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Putting: Faire rouler ou glisser la balle? Quels effets sur le contrôle de la distance?

Putting: Faire rouler ou glisser la balle ? Quels effets sur le contrôle de la distance ?

Les radars de mesures permettent désormais de mesurer le roulement d’une balle de golf sur un green avec précision. Cela permet surtout de distinguer deux phases clés de tout putt, l’étape dite de skidding, et l’étape réelle de roulement de la balle sur le green. Pour baisser son index sur le parcours, il n’y a pas de secret, il faut rentrer plus de putts, et notamment plus de putts à moins de 3 mètres. Dans cet article, on vous explique les mécanismes du skid mesurés avec un Trackman.

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Tous les golfeurs et toutes les golfeuses cherchent de nouvelles façons de baisser leur handicap.

Pourtant, selon Bill Choung, un enseignant PGA basé à Dallas, il n’y a pas de meilleure façon de faire que de baisser le nombre de putts par parties.

Les professionnels gagnent et perdent des tournois sur un, deux ou trois putts par tournois. En moyenne, ils descendent régulièrement sous la barre des 29 putts pour 18 trous, alors qu’en moyenne un amateur sait qu’il a au moins deux putts par trou, soit 36 putts.

Réduire le nombre de putts est quelque chose de facile à dire ou à écrire, mais cela n’a rien de si facile à produire en réalité.

Pour rentrer plus de putts ou taper moins de putts, il faut impérativement, et tous les enseignants s’accordent là-dessus, apprendre à faire rouler une balle de golf, et donc ne pas taper !

Si un joueur du PGA Tour rentre en moyenne 50% de ses putts à moins de 2,5 mètres, cette statistique tombe à seulement 30% pour un amateur sur cette même distance.

Pourquoi faire rouler une balle est meilleur que le fait de la taper ?

D’abord, il faut savoir que des recherches ont démontré que le contrôle de la distance comptait pour 80% dans la performance d’un putt.

C’est là que la notion de « skid » rentre en jeu.

Quand vous arrivez à faire correctement rouler une balle, cette dernière va beaucoup moins « glisser » juste après l’impact, et elle va être beaucoup plus facilement contrôlable, notamment d’un point de vue de la distance à parcourir ou que vous projetez pour elle.

Une balle qui roule plus, est aussi une balle qui va mieux épouser les pentes.

Le but crucial de tout joueur, amateur ou pro, est de minimiser la phase où la balle glisse après l’impact, pour au contraire maximiser le temps où elle va rouler, et le plus tôt.

Des recherches menées par Bill Choung ont illustré qu’à moins de 2,5 mètres, la balle pouvait glisser jusqu’à 1,5 mètres après l’impact, soit plus de la moitié de la distance à parcourir.

A l’inverse, réduire la phase de skid à 0 semble quasiment impossible.

Pour ma part, et pour l’avoir testé au trackman, en moyenne sur des putts à 3 mètres, une balle roule 90% du temps, alors que 10% du temps, au démarrage, elle glisse.

Si sur un putt à 2,5 mètres, votre balle skid pendant 1,5 mètres (60% du temps de trajet), vous n’avez aucun contrôle à la fois sur la distance, et la trajectoire.

Un putt doit épouser la pente. Pour schématiser, la balle doit rouler sur la pente pour la suivre. Quand elle saute dessus, elle ne la suit pas, et risque de s’écarter de la ligne vers la cible.

Quand vous manquez un putt, parfois, ce n’est pas parce que vous avez mal lu la pente. C’est peut-être tout simplement parce que votre technique n’a pas généré assez de roulement.

Ne pas faire rouler une balle de manière efficiente peut venir d’au moins deux raisons : Un problème mécanique ou matériel.

En admettant que ce ne soit pas un problème de putter mal ajusté, le problème mécanique se repère quand un golfeur produit un élan relativement court et force son accélération à l’impact.

De fait, il est inconstant dans son contrôle de distance.

Sans Trackman pour le vérifier, si vous voulez simplement savoir si vous tapez plus ou si vous faites rouler vos putts, dessinez une ligne sur votre balle.

Alignez la balle selon la ligne à la cible, et si pendant son chemin vers la cible, cette ligne dessinée sur la balle « bouge » beaucoup de son axe, alors vous ne faites pas assez rouler la balle.

Le fait de générer un mouvement plus pendulaire aide à la faire rouler.

Si le problème est plus matériel que technique, il faut surtout vérifier la longueur du manche du putter. Trop souvent, les amateurs utilisent des putters trop longs par rapport à leur taille.

Un des éléments qui altère la qualité du putting est l’angle du lie. Un lie incorrect peut créer une tension au niveau des avant-bras.

90% d’un coup réussi se joue à l’adresse !

Maximiser le pourcentage de roulement est donc l’élément clé à rechercher au putting, car cela augmente la précision d’un putt.

Expériences et avis contradictoires sur le loft des putters

Une expérience a été menée sur la relation entre le loft d’un putter, le pourcentage de roule, et le contrôle de la distance, à la fois sur un gazon synthétique et un green naturel.

L’étude a prise en compte quatre types de putters lames avec des angles de -1, 1, 3 et 5 degrés de loft.

Pour l’étude, les chercheurs ont utilisé un robot mécanique et des caméras hautes fréquences pour déterminer le temps de roule, la position finale de la balle.

A la fin de l’étude, ils voulaient surtout contrôler les variations de performances entre chaque putter.

L’étude a conclu sur des différences significatives.

C’est le putter avec le loft négatif qui a donné les meilleurs résultats pour le roulement, et la meilleure régularité de distance.

Cette étude de 2014 n’a donc pas encore influencé l’industrie puisque dans le commerce la plupart des putters présentent toujours un loft compris entre 2 et 4 degrés, notamment pour les modèles avec des manches standards. C’est un peu moins pour les putters avec des manches allongés.

Les fabricants considèrent toujours que le loft aide à soulever la balle de sa position, pour ensuite la mettre sur son chemin.

Au cours des dix dernières années, quelques fabricants de putters ont essayé différentes approches comme le fait d’élever le centre de gravité du putter, pour justement produire plus de roulement et plus rapidement.

Ainsi, la société ASERTA, basée en Californie, a mise au point un putter à haut centre de gravité arguant que les putters avec un centre de gravité bas créaient justement du backspin, ce qui faisait glisser la balle (skid) avant de rouler.

Comprenez aussi qu’une balle qui glisse trop peut quitter plus facilement sa ligne vers la cible.

Toutefois, la position défendue par ASERTA est restée très minoritaire, notamment parce que d’autres chercheurs ont démontré que le skidding, dans une proportion contenue, était en fait nécessaire.

Si effectivement, un putter avec un centre de gravité élevé favorise la réduction du skidding, cela annule les effets du « Gear effect ».

En réalité, il faut que la balle glisse au démarrage mais pas trop. C’est toute la science du putting que de trouver le bon dosage.

Pour que la balle se déplace vers le trou, il faut déjà la sortir de sa position statique « plantée là sur le green », et c’est là où le loft du putter agit.

Plutôt que d’essayer de réaliser un putt qui roule à 100% du temps (ce qui est de toute façon impossible avec un putter conventionnel), il faudrait surtout chercher à lancer la balle sur la ligne sans qu’elle ne prenne de backspin ou de topspin au démarrage.

A l’heure du fitting de driver, alors que les outils permettent d’analyser la performance des putters, le fitting de putter devrait être un peu plus considéré.

Pour ma part, j’ai effectué plusieurs tests avec un Trackman 4 sur des putts à 3 mètres.

Quand mon pourcentage de roule était égal ou supérieur à 90% pour une vitesse de swing moyenne de 2,4 mph, je contrôlais la distance de mes putts autour de 3,2 mètres.

Quand pour la même vitesse de swing, mon pourcentage de roule descendait ne serait-ce que de 3% à 87%, je perdais plus de 40 centimètres sur le contrôle total de la distance du putt, soit 3,7 mètres pour une cible à 3 mètres.

Entre ces deux types de coups, ce n’était pas vraiment la longueur totale de mon stroke qui a changé, mais essentiellement mon tempo, et en parallèle, la durée du skid.

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