Problème de putting ? Quelle est la longueur moyenne de vos premiers putts sur les greens ?

Depuis que j’utilise une application pour « tracker » suivre mes coups de golf sur le parcours, je peux analyser plus finement mon jeu, et notamment par compartiments, entre driving et putting. A ma grande surprise, le putting a rapidement été le secteur le plus performant en comparaison de mon index, jusqu’au point où je me suis gargarisé d’être un relativement bon « putter », ce qui a fini par me donner un soupçon de confiance en plus sur les greens. Depuis quelques semaines, je constate être nettement moins bon, et du coup préoccupé par une éventuelle régression. Plusieurs facteurs peuvent en être la cause. Cependant, j’ai voulu en avoir le cœur net, et creusé la question capitale de la longueur du premier putt sur le green…

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De bien putter à mal putter, qu'est-ce qui a pu se passer ?

Depuis 2017, je joue en moyenne une quinzaine de parties sur 18 trous avec un plafond à vingt en 2019 et 2020.

Conscient que ce n’est pas suffisant pour progresser, depuis l’été dernier, j’ai décidé d’accélérer le rythme, et notamment en jouant beaucoup plus l’hiver où jusqu’à présent j’avais tendance à m’éloigner du terrain.

Entre période de confinement et de déconfinement, j’ai clairement cherché à optimiser mes possibilités d’aller sur le parcours, tant et si bien que depuis le 1er janvier, j’ai déjà joué dix parties en trois mois.

Je suis très en avance sur mon tableau de marche habituel avec l’espoir que cette avance se traduise par de meilleurs cartes dans ma « scoring zone », soit entre mai et septembre.

A ce stade, j’ai donc déjà pu faire quelques constats sur mon jeu du tee au green.

En revanche, depuis quelques parties, je note un putting qui se dégrade.

Plutôt content quand je termine une partie avec 33, 34 ou 35 putts, je m’inquiète avec des parties qui se terminent plutôt avec 37, 38, 39 et même plus de 40 putts !

Que se passe-t-il ? Surtout quand la tendance s’installe vraiment, et alors que pourtant, je continue à prendre du plaisir à m’entraîner au putting-green, en variant des exercices qui mêlent dosage, lecture des pentes et concentration.

Malgré tout ce que j’essaie de mettre en place pour mon putting, la dégradation du résultat est bien là, et s’est manifestée très fortement au cours de mon reportage à Dubaï, où j’ai été clairement à la peine toute la semaine, et sur quatre parcours différents.

Sur quatre parties, j’ai putté 41 putts de moyenne !

Sur le moment, je n’ai pas su en analyser la cause puis l’interview de Cyril Rozes m’a déjà permis de comprendre que les greens du Moyen-Orient sont conçus avec du grain, et donc un sens du gazon qui avance, et un autre sens qui freine la balle.

Il faut donc une compétence supplémentaire : Savoir lire le grain sur un green ! Je l’ai compris trop tard.

A cela, il faut ajouter deux difficultés supplémentaires : Les parcours sont longs (plus de 6200 mètres, et les greens très vastes et très vallonnés).

Pour avoir joué le Els Club avec des golfeurs professionnels du circuit européen en repérage, j’ai pu constater que les greens n’avaient en fait rien d’évident.

Pour comprendre nos résultats sur les greens, il convient de prendre en compte plusieurs facteurs

D’abord, la longueur du parcours va logiquement conditionner la longueur du coup pour approcher le green. Plus le parcours est long, et plus, surtout pour un amateur, le coup d’approche vers le green risque de laisser la balle loin du drapeau.

La période de l’année influe car en hiver, ce n’est pas un mythe que de dire que les parcours sont plus longs.

Plus les greens sont vastes, et plus le risque est grand d’avoir des longs putts.

Enfin, bien entendu, la vitesse et les pentes d’un green définissent le niveau de difficulté.

Pour mieux comprendre la difficulté à laquelle je fais donc face depuis quelques parcours, j’ai compilé un tableau inédit regroupant plusieurs informations clés sur le putting.

C’est donc le conseil que je vous encourage à tester pour vous pour évaluer la réalité de votre performance au putting, et sur le parcours.

Ce tableau comporte de gauche à droite, le numéro de la partie classée par ordre du dernier au premier, le parcours joué, le pays ou la région, la date, et la saison. (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Il s’agit des critères de tri pour notamment analyser les performances par parcours, par périodes ou par dates.

L’index putting m’a été fourni par l’application Arccos. J’ai préféré vous révéler l’index putting plutôt que le stroke gained qui peut être un peu moins parlant.

Ensuite, toujours en utilisant l’application de tracking des coups sur le parcours, j’ajoute la longueur du premier putt cumulée sur l’ensemble des trous que j’ai pu jouer.

Sur une partie de 18 trous, il arrive malheureusement que je puisse encore faire une croix, et par conséquent je n’ai pas pu putter sur un green. J’en tiens compte dans l’analyse en précisant bien le nombre de greens joués, 18 ou 17.

Je calcule donc la moyenne de longueur du premier putt en face du nombre de putts joués au cours de la partie. Cet indicateur n’est donc pas le seul à prendre en compte.

Finalement, le nombre de putts est une donnée trop peu révélatrice de la qualité de son putting.

Je calcule encore le nombre de putts par trous joués en moyenne, ce qui peut varier entre 1.71 et 2.39.

Pour comprendre l’importance du putting sur mon score final, j’ajoute encore une colonne avec le score en nombre de coups réalisés sur la partie, et j’en déduis un pourcentage du putting par rapport au total de coups, pouvant d’ailleurs aller de 35% à 48%.

A ce stade, je n’étais pas encore suffisamment satisfait des informations que j’avais collecté.

J’ai donc décidé d’ajouter le nombre de greens touchés en régulation pendant la partie, et d’ajouter en corrélation le nombre de putts réalisés sur ces greens en régulation, tout comme la longueur du premier putt, et ce, pour obtenir deux données : Les putts par greens en régulation, et la longueur des premiers putts moyens par greens en régulations.

De là, l’analyse du putting peut commencer, et donner une véritable lecture sincère du niveau de jeu réel, et non pas fantasmé

Jusqu’à ce tableau, le système Arccos ne me donnait pas autant d’informations, et j’en retenais principalement une seule : L’index de putting.

Le voyant nettement remonté, c’est cela qui m’a motivé à comprendre pourquoi. Le tableau m’a apporté plusieurs réponses qui finalement sont plutôt évidentes.

Connaissez vous le pourcentage de putts rentrés par les joueurs du PGA Tour entre 6 et 7,5 mètres ?

La moyenne en 2021 est de 12%, tandis que le meilleur actuellement, l’anglais Matt Wallace culmine à 31% de putts rentrés dans cette plage de distance.

Le hasard de mes recherches m’a fait découvrir que Bryson DeChambeau était tout au fond du classement avec seulement 2% de putts rentrés à une telle distance !

Quel est mon pourcentage de chances de réussir des putts à plus de 6 mètres ? Il est sans doute forcément inférieur à celui du professionnel Matt Wallace…et peut-être même inférieur à la moyenne des joueurs du PGA Tour.

Pourtant, en moyenne, la distance moyenne de mon premier putt tous greens confondus, régulation ou pas, est en fait de 8,35 mètres !

Cela risque d’être difficile de terminer une partie de golf avec 29, 30 ou 31 putts…

Pourtant, j’ai bien eu le sentiment de bien putter cet été, et mal cet hiver…

En effet, au cours des 7 premières parties de ce tableau (de 14 à 20), toutes jouées entre juillet et septembre 2020, Arccos a flatté mon égo avec un index putting moyen de 2, avec des meilleures performances avec un index négatif pouvant descendre jusqu’à -5 !

Cela correspond notamment à des parties où j’ai eu seulement besoin de 29 ou 30 putts.

Pour ces parties, mon nombre de putts est tombé à moins de 2 de moyenne par trous, et comme par hasard, cela correspond aussi à mes meilleures parties avec des scores de 83 ou 84 à la fin.

Au cours de ces parties, mon putting ne pesait pas plus de 35% du total de mes coups.

Pourquoi ?

La longueur de mon premier putt est parfois tombée à moins de 5,2 mètres, et en moyenne cet été 2020, la longueur de mon premier putt a été de 8,12 mètres.

L’été dernier, je me suis cru « arrivé » au putting, pour en réalité seulement sept parties jouées dans un contexte finalement particulier : L’été où les parcours sont en fait plus courts !

Avec la roule allongée par l’état des terrains, la qualité de mon jeu d’approches a été meilleure, sans que moi, je sois meilleur.

Depuis, ma longueur de premier putt est montée à 8,48 mètres. Ma moyenne de putts par trous est remontée à 37,6 au lieu de 33,4 !

Mon index moyen putting est passé de 2 à 14 !

Et dans le détail, c’est encore plus flagrant quand on prend en compte les greens en régulation. L’été dernier, la moyenne de longueur de mon premier putt était de 9,9 mètres, contre 11,9 mètres depuis le début de l’hiver et jusqu’à maintenant.

2 mètres en plus pour rentrer des putts, j’ai augmenté naturellement le niveau de difficulté !

Est-ce que je putte fondamentalement moins bien ? Factuellement oui, puisque je putte de bien plus loin.

Dans quelle zone suis-je capable de vraiment très bien putter ? Autour de 5 mètres du drapeau.

Dans quelle zone suis-je franchement en difficulté au putting ? A plus de 10 mètres du drapeau.

Eté, hiver, longueur des parcours, c’est une donnée capitale pour analyser son putting.

Cela dit, j’ai joué à Dubaï au mois de janvier, ce qui correspond à jouer l’été chez nous. Mon niveau de putting a été de loin le plus catastrophique.

Pourquoi ? De toute la semaine, je n’ai pas joué un parcours de moins de 6200 mètres de long, soit l’équivalent du Golf National joué des Blanches. Ma moyenne de longueur du premier putt a été de 10 mètres avec une pointe à 13 mètres sur le Trump.

J’ai putté plus de 41 putts de moyenne sur la semaine (compte des putts en dehors du green), et notamment 43 au Trump et 44 au Els Club, un des parcours les plus difficiles que j’ai eu à jouer dans ma vie golfique.

Autres paramètres en plus de la longueur des parcours, sans être trop rapides, les greens sont très vastes, et vallonnés.

Bref, pour mon putting, cela a été un cauchemar.

C’est là qu’il faut prendre en compte la difficulté spécifique des greens par rapport à la difficulté des parcours.

A l’inverse, sur quel parcours, suis-je un meilleur putter ?

A Mionnay, toute saison confondue, mon niveau de putts par parties tombe à 34,4. Dans le détail, j’ai analysé que mis à part 4 greens particulièrement difficiles et notamment pentus, sur les 14 autres greens, il n’y a pas de difficultés insurmontables.

Bien ou mal putter, c’est donc à relativiser avec la nature des difficultés qui vous sont proposées, et elles ne sont largement pas uniformes d’un parcours à un autre ou même d’un trou à un autre.

Par exemple, sur le Golf de Mionnay, j’ai surtout 4 trous sur lesquels je dois développer des compétences plus importantes, et de là, je pourrai sans doute encore descendre mon niveau de jeu.

Eté, hiver, difficultés spécifiques des greens, longueur moyen des premiers putts, ces paramètres expliquent la qualité de son putting.

Encore un mot à propos de la longueur des premiers putts, en prenant encore l’exemple du Trump…

Là-bas, j’ai touché 9 greens en régulation en ayant même la sensation d’avoir plutôt bien joué ce jour-là.

En revanche, la longueur moyenne de mes premiers putts sur ses greens était de 19,7 mètres ! J’ai explosé au putting avec une moyenne de 2,56 putts par trous en régulation. Au lieu de jouer 80, j’ai terminé à 90…

La qualité du putting est donc en conclusion indissociable de la qualité du jeu d’approches, surtout pour un amateur.

Putter à 5 ou à 10 mètres, cela fait une énorme différence.

A retenir

En conclusion de cette expérience, je crois pouvoir en tirer deux enseignements : Construire un plan de jeu pour approcher le plus souvent possible à 5 mètres du trou, et travailler plus spécifiquement et intensément mon putting à 8, 10 et 12 mètres du trou, ce que je faisais jusqu’à présent de manière plus anecdotique.

Avoir créé toutes ces informations me permet de porter un regard bien différent, et bien plus lucide sur ma qualité supposée au putting.

Je ne dois pas non plus oublier que sur 20 parties, je n’ai putté que deux fois sous la barre des 30 putts. La performance est bien plus l’exception que la règle, et encore, elle s’explique par deux facteurs qui me sont extérieurs : La saison (été), et le parcours (Mionnay).

Je vous encourage à développer ce même type de tableau avec vos propres outils de mesures, pour avoir une vision bien plus claire sur la qualité de votre putting, et ce qu’il faut réellement améliorer en priorité.

Crédit photo : Matthew Bolt/Icon Sportswire et Michael Wade/Icon Sportswire

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Puttinggolfnswing@gmail.com 06-04-2021 23:24
Il y a plus de 20 ans , David Pelz a montré que la probabilité de rentrer un putt augmentait de façon exponentielle avec la distance et que c'était le deuxième putt ou le putt court qui faisait la différence. Aussi, est-il impossible de juger de la qualité de votre putting si l'on n'a pas les statistiques de vos deuxièmes putts.

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