurs.

En ce sens, Wilson a bien pris la bonne température du marché !

Pour proposer une balle douce mais tout de même performante en distance, Wilson a misé sur trois paramètres techniques : Une couche externe ferme, une compression très basse, et des couches internes multiples en uréthane pour le spin.

Ceci étant, fournir une balle à très faible compression n’est pas pour un golfeur l’assurance de performance absolue…ce serait trop simple.

Une très faible compression pourra effectivement apporter un gain de distance à un golfeur ayant une très faible vitesse de swing, à savoir moins de 80 mph, et ce qui veut dire qu’il a du mal à écraser la balle dans la face de son club.

A l’inverse, un bon golfeur avec une vitesse de swing de près de 95 à 105 mph pourrait quant à lui perdre de la distance en raison d’une trop grande compression !

Comprenez qu’il ne faut pas choisir une balle seulement pour son taux de compression, mais pour son adéquation avec votre jeu.

L’offre de Wilson ne se limite pas à une balle mais trois pour se mettre au diapason de ce que font toutes les autres marques, à commencer par Callaway qui a été une des premières à bien cranter et expliquer cette notion d’adéquation entre vitesse de swing, et compression, notamment avec les Speed Regime 1, 2 et 3.

Pour Wilson, la DX3 Uréthane est censée être la balle pour les golfeurs qui veulent jouer des balles de pro, la DX3 Spin pour les golfeurs un peu moins ambitieux, et enfin la nouvelle DX2 Soft pour les grands débutants.

Concernant la DX3 Uréthane, nous exprimerons seulement un petit bémol.

Aucun pro ne joue actuellement sur le tour une balle avec une si faible compression. Il nous semble que c’est plus un « truc » de communication, sans remettre en cause la qualité de cette balle !

Pour conclure, si la DX3 Uréthane ne vous permettra pas de vous prendre pour un pro sur le tour, vous pourrez peut-être ressentir un touché de balle extrêmement doux, ce qui concrètement voudra dire moins une sensation de choc au moment de l’impact, et plus l’impression d’écraser la balle.

Si vous êtes déjà un bon frappeur avec une vitesse de swing élevé, nous vous déconseillons ce type de balle. La trop grande compression pourrait se révéler contre-productrice, et vous enlever quelques mètres de distance au drive.

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