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Gestion du stress de l’attente avant une partie de golf

Sur le point d'arrivée sur le tee numéro 1 ou tout simplement en train d'attendre votre tour de jouer...Comment bien gérer les temps d'attentes avant le début ou pendant une compétition de golf ? Les conseils de notre préparateur mental - Antoni Girod - pour améliorer votre carte de score quand vous n'êtes pas sur le point de swinguer.

Savoir gérer l'attente et le stress avant une partie de golf

Dans l'article précédent, Antoni nous présentait la meilleure façon de s'échauffer mentalement au practice.

Ci-dessous, il poursuit son approche, en abordant la question des temps d'attentes et le stress avant le début d'un tournoi de golf.

Comment bien gérer les temps d'attentes avant une partie de golf ?

Il est important de savoir se présenter au départ ni trop tôt, ni trop tard.

Arriver au dernier moment génère précipitation et sentiment d’insécurité : ne vais-je pas rater le départ ?

Arriver trop à l’avance laisse au joueur un espace de temps propice à la “gamberge” et à la crispation, surtout s’il commence à assister aux coups ratés des joueurs qui le précèdent.

Pour gérer efficacement ce stress de l’attente, il importe tout d’abord de bien connaître le mécanisme du stress.

En voici les cinq étapes successives :

  1. Déclencheur externe lié à l’environnement.
  2. Orientation sur le futur lié à un événement futur.
  3. Représentation mentale de cet événement futur.
  4. Stimulation neurohormonale (système sympathique et catécholamines).
  5. Manifestations physiques du stress.

Il est possible de gérer le stress à chacun de ces cinq niveaux, ou tout du moins à quatre de ces niveaux ainsi que nous allons le voir.

Le premier niveau du stress

Au premier niveau, puisque ce sont des déclencheurs externes qui déclenchent le stress, je vais éviter de m’exposer à un environnement potentiellement stressant.

Une fois mon échauffement terminé, je peux m’isoler dans un endroit tranquille pour me tenir à l’écart de l’agitation.

Le bar ou le départ sont évidemment à éviter. Les discussions, la vue de certaines personnes peuvent constituer des déclencheurs.

Je vais m’isoler par exemple en mettant mon walkman sur les oreilles ou mes lunettes de soleil sur les yeux.

La musique a un impact important sur le stress.

Le corps a tendance à se synchroniser sur les rythmes musicaux. Une musique douce et calme favorisera un rythme cardio-respiratoire plus lent qu’un air de hard-rock tonitruant.

Cependant, cet isolement ne peut pas durer indéfiniment. Je ne peux pas me couper totalement de l’environnement.

En m’isolant, je n’ai fait que retarder l’apparition du stress. Je dois donc être capable de gérer mon stress au niveau 2.

Le deuxième niveau du stress

L’orientation sur le futur se fait bien sûr en direction de ma compétition dont le départ se rapproche.

S’il y a du retard, ce qui arrive parfois, l’attente risque de devenir particulièrement stressante. Je suis de plus en plus tendu vers le futur.

Pour me détendre, il suffit de revenir dans le présent. Pour cela, rien de plus simple : je m’absorbe dans une activité de diversion.

Je vérifie par exemple consciencieusement mon sac. Je fais une partie de “playstation”. Je sors un livre de mon sac et je m’absorbe dans ma lecture. Certains jouent au billard si cela est possible.

L’idée générale est de s’occuper.

Si, malgré tout, je reste obnubilé par le départ et je n’arrive pas à faire baisser mon niveau de stress, je vais pouvoir jouer sur le troisième niveau : celui de mes représentations mentales.

Le troisième niveau du stress

Si je me sens stressé, c’est que très certainement, ou bien je suis en train de me faire par rapport à ma compétition un film mental digne du festival d’Avoriaz, ou bien je suis en train de me tenir un discours interne pas très positif.

Il faut apprendre relativiser les choses et ne pas donner au tournoi plus d’importance qu’il n’en a. Vu de la planète Mars, à quoi ressemble ma compétition ? Je peux aussi me demander ce qu’il restera dans cent ans de l’importance de mon tournoi.

Enfin, en pensant à toutes les catastrophes, les guerres et les situations dramatiques qui sont vécues au même moment par des milliers et des milliers d’êtres humains aux quatre coins du globe, je peux finalement réévaluer ma situation présente de joueur de golf attendant le début de sa partie comme quelque chose de somme toute pas si stressant que ça et peut-être même agréable.

Le quatrième niveau du stress

Au quatrième niveau, celui de la stimulation neuro-hormonale, il n’y a pas grand chose à faire en dehors de prendre des substances prohibées par l’éthique sportive.

Il existe tellement de manières naturelles de gérer le stress qu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des procédés artificiels et dangereux pour la santé.

Le cinquième niveau du stress

Il nous reste donc à explorer le cinquième et dernier niveau : celui des manifestations physiques du stress.

Si malgré tous les outils utilisés aux trois premiers niveaux, je ressens néanmoins un ou plusieurs des symptômes suivants : boule à l’estomac, gorge serrée, tension musculaire, tachycardie, sueurs froides, souffle coupé, j’ai encore la possibilité de les dissoudre physiquement.

Pour cela, je dispose de différentes options :

  1. Je respire en respiration ventrale. A l’inspiration, je laisse mon ventre se gonfler et à l’expiration, je rentre le ventre. Tout en expirant, je me répète la phrase : “Je suis calme, tranquille et détendu”. Ce type de respiration faisant appel au niveau diaphragmatique de la respiration va diluer la sensation de boule au ventre. En effet, le diaphragme est par excellence le muscle des émotions. Le stress a pour effet de le bloquer et de le figer, ce qui entraîne précisément la sensation de boule au ventre et de souffle coupé. Il est donc très important d’apprendre à respirer par le ventre.
  2. Le rythme cardiaque quant à lui ne peut pas être contrôlé directement. Je vais faire appel là aussi à la respiration pour ralentir mon rythme cardiaque. La phase d’expiration doit être au moins trois fois plus longue que la phase d’inspiration. Et tout en expirant, je me répète la phrase : “Mon cœur bat calme, tranquille et régulier”.
  3. Je localise les parties du corps qui sont tendues. Puis, tout en inspirant profondément, je crispe la ou les parties en proie à une tension musculaire excessive. Puis j’expire en relâchant les muscles et en faisant de petits mouvements de détente. Je peux associer à mon expiration et à mon relâchement musculaire un mot-clef comme : “Relax”.
  4. Je souris. Même si j’ai l’impression que mon sourire est forcé au début (c’est souvent le cas), je continue à sourire jusqu’à ce que je ressente une sensation de relâchement dans le reste du corps. Le sourire a des vertus très puissantes pour faire fondre le stress.

Tous les procédés que nous venons de voir pour gérer le stress visent à retarder l’apparition d’un niveau d’activation trop élevé à un moment où le joueur n’est pas encore dans l’action. Cela évite de brûler son énergie pour rien.

Prendre le meilleur départ possible sur un parcours de golf

En effet, la fonction positive du stress est de préparer le corps à agir. Tant que l’action n’est pas imminente, le stress est inutile, il ne sert à rien sinon à se sentir mal.

C’est dans ce cas un mauvais stress.

Dans la minute qui précède le premier coup au départ du 1, le niveau d’activation grimpera de lui-même naturellement.

On enregistre ainsi sur un cardiofréquencemètre une augmentation systématique de 10 à 20 pulsations/minutes du rythme cardiaque dans la phase où le joueur se prépare à taper.

Il s’agit d’un bon stress permettant une activation optimale du corps en vue du geste à effectuer.

Pour celui qui sait le gérer, le stress devient un carburant.

Antoni Girod, Consultant préparateur mental sur JeudeGolf.orgAuteur : Antoni Girod est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le mental dans le domaine du tennis et du golf : « Golf : préparation mentale », et «Tennis, la préparation mentale ».

Pour contacter Antoni : agirod@agperf.com

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