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5 erreurs stratégiques que vous ne commettrez plus !

Nous passons de nombreuses heures à taper des balles sur notre tapis de practice, afin d’essayer d’améliorer notre swing. Cependant la vérité du jeu de golf se passe sur le parcours. Nul doute qu’avoir un swing éprouvé vous aidera, cependant le jeu de golf se joue également avec votre tête, dans la manière dont vous allez réussir à résoudre le challenge proposé par l’architecte du parcours. Découverte de 5 notions stratégiques indispensables à un bon score, avec les conseils d'un cadet professionnel, Charles Dubois... Pensez comme un pro !

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Le but du jeu étant de faire le moins de coup possible, comment construire sa stratégie en fonction de son index?

N’oubliez pas que si votre index est supérieur à 18, votre objectif ne nécessite pas d'atteindre les greens en régulation. Et même en dessous de 18, vous avez “droit” de réaliser des bogeys. 

En effet, en partant du principe que l’on devrait réussir à mieux contrôler sa balle avec un club plus court (par exemple en jouant une bois 3 plutôt qu’un driver), la possibilité de s’appuyer sur deux putts une fois sur le green, semble plausible. Ce qui devrait permettre de jouer une régulation, en fonction de son niveau.

La première réflexion pourrait donc être d’analyser le parcours en fonction de ces éléments: décider quels trous nécessitent de jouer en bogey ou en double bogey en fonction de leurs difficultés et de notre capacité usuelle (et non “possible”).

Cette réflexion en amont vous permettra de décider au lieu de subir.

La météo peut s’avérer également un aspect crucial de la performance, le vent, la pluie, le froid seront autant de paramètres qui doivent nous pousser à ajuster la tactique du jour.

La période à laquelle vous jouerez doit également être prise en considération, les départs ne sont pas les mêmes l’été ou l’hiver, la distance jusqu'aux obstacles va ainsi varier.

Je me souviens d’un par 3 de plus de 250 mètres à l’US Open où beaucoup de joueurs construisaient le trou en faisant un lay up, du côté du green ou l’approche était la plus facile, ou encore jouaient suffisamment court pour se laisser un coup de wedge pour attaquer le drapeau plus facilement.

Si les champions le font, pourquoi pas vous ?

Ci-après, 5 conseils pour vous permettre d’affiner votre stratégie et prendre des décisions utiles pour votre score.

La mise en jeu

Sur un 18 trous, la plupart des trous, par 4 et 5 notamment, se joueront souvent driver en main. Il sera important en fonction de votre distance, de vos trajectoires habituelles et de votre niveau de jeu, d’aborder la construction de votre score par rapport aux difficultés proposées sur un trou.

La première chose consistera à analyser la distance d’un obstacle et de son côté.

Ais-je la distance pour porter ma balle au-delà de l’obstacle, devrais-je favoriser un coup plus court, m’appuyer sur ma trajectoire naturelle pour l’éviter ; pour les plus doués, faire un fade ou un draw ?

Qu’elles sont mes options pour atteindre le green dans ma régulation ? (pour rappel pour un joueur classé 18, sa régulation est le Par +1)

Prenons l’exemple d’un joueur ayant une portée de balle (carry) au drive de 180 mètres, une tendance au fade, voir au slice, et une situation avec un bunker positionné à 200 mètres du côté gauche du fairway sur un par 4 de 340 mètres sans dénivelé.

Fort de sa tendance naturelle il pourrait se dire que ce trou est pour lui et que le bunker n’est pas un problème.

Néanmoins le golf est fait d’incertitudes.

Vous aurez de grandes chances que votre balle roule dans le bunker, sauf une grande maîtrise de votre effet.

La difficulté du bunker sera à prendre en compte, mais ne vous laissera d’autre choix que le recentrage (Lay up), sauf le bonheur de retrouver votre balle parfaitement placée, à plat, sans lèvre insurmontable, ce qui reste malheureusement et souvent peu probable.

Laissons aux champions le privilège d’accepter de finir dans un bunker qu’ils trouveront parfois « sans risque », et pour lequel ils auront une technique éprouvée.

Une autre option stratégique peut être de vous placer sur le tee de départ du côté de l’obstacle, cela vous ouvrant l’angle à l’opposé du danger.

Privilégiez cette option quand l’obstacle est plus loin, pour ajouter une marge de sécurité. On est pas à l’abri d’un bon coup…

Que faire alors ?

Grippez votre bois 3 pour ne pas atteindre ce bunker, réfléchissez au côté du green qui vous semble le plus propice à l’approche putt, ou à la distance que vous souhaitez privilégier pour votre coup de wedge.

Cette stratégie vous permettra assurément d’augmenter vos chances pour votre par.

Angle mise en jeu milieu du départ

Angle mise en jeu côté droit du départ

Angle mise en jeu côté gauche du départ

L’attaque de green :

Vous venez de frapper l’un des meilleurs drives de la partie, ce long par 4 de 400 mètres des repères jaunes ne vous laisse malheureusement que le choix du bois 3 pour attaquer ce green défendu par un obstacle d’eau se terminant 20 mètres plus court que le green.

En partant du principe que votre bois 3 à une portée (carry) de 160 mètres, et que l’eau nécessite 150 mètres minimum de vol, qu’elle est la solution la plus sûre, ou en tout cas validant un pourcentage élevé de boggeys dans le pire des cas ?

Là encore, il sera certainement préférable de jouer court de l’eau, ou encore de laisser le drive de côté au départ pour vous laissez un coup plus franc au second coup pour arriver devant l’eau.

La décision à prendre peut néanmoins varier en fonction de la situation de jeu : vous jouez en match play, vous êtes deux down, trois trous à jouer, peut-être est ce le moment d’attraper votre bois 3 et de tenter votre chance !

Vous jouez en Stableford, votre maximum de coups sur le trou est de 6 pour marquer des points, vous venez de recentrer votre balle après deux sorties de ce bunker infernal, là aussi, peut-être est-ce le bon moment pour braver le danger.

Un autre cas de figure peut se présenter, ce fameux obstacle d’eau, situé à droite du green, du trou numéro 6.

Votre tendance se situe plus près du slice que du baby cut, et le côté gauche de ce green vous offre un rough largement jouable ou une sortie de bunker facile.

Une des observations de Marc Broadie (Every shots count) démontre que la cible n’est quasiment jamais le drapeau, vous prendrez votre marge en fonction de vos habitudes, du vent observé ou encore du lie dans lequel vous jouez.

Observez vos trajectoires pour affiner votre cible et donnez vous suffisamment de marge. Parfois gagner c’est accepter d’être moins ambitieux. 

Les par 5

Véritable challenge pour les joueurs occasionnels, ces longs trous présentent la particularité de devoir jouer ce coup intermédiaire qu’il est important de bien manager.

En effet, si l’on observe très régulièrement les meilleurs joueurs tenter le green en deux, la plupart des joueurs amateurs devront construire leurs coups à l’envers en réfléchissant au troisième, voir quatrième coup pour l’attaque du drapeau. 

Ces par 5 restent les trous sur lesquels il sera le plus facile de gagner des points.

Sur ce principe, l’élaboration des coups intermédiaires, assurant une opportunité de gain est primordiale.

Cette zone de lay up (recentrage) sera essentielle, elle doit vous amener à jouer votre distance de prédilection.

Il faudra s’assurer que son choix ne vous amène pas trop près non plus, pour éviter une distance souvent compliquée, souvent de 30 à 50 mètres du trou.

Votre objectif est de vous mettre en situation de pouvoir jouer ce putt glorieux.

Cette zone devra être dégagée de toutes nuisances, comme de hauts arbres infranchissables. La qualité d’un architecte peut parfois se mesurer aux options qu’il propose aux joueurs de tous niveaux.

Une fois cette zone déterminée, vous réfléchirez aux coups précédents, aux distances à parcourir pour franchir les embûches proposées, là encore, ce fameux driver ne vous sera finalement très peu utile.

La réponse à cette question est primordiale, comment vais-je construire ma stratégie pour que mes choix me mettent en position victorieuse ?

Les approches :

Se positionner du bon côté du green peut s’avérer un atout crucial pour votre score. Vous aurez des trous “faciles”, vous permettant d’ambitionner un birdie, le petit par 3, fer 9 en main vous donnera l’occasion de tester votre précision.

Toutefois gardez en tête votre forme du jour et une marge d’erreur, au vu des difficultés. 

Bien souvent, il vous faudra penser “bon côté”, celui qui vous laisse une approche roulée, plutôt que levée, ou une sortie de bunker avec beaucoup de place devant le drapeau pour ne pas avoir à tester vos “golden’s hands” sur une approche courte.

Parfois, jouer long peut également s’avérer être une très bonne option. 

L’idée générale est de vous laisser le plus de place possible pour faire rouler la balle.

C’est un jeu assez particulier auquel on joue, qui peut nous réserver la surprise d’une approche courte “injouable”, quand l’autre côté du green, bien plus loin du drapeau, vous offrira beaucoup plus de chances de parvenir à l’up and down (approche putt). 

La règle est simple, plus vous pourrez faire rouler votre balle, plus vous aurez de chances de rentrer votre balle, ne serait ce que de la rapprocher.

Restons un instant pragmatique, en ouvrant l’option du coup roulé, vous diminuez les problèmes de contacts, d’un point de chute de votre balle éloigné du drapeau, d’une technique complexe et souvent demandant trop de qualités techniques et de talent.

Enfin, cela vous permettra de diminuer l’amplitude de votre geste en utilisant des clubs plus fermés (approche roulée).

Bref, c’est tout simplement plus simple...

Le putting :

L’objectif est évidemment de rentrer tous les putts du premier coup.

Malgré cela, un dosage affûté peut vous donner l’avantage de mettre votre balle du bon côté lors de votre approche.

Il est déterminant et prouvé qu’un putt en montée augmentera vos chances. Un putt en descente est toujours plus compliqué à doser. 

Aussi, quand vous observerez le green, repérez l’endroit vous permettant de jouer le putt en montée, et ajustez votre dosage pour que votre balle arrive dans cette zone.

Le repérage commence bien avant votre arrivée au green.

Dès 50 mètres du green, prenez des infos sur les pentes générales, repérez cette zone. 

Une fois sur le green, n’oubliez pas d’observer avec attention les balles de vos partenaires. Il est prouvé que de putter en dernier apporte un avantage statistique sur la réussite de son futur coup. 

Expérimentez et améliorez le score de votre prochaine partie !

Reprenez votre dernière partie, imaginez-vous “rater” du bon côté, jouez plus court quand vous n’aviez pas réussi à franchir l’obstacle, choisissez un coup d’approche favorisant le roulement, plutôt que la hauteur de votre balle, etc. Ré-évaluez votre potentiel score… Qu’en est-il ?

Très certainement, vous rendrez vous compte des points perdus simplement à cause de vos choix.

La stratégie est une qualité du jeu. 

Bon nombre de joueurs professionnels ne drivent pas à 300 mètres et comptent néanmoins parmi les meilleurs.

Il n’y a pas si longtemps, Colin Montgomerie, joueur atypique, fut numéro un européen de 1993 à 1999 et remporta de nouveau l’ordre du mérite en 2005.

Sa qualité première, être certainement l’un des meilleurs stratège au monde, jouant toujours du bon côté et acceptant le principe d’un jeu qui demande beaucoup de réflexion. 

Le golf est une sorte de jeu d’échec à grandeur nature où il est important de développer ses qualités physiques et techniques, mais où il est également indispensable de réfléchir correctement, et d’accepter que le driver n’est pas la seule option.

Posez-vous les bonnes questions en amont de votre parcours, établissez une stratégie et surtout respectez-la du 1 au 18. 

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