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Comment Rory McIlroy a transformé son putting pour de nouveau gagner?

Comment Rory McIlroy a transformé son putting pour de nouveau gagner? Crédit photo : Mark Newcombe

Depuis quelques mois, Rory McIlroy ne cessait de régresser au classement mondial, laissant penser que Jason Day, Jordan Spieth, et même Dustin Johnson pouvaient l’éloigner durablement de la première place mondiale. En remportant le Deutsche Bank Championship à Boston, un très gros tournoi de fin saison, le meilleur golfeur européen s’est replacé comme un énorme favori pour les dernières échéances de la saison. Décryptage d’un rebond avec notre nouveau consultant pro américain Richard Hurvitz.

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Lors du dernier tournoi du PGA Tour, c’est peu dire que McIlroy est passé un départ plutôt pénible à une arrivée en fanfare !

Son premier tour sur le Deutsche Bank Championship disputé sur le TPC Boston ne laissait pas augurer d’un nouveau rebond pour un Rory en perte de vitesse depuis plusieurs mois, malgré une victoire sur l’Open d’Irlande, et quelques places d’honneurs, un palmarès tout de même loin de son statut d’ancien numéro un mondial.

Pourtant, trois jours seulement plus tard, Rory est redevenu l’un des meilleurs golfeurs du monde, si ce n’est le meilleur quand il affiche une telle force au driving, et autant de consistance dans son putting.

Au sujet du jeu de McIlroy, on pourrait le résumer à frapper un gros drive, taper un coup de wedge à moins de 50 mètres, et enquiller un putt pour birdie.

Sauf que depuis ses exploits en majeur (vainqueur de l’US Open 2011, de l’US PGA 2012 et 2014, et The Open 2014), McIlroy ne s’est plus vraiment montré capable d’assurer une telle façon de jouer.

En cause, son putting défaillant depuis de longs mois, ce qui a ouvert la porte tout d’abord à Jordan Spieth puis Jason Day pour lui ravir le fauteuil de numéro un mondial.

Au cours du dernier tour du Deutsche, McIrloy a retrouvé ce qui a toujours fait sa force : la combinaison d’un driving surpuissant et d’un putting redoutable pour terminer avec un score de 65, soit six coups de mieux par rapport à son premier tour, et surtout six coups pour rattraper son retard sur un Paul Casey qui aurait logiquement dû remporter le tournoi sans le retour de la fusée Rory.

Cette 20eme victoire en carrière à 27 ans est peut-être un tournant pour le champion.

Cela ne fait âs "cinq minutes" que Rory cherche la bonne formule au putting.

En début d’année, il avait profité de la trêve hivernale pour se faire opérer des yeux dans le but d’améliorer sa capacité à lire les lignes. Cela n’a pas suffi.

Classé numéro un sur le PGA Tour pour le nombre de coups gagnés au drive, à savoir ce qui combine à la fois la distance et la précision pour se matérialiser en efficacité sur le parcours, McIlroy n’était que 130eme pour les points gagnés au putting !

En gros, considérez qu’il était le meilleur sur le tee de départ, et l’un des derniers sur le green !

Or, chaque week-end, la victoire se joue essentiellement au putting !

Pour emprunter une formule au football, c’est un peu comme si McIlroy se créait un grand nombre d’occasions de buts, et plus que les autres, mais ne parvenait que rarement à concrétiser ses actions en buts marqués.

L’ancien numéro un mondial, parfaitement conscient de la situation a senti le changement dès ce lundi. « Je savais que je devais rester patient. Je savais que je n’avais pas gagné sur le PGA Tour depuis un moment. Je savais que mon jeu était globalement bien en place. J’avais juste besoin de faire quelque chose à propos de mon putting. A ce stade, le processus de changement est loin d’être terminé, mais c’est un grand pas dans la bonne direction. »

Pour arriver à passer d’un joueur décevant au putting à l’un des meilleurs, McIlroy a effectivement procédé à différents ajustements.

Au cours de la saison, et nous l’avions déjà évoqué, il a procédé à un premier changement de prise. Pour autant, il semble que cela n’ait pas suffi.

Le problème qu’il rencontrait est paradoxalement simple à diagnostiquer selon notre consultant, Richard Hurvitz, ancien joueur pro sur le tour.

McIlroy a souffert d’un chemin de putter orienté à gauche avec une face orientée à gauche !

L’alignement est donc bien un des gros problèmes rencontrés par Rory depuis plus d’un an.

Cela peut paraître invraisemblable pour un joueur d’un tel niveau, mais c’est bien l’illustration qu’à tous les niveaux, le golf reste un sport difficile.

Pour retrouver la gagne, McIlroy a donc changé deux choses majeures : son putter et sa façon de s’entraîner. Ce qui fait dire à Richard Hurvitz qu'il a changé son putting de A à z !

En seulement quelques jours, il a retrouvé de la performance au putting là où d’autres mettent des mois ou des années !

Quelques jours avant le Deutsche, McIlroy a annoncé avoir démarré une collaboration avec Peter Kenyon, le coach putting de plusieurs stars telle que Justin Rose (champion olympique), Henrik Stenson (vainqueur de The Open) mais aussi Lee Westwood, Darren Clarke et Colin Montgomerie, soit le gratin des meilleurs golfeurs depuis plus de dix ans.

Depuis la mise en place de cette collaboration, McIlroy a admis avoir changé sa façon de lire un green, sa façon de se mettre à l’adresse, sa façon de placer son putter à la cible…

Imaginez que lors du dernier majeur de la saison, McIlroy a réussi l’exploit de ne pas passer le cut alors qu’il avait touché 20 fairways sur 28, et 27 greens sur 36 en régulation ! Des statistiques qui avec un putting juste normal vous placent dans les meilleurs !

Une semaine avant le Deutsche, McIrloy a semble-t-il connu une éclaircie dans son putting, et sans doute les premiers fruits de son travail avec Peter Kenyon.

Au lieu d’être 130eme pour le putting, il s’est classé 31eme avec 120 putts sur 4 tours.

Soit déjà une grande partie de la progression, mais à ce stade, il pensait encore que ce serait un long processus pour remonter la pente.

Son objectif était alors de se donner 8 mois pour être prêt pour le prochain Masters d’Augusta en avril 2017.

Pour Richard Hurvitz, le fait que McIlroy poussent ses putts à gauche de la cible l’avait forcé à « sous-lire » ses putts, à savoir mal estimé la force nécessaire pour aller jusqu’au trou.

Pour le coach, il semble que Peter Kenyon l’ait amené à mieux travailler la coordination de son côté droit avec le reste de son corps pour qu’il amène plus naturellement son putter sur le bon chemin, et si cela pouvait paraître étonnant qu’un tel golfeur puisse souffrir d’un tel problème, à la différence d’un amateur, McIlroy a une capacité exceptionnelle à intégrer la correction rapidement. Quelque part, c’est justement son métier !

Autre changement qui peut paraître plus spectaculaire, et plus commenté, McIlroy a profité la liberté donnée par Nike pour changer de putter.

De notre point de vue, par rapport au premier argument développé avec Peter Kenyon, c’est une explication moins prépondérante bien que ce changement a sans doute contribué.

Pour Richard Hurvitz, si un golfeur déplace son putter à gauche de la cible, et qu’il délivre une face de putter à gauche du chemin, tous les putters du monde n’y pourront pas grand-chose.

Certains pourront éventuellement atténuer le phénomène avec une répartition des masses différentes, mais au niveau de McIlroy, le mieux était de corriger le phénomène plutôt que de l’adapter avec du matériel.

Néanmoins, Rory est revenu en terrain de connaissance en reprenant le type de putter qu’il plébiscite.

Tout de même, un sacré camouflet pour Nike dans la mesure où Rory s’est engagé dans la conception des derniers putters Method censés lui aller comme un gant, argument de vente mis en avant !

McIlroy est donc revenu aux sources mais avec un changement particulièrement significatif par rapport à ce qu’il a toujours aimé, à savoir que McIlroy a toujours privilégié tout comme Woods, un design très classique pour son putter, une lame style Putter Anser.

En optant pour un putter prototype Scotty Cameron Concept M1, McIlroy est revenu à sa marque d’avant Nike, mais ce nouveau putter est en fait un petit maillet dont le dessin doit sensiblement l’aider à améliorer son alignement.

Autre bénéfice, ce type de tête favorise selon notre coach, un MOI plus élevé avec une tête plus large, et un déplacement plus important du poids vers la périphérie extérieure du putter, ce qui permet une meilleure résistance par rapport à un phénomène de « twisting » des poignets et du club par le joueur.

McIlroy confirme ce point «J’ai l’impression que le fait d’avoir opté pour un maillet ne permet justement pas de trop fermer la face, ce qui était la faute que j’avais tendance à commettre. Au contraire, cela me permet de rester un peu plus square à l’impact. »

Notre consultant est 100% d'accord avec McIlroy, ayant lui-même toujours utilisé dans sa carrière un putter maillet pour ce type de raisons.

Richard Hurvitz poursuit "Il a choisi un Scotty Cameron ce qui est selon moi un excellent choix. Scotty propose une large gamme de maillets avec des faces en métal plutôt qu'avec des inserts en plastiques, ce qui donne un meilleur feeling à l'impact, et plus de précision pour contrôler la distance."

Il est difficile d’imaginer que le simple fait de changer de putter ait pu avoir une incidence aussi immédiate sur le putting de McIlroy, mais combiné au travail de Kenyon pour améliorer l’action de la partie droite de Rory, cela a sans doute suffi à remettre le joueur dans le droit chemin.

Richard Hurvitz détaille la nouvelle façon de putter de McIlroy. "Sa posture a complètement changé. Il est plus pencher à l'adresse avec des bras plus pliés, ce qui lui permet de garder les coudes droits et plus près du corps. De cette façon, le club ne peut pas mouliner. Ensuite, il place la balle plus à gauche dans les pieds. On sent que sa main droite commence à prendre le contrôle avec notamment la paume de la main droite qui forme une ligne parallèle avec la face du club."

Ajoutant "Tout ceci pour que la face du club reste plus longtemps square avec le trou. On reconnait la théorie de putting de son nouveau coach."

Lundi dernier, au cours du dernier tour du Deutsche Bank Championship, pour la première fois de la saison, son score de 65 a illustré à quel point son putting pouvait se mettre au niveau de son driving, et dans ce cas, McIlroy redevient largement le meilleur golfeur du monde.

A quelques jours de la fin de saison, et alors qu’il ne reste plus que deux tournois à disputer dans le cadre de la Fedex Cup, McIlroy est redevenu un favori pour la victoire finale, et le chèque de 10 millions de dollars.

D’autre part, un McIlroy à ce niveau redevient une arme fatale pour l’équipe européenne de Ryder Cup qui jouera fin septembre à Hazeltine.

Crédit photo : Mark Newcombe

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