Posté par le dans Pros, Enseignants et Coachs de golf

Le parcours accompagné, ou une autre approche de l’enseignement?

 

Vous prenez peut-être des cours, au practice ou sur les zones d’approches, mais qu’en est-il des cours sur le parcours ? Est-ce une solution réellement intéressante ? Est-ce un apport différent de vos cours traditionnels ? Est-ce que cela présente des avantages qui pourraient transformer votre golf ? Charles Dubois, coach, et cadet sur l'European Tour, notamment pour Raphael Jacquelin nous livre son point de vue.

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Notre consultant en stratégie sur le parcours, Charles Dubois vous propose d’explorer les bénéfices que l’on peut attendre d’un parcours accompagné.

Présentation - et selon votre niveau - de ce que cela pourrait vous apporter de plus, et  de ce que vous ne pouvez travailler que sur le parcours.

La multitude des situations proposées par le jeu sur le terrain nécessite d’aborder le jeu sous un angle différent.

Hormis sur le tee de départ où la balle se trouve sur un tee, généralement sur une surface plate, où le swing peut-être « automatisé », l’ensemble des coups que l’on aura à négocier se présentent dans des positions tout à fait différentes.

Sur le fairway, dans des roughs de différentes hauteurs, des bunkers plus ou moins profonds, dans des pentes plus ou moins complexes... toutes ces situations devront trouver une réponse plus pratique que théorique sur le terrain.

Il est donc important de prendre en compte les dimensions techniques, mentales, ainsi que le moment où se présentent ces coups de golf, pour vous permettre de scorer.

Au practice ou sur les zones d'entraînement, l’enseignant cherchera tout le temps la solution la plus adaptée à vos besoins, se formant à tous les méthodes existantes, en allant par exemple chercher l’information auprès des plus reconnus, pour vous apporter la solution à votre problème ; votre slice récurrent, ou encore vos difficultés autour du green, ou dessus. 

Pour les longs coups, le sacro-saint practice est là.

Généralement, le cours se passera sur un beau tapis rectangulaire, vert, coupé à hauteur de green, bien posé sur une chape de béton.

A plat bien entendu, avec des balles de plus ou moins bonnes qualités, mais à coup sûr, bien loin de la qualité de vos balles de jeu, et en fait de la réalité d'un véritable gazon, et quel que soit sa qualité.

Généralement, l’environnement du practice ne ressemble absolument pas à un golf.

Il y est du coup très difficile de se mettre en condition réelle du jeu.

On y explorera quasiment tous les clubs du sac, dans une unique situation, à l’image du golf proposé avec un simulateur de golf.

Vous l’aurez compris, il y a du bon et même du très bon dans ce concept de cours.

Il vous permettrait notamment d’élaborer un swing digne des pros, présentant à la caméra tous les ingrédients nécessaires à la beauté du geste.

Cependant, sommes-nous notés par un juge à la sortie du parcours ?

Notre niveau est-il déterminé par un exercice de justesse du geste ?

Le golf n’est-il pas un jeu d’adaptation perpétuel ?

Cette nécessaire adaptation ne doit-elle pas nous pousser à construire un swing adapté aux différentes situations?

Mais alors, que pourrait-on bien faire de si intéressant sur un parcours, alors qu’un practice confortable nous attend, pour les plus chanceux, agrémenté d’une multitude d’outils aidant le joueur à taper fort et droit.

Le novice face à l’apprentissage :

Prenons l’exemple d’un novice désireux d’arpenter les golfs, et pas forcément d’arborer le plus beau swing du monde.

L'envie de jouer au golf souligne souvent le désir que tout golfeur attend, à savoir la recherche d’épanouissement au sein d’un golf, cumulant le sport et la nature. 

Le parcours accompagné permet de cumuler ce besoin tout en découvrant une activité sportive de loisir entre ami(e)s.

De ce fait, son apprentissage ne devrait-il pas viser comment circuler sur un parcours, les règles et l’étiquette ?

Ne devrait-il pas revenir du terrain avec des questions sur comment se sortir de telle ou telle situation, plutôt que d’apprendre à se sortir d’une situation qu’il n’a pas encore expérimentée de lui-même ? 

Cela n’engage que moi, mais je crois vraiment que les premières leçons devraient se dérouler en grande partie sur le parcours.

En effet, il est évident que le novice a besoin d’un minimum de technique pour faire avancer sa balle et comprendre l’utilité des outils mis à sa disposition.

Mais je crois beaucoup plus en l’utilité de l’amener à comprendre l’esprit du jeu, et ses règles parfois complexes, bien évidemment respecter l’étiquette, et surtout apprendre à jouer dans le temps imparti du parcours. 

Malheureusement, le temps de ce premier stage ne suffira jamais pour appréhender ces gestes si techniques, mais permettrait sans doute, en adaptant le parcours au niveau du joueur ou de la joueuse, d’amener le débutant à acquérir rapidement ce minimum tant souhaité dans les golfs…

Respecter les autres, le terrain, tout en respectant un temps de jeu imparti, minimum requis pour arpenter la plupart des golfs du monde.

Et peu importe, si les premiers scores ne présenteraient que des croix sur la carte!

(Je ne m'étendrai pas sur le sujet, mais l’état des parcours après seulement deux semaines de réouverture, démontre que malheureusement, trop de joueurs ont passés leurs premières heures de golf à taper dans une balle plutôt qu’à apprendre à y jouer !)

L’apprentissage par ce biais pourrait se présenter sous l’aspect d’un parcours “miniaturisé”. Départs des “135 mètres”, un minimum de clubs, fer 7, 9, sand wedge et un putter, quelques balles, des tees en caoutchouc pour tous les coups... 7 coups maximum par trou, une attention portée essentiellement sur l’organisation de ses déplacements, le respect de l’étiquette et des autres joueurs.

L’objectif sera de mettre en priorité l’accent sur la convivialité qui est au coeur de l’activité. Certainement faut-il réduire le parcours à 6 ou 9 trous. L’idéal est d’imaginer que tous les golfeurs débutants, commencent sur des parcours écoles, mais ce serait sans compter sur le manque flagrant de structures permettant l’apprentissage sur un terrain adapté à ce public.

Le golfeur aguerri :

Le cas du golfeur aguerri est également très intéressant dans sa recherche de progression.

Il multipliera les cours individuels, collectifs, les stages, les lectures spécialisées ou le visionnage de vidéos sur le sujet de notre sport favori.

Il tapera généralement un nombre de seaux considérables ou choisira au contraire, de se faire plaisir, en ne faisant que des parcours, sans même un petit seau pour s’échauffer... 

Trop peu de ces joueurs vont remettre des balles ou encore jouer des coups qu’ils rencontreront malheureusement souvent, dans le rough ou les bunkers, à travailler une balle basse pour affronter le vent ou leur recentrage sous les arbres.

Je passe sur le sujet des pentes qui engendreront des courbes dans vos trajectoires, qu’il faudra appréhender pour mieux les dompter... 

Non, le golfeur choisira la voie de l’automatisation gestuelle, voulant occulter la réalité du terrain, tel un cheval avec oserai-je dire trop souvent des œillères.

Là encore, il est bien entendu que le cours de golf sur la technique du swing, une situation de petit jeu ou de putting est indispensable.

Mais le joueur sera-t-il à même de repérer ce lie compliqué ou encore d’appréhender la complexité de la situation sur le parcours ? 

Pour avoir participé à beaucoup de pro-am en compagnie de joueurs, et de joueuses souvent d’assez bon niveaux, j’ai constaté que le “practice” ne résout pas tous les problèmes permettant de mieux scorer.

Puisqu’en effet, il s’agit bien de cela, améliorer son niveau de jeu, sanctionné par l’index. 

Une solution pourrait être d’utiliser le parcours au titre de zone d'entraînement, en y remettant des balles, en allant se positionner dans des situations complexes, nécessitant une technique adaptée aux situations. Il est important que le golfeur puisse développer la faculté de savoir modifier son positionnement devant la balle au grès des situations rencontrées. Apprendre à “puncher” cette balle enfoncée dans le rough, ajuster un contact dans un bunker de fairway ou encore comprendre les changements à apporter lors d’un coup en pente.

La stratégie et le repérage d’un parcours peuvent être d’autres thèmes abordés, nécessitant une attention toute particulière quant aux moyens à développer pour augmenter ses chances de succès lors de la compétition suivante. 

Enfin tout un travail lié à la prise d’informations, à la routine ou encore aux choix de clubs ou techniques choisis en fonction des situations, pourraient apporter beaucoup aux joueurs cantonnés aux leçons sur un practice.

Les bons joueurs et les champions :

La plupart du temps, les joueurs se servant du terrain pour s'entraîner sont de bons niveau.

Je prendrai l’exemple des parties d'entraînement ou reconnaissance des parcours, que nous abordons lors des tournois en compétition, et avec les joueurs professionnels. 

L’objectif sera principalement de s’acclimater aux conditions offertes par le terrain, mais une partie de l’entraînement se concentrera sur la nécessaire adaptation au parcours joué.

Le joueur organisera généralement sa partie en se focalisant sur le type de coups qu’il aura à réaliser, notamment en remettant des balles sur des mises en jeu ou attaques de green particulières, en multipliant les situations autour du green, chips, approches levées, roulées et sorties de bunker. 

Le putting sur le parcours, peut permettre de multiplier les distances, et autres situations de putts, comme lorsqu’il s’agit de passer d’un plateau à un autre, à double ou triples pentes, ou encore de jouer des longs putts pour affiner son dosage. 

Le joueur utilisera alors le parcours, pour s'entraîner et ne se limitera pas à y jouer une partie de golf.

Un exemple d'entraînement pourrait être de se focaliser sur un certain type de coups suggéré par le parcours. Sur les links, il est souvent préférable d’abaisser ses trajectoires pour contrôler davantage sa balle. Le joueur peut exagérer ce phénomène en “forçant” le trait sur certains coups, pour modeler son jeu aux conditions si particulières de ces parcours venteux de bords de mer. 

Il n’est pas rare d’entendre parler de champions ayant axé leur entraînement sur le contrôle du draw en préparation au Masters d’Augusta, un parcours nécessitant de maîtriser cette trajectoire de droite à gauche sur beaucoup de trous. Par exemple, Martin Kaymer avait décidé de beaucoup travailler cette trajectoire, jugeant que son jeu de “fader” ne lui permettait pas d'accéder à la victoire sur certains parcours, comme le Masters notamment. 

En conclusion : 

Jouer sur le parcours ou s’y entraîner n’est pas la même chose.

Beaucoup jouent lors de leurs parties, mais ne s’y entraînent pas.

Pour autant, beaucoup cherchent à progresser, la plupart du temps en mobilisant leur entraînement sur les zones dédiées à cette exercice, souvent sans utiliser le parcours comme un nouveau lieu de travail au service de leur jeu. 

Le parcours accompagné peut s’avérer être très efficace pour amener aux joueurs une autre vision du jeu, plus en adéquation avec la réalité du jeu.

Le practice pour ne parler que de lui est à l'opposé du jeu, vous y avez un seau de 30 balles à taper du même endroit, à plat, d’un lie parfait, et quelques soit le résultat de vos balles, vous ne serez pas sanctionné.

Ces 30 balles souvent mitraillées en moins d'une demi-heure, la plupart du temps. 

Parfait, si l’on a pour objectif un point précis technique à travailler sur son swing, plus gênant si l’on souhaite quantifier sa capacité à atteindre une cible, la plupart des practices n’offrant pas de retour technologique, et évaluant ce qu’à fait notre balle. 

Je m’explique : mon coup de fer 7 est-il tombé à 5, 10 ou même 15 mètres de ma cible ?

Avec la perspective, difficile d’en être certain...

Alors que le parcours vous sanctionne immédiatement, vous demandant même de “rater” du bon côté.

A l’inverse, le jeu de golf vous offre une seul chance toutes les 3 à 5 minutes de réussir votre unique swing, depuis une situation imposée, et dans des positions plus variées les unes que les autres. 

Je ne peux que vous encouragez à utiliser le parcours comme un réel outil de travail au service de votre jeu. 

L’entraînement sur les zones d'entraînement ou sur le parcours sont deux choses complémentaires, et néanmoins complètement différentes.

Il serait judicieux d’employer ces deux options pour améliorer votre jeu.

Je vous propose d’exploiter ce potentiel en ma compagnie lors de demi journées ou journées, afin d’exploiter le potentiel d’évolution de votre jeu.

N’hésitez pas à me contacter. 

Charles Dubois 0680367617

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