Jordan Spieth: Peut-être le meilleur putter de tous les temps ? Comment il peut vous inspirer

Jordan Spieth: Peut-être le meilleur putter de tous les temps ? Comment il peut vous inspirer ?

En 2015, l’anglais Ian Poulter, pas franchement connu pour être dithyrambique au sujet de ses pairs, déclarait que selon lui, Jordan Spieth était sans doute le meilleur putter de tous les temps. A l’époque, Spieth venait de gagner le Masters et l’US Open dans la foulée. Il semblait marcher sur l’eau, ou plutôt sur le green ! Depuis cette date, ses statistiques sur le PGA Tour ont chuté, expliquant en grande partie pourquoi il n’est plus dans le top-10 mondial, fin 2018. Pourtant, Spieth est un modèle dont on peut s’inspirer…

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Jordan Spieth gagne sur les greens

Onze victoires sur le PGA Tour depuis ses débuts en 2012, dont trois majeurs (Masters et US Open 2015, British Open 2017), Jordan Spieth est l’une des grandes stars actuelles du golf mondial.

Plus que pour son talent clubs de golf en mains, c’est essentiellement sur les greens que le texan a bâtît son palmarès récent.

Lors de sa meilleure saison, en 2015, il a remporté 5 tournois, soit pratiquement la moitié de toutes ses victoires, et n’occupait pourtant que le 78eme rang pour la distance moyenne au drive.

Cela ne l’a pas empêché de terminer premier pour la moyenne de score la plus basse du PGA Tour, à seulement 68,93 coups.

Numéro un des play-offs de la Fedex Cup et numéro un pour les gains sur le circuit avec plus de 12 millions de dollars, Spieth a essentiellement brillé sur les greens avec la 9eme meilleure moyenne de coups gagnés sur les greens.

Pour Poulter, c’est particulièrement dans le domaine des putts à moins de 8 mètres du trou que l’américain a dominé le monde.

« Statistiquement parlant, il est le meilleur dan le jeu, et il pourrait bien aller encore plus bas que personne n’a jamais fait. Si vous regardez son pourcentage de putts à moins de 8 mètres, vous verrez que c’est remarquable, car c’est justement la distance à laquelle vous vous trouvez quand vous tapez vraiment bien vos approches. »

Il conclut « Nous aimerions tous avoir un putting de la sorte. »

Et effectivement, dans le détail, Spieth était numéro un avec moins de 28 putts de moyenne par partie (27,82 putts), et précisément numéro un avec 26% de réussite sur les putts entre 6 et 8 mètres !

Tout au long de la saisons 2015, Spieth a présenté le deuxième meilleur ratio de conversion s’agissant des occasions de birdies, soit 35,5%.

Qu’est-ce qu’un grand putter ?

En théorie, la qualité du putting se détermine au moins selon deux paramètres : la direction, et le contrôle de la distance.

Plus vous êtes proches du trou, et plus direction est clé par rapport au contrôle de la distance, et inversement, si vous vous éloignez du trou.

Les grands putters sont justement les golfeurs qui rentrent le plus de longs putts et commettent le moins de trois putts, car justement, ils excellent dans le contrôle de la distance.

Comme dans tous les autres compartiments du jeu, la fréquence et la sévérité des erreurs ont une influence dramatique sur le score.

L’américain Peter Sanders, un enseignant PGA s’est amusé à comparer les statistiques de putting des meilleurs golfeurs des dernières années avec celles de Spieth, pour arriver à la conclusion qu’au moins en 2015, le texan surpassait tout le monde !

A l’époque, Poulter prédisait un grand avenir au jeune Jordan. Mais il y a eu un hic…

Et notamment en 2018 où Spieth a semblé rencontrer des problèmes nouveaux et récurrents dans son putting, et notamment sur son plus gros point fort, les putts entre 6 et 7,60 mètres où sa moyenne est tombée pour la première fois, sous la barre des 10%.

2018 : La panne

Tout au long de l’année 2018, il a annoncé avoir l’explication du problème, et un début de solution, pourtant, il n’a pas réellement changé la donne.

En nombre de coups gagnés au putting, Spieth a même reculé au-delà de la 120eme place sur le PGA Tour, un camouflet pour celui qui était au sommet de ce classement, et affublé du titre de meilleur putter de sa génération, et peut-être de tous les temps.

Pourtant, son jeu du tee au green a semblé au point avec par exemple 70% de greens en régulation, la 12eme meilleure moyenne de la saison.

En février dernier, après seulement trois tournois, il déclarait que le problème était mineur, et qu’il allait remettre son stroke de putting sur les rails. Il faisait le constat qu’il mettait les mains trop en avant comme s’il voulait faire rentrer la balle dans le sol.

Il affirmait alors que c’était une tendance opposé à sa façon de faire depuis l’enfance, estimant qu’il avait simplement besoin de retrouver sa posture naturelle à l’adresse, pour retrouver toutes ses sensations.

Le plus étrange le concernant, c’est que jusqu’à présent, il n’avait pas réellement eu besoin de travailler sa mécanique de putting. Aujourd’hui, paradoxalement, il semble avoir besoin de refaire ce qu’il faisait naturellement, mais justement, ce n’est plus si naturel.

En début de saison, il ne voulait pas s’inquiéter, pensant juste que c’était un mauvais passage…

Plus tard dans la saison, à l’occasion du Dell Championship à Boston (août 2018), alors que la température était élevée, et l’humidité de l’air pas forcément adéquate au fait de passer de longues heures au practice, la majeure partie des pros étaient rentrés à l’hôtel pour profiter de l’air climatisé.

Ils étaient finalement peu nombreux à s’entraîner la veille du tournoi. Jordan Spieth était de ceux-là, et au beau milieu du putting green à faire rouler des putts de 1m20 les uns après les autres.

Son caddie, Michel Greller lui renvoyait les balles sous les yeux de son coach, Cameron McCormick qui tous les quatre ou cinq putts l’interrompait pour parler de nuance technique, comme le rapporte David Dusek pour GolfWeek.

Le problème qui devait être passager, c’est en fait installé tout au long de la saison pour le texan, et notamment à l’occasion du Masters à Augusta, ce qui l’a très certainement privé de la victoire.

En début de saison, il mettait son problème de putting sur le compte de son adresse. A l’approche de la fin de saison « Sur tout ce que je suis en train de mettre en place, je sais ce qu’il faut faire. C’est juste qu’il faut le faire. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des tendances qui vont me servir sur le long terme pour aller de l’avant. »

A Boston, pour tenter d’expliquer la rémanence de ses difficultés malgré son diagnostic, il justifiait « Ce n’est pas quelque chose que quelqu’un aurait pu diagnostiquer à propos de mon stroke. C’est en fait lié au comment je vois mon putter à l’adresse. Ce n’est pas frustrant. Je me fiche de savoir ce que les autres pensent. Pourquoi devrais-je faire confiance à n’importe qui d’autre quand je sais exactement ce qui ne va pas ? Quand je me mettais au-dessus de la balle, cela ne me paraissait pas correct pour moi. Il fallait donc que je comprenne pourquoi. »

Poursuivant pour se rassurer « J’ai les vidéos de chaque moment où j’ai été le meilleur joueur du monde dans différents compartiments du jeu. Je peux encore dessiner mon jeu pour revenir à ce niveau, et ce à quoi je veux parvenir. »

Quelques semaines plus tard, Spieth manquait de se qualifier pour le Tour Championship à Atlanta, la finale de la saison du PGA Tour et de la Fedex Cup. C’est la première fois depuis ses débuts professionnels qu’il manque cette épreuve !

Comble de la situation, il n’a disputé en 2018 que 24 tournois alors que le minimum requis par le PGA Tour est de 25. Il encoure une pénalité de 20 000 dollars.

Surtout comme illustré dans le tableau plus haut, les statistiques finales de Spieth au putting montrent bien que sur la saison, le texan n’a pas complètement retrouvé son niveau. Ce sera un enjeu majeur de la prochaine saison.

Alors si Spieth a connu des difficultés que l’on ne pouvait pas ignorer cette année, qu’est-ce qui justement a fait de lui le meilleur putter des années 2015 à 2017 ?

Il apporte plusieurs réponses qui peuvent être utiles pour toutes les golfeuses et tous les golfeurs au niveau amateur.

La position à l’adresse

Justement ce qui a failli en 2018, pourtant, pour Jordan Spieth, la réussite de ses putts dépend d’une condition dans laquelle il arrive à se mettre avant chaque coup : La zone de blackout !

 la réussite de ses putts dépend d’une condition dans laquelle il arrive à se mettre avant chaque coup : La zone de blackout !

« Quand je suis dans la zone de blackout, je n’ai aucune pensée à propos de mon organisation ou mon coup. Je ne pense pas plus à la vitesse que je dois donner au putt. Il n’y a pas de questions sur mon stance, aucune partie de mon corps qui agit ou une forme de pression. Je peux juste rester en place et me sentir à l’aise. »

Il poursuit « La seule chose que je peux voir distinctement est le mouvement en arc de swing. Je ne fais que visualiser le chemin que va suivre ma balle, et rien d’autre. Mon coup est seulement une réaction pour faire de cette image une réalité. »

Il admet que cela lui a pris du temps, du travail, et de la concentration pour arriver à ce mode « blackout ».

La lecture d’un putt

Quand il lit un putt, Jordan Spieth admet fonctionner selon un processus en trois étapes : Il regarde derrière la balle, il marche le long du putt de sa balle jusqu’au trou, et il passe derrière le trou.

En premier, il tente de déterminer la ligne du putt depuis une position derrière la balle vers le trou.

En premier, il tente de déterminer la ligne du putt depuis une position derrière la balle vers le trou.

En second, en marchant sur la partie basse (si le putt est en pente) de sa ligne pour déterminer la vitesse.

En troisième, il rejuge sa ligne de putting depuis l’arrière du trou pour se donner une autre perspective.

En troisième, il rejuge sa ligne de putting depuis l’arrière du trou pour se donner une autre perspective.

« Quand je suis confiant au sujet de mon appréciation de la trajectoire et de la vitesse, je vais me mettre à l’adresse. Quoi qu’il arrive, je répète toujours la même routine, car c’est la seule chose sur laquelle vous pouvez avoir un contrôle total. »

La routine avant le coup

Pour Spieth, la première chose qui compte, c’est comment le putter est orienté vers la cible.

« Sans que le putter soit parfaitement aligné à la cible, je ne pense pas que personne ne puisse entrer dans une zone de pleine concentration. »

Il place alors sa tête de putter au sol en se servant uniquement de sa main droite. « J’aligne la face du putter à ma cible, et je regarde ma ligne. C’est le point clé de ma routine, ensuite, je place mon corps par rapport au putter, et jamais l’inverse.

Ensuite et seulement à ce moment, il place sa main gauche sur le grip du putter, sous ma main droite pour adopter un grip dit « cross-handed ».

« Tout doit me paraître équilibré, mon poids parfaitement réparti sous mes pieds alors que mes épaules sont au même niveau.

De là, pour démarrer son putt, il utilise toujours la même petite astuce qu’il appelle sa gâchette, ce qui lui permet de faire le vide. Il pousse légèrement en avant son grip vers la cible. Cette pression est son déclencheur pour déclencher le putt.

Le roulement de la balle

Pour Spieth, un très bon putter se voit à la façon dont il finit son stroke.

Pour Spieth, un très bon putter se voit à la façon dont il finit son stroke.

« Les joueurs qui accélèrent dans la balle sont généralement des grands putters. La tête de putter et l’épaule dominante finissent bas et en avant, même sur des petits putts. A l’inverse, les golfeurs qui espèrent juste taper un putt ont tendance à laisser la tête de putter et l’épaule monter après l’impact, comme s’ils voulaient se relever pour voir où va la balle. »

Pendant son stroke, Spieth ne pense pas à ce finish fort avec la tête de putter en avant, mais il admet qu’il a noté cette tendance chez tous les grands putters, ceux qui limitent le skidding de la balle, et maximisent la roule.

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